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Football (2813)

Moscou : Après-demain dimanche 15 juillet 2018, la Croatie affronte la France pour un sacre en Coupe du Monde au stade Luzhniki de Moscou. Cette affiche est le remake de la demi-finale disputée il y a vingt ans, au Stade de France et remportée par les Bleus. De Zvonimir Boban, l’ancien milieu légendaire et capitaine croate à l’époque, à Luka Modric, que de chemin parcouru par cette équipe de Croatie.

Au coup de sifflet final de l’arbitre turc, Cuneyt Cakir, lors de la demi-finale Croatie-Angleterre, tous les esprits ont fait un retour en arrière de 20 ans. Avec leur victoire (2 – 1), les Croates ont officialisé l’affiche finale face à la France, le 15 juillet prochain, au stade Luzhniki. En 1998, les deux équipes s’étaient croisées en demi-finale ; le plus grand exploit à ce jour des « Vatreni » emmenés par un certain Zvonimir Boban. La Croatie disposait d’une armada de talents exceptionnels comme Davor Suker devenu président la fédération croate de football, Slaven Bilic, Robert Prosinecki, Aljosa Asanovic, Soldo, Mario Stanic, entre autres joueurs devenus des héros nationaux après cette épopée glorieuse.

Pour une première participation en phase finale de Coupe du monde, personne n’attendait ces Croates. Mais Zvonimir Boban et ses coéquipiers avaient déjoué tous les pronostics et fait de 1998 une année magnifique. Les hommes de Blazevic avaient bousculé la hiérarchie pour s’inviter, à la surprise générale, dans le dernier carré. En phase de groupes, la sélection au damier, porté par Davor Suker (meilleur buteur du tournoi avec 6 buts) avait dominé la Jamaïque (3-0) puis le Japon (1-0) avant de s’incliner (0-1) contre l’Argentine. En huitième de finale, elle avait écarté (1-0) la Roumanie. Le 4 juillet, au stade Gerland, Boban et ses coéquipiers avaient marqué un gros coup en punissant sévèrement (3-0) l’Allemagne en quart de finale, prenant ainsi leur revanche sur la Nationalmannschaft  qui les avaient éliminés deux ans plutôt en Angleterre lors de l’Euro.

Cette victoire avait donné à Boban et compagnie le droit de disputer la première demi-finale de l’histoire de leur jeune nation. Mais, les Croates n’iront pas plus loin. Le 8 juillet 1998, au Stade de France, à Saint-Denis, Boban et ses coéquipiers qui pensaient tenir leur première finale de Coupe du monde, ont vu leur rêve s’envoler après avoir mené au score. Lilian Thuram était passé par là en plantant deux buts qui valaient leur pesant d’or. Les hommes de Miroslav Blazevic avaient alors terminé à la troisième place après leur victoire sur les Pays-Bas lors de la petite finale.

Effectif de qualité
Depuis cette demi-finale historique, l’équipe au damier n’avait plus passé le premier tour d’un Mondial (2002, 2006 et 2014) malgré un effectif de qualité. Mais cette année en Russie, la Croatie, comme en 1998, a présenté une équipe très expérimentée et pleine de qualité qui met en valeur des joueurs comme Luka Modric, leader incontesté du groupe, et Rakitic, l’une des meilleures paires de milieux de terrain de cette Coupe du monde, Subasic, Lovren, Perisic, Mandzukic, Vida, Kovacic. La formation de Zlatko Dalic a démontré sa propension à se transcender face aux grandes équipes. Avec des joueurs qui ne manquent pas de caractère, elle a démarré du bon pied son Mondial en battant le Nigeria 2-0. Elle est ensuite montée en puissance en corrigeant l’Argentine (3-0) avant de disposer (2-0) de l’Islande. Etincelants comme ils l’ont souvent été, Modric et ses coéquipiers  n’ont pas usurpé leur qualification pour le dernier acte du tournoi. Pour se hisser en finale, la sélection en damier a écarté le Danemark et la Russie à l’issue des tirs au but avant d’écarter en demi-finale l’Angleterre au terme d’un match héroïque.

Vingt ans après leur première demi-finale de Coupe du monde, les « Vatreni », emmenés par un Luka Modric au summum de son art, croise à nouveau le chemin de la France. Mais cette fois, c’est en finale que les deux équipes s’affronteront. Une affiche inédite pour les Croates qui n’ont jamais été aussi près de conquérir une couronne mondiale. Face à des Bleus qui ambitionnent de reconquérir le titre qui les fuit depuis maintenant quatre éditions, Modric et ses coéquipiers qui rêvent également de se couvrir d’or ne se présenteront pas en victimes expiatoires.
La France est avertie.

Ce dimanche 15 juillet, au stade Luzhniki, tout le peuple croate attend de sa génération dorée qu’elle soit bien meilleure que celle des héros de l’épopée de 1998. La Croatie aura besoin d’un meilleur Modric pour aller jusqu’au bout de son rêve et écrire enfin l’histoire en lettres d’or. Mais quel que soit le verdict, cette génération restera toujours dans l’histoire.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

APS : Tout se passe bien dans l'ensemble. C’est l’assurance du coach des U20 en préparation de la double confrontation avec le Congo, comptant pour les éliminatoires de la Can Juniors au Niger l’année prochaine. La manche aller est prévue ce vendredi à Brazzaville. Le retour dans une semaine.

L'équipe du Sénégal des moins de 20 ans qui doit jouer ce vendredi la manche aller du dernier tour éliminatoire de la Can de la catégorie, met la dernière main sur la préparation. Une préparation faite, pour l'essentiel, à domicile, a indiqué, le sélectionneur national des U 20, Youssouph Dabo. « La préparation se poursuit, mais nous avons fait le gros du travail à Dakar », a souligné le technicien sénégalais qui veut réussir la première manche ce vendredi. « C'est comme un match avec une première période à Brazzaville et la seconde à Dakar, la semaine prochaine », a-t-il précisé, indiquant que son équipe va s'entraîner pour la dernière fois ce jeudi (hier). « Nous avons un bon climat, il ne fait pas chaud et nous espérons avoir le même aujourd’hui », rassure le technicien. Après cette manche aller, le Sénégal recevra la même équipe du Congo, le samedi 21 juillet prochain, à Dakar, pour le match retour. Pour rappel, les Juniors sénégalais ont été deux fois finalistes lors des deux dernières éditions de la Coupe d'Afrique des nations en 2015 et en 2017.

Et l'objectif du jeune technicien qui est par ailleurs, entraîneur du Stade de Mbour (élite sénégalaise), est de prendre part à la prochaine édition prévue à Niamey en février prochain.

Au précédent tour des éliminatoires de la Can U20, le Sénégal avait sorti l'Egypte aux tirs au but (6 tab 5). A la fin des deux matchs, les deux équipes étaient à égalité (0-0).

Moscou : Entre la France et la Croatie, ce sera la deuxième ou la première étoile ? La question se pose depuis avant-hier que Modric et les siens ont sorti l’Angleterre en demi-finale du Mondial russe. Et gagné le droit de croiser la France en finale, dimanche à Moscou. Car, en plus du trophée que les deux équipes se disputeront, il y a un contentieux vieux de 20 ans à solder. En 1998, en effet, la France avait sorti la Croatie en demi-finales. Des retrouvailles qui promettent…

Il y a 20 ans, en demi-finale du Mondial « France 1998 », le défenseur français Lillian Thuram avait éteint les illusions de Davor Suker et ses partenaires croates en marquant les deux buts qui propulsaient les Bleus en finale. Dimanche, la France et la Croatie se retrouvent, cette fois, pour une finale inédite au fort parfum de règlement de compte. L’actuelle équipe croate est bien différente de son aînée de 1998 ; et son ambition sera de venger, justement, ses devanciers et permettre enfin au pays de vivre les joies d’une victoire en finale de coupe du monde. Les atouts de Luka Modric et ses partenaires ? Cette faculté à s’adapter à toutes les situations, mais aussi et surtout à ne jamais s’avouer vaincus.

Côté français, l’entraîneur Didier Deschamps retrouve une finale mondiale, 20 ans après l’avoir remportée en tant que capitaine d’équipe. Dimanche, il essaiera d’entrer dans le cercle restreint des hommes qui ont réussi ce pari. Pour le moment, seuls le Brésilien Mario Zagalo et l’Allemand Frantz Beckenbauer ont réussi ce tour de force ; le premier comme joueur en 1958 et 1962, puis en 1970 en tant qu’entraîneur. Le second en tant que capitaine de la Mannschaft en 1974 puis comme coach en 1990. Mais les Croates l’entendront-ils de cette oreille ? Eux qui ont bataillé comme des « crève-la-faim » durant trois matches successifs à prolongations pour s’en sortir, ne voudront pas se contenter de la deuxième marche du podium. Ils ont sué très fort physiquement et souffert mentalement pour arriver à cette finale, alors pas question de se contenter de la breloque en argent.

La question de la fraîcheur physique des Rakitic et autres Mandzukic suite à leurs trois matches à prolongations ne devraient pas se poser pour les principaux concernés.

Car dans leur subconscient, la perspective de disputer une finale de Coupe du monde suffit à leur faire oublier tous les efforts déployés. L’équipe au célèbre maillot à damiers a dû cravacher dur pour atteindre l’ultime étape. En plus, que ce soit contre le Danemark en 8e de finale, ou la Russie en quart de finale ou encore l’Angleterre en demi, les « Vatreni » (The Blazers) étaient toujours menés au score avant de revenir dans le match dans les prolongations et s’imposer au finish. C’est dire s’ils ont un mental à toute épreuve. « Je suis sûr qu'on va récupérer à temps, il ne peut pas y avoir d'excuses, c'est une finale de Coupe du monde. C'est une opportunité qui ne se représentera sans doute pas. On va trouver l'énergie et la motivation pour faire une bonne finale », a d’ailleurs clairement soutenu leur coach Zlatko Dalic.

Affaire de duels
France-Croatie de dimanche prochain sera aussi une histoire de duels : entre les deux coéquipiers du Real Madrid, Modric et Varane, les deux gardiens de buts Danijel Subasic et Hugo Lloris, ou alors les deux géants de l’attaque Mandzukic et Antoine Griezmann. Les débats promettent de voler très haut. Côté français, on se félicite de la performance des défenseurs qui ont souventes fois sorti l’équipe de bien du pétrin. Avec la nouvelle génération de défenseurs-buteurs, la France semble bien armée et l’a démontré après l’exemple de Lillian Thuram et son doublé en 1998 contre… la Croatie en demi-finale. Dans la présente édition, Benjamin Pavard en 8e, Varane en quart et Umtiti en demi-finale contre la Belgique y sont allés chacun de son précieux but.

La Croatie, elle, est prête pour prendre sa revanche, même si ce ne sera que sa première finale mondiale. L’occasion est trop belle pour la rater devant une équipe de France qui disputera la troisième finale de son histoire. Vainqueurs en 1998 chez eux, puis vaincus en 2006 en Allemagne contre l’Italie, les Français partent avec l’étiquette de favoris. Et, ils comptent sur leur fraîcheur physique contrairement aux Croates qui ont dû soulever des montagnes à chaque étape pour se hisser en finale.

Mais l’équipe de Zlato Dalic a déjà reçu un soutien de poids à travers les membres du gouvernement qui, selon nos confrères de l’Afp, étaient tous en maillots à damiers, lors du Conseil des ministres d’hier.

