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Quand l’Histoire éclaire le Mondial russe

06 Juil 2018
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L'affiche de la Coupe du monde 2018. Elle rend hommage à Lev Yachine, légendaire gardien de l'URSS et seul portier élu Ballon d'Or depuis sa création. Ce poster tire son inspiration de l'histoire de la Russie. L'affiche de la Coupe du monde 2018. Elle rend hommage à Lev Yachine, légendaire gardien de l'URSS et seul portier élu Ballon d'Or depuis sa création. Ce poster tire son inspiration de l'histoire de la Russie.

Et si la grande Histoire pouvait expliquer celle du football. Dans ce cas, la France ne sera pas championne du monde en 2018 tout comme il était écrit que l’Allemagne allait sombrer dans le bourbier russe.

Dans « Guerre et Paix » (paru en 1869), son roman qui campe la campagne de Russie de Napoléon 1er en 1812, Léon Tolstoï écrit : « Le roi, c’est l’esclave de l’histoire. L’histoire, c’est-à-dire la vie inconsciente, générale, grégaire de l’humanité, fait servir à l’accomplissement de ses desseins chaque minute de la vie des rois ». Il suffit de remplacer « roi » par « footballeurs » pour avoir un écho contemporain des écrits de l’illustre romancier russe. Football et Histoire s’entremêle souvent et il est parfois difficile de ne pas être pris dans un jeu de miroirs d’une telle complexité, comme dans le film « la dame Shanghai » de Orson Welles, qu’il devient impossible de dissocier l’image de la réalité.

L’élimination « prématurée » de l’Allemagne, championne du monde en titre et grande favorite à sa propre succession, serait-ce un miroir de la campagne ratée en URSS de la Wehrmacht (armée allemande) lors de la seconde guerre mondiale.

La Mannschaft serait-elle la Wehrmacht ?
Quand Hitler et ses armées étaient pris dans le bourbier soviétique pour être finalement vaincus alors que les Allemands avaient réussi à prendre une bonne partie du territoire soviétique. Cette avancée n’avait pas pris en compte un aspect important. En effet, l’opération Barbarossa (plan de l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne nazie) faisait des projections sur la gouvernance et l’occupation du territoire russe en oubliant de s’appesantir comme il le devait sur les conséquences du début précoce de l’hiver rigoureux. En 2018, sur le rectangle vert des terrains de foot, la Mannschaft, confiante depuis décembre 2017 après le tirage au sort des groupes de la Coupe du monde qui le plaçait dans un groupe composé du Mexique, de la Corée du Sud et de la Suède, se projetait déjà sur les huitièmes de finale en voulant éviter le Brésil pour ne pas jouer la revanche du 7 à 1 en demi finale du Mondial brésilien. Dans les manuels d’histoires, on note qu’en 1941, l’armée allemande était sure de sa progression en terre russe et pensait pouvoir faire capituler l’armée rouge avant l’hiver. Dans cette défaite, le rôle du « général hiver » a été longtemps mis en avant, avant d’être plus nuancé par la suite.
 
Les Bleus, un destin à la Napoléon 1er
 Pour le Français Jean Tulard, « les historiens sont des prophètes du passé ». Ce que Cheikh Anta Diop à travers ses travaux s’est évertué à tordre. Si le professeur Diop a raison, et que les historiens soient des prophètes du futur, il faudrait peut être que les Français commencent à s’inquiéter pour l’avenir de leur équipe nationale qui rêve du même destin qu’en 1998 quand ils finissaient champions du monde. En 1812, en pleine campagne de Russie, Napoléon parvient à remporter la stratégique bataille de Moskova mais la prise de Moscou ne fit pas capituler le Tsar Alexandre 1er. Le héroïque Mikhaïl Koutouzov, général en chef de l’armée impériale russe qui a de forts traits de ressemblance – dont la même bonhomie – avec Stanislav Tchertchessov, le sélectionneur russe au Mondial 2018, fut l’un des artisans de la retraite de la Grande Armée napoléonienne puis de la célèbre défaite à la rivière de Bérézina. Donc La Grande Armée de Napoléon 1er lors de la campagne de Russie de 1812 ou encore la puissante Wehrmacht de Hitler avec l’opération Barbarrosa n’ont jamais réussi à faire plier les Russes sur leur propre territoire. Serait-ce des sources d’espoir pour la Sbornaya ? L’équipe de football russe n’avait pas grand espoir de se retrouver en quart de finale de « sa » Coupe du monde. Après avoir éliminé l’Espagne, un des favoris du tournoi, les Russes commencent à rêver d’un grand soir le 15 juillet prochain. Pour cela, il leur faudra remporter cette fois-ci la guerre de la Croatie. Entre 1990 et 1995, les mercenaires russes utilisés dans ce conflit étaient du mauvais camp, celui qui était opposé à l’indépendance de la Croatie.
 
Pouchkine, l’Africain
Et l’Afrique en Russie dans tout cela ? Au premier regard, c’est une présence très parcimonieuse. A-t-elle été prémonitoire du zéro pointé des cinq équipes africaines pour les huitièmes de finale du mondial russe ? Fini les ralentis pour voir s’il y avait pénalty ou non sur Sadio Mané, ou si le Maroc et le Nigeria ont été également victimes de l’arbitrage, c’était écrit : l’Afrique ne brille pas forcément en Russie. A moins que ce soit une histoire méconnue ou trop peu enseignée sous nos cieux.

De 1961 à 1992, l’une des principales universités à Moscou s’appelait Patrice Lumumba avant de devenir l’Université russe de l’Amitié des Peuples. A la fin des années 60 et au début des celles 70, la culture sénégalaise était fortement représentée en Union soviétique avec le cinéaste Ousmane Sembène et son actrice fétiche Mbissine Thérèse Diop. Cette dernière fut membre du jury du Festival international du film de Moscou de 1969 avant de faire partie du casting de «Soleil Noir» (sorti en 1970), un film qu’Aleksei Spechnev consacrait à la vie de Lumumba. Pour remonter plus loin, les noirs ont joué un rôle important dans l’histoire russe.

Abraham Hanibal (1696-1781) connut pour être un général en chef de l’armée russe est né aux abords du lac Tchad. Il est l’aïeul de Pouchkine, le célèbre poète russe. Contrairement aux idées reçues, l’Afrique a, donc, brillé en terre russe.

Des éléments qui pouvaient être source de motivation aux équipes africaines. Tolstoï avait bien raison de penser que «dans les faits historiques, les prétendus grands Hommes ne sont que des étiquettes qui, tout en donnant leur nom à l’événement, n’ont avec celui-ci aucune espèce de lien».

Par Moussa DIOP

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