Print this page

« Dobrii dan » : Une compétition, … deux vainqueurs

16 Juil 2018
1796 times

La 21ème édition de la Coupe monde de football a couronné, hier, la France pour son deuxième sacre, 20 ans après. Un beau champion au vu de son parcours et de la qualité de ses prestations.

Excepté son 3ème match mené au petit trot face au Danemark alors que tous deux étaient déjà qualifiés au second tour, l‘équipe de France a toujours affiché un visage séduisant et conquérant, a su une fois (contre la Belgique, en demi-finale), lorsque les circonstances l’exigeaient, presque « renier » son jeu, évoluer contre nature pour mieux prendre son adversaire au piège. Et hier, elle a conclu sa marche victorieuse en se payant la peau de non moins méritants Croates.

Un beau champion assurément, donc que cette fringante équipe de France ! Mais aussi un beau vainqueur que … la Russie qui sur le terrain a été au-delà des espérances et des attentes de tout un peuple et même de tous les observateurs du ballon rond. Le quart de finale pour une sélection censée servir de punching-ball à ses adversaires de groupe ? A vrai dire, c’est l’un des plus gros pieds-de-nez de ce Mondial à la « logique ». Et la Russie qui, surtout, en dehors des aires de compétition, a fait taire tous ses détracteurs et cloué le bec aux oiseaux de mauvais augure et aux Cassandre qui lui prédisaient un échec retentissant. Or, elle a parfaitement organisé son Mondial, assurant à merveille la protection de tous les participants, faisant adhérer ses populations à l’évènement (grâce surtout au beau parcours de la « Sbornaya »).

Jamais depuis au moins cinq éditions de cette compétition quadriennale, le coup d’envoi d’une Coupe du monde n’avait été précédé d’autant de cris d’Orphée. Du hooliganisme à la xénophobie en passant par l’insécurité, divers sujets à problèmes avaient été soulevés qui seraient susceptibles d’entacher le bon déroulement du Mondial russe. Au bout du 64ème et dernier match, hier, au stade Luzhniki, R.A.S ou presque! Car l’intrusion dans la finale d’hier de « streakers » ne saurait empêcher le satisfecit (d’autant qu’ils n’étaient pas … nus). Les autorités étatiques ont conduit les opérations de main de maître, les citoyens Lamnda ont bien joué leur partition, se déplaçant aux stades ou au pire dans les Fan Zones et assistant tout étranger désorienté dans le métro, dans la rue ou dans les centres commerciaux et partout ailleurs où le besoin s’est fait sentir. Et les participants ont en définitive autant profité de cette coupe du monde que de sa devancière, il y a quatre ans au Brésil, le « pays du foot ».

En Russie, pays plus hockey que foot, ce n’était peut-être pas gagné d’avance. Mais de là à prédire que tout irait de travers, il y avait un match pas gagné d’avance. La Russie n’a certes pas remporté le trophée, mais elle a gagné le respect du monde entier. Et cela vaut bien une Coupe du monde…

B. Khalifa NDIAYE

Rate this item
(0 votes)

Related items