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Habib Beye, ancien international : «Il faut qu’on prenne conscience qu’on a l’opportunité… de bouleverser la hiérarchie mondiale»

07 Jui 2018
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L’ancien défenseur des Lions, reconverti comme consultant à Canal+, estime que le Sénégal comme les autres équipes africaines a le potentiel pour bouleverser la hiérarchie mondiale du football. Dans cet entretien réalisé en marge de la conférence de presse de Canal+, il a réaffirmé sa confiance à l’endroit de la sélection nationale.

Les chances des équipes africaines
« Toutes les sélections ont leur chance. Ce qui est important de rappeler, c’est qu’aujourd’hui, tant qu’on n’arrivera pas à déplacer les plafonds de verre que sont les quarts de finale, on n’ira jamais très loin. J’ai l’impression que dès qu’une équipe africaine arrive en quart de finale, 8e de finale en coupe du monde, les gens pensent qu’elle a réussi la compétition.

Il faut qu’on prenne conscience qu’on a l’opportunité, la capacité et la qualité au Sénégal, en Egypte, en Tunisie, au Maroc et au Nigeria, de bouleverser la hiérarchie mondiale, européenne, sud-américaine. C’est très difficile, mais c’est fort possible. En 2002, on n’est pas passé loin d’une demi-finale à la coupe du monde. Il faut que mentalement, qu’on arrive à dépasser cette limite qui veut faire croire qu’on n’est invités que pour les quarts de finale. Lorsqu’on arrivera à dépasser cela mentalement, on aura l’opportunité, avec la qualité qu’on a, d’aller très loin en coupe du monde. Lorsque je regarde une équipe comme celle du Sénégal, on a un joueur comme Sadio Mané, buteur en finale de Ligue des champions. Il fait partie des meilleurs joueurs au monde. Il a brillé en Ligue des champions. Il a marqué 10 buts. Ce n’est pas rien. Salah a marqué 10 buts. Lorsqu’on prendra conscience de nos capacités, on pourra aller très loin. Je pense qu’il n’y a aucune limite à se fixer ».

Le rôle de Sadio Mané
« Il est leader technique de cette équipe, le meilleur joueur incontestablement de cette équipe du Sénégal et il doit, en quelque sorte, la guider. Mais guider une équipe, ce n’est pas prendre toute la responsabilité du jeu tactique. Sadio ne peut pas tout faire. Il est au service d’un collectif et c’est ce collectif qui doit magnifier un peu son talent et je crois qu’il faut lui enlever une certaine pression. Lorsque je compare Sadio et El Hadji Diouf, ils sont complètement différents. El Hadj était capable d’encaisser toute la pression d’un pays, d’un continent parce que c’était son caractère, c’était un peu ce qui le faisait avancer. Sadio, il est un peu différent. Il est introverti, c’est quelqu’un de très discret et qui a peut-être besoin de moins de pression pour évoluer. Et lorsqu’on aura compris que peut-être que les espoirs ne reposent pas seulement sur Sadio, on aura une équipe qui va se libérer un peu et la force collective de cette équipe va se dégager. J’ai une grande confiance à l’endroit de cette équipe du Sénégal, une grande confiance en Sadio Mané qui a fait une saison fantastique.

L’importance des matches amicaux
« Les matches amicaux sont une façon, pour le sélectionneur, de voir l’état physique de ses joueurs. On attend toujours des victoires, qu’il y ait énormément du spectacle. Il faut que les gens sachent que Aliou est dans un cheminement pour emmener son équipe à 200 % le jour du match contre la Pologne. Ce qui se passe avant, c’est très bien pour gérer un effectif. J’étais, par exemple, très surpris d’entendre des critiques relativement au système d’Aliou notamment lors du match contre la Bosnie. Or, je pense que c’est une bonne chose dans les matches de préparation d’essayer de juger quel peut être l’aspect tactique d’une équipe, de savoir si elle est capable de jouer dans un tel système parce, justement, les matches amicaux sont faits pour ça.

Je pense qu’un entraîneur doit prendre en compte tous les paramètres. Le Sénégal va jouer la Pologne, la Colombie, le Japon, trois équipes différentes avec un style de jeu différent. Pour Aliou aussi, c’était une façon de voir comment son équipe se comporte dans un style de jeu différent, comment son équipe se comporte avec des joueurs différents, une façon aussi de voir quelle peut être la meilleure solution.
C’est pourquoi je trouve dommage d’entendre beaucoup de journalistes, que ce soit en Europe ou au Sénégal, de juger Aliou Cissé sur ses choix-là ou sur sa façon de manager son équipe. Encore une fois, je dis laissez le rendre son bilan et ce jour-là, on pourra juger. Mais tant qu’il n’a pas fait son bilan, on est dans l’analyse. »

Recueillis par D. SARR



Last modified on jeudi, 07 juin 2018 12:00
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