Une façon de gonfler le moral de Mandzukic et ses coéquipiers, alors que côté français, le président Emmanuel Macron a décidé de se déplacer pour la finale ; comme il l’avait fait lors de la demi-finale face à la Belgique. Une finale qui est alors devenue une affaire d’Etats et de peuples. Et sur laquelle les trentenaires, Mandzukic (32 ans), Danijel Subasic, (33 ans), Luka Modric (32) et Ivan Rakitic (30 ans) veulent imprimer leur marque avant de céder la place à la jeune génération.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

De retour de la Russie où ils ont laissé une forte impression, les supporters du 12ème Gaïndé affichent leur satisfaction. Seydina Issa Laye et son groupe ont fait le bilan de leur mondial russe. Mais, ils regrettent de n’avoir pas été reçus par l’ambassadeur du Sénégal en Russie.

En conférence de presse, hier, au stadium Marius Ndiaye, le 12ème Gaïndé s’est félicité de sa participation au Mondial en Russie. Cette conférence était un prétexte pour les amis de Seydina Issa Laye Diop, président du 12ème Gaïndé, de remercier la presse sportive du Sénégal qui, selon Léopold Nzalé, président de la communication dudit comité, a fortement contribué à la visibilité du 12ème Gaïndé. « Vous êtes l’expression la plus achevée de ce qui peut nous amener à avoir la visibilité souhaitée », a-t-il lancé. D’après lui, la presse sportive sénégalaise a fait la fierté de tous les supporters. Le 12ème Gaïndé a vivement remercié le Président de la République Macky Sall, le ministre des Sports, Matar Bâ, ainsi que tous ses partenaires qui n’auraient ménagé aucun effort pour les mettre dans de bonnes conditions. En fait, le Président de la République, à travers le ministère des Sports, aurait fait des efforts considérables pour accompagner les supporters de l’équipe nationale, « parce qu’en 2002, il n’y avait que 03 supporters sénégalais en Corée – Japon. C’est Ablaye Thiam qui est là, Moussa Guèye et Matar. Pour la seconde campagne du Sénégal, nous étions plus de 120 supporters », soutient Léopold Nzalé. Par ailleurs, les supporters du 12ème Gaïndé ont eu quelques difficultés lors de leur séjour en Russie. Arrivés à l’aéroport de Moscou à 20h51mn, ils ont attendu jusqu’à 4h du matin pour rallier leur lieu d’hébergement. Cette longue attente était due à un problème d’identification de certains supporters. Lors du premier match des Lions, ils ont accédé au stade, 15 minutes après le coup d’envoi, parce qu’ils n’avaient pas reçu à temps leurs tickets d’entrée. Pour la nourriture, ils avaient aussi quelques soucis qu’ils ont vite résolus. A ces problèmes s’ajoutent les longues distances qui séparent leur lieu d’hébergement et les stades où les Lions devaient jouer. Le nettoyage du stade par les membres du 12ème Gaïndé, après le premier match du Sénégal, a été mal interprété par les Sénégalais. Et, Léopold Nzalé de préciser qu’ils ont fait ce geste civique de façon spontanée contrairement à ce que pense l’opinion publique sénégalaise. Le 12ème Gaïndé déplore le fait que l’ambassadeur du Sénégal en Russie ne soit pas allé les accueillir et s’indigne de l’injustice dont les équipes africaines étaient victimes, particulièrement le Sénégal. Il a fait allusion au pénalty non sifflé sur Sadio Mané lors du dernier match du Sénégal contre la Colombie (0-1)

Satisfaction
Le 12ème Gaïndé a bien apprécié l’ambiance qu’il y avait entre lui et les supporters des équipes adverses du Sénégal (la Pologne, le Japon et la Colombie). Le Sénégal n’est certes pas allé loin dans la compétition, mais la grande satisfaction a été la nomination du 12ème Gaïndé comme meilleurs supporters par la Fifa après les trois matchs du Sénégal. Il a été l’attraction de tout le monde au point qu’il a été considéré comme la « star de la coupe du monde ». Sur le plan culturel, les supporters du 12ème Gaïndé ne sont pas allés en Russie comme des touristes, car leurs belles prestations leur ont valu des invitations pour un festival en Russie, en Espagne et en Finlande.

Partis en Russie pour pousser les Lions à la victoire, les membres du 12ème Gaïndé se disent satisfaits de la prestation des protégés d’Aliou Cissé et affirment avoir rempli, eux aussi, leur mission. Ils sont bien rentrés au pays à l’exception de 02 personnes. Mais, de l’avis du président Seydina Issa Laye Diop, l’une d’elles n’est pas rentrée pour des raisons que lui-même ignore et l’autre n’avait pas son passeport au moment de prendre l’avion pour le retour. Il a précisé que ces deux dernières avaient pourtant rempli les critères de sélection qui sont, entre autres, l’ancienneté, la responsabilité et la discipline. Reste à savoir quand est-ce qu’elles vont revenir ?

Tricia MANGA (stagiaire)

 

Moscou : L’affiche de la finale de la 21ème Coupe du monde de football « Russie 2018 » est ficelée depuis hier, à l’issue de la deuxième demi-finale disputée au stade Luzhniki de Moscou. Au terme d’une belle partie de football, c’est la Croatie qui a ravi le ticket à l’Angleterre (2 – 1 après prolongations) qui a pourtant longtemps paru être en position de rejoindre la France pour le bouquet final, dimanche prochain. Mais, Modric et ses partenaires ont renversé des Anglais qui avaient subitement perdu leur jeu et leur sérénité.

On parlait depuis quelques jours, après la composition du dernier carré, d’une finale forcément inédite. Ça n’a pas manqué. France – Croatie, a déjà été, il est vrai, une affiche de Coupe du monde. Mais « seulement » en demi-finale, il y a 20 ans en France. Dimanche, ce sera pour le dernier acte d’un Mondial 2018 plein de surprises et de rebondissements. A l’image d’ailleurs, de la demi-finale d’hier que les Anglais semblaient bien partis pour remporter et qu’ils ont, en définitive, perdue aux prolongations.

Samedi, à Saint-Pétersbourg, les vaincus des demi-finales se croiseront dans la finale de consolation. Belgique et Angleterre devront se remobiliser pour tenter d’accrocher la médaille de bronze et sauver ce qui peut encore l’être. Car, les Diables rouges pensaient certainement que leur heure avait sonné, alors que les Sujets de Sa Gracieuse Majesté, dont les ancêtres ont « inventé » le football, croyaient pouvoir renouer, cette année, avec le succès mondial, après leur sacre à la maison de 1966. Raté, pour les uns et pour les autres. De finale, ils ne disputeront que la petite. C’est déjà ça, comparé par exemple au champion en titre allemand dont la succession est ouverte depuis plus de deux semaines déjà.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Moscou : En match comptant pour la 2e demi-finale de la Coupe du monde de football « Russie 2018 » disputé hier au Luzhniki Stadium de Moscou, la Croatie a battu l’Angleterre après les prolongations par 2 buts à 1. Buts : Kieran Trippier (5e) pour l’Angleterre. Ivan Perisic (68e) et Mario Mandzukic (108e) pour la Croatie. Stade archicomble, temps frais, pelouse en excellent état. Arbitres : Cuneyt Cakir assisté de Bahattin Duran et de Tarik Ongun tous de la Turquie. Avertissements : Ante Rebic (48e), Mario Mandzukic (51e) pour la Croatie. Kyle Walker (54e) pour l’Angleterre

Les équipes : Croatie : Danijel Subasic, Sime Vrsaljko, Ivan Strinic puis Josip Pivaric (94e), Ivan Perisic, Dejan Lovren, Ivan Rakitic, Luka Modric (cap) puis Milan Badelj (118e), Marcelo Brozovic, Mario Mandzukic puis Vedran Corluka (115e), Ante Rebic puis Andrej Kramaric (110e), Domagoj Vida. Entraîneur : Zlatko Dalic

Angleterre : Jordan Pickford, Kyle Walker puis Jamie Vardy (112e), John Stones, Harry Maguire, Jesse Lingard, Jordan Henderson puis Eric Dier (97e), Harry Kane (cap), Raheem Sterling puis Marcus Rashford (73e), Kieran Trippier, Ashley Young puis Danny Rose (91e), Deli Alli. Entraîneur : Gareth Southgate

Cette première qualification à la finale de la Coupe du monde de football, les Croates sont allés la chercher dans leur tréfonds, en se battant comme des morts de faim. Héroïques, ils l’ont été, ne baissant jamais les bras pour revenir de très loin et arracher la qualification. L’Angleterre était donnée favorite dans cette confrontation et elle s’est vu tellement belle dans ce match qu’elle ne s’est pas souciée d’un retour en force de Luka Modric et ses compères. Menés dès la 5e minute de jeu sur un splendide coup franc de Kieran Trippier, les Croates ont donné l’impression de baisser les bras après cette douche froide. Mais que non ! Ils ont bien laissé passer la tempête avant de se réveiller en seconde période, d’égaliser par un but non moins splendide d’Ivan Perisic (68e), pour contraindre les Anglais aux prolongations qui ont été fatales aux hommes de Gareth Southgate. En fait, dès la reprise de la seconde mi-temps de ces prolongations, Mario Mandzukic crucifiait l’équipe de Sa Majesté à la 108e minute. Un but qui coupa complètement les jambes à Harry Kane et ses coéquipiers qui ne trouveront plus les ressources nécessaires pour revenir dans le match. Ainsi, la Croatie, cette jeune nation, disputera sa première finale de Coupe du monde pour essayer de récompenser la génération des Rakitic, Mandzukic et autres Modric.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJ (photos)

Les Bleus de France attendaient de savoir. Depuis hier, ils savent. Ils savent que dimanche prochain, c’est la Croatie qu’ils affronteront en finale de la 21ème Coupe du monde de football. L’Angleterre qui aurait pu leur disputer la succession de l’Allemagne a commis le péché d’orgueil d’avoir pris les « Blazers » pour morts après leur avoir planté une banderille matinale. Mal lui en prit parce que ces Croates qui ont étrillé l’Argentine de Messi et ramené sur terre la « Sbornaya » russe ont de la ressource. Ils ne s’avouent jamais vaincus et à l’image des moteurs diésel, montent en puissance au fil du temps. Comme le prouvent leurs deux victoires aux tirs au but en huitième de finale contre les Vikings danois et en quart de finale aux dépens du pays hôte. 

Les voici donc en position de disputer leur première grande finale internationale. Mondiale, même. Un coup de force pour cette équipe croate, issue de l’éclatement de l’immense réservoir de footballeurs talentueux qu’était la Yougoslavie, née seulement en 1991 et affiliée à la Fifa trois ans plus tard. Et après une demi-finale de Coupe du monde en 1998, elle a franchi une étape supplémentaire. Vingt ans après, elle retrouve la France qui lui avait barré la route chez elle, avant de décrocher son seul titre dans la compétition. Cela rappelle forcément de bons souvenirs aux Bleus et à leur coach, Didier Deschamps, alors capitaine d’équipe. Mais, ce serait peut-être une erreur de croire que c’est déjà dans la poche. Car, ces Croates ont montré tout au long de leur parcours qu’en plus du talent, ils avaient du cœur. Ce dont ne manquent cependant pas leurs adversaires de dimanche prochain. Ce qui promet, du coup, une finale très ouverte entre une France décidée à réécrire l’histoire, deux décennies après (presque jour pour jour, le 12 juillet en 1998 et le 15 du même mois cette année) et une Croatie motivée à laver la défaite d’alors.

Deschamps sur le banc tricolore et Davor Suker comme président de la fédération croate de football qui s’étaient croisés, il y a 20 ans au Stade de France, auront des histoires et de belles à raconter à leurs héritiers. Dans un camp comme dans l’autre, on a donc tout ce qu’il faut pour se motiver, au-delà de l’honneur et du privilège de disputer une finale de Coupe du monde. Modric, Rakitic, Mandzukic d’un côté ; Mbappé, Griezmann et Lloris de l’autre, en plus d’autres artistes et guerriers dans chaque camp, la finale de 2018 ne souffre pas de la comparaison avec ses précédentes.

Elle a tout pour plaire aux amoureux du beau foot, avec en filigrane un contentieux daté d’il y a 20 ans à régler. Chez elle, la France avait peut-être l’avantage du terrain. Cette fois, ce sera en zone neutre. Et si les Croates ont la rancune aussi tenace que leur cœur est gros, les Bleus peuvent s’apprêter à souffrir.

B. Khalifa NDIAYE

 

Moscou : Alors que son équipe semblait avoir la tête dans le sac anglais, Ivan Perisic lui a permis de reprendre pied dans une demi-finale qui semblait lui filer entre les doigts. Un but (68ème mn) qui eut le don de relancer cette deuxième demi-finale disputée au stade Luzhniki de Moscou. Et alors que tout semblait bloqué pendant les prolongations et que la perspective des tirs au but devenait de plus en plus probable, le porteur du dossard croate numéro 4 délivra une merveille de passe à son avant-centre Mandzukic qui scella le destin de la partie. C’est le plus naturellement du monde donc que le joueur de l’Inter Milan a été désigné Homme du match.
Rien à y redire.

 

Cela fera un an, ce dimanche, depuis le drame de Demba Diop qui a coûté la vie à huit supporters du Stade de Mbour, le 15 juillet 2017, en marge de la finale de la Coupe de la Ligue. Un triste anniversaire que les supporters du club comptent commémorer pour rendre hommage à leurs camarades mais aussi rappeler aux pouvoirs publics qu’ils réclament toujours justice.

En conférence de presse ce mercredi, les membres du Comité des supporters ont souligné que depuis cette date mémorable, ils n’ont cessé de penser et de prier pour leurs disparus à travers une journée de prières. « Le 15 juillet, nous comptons organiser un mémorial pour nos camarades disparus », a notamment indiqué Niokhor Diouf, chargé de la communication du Comité des supporters du Stade de Mbour. Il souligne que dans l’après-midi, plusieurs activités sont prévues pour marquer l’événement. A 16 heures, il y aura un récital de Coran à la Grande mosquée de Mbour et une messe à l’église Sainte-Marthe à la même heure. A la fin de ces cérémonies, une procession silencieuse va conduire les marcheurs du stade municipal au stade Caroline Faye où il est prévu un match de gala dans la soirée. Une rencontre à laquelle sont conviées toutes les formations de Mbour pour un match dont les participants sont invités à œuvrer pour la paix.

Aussi, Niokhor Diouf et ses camarades rappellent-ils la « nécessité d’accompagner les rescapés qui ont subi des traumatismes, depuis ces événements ». Car, renseignent-ils, il y a des blessés qui ont toujours des séquelles et des camarades qui ont des traumatismes et qui nécessitent une prise en charge. Des victimes pour lesquelles les supporters sollicitent un appui de l’Etat.

Ousseynou POUYE

 

Saint-Pétersbourg : « Je préfère perdre avec le jeu de cette Belgique que gagner avec celui de cette équipe de France ». Eden Hazard, le capitaine des Diables rouges n’a même pas cherché à cacher son dépit après l’élimination de son équipe, avant-hier à Saint-Pétersbourg, en demi-finale de la 21ème Coupe du monde de football (0 – 1 pour la France). Il est vrai que lui et ses partenaires ont déroulé un jeu plaisant, de grande qualité et bien construit. Ils sont presque tout le temps acculé les Bleus, les ont bousculés parfois et même mis en danger en certaines occasions. Sans jamais trouver la faille. En face, la muraille bleue a tenu le coup, ployé par moments sans jamais céder. Et les rares fois où il lui arrivait de se fissurer, Hugo Lloris, le dernier rempart, jouait à merveille son rôle avec des arrêts dignes du grand gardien de but qu’il est.

« Jouer en bloc bas et laisser le contrôle du ballon aux Belges, c‘était la seule façon de les battre », a d’ailleurs reconnu le capitaine et portier de l’équipe de France. Leur laisser la possession du ballon et répliquer par rapides contres ou miser sur les coups de pieds arrêtés pour faire la différence, telle était donc la tactique adoptée par le coach français Didier Deschamps. Même si, sur ce second aspect, ce n’était pas gagné d’avance face à des Belges dont pas moins de 5 culminent à plus de 1,90 m, avec en plus dans les buts une sorte de pieuvre aux bras interminables.

Pourtant, cela a fini par marcher avec ce but de la tête de Samuel Umtiti (51ème mn) sur un corner botté de la droite. Et malgré leurs efforts et un Eden Hazard décidé à inverser le cours des événements, les choses en restèrent en l’état.

Au grand bonheur de la France qui disputera, dimanche prochain, la troisième finale de son histoire après celle enlevée il y a 20 ans à domicile contre le Brésil et celle perdue en 2006 en Allemagne face à l’Italie.
Seule la victoire est belle, pourront rétorquer les Bleus. Encore qu’on ne peut même pas dire qu’ils ont volé la qualification. Dominés dans le jeu ils l’ont été, il est vrai. Mais jamais écrasés. Et puis, peut-on simplement reprocher à une équipe de s’adapter au style de jeu de son adversaire pour mieux le contrer ? D'adopter une stratégie de circonstance pour faire déjouer le vis-à-vis et le battre ? Savoir positionner son équipe en fonction du dispositif d’en  face, de la qualité des éléments opposés, construire sa force sur les faiblesses de l’autre, l’empêcher de tirer le meilleur de son potentiel. D’ordinaire, on appelle cela un bon coaching ou du talent voire un génie tactique.

Et c’est ce que Didier Deschamps, le coach français, a su faire pour empêcher les Diables rouges de sortir de leur boite. En « bouchonnant » le jeu belge dans sa verticalité grâce à une bonne occupation de l’espace, il a contraint Eden

Hazard, le leader technique adverse, à s’exiler sur l’aile gauche (en première mi-temps, du moins). Et a, en même temps, considérablement réduit les possibilités de De Bruyne d’alimenter son attaque en ballons négociables. Ce qui a totalement isolé Romelu Lukaku. Un joli coup tactique du coach français que les Belges auront longtemps encore en travers de la gorge. « Ce n’est pas la meilleure équipe qui a gagné », s’est même plaint Vincent Kompany, le défenseur central des Diables rouges. A voir…

Car le football peut parfois prendre les allures d’une partie d’échecs. Et c’est à celui qui sait le mieux déplacer ses pions que revient alors la victoire.
Mercredi à Saint-Pétersbourg, Martinez le coach espagnol de la Belgique qui avait réussi un gros coup contre le Brésil en quarts de finale a trouvé à qui parler. Le maître du jeu, c’était Didier Deschamps.


De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJ (photos)

Echos… echos…

God save…  Croatia :
Les Anglais ont encore démontré hier leur patriotisme. Quoi de plus grand que leur hymne national « God save the Queen » pour fouetter leur orgueil.
Les Three Lions ont été poussés par leurs infatigables supporters qui ont épuisé leurs répertoires de chansons, se sont donnés à fond. L’ambiance était survoltée au stade Luzhniki. Le douzième homme anglais  a chauffé comme jamais les travées de ce mythique temple du football.

Et les Russes se souviendront longtemps encore de cette rencontre où les supporters anglais, à l’image de leurs joueurs, infatigables sur le terrain, ont donné du rythme à cette belle confrontation. L’ouverture du score des Three Lions a donné du tonus aux milliers de supporters qui peuvent se targuer d’avoir bien réussi leur mondial. Même si à l’arrivée, les dieux du football avaient choisi la Croatie qui disputera la première finale de Coupe du monde de son histoire dimanche contre la France.

Les supporters anglais toujours fidèles à leur réputation :
Moscou avait hier des airs de … Londres. Et pour cause, il y avait des Anglais partout. Les supporters des Three Lions ont envahi la capitale moscovite pour soutenir leur équipe.

Peu nombreux lors des matchs de groupe, leur nombre a explosé avec la qualification en demi-finale de L’Angleterre.
Ils étaient partout visibles avec leurs maillots blancs, rouges, leurs drapeaux. Les usagers des métros ont été émerveillés par leur capacité de mobilisation. De la station Komsomolskaya à celle de Sportivnaya menant au stade Luzhniki, ils ont mis du rythme et fait un boucan de tous les diables. Et chanté à pleins poumons.  Ils ont entonné sans répit « Don’t take me home ».
Mais leur équipe n’ira pas plus loin que cette demi-finale. Harry Kane et ses coéquipiers se consoleront avec la petite finale.

Les Croates hués par… leurs supporters :
Très confiants avant le coup d’envoi, les supporters  croates refroidis par le but matinal de Trippier ont été par la suite très dépités. Au lieu d’encourager leur équipe et pousser leurs joueurs à revenir au score, ils n’ont rien trouvé de mieux que de les huer. Chaque fois que Modric et compagnie manquaient de solution pour remonter la balle et revenaient dans leur camp pour reconstruire, ils étaient copieusement hués. Mais ce traitement très spécial n’a pas pour autant dé-stabilisé les hommes de Mario Dalic. Les supporters Croates sont par la suite revenus à de meilleurs sentiments.
Et ont donné de la voix en seconde période et galvanisé leurs joueurs qui ont trouvé de la ressource pour égaliser avant de remporter le gain de la rencontre. 

Tribune de presse.. Comme à Saint-Pétersbourg, la presse est venue en très grand nombre pour la couverture de la deuxième demi-finale entre l’Angleterre et la Croatie, au stade Luzhniki de Moscou. Il n’y avait pas assez de place pour tout le monde dans la tribune réservée aux medias. Mais une tribune spéciale a ainsi été réservée à la centaine de journalistes venus de tous les horizons. Il n’y avait pas tout le confort pour de travailler dans de très bonnes conditions. Mais c’était mieux que de rester debout pendant toute la rencontre.

Retrouvailles :
Si la finale France-Croatie aura un parfum de retrouvailles, la petite finale le sera aussi. La Belgique et L’Angleterre s’affrontent samedi pour la troisième place, au stade Kretovsky de Saint Pétersbourg. Le chemin des deux équipes s’est déjà croisé lors du tournoi le 28 juin dernier, à Kaliningrad, pour le leadership du groupe G. Les Diables rouges s’étaient imposés 1 à 0 grâce à un but d’Adnan Januzaj.

 

Moscou : La Croatie disputera la première finale de Coupe du monde de sa jeune histoire. Ce petit pays de quatre millions d'habitants indépendant depuis un quart de siècle, a montré, hier, à la face du monde que seul le travail paie. Hier, les Anglais ont payé leur suffisance au prix fort, alors que le match n’était pas lancé pleine vapeur. Car le réveil croate a été brutal, lorsque Modric et compagnie ont retrouvé leur second souffle. Un souffle qui semblait perdu après les deux matches consécutifs dénoués aux prolongations qu’ils ont disputés en 8e et en quart de finale, avant de faire face à l’Angleterre. Mais ils ont démontré dans ce match qu’impossible n’est pas Croate. Les Anglais qui s’étaient montrés très beaux après seulement cinq minutes de jeu, croyaient avoir plié un match qui n’avait pas encore commencé. Cependant, lorsque la machine croate s’est emballée dans les vingt dernières minutes, il était trop tard pour les Anglais qui se croyaient dans leur salon feutré de Londres. Ils n’avaient pas porté l’estocade finale ; c’est eux qui l’ont subie à sept minutes de la fin des prolongations. L’Angleterre qui a « inventé » le football n’a rien vu venir lorsque Mandzukic crucifia l’excellent Jordan Pickford sur une action qui a pris à contrepied la défense des « Three Lions ».

Malgré la fatigue accumulée lors des deux derniers matches sanctionnés par des prolongations et des séances de tirs au but, les « Vatreni », (Blazers, surnom de l’équipe nationale de la Croatie), ont fait preuve de détermination et d’engagement pour arracher une qualification derrière laquelle ils couraient depuis longtemps.

Les Croates qui ne se sont jamais avoués battus jusqu’ici dans cette Coupe du monde, ont confirmé hier leur détermination. Quant à l’Angleterre, en laissant l’initiative du jeu à son adversaire, elle a commis la première grosse erreur dans sa prestation dans ce mondial.

Et elle lui a été fatale. Elle ne sera pas à une deuxième finale de coupe du monde, 52 ans après son unique finale disputée et remportée devant l’Allemagne en 1966 chez elle.

 

Moscou : Tous les spécialistes du foot vous le diront : savoir bien gérer un match, c’est souvent savoir profiter de ses temps forts pour faire la différence et aussi réussir à faire le dos rond pendant ses temps faibles pour laisser passer l’orage. C’est, dit-on, le propre des grandes équipes, nationales comme de club. Et une équipe nationale qui se hisse jusqu’en demi-finale de Coupe du monde est forcément une grande, même si le casting du dernier carré de ce Mondial « Russie 2018 » a dérouté tous les météorologues du ballon rond.

Qu’importe, on ne peut pas qualifier d’usurpateurs l’Angleterre et la Croatie, adversaires hier au Luzhniki stadium de Moscou de la seconde demi-finale du Mondial « Russie 2018 ». Ni d’avoir resquillé pour en arriver là, alors que l’Allemagne, championne du monde jusqu’à dimanche et sa victime de la finale de « Brésil 2014 », l’Argentine, ainsi que l’Espagne victorieuse en 2010 en Afrique du Sud parmi d’autres « grands » sont rentrées au pays depuis longtemps. Pourtant, hier, aucune de ces deux formations n’a su profiter au mieux de sa bonne période. L’Angleterre, première à se mettre en valeur dès la 5ème mn avec un superbe but sur coup franc de Trippier qui a nettoyé la lucarne de Subasic, a longtemps cru avoir fait le plus dur. D’autant que coup sur coup,  H. Kane et J. Lingard, aux alentours de la 30ème mn, aient fait preuve d’une certaine légèreté au moment de faire le break. Après quoi, les protégés du technicien Gareth Southgate ont choisi de « geler le jeu » et de jouer la montre. Le portier Pickford prenait tout son temps pour relancer. Son défenseur Walker en rajoutait même plus que de raison. Ce qui lui valut même un carton jaune en seconde mi-temps. C’est vrai qu’au rythme où allaient les choses, les Croates ne semblaient guère en mesure de contrarier leurs vis-à-vis. Ça ronronnait à la limite. Jusqu’à cette 68ème mn lorsque Perisic surgit pour remettre les compteurs croates à l’heure anglaise.

Dès lors, ce fut un tout autre match.  L’équipe des « Three Lions » jusqu’alors sûre de son affaire, perdit tout d’un coup sa sérénité ; alors que les maillots à damiers appuyaient sur l’accélérateur comme jamais dans ce match. Perisic manqua même très peu de signer un doublé, puis Badelj dans la foulée ne manque l’immanquable.

Ça chauffait dans le camp anglais à chaque prise de balle croate. La défense paniquait et, même dans les tribunes, les bruyants supporters anglais en avaient perdu la voix. Leurs chœurs qui montaient dans le ciel moscovite comme ils l’auraient fait dans la nuit londonienne, se turent d’un coup. La grosse caisse dont le son avait empli le Luzhniki depuis des heures, sonnait désormais machinalement. Sans âme aucune. Mais Modric et ses pairs ne surent pas en profiter. Ce qui déboucha sur des prolongations. Heureusement qu’à 5 mn des tirs au but, alors que le jeu s’était quelque peu équilibré, Mandzukic est venu délivrer les plus de 78 000 spectateurs du stade.
Et envoyer la Croatie à sa première finale mondiale.

 

Saint-Pétersbourg : C’est une lapalissade de dire que le football draine des passions.
Hier, lors de la première demi-finale de la Coupe du monde entre la France et la Belgique, les amoureux du ballon rond ont pris d’assaut Saint Saint-Pétersbourg, théâtre de ce derby aux allures de « mortal kombat » entre voisins. Pour rallier cette ville où le soleil ne se couche presque jamais entre juin et juillet, les férus du ballon rond ont embarqué dans les trains affrétés par la Fifa pour faciliter le déplacement des supporters dans les onze villes abritant le tournoi. A Moscou, le départ était prévu  à la gare Leningradski assaillie dès les premières heures de la soirée par les milliers de supporters de tous les âges, seuls ou en groupes. Les lieux, comme en plein jour, grouillent de monde. Et il n’y a pas que les Français et les Belges. Mais aussi les Russes, beaucoup plus nombreux d’ailleurs et dont la majorité roulait pour les Bleus. Ils étaient aussi Ukrainiens, Biélorusses, Mexicains, Chinois, Japonais, Sénégalais, Brésiliens, Nigérians, Colombiens, Péruviens, tous reconnaissables à leurs tenues, drapeaux, chapeaux et autres. Avec ce cocktail de nationalités, difficile de se faire comprendre. Heureusement que les volontaires de la Fifa sont présents et disponibles pour jouer aux traducteurs et guides. Des commerçants occasionnels aussi sont de la partie. Flairant un bon coup, un jeune Russe a jugé opportun d’investir dans la vente de drapeaux et autres objets à l’effigie de la France qu’il compte écouler à Saint-Pétersbourg. Eh oui, l’occasion fait bien le larron.

Cette activité, assure-t-il, lui a beaucoup apporté depuis le démarrage de la Coupe du monde. « Au début, je vendais des drapeaux et autres objets de la Russie, l’équipe a été éliminée et je me suis rabattu sur la France qui va gagner le trophée », soutient-il.

Dans cette gare semblable à une caverne d’Ali Baba, des boutiques proposent divers articles de la Coupe du monde, mais qui coûtent dix fois plus cher qu’ailleurs. Soucieux d’avoir des souvenirs de leur séjour dans la terre des Tsars, d’aucuns, en attendant leur départ, n’hésitent pas à mettre la main à la poche.

De temps à autres, quelques clochards aussi ivres que des Polonais viennent perturber le semblant de quiétude des voyageurs. Mais les services d’ordre présents partout veillent au grain.

Une dizaine de trains convoient tout ce beau monde à raison d’un départ toutes les cinquante minutes. Supporters des Bleus et des Diables rouges partagent les mêmes wagons et compartiments, le tout dans une ambiance de fraternité et de fair-play.

Aucun débordement n’est noté durant tout le trajet. Et à l’arrivée, après un voyage de dix heures, l’ambiance  atteint son paroxysme. La gare de Saint-Pétersbourg, débordant de monde, baigne dans une folle ambiance. Arborant fièrement leurs couleurs, supporters des Bleus et des Diables qui avaient préféré épargner leurs énergies, commencent à rivaliser d’ardeur et à chauffer la place, donnant un avant-goût de ce que sera le match. Les Français de loin les plus nombreux et leurs voisins belges se chambrent dans la bonne humeur avant de prendre la direction du magnifique stade Ketrovski où se sont donné rendez-vous leurs deux sélections nationales. Construit en forme de vaisseau spatial, ce temple du football, a déjà abrité cinq rencontres depuis le début du tournoi. Outre cette demi-finale, il accueillera la petite finale prévue samedi.

Ce derby franco-belge met davantage de couleurs dans cette cité touristique pourtant habitué à recevoir du beau monde. Et le plonge dans une vraie ambiance de Coupe du monde avec ce déferlement de supporters venus également des autres villes de Russie. En attendant que Diables rouges et Bleus se croisent sur la belle pelouse. Pour une place en finale.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJ (photos)

 

Pour une première ou une deuxième finale ?

Moscou : L’une est restée 28 ans sans disputer une demi-finale, l’autre 20 ans. L’Angleterre a déjà disputé (et remporté) une finale en 1966, la Croatie jamais. En plus, lors de leurs confrontations directes dans les différentes compétitions européennes ou mondiales, les Anglais mènent au score devant les Croates. De 1996 à 2009 ces deux équipes se sont croisées 7 fois (matchs amicaux, éliminatoires et phases finales d’Euro, et qualifications pour le mondial). Au décompte final, l’Angleterre a gagné 4 fois et la Croatie 2, pour un nul. Ce soir, elles se retrouvent à Moscou pour une place en finale de la 21ème Coupe du monde de football.

Avec leur qualification pour les demi-finales de cette coupe du monde, Anglais et Croates ont mis fin à une longue traversée du désert qui les poursuivait dans cette compétition. Cette accession dans le dernier carré les fuyait, pour les premiers depuis 28 ans et depuis 20 ans pour les seconds. Après un parcours conséquent dans les matches de groupes puis dans ceux à éliminations directes, l’Angleterre et la Croatie abordent un autre virage avec pour unique objectif d’atteindre la finale.

Aujourd’hui, à partir de 18 heures au stade Luzhniki de Moscou, la Croatie tentera pour sa deuxième tentative (après celle de 1998 en France) d’atteindre la finale pour la première fois. Elle en a largement les moyens avec sa génération de footballeurs à l’orée de la « retraite » mondiale. Car Mandzukic, Rakitic et Modric, tous des trentenaires, joueront dans ce Mondial leurs dernières chances de succès. Avec leurs atouts majeurs dans l’entrejeu, que constituent les deux derniers nommés, considérés comme les meilleurs milieux de cette coupe du monde, ils chercheront à déboulonner la solide Angleterre. Jusqu’ici, la Croatie a démontré qu’elle savait se transcender face aux grandes équipes (Argentine et Russie). Plus loin encore dans le temps, la belle victoire (3 – 0) face à la grande Allemagne en quart de finale du Mondial 1998, sans compter l’autre victoire à l’Euro 2016 devant l’Espagne championne du monde 2010 témoignent de cette bonne habitude croate de se payer le scalp des « grands ». Une petite nation, dont l’équipe a été créée en 1991 et affiliée à la Fifa en 1993, qui a là une belle occasion de confirmer son énorme talent et son immense potentiel.

Dans la demi-finale d’aujourd’hui, Modric et ses compagnons entendent poser à l’adversaire des problèmes comme elle n’en a jamais connus jusqu’ici dans cette compétition. Mais la Croatie tiendra-t-elle le coup face à l’Angleterre ? La question mérite d’être posée pour la bonne raison que le milieu croate avec le capitaine Modric et Rakitic, très sollicités durant le parcours, semblent s’épuiser alors que se pointe un match ultra important. La Croatie, il faut le rappeler, sort de deux matchs consécutifs très difficiles en 8e et en quarts de finale qui se sont terminés, après prolongations, par des séances de tirs au but éprouvantes. Qui pourraient peser certainement dans les jambes face à des Anglais plus frais. Si l’on y ajoute que pas moins de 12 joueurs croates (dont toute la défense titulaire et les milieux Rakitic et Brosovic) sont sous le coup d'une suspension en cas de carton jaune, cette équipe ne pourra donc pas défendre de la même manière qu'elle le fait habituellement.

Revenir au premier plan mondial
Un avantage pour l’Angleterre qui a habituellement dicté sa loi par le passé à son adversaire du jour. Avec des joueurs pétris de talent et qui l'ont démontré en se qualifiant à un dernier carré d'une grande compétition pour la première fois depuis 1990 (demi-finale perdue contre la Rfa aux tirs aux buts), l’Angleterre veut revenir au premier plan mondial et faire oublier un passé qui ne lui a toujours pas souri dans les compétitions internationales. En 2014, elle avait en effet été éliminée dès le premier tour du mondial brésilien. Et lors de l'Euro 2016, elle a été piteusement sortie en 8ème de finale par l'Islande (1-2) dont c'était la première qualification à un tournoi majeur.

Un bilan pas du tout reluisant pour la nation qui avait créé le football et qui n’arrive pas à percer au plus haut niveau. Alors, un gros ménage a été effectué au sein de l'effectif et la formule adoptée par le sélectionneur Gareth Southgate (un 3-5-2 très équilibré) semble fonctionner. L'Angleterre n'a pas seulement mis fin à une série négative, elle a également vaincu la malédiction des tirs aux buts, après avoir échoué en 1990, 1998 et 2006, pour s'imposer dans cet exercice contre la Colombie en 8e de finale. Et dans ce Mondial russe, l’équipe des « Trois Lions » a montré qu’elle est différente de celle qui a disputé les éditions passées. Un départ en trombe contre la Tunisie en matchs de groupes (2-1), suivi d’une promenade de santé devant le Panama (6-1) et une défaite qui comptait pour du beurre face la Belgique (0-1) et l’Angleterre s’était ainsi lancée dans les matchs couperets où le réalisme britannique a fait le reste devant la Colombie et la Suède. Avec un Harry Kane toujours efficace devant le but avec ses 6 réalisations qui en font le meilleur buteur pour le moment, l’équipe de Gareth Southgate a les arguments nécessaires pour franchir le cap croate aujourd’hui, et se préparer à la finale, pour la deuxième fois de son histoire.


Le mot des entraîneurs Gareth Southgate, Angleterre :
«Continuer à briser les barrières»

Moscou : Même s’il dispose de la troisième équipe la plus jeune de ce tournoi (avec 26 ans et 17 jours de moyenne d’âge), derrière … le Nigeria et la France, le sélectionneur anglais Gareth Southgate ne se pâme pas moins d’admiration devant ce que ses joueurs ont réussi dans ce Mondial russe.  « Nous avons réussi quelques morceaux d'histoire, en établissant le record de la plus large victoire dans un tournoi pour l'Angleterre (6-1 contre le Panama, ndlr), en remportant la première victoire en match à élimination directe depuis un dizaine d’années et notre première victoire en quart de finale depuis encore plus longtemps » a-t-il soutenu, hier, un jour avant de croiser la Croatie en demi-finale. Et tous ces hauts faits ont fini par lui donner des idées : « on se concentre sur la possibilité de continuer à briser ces barrières », a-t-il clairement soutenu. Et celle du jour, au stade Luzhniki de Moscou, se nomme Croatie. L’ancien défenseur puis milieu de terrain international anglais a confié ne pas « savoir vraiment jusqu’où (son) équipe peut aller ». Mais, il est convaincu qu’avec « l’appétit » que ses joueurs ont affiché depuis le début de ce Mondial, cela ne l’étonnerait pas s’ils croquaient tranquillement l’os croate qui leur est proposé aujourd’hui.


Zlatko Dalic, Croatie :
« Dépasser les médaillés de bronze de 1998 »

Une chose au moins est sûre : côté estime à l’endroit de ses joueurs, Zlatko Dalic, le sélectionneur croate, ne le cède en rien à son vis-à-vis anglais de tout à l’heure, Southgate.
« Nous avons de grands joueurs qui évoluent dans les plus grands clubs au monde, même si, en tant qu’équipe, nous n’avons pas eu les résultats à la mesure de leur talent », a-t-il affirmé hier à Moscou. Selon lui, avec cette présence en demi-finale, cette « grande génération qui va rester dans l’histoire » s’est « approchée des médaillés de bronze de 1998 ».

Cette année là, au Mondial en France, Dakor Suker, l’actuel président de la fédération croate de football et autres Slaven Bilic avaient été éliminés en demi-finale par l’équipe du pays hôte. Cette fois, Modric et les siens ont sorti l’équipe organisatrice de la compétition, la Russie, en quart de finale. Et ne comptent pas en rester là. Même si l’adversaire s’appelle Angleterre, puisqu’il dit avoir analysé sa façon de jouer.

Pour Zlatko Dalic, « il n’y a aucune raison d’être stressés ». « On est ici pour profiter de la demi-finale, produire du beau football et se qualifier » pour la finale. Et du coup, dépasser d’ores et déjà les anciens qui avaient fini en 1998, sur la troisième marche du podium mondial.

 

 

 Moscou : Anglais et Croates qui s’affrontent ce soir au stade Luzhniki de Moscou pour une place en finale de la 21ème Coupe du monde de football ont en connu de susciter l’admiration de toute la famille du ballon rond, sauf de leurs voisins immédiats. Oui, l’Angleterre a beau avoir le plus grand championnat du monde, elle n’avait jamais réellement brillé au Mondial depuis qu’elle en a abrité l’édition de 1966. Il y a donc une éternité. Si bien qu’à un moment, l’idée avait été émise de limiter drastiquement le nombre de joueurs étrangers autorisés à évoluer en Premier League, afin de favoriser l’éclosion de talents locaux.

Mais apparemment, cette ouverture aux meilleurs joueurs du monde est enfin en train de porter ses fruits. Puisqu’à force de côtoyer des internationaux venus de tous bords, de se frotter à eux et de rivaliser avec eux, les joueurs anglais ont beaucoup progressé ; comme le prouve leur parcours dans ce Mondial russe. La formation des « Three Lions » a été assez solide derrière et efficace devant pour se pointer, ce soir donc en demi-finale. Une belle récompense (en attendant peut-être la suite) pour le pays qui a inventé le football. 

En face, il y aura une Croatie accrocheuse et talentueuse portée par ses deux joyaux Luka Modric et Ivan Rakitic qui font respectivement le bonheur du Real Madrid et du Fc Barcelone. Une formation qui a la particularité d’avoir filé un implacable 3 – 0 à l’Argentine de Lionel Messi en match de poule et d’avoir brutalement freiné, en quart de finale, l’envol de la Russie qui se voyait déjà en vainqueur de son Mondial. Autant de performances plus d’autres qui ont suscité l’admiration de toute la Planète Foot. Sauf des voisins … serbes. Du fait de la très forte rivalité entre la Croatie et la Serbie, deux des grosses entités qui composaient l’ex-Yougoslavie, le parcours en Russie de Modric et ses partenaires est loin de ne faire que des heureux du côté de Belgrade. Les rares Serbes qui osent saluer les hauts faits des rivaux d’à côté en ont pris pour leur grade. Tel Novak Djokovic, l’immense star planétaire du tennis qui s’est fait traiter d’ « idiot » pour son soutien à la bande à Subasic. Et pas par n’importe qui. Plutôt par un député du parti du centre droit au pouvoir en Serbie. « Seuls des idiots peuvent soutenir la Croatie. Novak tu n'as pas honte? », a tweeté ce parlementaire qui, certainement, ne sera jamais un aussi bon ambassadeur de son pays à l’étranger que l’ancien n°1 du tennis mondial. Cet obscur député ne sera cependant pas seul, devant sa télé, à supporter … l’Angleterre. Car, au tour précédent, nombreux étaient ses compatriotes qui, dans les pubs et bars de Belgrade, avaient pris fait et cause pour la « Sbornaïa » russe. 

Si cela peut rassurer le coach croate Zlatko Dalic et ses joueurs, qu’ils sachent qu’ils auront derrière eux tous les férus du ballon rond … d’Ecosse, du Pays de Galles et d’Irlande pour contrebalancer le « report de voix » des Serbes sur l’Angleterre. En fait, bien que défendant tous la même bannière du Royaume Uni aux Jeux Olympiques, ces quatre pays font bandes à part quand il s’agit de rugby ou de football. Or, si dans la première discipline, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande arrivent tant bien que mal à rivaliser avec l’Angleterre, tel n’est pas le cas dans la seconde. Et cela, ses voisins ont du mal à l’accepter. D’où leur « tout sauf l’Angleterre » qui n’aura jamais été actuel que lors de la demi-finale d’aujourd’hui.

 

C’est donc la France qui jouera la finale de la 21ème Coupe du monde de football, dimanche prochain au stade Luzhniki de Moscou. Sa troisième de l’histoire après celle remportée à la maison en 1998 face au Brésil et celle perdue aux tirs au but en 2006 en Allemagne contre l’Italie. El l’on ne peut vraiment pas dire que ce soit immérité ou illogique. Cette équipe des Bleus de France a su faire preuve durant tout son parcours en terre russe, alternativement ou conjointement, de talent (individuel et collectif), de caractère, d’efficacité et de solidité. Tout ce qu’il faut pour aller loin et, pourquoi pas, envisager à juste titre accrocher une deuxième étoile mondiale à son palmarès. Car, d’être sortie indemne du piège belge hier à Saint-Pétersbourg peut être un signe annonciateur d’un dimanche radieux. Encore que l’Angleterre ou la Croatie qui remportera, aujourd’hui à Moscou, l’autre demi-finale sera tout sauf un faire-valoir.

A la Belgique par contre, il ne reste qu’à se remobiliser pour tenter de décrocher la 3ème place, samedi prochain. Et éviter ainsi de connaître le même sort que leurs devanciers de 1986 qui avaient perdu cette petite finale devant … la France. Et de passer de « Génération dorée » à Génération maudite. Pour cause, cette cuvée de Diables rouges pétris de talent a manqué hier l’occasion d’écrire une belle page de son histoire. Leur coach espagnol Martinez leur avait assuré qu’ils avaient « les armes et les moyens d’aller loin » ; et avait promis de les y aider. Thierry Henry, l’ancienne star des Bleus de France, passé dans le camp d’en face (et devenu avant cette demi-finale « traite à la Nation » et presque « apatride » aux yeux de ses compatriotes) leur avait apporté la culture de la gagne et l’efficacité qui semblaient leur faire défaut.  

Cela a superbement marché dans ce Mondial. Jusqu’à hier avec une impressionnante série de 24 matches sans défaite. Parce qu’il en fallait plus pour venir à bout d’une France dominée dans le jeu certes, mais pas au nombre des occasions franches de but. Une aussi belle occasion de réussir quelque chose de grand ne se produira pas de sitôt. A moins que les Diables rouges nous jouent le coup de la … Côte d’Ivoire qui avait dû attendre la retraite internationale de nombre de ceux qu’on appelait la Génération dorée pour décrocher le (deuxième) titre continental que toute l’Afrique lui promettait tous les deux ans. Avec pour guide éclairé, un certain Yaya Touré, un des rares survivants de ceux qui étaient, en définitive, devenus la Génération maudite. Surtout après le Mondial brésilien en 2014, où au sortir de leur victoire d’entrée contre le Japon (2 – 1), ils avaient échoué à décrocher, lors de leurs deux matches suivants (face à la Colombie puis à la Grèce), le petit point qui les aurait propulsés pour la première fois en trois participations au second tour.

Hazard, De Bruyne et Courtois sorte de bon vin, auront peut-être, plus que jamais, la charge de faire revenir les Diables rouges de l’enfer des échecs répétés et des espoirs déçus.
B. Khalifa Ndiaye

Saint-Pétersbourg : Jusque-là, Samuel Umtiti, le défenseur central des Bleus de France, n’avait presque rien réussi de bon … défensivement. Fébrile comme rarement par le passé, le sociétaire du Fc Barcelone a même failli marquer contre son camp sur une intervention plus que hasardeuse en première mi-temps. Pourtant, Lukaku l’avant belge dont lui et son compère de la défense centrale française, Raphael Varane, avaient la charge n’était vraiment pas dans un bon jour. Umtiti aussi ? On l’a longtemps pensé, du moins durant les 45 premières minutes, du fait de ses nombreuses approximations, surtout sur les balles venues des ailes. 

Alors donc qu’on le voyait parti pour une deuxième période au moins aussi compliquée face à Hazard et ses compatriotes, c’est Umtiti qui a débloqué cette demi-finale tactique et fermée. Comme un … diable qui s’extirpe de sa boîte, il surgit au premier poteau (51ème mn) pour dominer Fellaini de la tête et battre l’excellent portier belge Thibaut Courtois. Eden Hazard qui jusqu’alors évoluait sur le côté gauche de son attaque, pouvait se repositionner dans l’axe, prendre plus que jamais le jeu à son compte, donner du fil à retordre à Pogba et même à Ngolo Kanté, rien n’y fit. La France tenait sa 3ème finale de Coupe du monde. 20 ans après son unique sacre à domicile, elle a fait un énorme pas vers un deuxième titre, grâce à ce diable de Umtiti. Mais le gaillard n’a pas voulu tirer la couverture à lui tout seul. « C’est vrai que c’est moi qui marque, mais toute l’équipe a réussi un grand match, un vrai match d’hommes », a-t-il soutenu au coup de sifflet final.  

Saint-Pétersbourg : La France est en finale de coupe du monde pour la troisième fois de son histoire. Et Didier Deschamps, joueur en 1998, avait remporté le trophée à domicile et espère gagner le trophée mondial en tant que coach.

20 ans après avoir remporté leur première Coupe du monde, les Français reviennent en finale de la même épreuve pour essayer de la gagner et faire oublier la déconvenue de 2006 face à l’Italie en Allemagne. L’objectif de la finale atteint, il s’agit maintenant d’accrocher une seconde étoile au palmarès des Bleus. Déjà les français se voient favoris devant soit l’Angleterre, soit la Croatie qui vont en découdre, ce soir à Moscou, pour connaître le second qualifié de la finale de dimanche prochain. Dans la demi-finale d’hier, comme dans celle de 1998, ce sont des défenseurs qui ont offert la victoire à la France.

Lillian Thuram il y a 20 ans sur un doublé dont lui-même ne revient toujours pas et hier Samuel Umtiti.

Symbole de la solidité, au fil des années, des défenseurs de cette formation qui recèle pourtant des attaquants de grands talents en son sein.

Les Bleus peuvent donc tranquillement regarder la seconde demi-finale, aujourd’hui au stade Luzhniki de Moscou, et attendre de savoir qui de l’Angleterre ou de la Croatie leur sera opposée dimanche prochain pour le sacre. En tout cas, après leur démonstration de maîtrise collective, de rigueur et d’efficacité hier face à leurs voisins du Nord, ils n’ont rien à craindre de l’équipe qui sortira du choc indécis d’aujourd’hui. Même si l’on sait que rien n’est jamais joué d’avance en football.

Surtout en finale, d’une Coupe du monde qui plus est…

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Saint-Pétersbourg : En demi-finale de la 21ème Coupe du monde de football disputée hier à Saint-Pétersbourg, la France a battu la Belgique par 1 but à 0. Score vierge à la mi-temps.

But : Samuel Umtiti (51e)

Les équipes : France : Hugo Lloris (Cap), Benjamin Pavard, Raphael Varane, Samuel Umtiti, Lucas Hernandez, Ngolo Kanté, Blaise Matuidi (Corentin Tolisso, 86e), Paul Pogba, Antoine Griezman, Kylian Mbappé, Olivier Giroud (Steven Nzonzi, 84e). Entraîneur : Didier Deschamps.

Belgique : Thibault Courtois, Toby, Alderweireld, Vincent Kompany, Jan Vertonghen, Axel Witsel, Marouane Fellaini (Yannick Carrasco, 80e), Moussa Dembelé (Dries Mertens, 59e), Kevin de Bruyne, Nacer Chadli (Michy Batshuayi, 90+3), Eden Hazard (cap), Romelu Lukaku. Entraîneur : Roberto Martinez.

Arbitre : Andres Cunha (Uruguay)

Avertissements : Eden Hazard (63e), Toby, Alderweireld (70e) et Jan Vertonghen (90+3) pour la Belgique. Ngolo Kanté (87e), Kylian Mbappé (90+2) pour la France.

Le rêve s’est réalisé hier pour la France qui courait depuis 2006 derrière une finale de Coupe du monde grâce à une victoire étriquée aux dépens d’une solide équipe de Belgique. Les attaquants français n’ayant pas réussi à faire la différence, la solution est venue de la défense. Et c’est Samuel Umtiti (51e) qui a mis ses coéquipiers sur la bonne voie. Sur un corner bien exécuté par Antoine Griezman, le défenseur tricolore devance Fellaini et, de la tête, dépose le cuir au fond des filets.

Malgré un Eden Hazard qui a été dans tous les coups, les Diables rouges n’ont jamais pu revenir. A l’image d’un Lukaku carrément à côté de ses godasses.

D’ailleurs, sans un Courtois des grands jours dans les buts, la France aurait décroché son billet pour la finale de dimanche prochain avec plus de panache.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Umtiti belgiqueUMTITI, TEL UN… DIABLE QUI SORT DE SA BOÎTE
Saint-Pétersbourg : Jusque-là, Samuel Umtiti, le défenseur central des Bleus de France, n’avait presque rien réussi de bon … défensivement. Fébrile comme rarement par le passé, le sociétaire du Fc Barcelone a même failli marquer contre son camp sur une intervention plus que hasardeuse en première mi-temps. Pourtant, Lukaku l’avant belge dont lui et son compère de la défense centrale française, Raphael Varane, avaient la charge n’était vraiment pas dans un bon jour. Umtiti aussi ? On l’a longtemps pensé, du moins durant les 45 premières minutes, du fait de ses nombreuses approximations, surtout sur les balles venues des ailes.

Alors donc qu’on le voyait parti pour une deuxième période au moins aussi compliquée face à Hazard et ses compatriotes, c’est Umtiti qui a débloqué cette demi-finale tactique et fermée.

Comme un … diable qui s’extirpe de sa boîte, il surgit au premier poteau (51ème mn) pour dominer Fellaini de la tête et battre l’excellent portier belge Thibaut Courtois. Eden Hazard qui jusqu’alors évoluait sur le côté gauche de son attaque, pouvait se repositionner dans l’axe, prendre plus que jamais le jeu à son compte, donner du fil à retordre à Pogba et même à Ngolo Kanté, rien n’y fit. La France tenait sa 3ème finale de Coupe du monde. 20 ans après son unique sacre à domicile, elle a fait un énorme pas vers un deuxième titre, grâce à ce diable de Umtiti.

Mais le gaillard n’a pas voulu tirer la couverture à lui tout seul. « C’est vrai que c’est moi qui marque, mais toute l’équipe a réussi un grand match, un vrai match d’hommes », a-t-il soutenu au coup de sifflet final.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

« Dobrii dan » : Fierté

09 Juil 2018
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On n’ira pas jusqu’à soutenir qu’ils ont rendu leur fierté à leurs compatriotes. La fierté, les Russes l’ont toujours eue en bandoulière, presque dans leur Adn. Ce qui a contribué à faire de leur pays un des plus grands de ce monde.

A tous égards. N’en déplaise à ses pourfendeurs ! Mais, ce que les joueurs du coach Stanislav Tchertchessov ont réalisé dans ce Mondial 2018 restera comme l’une des performances-références dont tout un peuple se souviendra bien longtemps après que le coup de sifflet aura retenti. Et que Dame Coupe se sera trouvé un nouveau compagnon avec lequel elle convolera lors des quatre prochaines années.

Partie pour avoir un destin à la sud-africaine, la « Sbornaïa » a, en effet, renvoyé tous les spécialistes de la météo du foot à leurs prévisions erronées. A l’image de la Nation Arc-en-ciel incapable de sortir des rencontres de groupes de son Mondial en 2010, bien des observateurs ne voyaient pas la Russie survivre au tout premier écrémage. Or, on a vu ce qu’on a vu : une équipe transcendée par l’enjeu et certainement boostée par le très peu de confiance que lui accordait le monde du football. Si bien qu’au fil de leur parcours, le capitaine et portier Akinfeïev et ses partenaires ont réussi à intéresser leurs compatriotes à cette compétition qui au départ ne suscitait pas trop d’engouement. Et à les faire rêver d’un premier sacre mondial de leur équipe. Surtout ,depuis, qu’ils ont renvoyé à leurs errements, l’Espagne et sa constellation de grands joueurs.

Eux-mêmes avaient fini par y croire et sont allés au-delà de leurs limites pour y parvenir. Mais, samedi à Kazan, la chance a tourné. La loterie des tirs au but qui leur avait permis, au tour précédent de sortir Ramos et ses partenaires, ne leur a pas souri face à la Croatie. Le coach moustachu et ses joueurs ont rempli leur mission et réussi leur Coupe du monde, même s’ils s’étaient surpris à imaginer que l’aventure irait à son terme espéré. Même le président Poutine leur a transmis ses félicitations.

Alors que le Mondial « Russie 2018 » amorce sa dernière semaine, toute une Nation peut être fière de l’avoir bien organisé. Tout comme la « Sbornaïa » d’y avoir grandement contribué par son comportement sur les terrains, ses performances et sa détermination à crever le plafond de verre qu’on lui avait dressé. La preuve qu’il n’y a pas de limites à qui veut réussir ; qu’il n’y a aucune raison de jeter le manche après la cognée. A méditer…

B. Khalifa Ndiaye

Moscou : trois équipes de l’Europe de l’Ouest (France, Belgique et Angleterre) et une de l’Europe de Sud (Croatie) seront au rendez-vous du dernier carré de la coupe du monde « Russie 2018 ». Un quatuor inédit pour se disputer, demain mardi et mercredi, les places pour l’ultime rendez-vous de dimanche prochain.

Le mondial 2018 aborde ce lundi la dernière ligne droite d’un parcours qui a laissé bien des « grands » au bord de la route : Allemagne, Brésil, Espagne, Uruguay, Argentine, tous anciens vainqueurs de l’épreuve qui n’en verront pas le terme. Si bien qu’au stade des demi-finales, se présentera un quatuor inédit, un quarté qu’aucun parieur n’avait osé imaginer. Trois équipes d’Europe de l’ouest face à une formation d’Europe du Sud… Seule représentante de l’Europe de l’est, en quarts de finale, la Russie a échoué contre l’unique représentant de l’Europe du sud, la Croatie. Invitée surprise en quarts de finale, poussée par des « Russia ! Russia » dans le gigantesque stade de Sotchi et dans les Fan-zones où étaient érigés des écrans géants de télévision, la Russie n’a pas à rougir de son parcours.

Courageuse, mais limitée, la « Sbornaya» avait pris goût à la victoire, et se voyait dans le dernier carré. Mais le réveil a été brutal dans la série des tirs au but, après les prolongations.

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres, à Zagreb, les Croates fêtaient la 2e qualification de leur équipe en demi-finales, vingt ans après «France 1998 ». Une seconde qualification arrachée avec les tripes devant le pays-hôte et ses millions de supporters. Car il a fallu à Rakitic et ses coéquipiers de disputer les prolongations puis la série des tirs au but pour se débarrasser de fringants Russes qui ne nourrissaient plus de complexe depuis qu’ils ont éliminé la grande Espagne. Une seconde qualification obtenue après le jeu de loterie puisque l’équipe au célèbre maillot à damiers a dû passer par la même séance contre le Danemark pour se hisser en quarts de finales. Modric, Mandzukic, Rakitic et autres voulaient suivre les pas de leurs illustres devanciers de 1998 que sont les Davor Suker, maintenant président de la fédération, mais aussi Boban ou encore Prosinecki. Pour le moment, le pari tient même si la qualification a été laborieuse devant une solide équipe russe. Le sélectionneur russe a beau placer ses pions sur le maillot à damier, la « Sbornaia » s’est cassé les dents. La Russie qui s’était mise à croire en ses possibilités, ne verra donc pas la deuxième demi-finale de son histoire en coupe du monde, après celle de 1966 alors qu’elle s’appelait Urss. Pour Modric et les siens, par contre, il est désormais question de dépasser les glorieux qui avaient été éliminés donc en demi-finale par la France. On verra mercredi à Moscou, face à l’Angleterre s’ils franchiront ce cap. Possible s’ils continuent à faire montre de caractère et de nerfs solides.

Sauf que le sujet de Sa Gracieuse Majesté entendent bien recoller avec un passé lointain. Car, voici 28 ans que l’Angleterre attendait cette qualification en demi-finale. Elle l’a eue dimanche dernier face à la Suède. Championne du monde en 1966, chez elle, l’Angleterre renoue ainsi avec un passé glorieux qui avait vu, en 1990, les Chris Waddle, Garry Lineker et Paul Gascoigne buter en demi-finale sur une formation allemande conduite par Lothar Matthaus, Klinssmann, Rudi Völler et autres. Cette année-là, l’équipe des « Three Lions » avait été éliminée à la série des tirs aux buts, après une prolongation épique. Mercredi, Harry Kane et ses coéquipiers affronteront au stade de Lujniki de Moscou, Luka Modric et ses camarades pour une demi-finale de feu que le pays qui a inventé le football veut enfin réussir 28 ans après. Avec aussi l’espoir de voir ces durs croates craquer enfin après deux matchs à prolongations en huitième et quart de finale. Mais il faudra compter avec l’excellent gardien Subasic en face.

Ils ne le disent pas, mais ils nourrissent le secret espoir de revenir au tout devant de la scène du football mondial, 20 ans après leur seul sacre en finale de Coupe du monde chez eux. La France et sa nouvelle génération veut fêter cet anniversaire avec faste. Et ne s’en cachent plus. Depuis que ce Mondial est débarrassé des « gros » et qu’ils ont maté l’Uruguay après avoir éliminé l’Argentine, tous les rêves leur sont permis. Juste deux étapes avant d’égaler … Didier Deschamps, leur actuel coach et ses potes d’il y a 20 ans.

Mais à chaque tour sa peine : il leur faut d’abord bien négocier, demain à Saint-Pétersbourg, le « voisin » belge. Le match le plus difficile de leur parcours ? En tout cas Kevin de Bruyne, le capitaine Eden Hazard, le buteur Romelu Lukaku, se dresseront sur la route de Mbappé, Ngolo Kanté et autres. Devant une attaque belge qui crache le feu à chaque sortie (14 buts au total), Raphael Varane et ses coéquipiers de la défense auront bien des soucis à se faire. Une explication entre européens de l’ouest qui ne manquera pas de piquant. France-Belgique ce sera aussi des retrouvailles pour ces deux équipes qui s’étaient affrontées pour la 3e place lors du mondial mexicain de 1986 que les Bleus avaient remportée après prolongations (4-2). Mais depuis lors, de l’eau a coulé sous les ponts. Aujourd’hui, de nouvelles générations de footballeurs ont surgi sur la scène et veulent imprimer leurs marques à la compétition.

Face à des « Diables Rouges » plus aguerris et qui ont remporté tous leurs matchs jusqu’ici, les « Bleus » ne manquent cependant pas d’arguments pour éviter qu’on leur raconte une histoire belge.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Moscou : Massés en grand nombre samedi soir, devant l’écran géant installé sur une des façades du stade du Spartak de Moscou, les supporters de la « Sbornaia » ont vu leurs espoirs s’effondrer comme un château de cartes.  A cause de ces diables de Croates, qui n’ont rien lâché, la sélection russe ne verra pas les demi-finales. Mais c’était déjà une prouesse historique de jouer les quarts !

Fan Zone RusseAssis, seul, sur le banc d’une station de métro vide, un jeune homme pleure à chaudes larmes, la tête enfouie entre ses mains. Il n’y a personne pour le consoler ; à part deux bouteilles d’alcool, à moitié vide dans lesquelles, il essaie de noyer sa peine. Sans y arriver. Comme beaucoup de ses compatriotes, le garçon est meurtri par l’élimination de la « Sbornaia » en quarts de finale de la Coupe du monde 2018. A l’issue de la série fatidique des tirs aux buts, la Russie n’a pas réussi à franchir le cap des demi-finales ; au grand bonheur des Croates qui, ont, eux, décroché leur ticket pour le carré d’as, 20 ans après « France 98 ». Ce samedi soir, c’est un sentiment de désillusion qui s’est emparé des populations moscovites. Dans le métro qui déserte la capitale Moscou et la banlieue, les supporters tentent difficilement de masquer leur désarroi. « Russia, Russia ! », scande subitement un groupe d’inconditionnels, en hommage à leur équipe tombée les armes à la main. Un autre groupe semble avoir déjà tourné la page et parle plutôt de politique. « Comment voyez-vous la Russie ? », demande Vladimir, à un étranger en visite à Moscou pour la première fois. Une manière sans doute d’oublier vite cette terrible soirée où les rêves des Russes de voir leur sélection se qualifier en demi-finales se sont effondrés comme un château de cartes. Avant le début de la compétition, ils n’étaient pourtant pas nombreux, les supporters prêts à miser un rouble sur leur équipe nationale réputée faible et dont la préparation était tout sauf rassurante (3 défaites et un match nul sur quatre rencontres amicales disputées). Toutefois, depuis que les hommes de Stanislav Tcherchessov ont balayé d’entrée l’Arabie Saoudite 5-0 puis surclassé l’Egypte 3-1, lors des matchs de poule, l’espoir parmi la population est subitement devenu immense. « La Croatie et la Russie feront match nul à l’issue des prolongations ; mais notre équipe va gagner », pronostique, avec optimisme, le jeune Serguei, bouteille d’alcool à la main, à l’entame de la rencontre.

Chansons traditionnelles
A l’image de beaucoup de supporters qui n’ont pas pu se rendre à Sotchi, il est présent ce samedi soir, à la vaste devanture du stade du Spartak de Moscou pour suivre sur écran géant le match. Ivre de bonheur, il s’éclate avec ses camarades, rit à gorge déployée. Le groupe d’amis composé de jeunes garçons et filles entonne tantôt des chansons traditionnelles, tantôt l’hymne national, pour rendre hommage à leurs joueurs. « Russia ! Russia ! », Peut-on entendre de temps en temps. Des familles sont également venues en couples, avec leurs enfants et leurs bébés pour assister à cette rencontre et apporter leur soutien moral à leur sélection nationale. La sécurité n’est pas en reste. Sur le chemin qui mène à la « fan zone » (zone réservée aux supporters), des hommes en tenue sont sur le qui-vive. Avec calme et retenue, ils essaient de canaliser la foule et d’anticiper sur d’éventuels débordements.

Dans cette rencontre, les choses sont allées très vite car dès la 31ème mn, Denis Cheryshev expédiait, depuis les 25 mètres, une reprise en demi-volée dans la lucarne de Danijel Subasic, le gardien croate. Un chef-d’œuvre célébré en grande pompe aux cris de « Russia ! Russia ». Les supporters pensent partir à la mi-temps avec cet avantage d’un but mais Andrej Kramaric égalise de la tête à la 39ème mn sur un débordement de Mario Mandzukic, l’attaquant de la Juventus.  Malgré ce but, ces derniers sont loin de se décourager et accusent rapidement le coup. « Russia ! Russia », scandent-ils encore en chœur. Vers 23h, le froid s’intensifie ; mais ils sont toujours là, plus que jamais déterminés à assister à la victoire de leur équipe sur les Croates. Sauf que celle-ci tarde à arriver.  Elle est même compromise après le deuxième but des Vatreni (les Valeureux) intervenu lors de la première période des prolongations.  Mais Igor Akinfeev et ses coéquipiers ne baissent pas les bras. Ils réussissent d’ailleurs à remettre les pendules à l’heure à 5 mn de la fin des prolongations. La fête est finalement gâchée par Ivan Ratitik. Auteur du cinquième tir croate, le milieu de terrain du Fc Barcelone n’a pas tremblé. Sa frappe bien exécutée n’a laissé aucune chance au gardien russe. Un but qui donne la victoire aux Vatreni et met définitivement fin aux espoirs de la « Sbornaia » d’inverser la tendance. La Russie échoue ainsi aux portes des demi-finales de la Coupe du monde. Reconnaissants envers leur sélection qui a disputé pour la première fois une quart de finale de Coupe de monde et les a fait rêver durant trois semaines, certains inconditionnels ont continué, malgré l’amertume de la défaite, à scander « Russia ! Russia ! ».

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, Samba Oumar FALL,
B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJ (photos)

La leçon russe !

09 Juil 2018
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En réussissant à atteindre l’étape des quarts de finale de cette coupe du monde, alors que peu la voyaient sortir du premier tour, la Russie a démontré que le football n’était pas que du talent.

C’est aussi une affaire d’Hommes ! Il est vrai que la qualité des joueurs qui composent une équipe de football est importante mais l’engagement sur le terrain l’est encore plus. Et cela, les hommes de Stanislas Tcherchessov l’ont montré durant tous les matchs qu’ils ont disputés à l’occasion de cette compétition. Depuis le début quand, impitoyables, ils balayaient l’Arabie Saoudite sur un score sans appel de 5 buts à 0, jusqu’à ce terrible quart de finale où ils sont tombés les armes à la main.

Jamais, le capitaine Igor Akinfeev et sa bande n’ont baissé les bras. En guerriers russes, ils se sont toujours battus comme de beaux diables et ont joué sans complexe. Même quand ils ont perdu contre l’Uruguay, lors du troisième match,  les joueurs de la « Sbornaia » avaient montré sur le terrain cette envie de gagner qui fait la force des grandes équipes.  Ce « fighting spirit » leur a valu beaucoup de satisfaction et a notamment payé contre les Vikings du Danemark en 8ème de finale, sélection du reste mieux cotée que celle russe.

Aujourd’hui, si elle a pu disputer pour la première fois de son histoire un quart de finale de Coupe du monde, elle le doit essentiellement à la détermination de ses joueurs à bien défendre les couleurs de la Russie.

Méprisés avant le début de la compétition, ces derniers se sont surpassés et ont su tirer leur force dans le patriotisme qu’ils ont fini de traduire sur les pelouses de Moscou, Samara, Sotchi etc. Ils ont en même temps démontré encore que le football n’est pas une science exacte.  Et fait mentir les pronostics qui ne l’attendaient point à ce stade de la compétition. Ceux-ci misaient plutôt sur l’Espagne, le Brésil, la France, l’Argentine, l’Allemagne, mais pas sur la « Sbornaia » qui occupe la 70ème place selon le dernier classement mondial de la Fifa. Nul doute qu’après sa belle Coupe du monde, elle fera de grands bonds en avant au ranking mondial.

Une fois encore, la performance de la Russie à cette 21ème édition de la Coupe du monde indique que l’aspect mental est important dans une compétition.
Des équipes comme l’Allemagne et le Cameroun l’ont toujours démontré.

C’était aussi l’une des forces de la sélection sénégalaise de 2002, qui pour sa première participation à une Coupe du monde, avait atteint l’étape des quarts de finale. Voila qui peut, en tout cas, inspirer d’autres équipes, qui en dépit de leur potentiel avéré, peinent à tirer leur épingle du jeu dans les compétitions internationales ou continentales !  Il ne reste plus qu’à dire « Spassiba » (Merci en russe) aux joueurs russes qui ont dignement honoré leur pays.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Moscou : comme en 2006, 2010 et 2014, la Coupe du monde ira à un pays européen. Pour la cinquième fois dans l’histoire, les équipes du Vieux Continent ont réussi à bouter hors du dernier carré celles sud-américaine. Ce qui promet une finale à 100% européenne le 15 juillet 2018 au stade Luzhniki.

Les demi-finales de la 21e Coupe du monde de football démarrent demain avec une alléchante affiche France-Belgique à Saint-Pétersbourg, suivie d’un duel Angleterre-Croatie le lendemain, à Moscou au stade Luzhniki. L’une des particularités de cette 21e édition très riche en surprises est qu’aucune équipe sud-américaine ne figure dans le dernier carré. Vendredi, elles étaient deux à affronter deux adversaires du Vieux Continent. L’Uruguay s’est incliné face à la France au stade de Nijni Novgorod et le Brésil, quintuple champion du monde, a été sorti de la compétition par une courageuse équipe de la Belgique. Cette situation est loin d’être inédite puisqu’en 2006, en Allemagne, le dernier carré n’était composé que d’équipes du Vieux continent : l’Allemagne, l’Italie, le Portugal et la France.

L’Europe, terre de malédiction des Sud-américains
De 1930 à aujourd’hui, l’Europe a (avec la Russie en 2018) abrité à onze reprises les phases finales de la Coupe du monde. Hormis l’édition de 1958, en Suède, qui avait vu le Brésil brandir son premier trophée mondial, le bilan reste mitigé pour les équipes de la Conmebal (Confédération sud-américaine de football) sur le Vieux continent. Toutes les autres consécrations portent l’empreinte des sélections européennes : Allemagne (3), Italie (4), France (1) et Espagne (1). D’ailleurs, depuis cette 6e édition, rares ont été les équipes sud-américaines à avoir atteint la finale sur les terres européennes.

Seuls l’Argentine en 1990 en Italie et le Brésil en France en 1998, ont réussi cette prouesse.

Cette année encore, en Russie, les Sud-américains seront absents du banquet final. Leurs derniers représentants, la Céleste et la Seleçao, se sont cassé les dents face à la France et à la Belgique. Un scénario qui rappelle 2006, en Allemagne tout comme en 1982, en Espagne, en 1966 en Angleterre et en 1934 en Italie, où le dernier carré était dominé par l’Europe. Incapable de déplacer les montagnes russes, l’Amérique du Sud laisse ainsi au Vieux Continent le monopole des demi-finales avec, cerise sur le gâteau, une  finale 100 % européennes comme en 2010 (Espagne-Pays-Bas), en 2006 (Italie-France), en 1982 (Italie-Allemagne), en 1974 (Allemagne-Pays-Bas), en 1966 (Angleterre-Allemagne), en 1954 (Allemagne-Hongrie), en 1938 (Italie-Hongrie) et en 1934 (Italie-Tchécoslovaquie).

Jusqu’en 2010, l’Amérique du Sud était la chasse gardée des équipes du Conmebal qui s’y sont toujours imposées. Aucun pays européen n’avait réussi à y gagner. Après quatre échecs (1930, 1950, 1962, 1970 et 1978), le Vieux Continent a cassé cette dynamique et vaincu la malédiction en 2014 grâce à la Nationalmannschaft qui s’est payé le luxe de commettre un crime de lèse-majesté en allant remporter un premier titre historique à Rio de Janeiro, après avoir humilié (7-1) le Brésil en demi-finale et battu (1-0) l’Argentine en finale.

Russie, pari réussi
Mieux, depuis trois éditions (2006, 2010 et 2014), les sélections européennes dictent leur loi au reste du monde. Avec, en prévision, une finale à 100% européenne, le Vieux Continent qui mène déjà par 11 victoires finales à neuf, aura une occasion de creuser l’écart devant l’Amérique du Sud bredouille depuis 2002. Et qui devra attendre quatre longues années pour espérer briser le joug de l’Europe.

Cette édition a été marquée par les contre-performances des grandes nations du football. Les équipes qui rêvaient de briller sous le ciel russe ont connu une grosse désillusion. L’Allemagne, tenante du titre, a connu une faillite spectaculaire en terminant en queue de peloton d’un groupe à sa portée. Très attendue, la Pologne de Robert Lewandowski n’a pas dépassé la phase de groupe. L’Espagne s’est effondrée en 8e de finale. Tout comme le Portugal qui n’a pu compter sur Cristiano Ronaldo pour aller au-delà des 8e. L’Argentine avec un Lionel Messi pas au summum de son art, n’a pu aller au bout de sa quête du Graal. Le Brésil de Neymar a vu ses rêver brisés par la Belgique. Cependant, l’une des grandes satisfactions de ce Mondial reste la Russie que personne n’attendait. Le pays hôte, n’a pas réussi à aller jusqu’au bout de son rêve en sortant l’Espagne en huitième de finale. Mais l’aventure de la « Sbornaïa », qui a réussi à déjouer tous les pronostics pour se hisser jusqu’en quart de finale, a été stoppée par la Croatie. Les hommes de Stanislav Tchertchessov quittent leur Mondial en quart de finale comme la France en 1938, la Suisse en 1954 et le Mexique en 1970 et 1986.

L’Afrique dernière de la classe
Les phases finales de Coupe du monde se suivent et se ressemblent toutes pour les équipes africaines. Leur plus haut fait d’armes reste un quart de finale que seules trois équipes avaient réussi à atteindre : le Cameroun en 1990, le Sénégal en 2002 et le Ghana en 2010. En Russie, ni l’Egypte encore moins le Maroc, la Tunisie, le Nigeria et le Sénégal n’ont réussi à briller. Depuis 1934, l’Afrique peine à se faire une place dans le club très fermé des grands du football mondial. Le Mondial russe a démontré que l’Afrique avait encore du chemin à faire. Le Sénégal, après s’être imposé d’entrée face à la Pologne (2-1), a manqué de passer le cap du premier tour alors qu’il avait toutes les cartes en mains pour se qualifier (nul 2 – 2 contre le Japon et défaite face à la Colombie 0 – 1). Et dire que cette équipe sénégalaise a fait mieux que les autres représentants africains en engrangeant quatre points là où le Nigéria et la Tunisie ne comptent qu’une seule victoire. Le Maroc n’a pas eu la même chance. L’Egypte dont le retour était très attendue a quitté la compétition avec un zéro pointé. Les Pharaons avaient connu la même désillusion en … 1934 et 1990. A l’arrivée, le bilan des représentants africains n’est guère reluisant : 3 victoires, 2 matchs nuls et 10 défaites pour 16 buts inscrits et 26 encaissés.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

« Dobrii dan » : Paradoxe

07 Juil 2018
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Le paradoxe du football, c’est qu’il est le sport collectif par excellence qui, en même temps, magnifie peut-être plus que dans toutes les autres disciplines, la performance individuelle. Si bien que même dans une épreuve comme la Coupe du monde dont la 21ème édition se dispute actuellement en Russie, on épilogue autant sur les chances de telle ou telle autre équipe de décrocher le titre final que sur celles de telle star de marquer des points décisifs dans la course à l’attribution du Ballon d’or. Messi et Ronaldo qui ont trusté ces dix dernières années la récompense individuelle suprême, renvoyés à la maison, on cherche depuis le joueur qui pourrait interrompre ce mano-à-mano. Peut-être que les derniers jours de compétition permettront à quelqu’un de sortir du lot.

Pour l’heure, et comme le Brésil il y a quatre ans suite à la blessure et au forfait de Neymar, on peut bien noter que l’absence hier de Cavani a été préjudiciable à l’Uruguay. Devenue une équipe quelconque sans son meilleur buteur, l’Uruguay est totalement passé à côté de son sujet contre la France. Un peu comme les « Auriverde » en demi-finale de « leur » Mondial en 2014 face à l’Allemagne (1 – 7). Et également à l’image de l’Argentine tout au long de ses trois matchs en terre russe, plombée par un fantomatique Lionel Messi. Pour parler de ce qui nous concerne de plus près, l’Egypte n’a-t-elle pas fait les frais du manque de rythme de Mohamed Salah, son maître à penser technique et buteur efficace ? Ses compatriotes connaissaient à ce point l’importance du joueur de Liverpool dans la performance d’ensemble des Pharaons, que certains d’entre eux n’avaient pas hésité à manifester devant l’ambassade d’Espagne au Caire pour s’en prendre à Ramos, le défenseur et capitaine du Real et de la « Roja » qui avait « démonté » leur pharaon en finale de la Ligue européenne des champions.

Et pour balayer devant la porte de notre Tanière, avec un Sadio Mané au même niveau de performance qu’en club, le Sénégal n’aurait-il pas passé le cap des matchs de groupes de ce Mondial ?

Puisque personne n’aura jamais la réponse exacte, on peut prendre la liberté de répondre que … si. Dans tous les cas, il n’y a jamais à y redire aussi longtemps que la dépendance d’une équipe d’un de ses éléments porte ses fruits. Cependant, quand ça commence à ne plus marcher comme espéré, on se fait fort de se rappeler que le football est avant tout un sport collectif. N’empêche des individualités sortiront toujours du lot et auront la responsabilité de porter leur équipe. Et de perpétuer ce joli paradoxe autour du foot.

B. Khalifa NDIAYE


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