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Football (2813)

Moscou : A chaque élimination du Sénégal à une compétition majeure, les problèmes surgissent au grand jour. Avec l’échec qui a sanctionné la participation de l’équipe nationale à la deuxième phase finale de la Coupe du monde de son histoire, la polémique s’est installée. La Fédération sénégalaise de football (Fsf) est attendue pour faire le bilan de cette participation calamiteuse et éclairer l’opinion sur certaines zones d’ombre.

L’élimination du Sénégal a laissé groggy les nombreux supporters, tant les espoirs étaient grands. Mais faute d’avoir réussi à déplacer les montagnes russes, ils ont installé la polémique en repartant de la Russie en rangs dispersés. En effet, l’avion spécial qui devait récupérer vendredi dernier, à Moscou, les 23 Lions et le staff, est venu avec 24 heures de retard. Une légèreté qui est venue mettre les joueurs, qui n’avaient pas encore digéré leur échec, dans un état second. A peine cette page tournée, Diafra Sakho, qui n’a disputé qu’un bout de rencontre contre la Colombie, donc mieux que Moussa Sow, Kara Mbodji, Adama Mbengue et Alfred Gomis qui n’ont jamais foulé les pelouses russes dans cette compétition, est, dit-on, venu en rajouter une couche en claquant la porte de l’équipe nationale. Une situation surprenante  venant d’un joueur qui a toujours eu la confiance d’Aliou Cissé et qui, lors des phases de groupe de cette phase finale, n’entrait pas dans les plans de ce dernier. Mais les supposés déclarations de l’attaquant rennais ont été démentis par son agent, Thierno Seydi, qui a tenu à renouveler la disponibilité du joueur à l’équipe nationale.

Déjà, les bruits de révolte de Diao Baldé Keïta, laissé sur le banc de touche lors des deux premières rencontres contre la Pologne et le Japon, avaient commencé à courir. Et lors du match suivant, contre la Colombie, l’attaquant de Monaco a été titularisé et n’a jamais réussi à faire la différence. Au-delà des joueurs, les supporters convoyés  par vol spécial en Russie et qui se sont tapés des milliers de kilomètres pour rallier Ekaterinbourg et Samara, pour pousser les Lions à la victoire, ont vu leur séjour se prolonger de plusieurs jours après l’élimination de l’équipe nationale au soir du jeudi 28 juin. L’avion qui devait les récupérer et les ramener au bercail n’est finalement venu qu’hier, lundi, pour reprendre les airs ce matin. Cette galère n’a pas épargné les membres du Comité exécutif de la Fédération qui se sont déplacés en masse en Russie. Ces derniers qui n’ont pas réussi à embarquer dans le vol spécial qui a ramené les joueurs au Sénégal, se sont retrouvés délogés de leurs chambres qu’ils occupaient pourtant depuis deux semaines et se sont retrouvés à la rue pendant quelques heures. Une question de per diem est venue s’ajouter à ce problème qui a davantage avivé la polémique.

Après ces nombreux couacs, la Fédération est attendue pour faire le bilan de cette participation qui a été en deçà des espérances et de faire la lumière sur ces manquements qui n’honorent pas le football sénégalais. Un bilan moral, sportif et financier est fortement attendu de la part du président Augustin Senghor et son staff pour éclairer certaines zones d’ombre et éclairer l’opinion sur la gestion qui a été faite de son équipe.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA,
Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

Moscou : En huitième de finale de la 21ème Coupe du monde de football disputé hier à Samara, le Brésil a battu le Mexique par 2 buts à 0. Score vierge à la mi-temps.
Buts : Neymar (51e), Roberto Firmino (88e)
Les équipes : Brésil : Allisson Becker, Fagner, Thiago Silva, Joao Miranda, Filipe Luis, Paulinho (Fernadinho, 80e), Carlos Casemiro, Philipe Coutinho (Roberto Firmino, 86e) Willian (Marquinhos, 90+1), Gabriel Jesus, Neymar.
Entraîneur : Adenor Tite.
Mexique : Guillermo Ochoa, Jessu Gallardo, Hugo Ayalla, Carlos Salcedo, Edson Alvarez (Jonhattan Dos Santos, 55e), Raphael Marquez (Miguel Layun, 46e), Andrès Guardado, Hector Herrera, Hirving Lozano, Javier Hernandez (Raul Jimenez, 60e).
Entraîneur : Juan Carlos Osorio.
Arbitre : Gianluca Rocchi

Avertissements : Edson Alvarez (38e), Hector Herrera (55e), Carlos Salcedo (77e) et Andrès Guardado (90e) pour Mexique ; Filipe Luis (43e) et Carlos Casemiro (59e) pour Brésil.
  Le Mexique avait prévu de compliquer la tâche au Brésil après avoir donné le premier coup de boutoir fatal qui a contribué à renvoyer les champions du monde allemands à la maison au sortir des rencontres du premier tour.
Pour prouver qu’ils avaient de la suite dans les idées. Et surtout pour franchir la ligne rouge des huitièmes de finale qu’ils n’ont jamais passée les 6 fois où ils s’y étaient invités par le passé.
C’est raté, puisque les Aztèques ont trouvé à qui parler. Ils n’ont, en fait, tenu la dragée haute à leurs vis-à-vis que pendant une mi-temps, hier à Samara lors du cinquième huitième de finale du Mondial « Russie 2018 ». Puis Neymar et ses partenaires ont pris les choses en mains. Le joueur du PSG a montré la voie en ouvrant le score (51ème mn) et a été à l’origine du deuxième but inscrit par Firmino (88ème mn) qui a définitivement annihilé les espoirs de la « Tri » de revenir à la marque.
  

Pour le Brésil, la route continue. Il a eu la peau du Mexique qui a sorti le champion en titre et peut rêver plus que jamais d’une sixième étoile sur son blason. Sa superstar, Neymar, semble être dans les meilleures dispositions pour l’aider dans sa mission de reconquérir une couronne qu’il n’a plus coiffée depuis 2002. Pour « le pays du football », ça commence à faire long. Mais, en même temps, ça commence à sentir bon, beaucoup de grands pays ayant déjà perdu leurs ambitions (Allemagne, Espagne, Argentine notamment). La route est encore longue cependant.



Moscou : Toutes les affiches des quarts de finale du Mondial russe auront fini d’être ficelées aujourd’hui au sortir des deux derniers huitièmes de finale prévus à Saint-Pétersbourg (Suède – Suisse à 14 h) et au stade du Spartak de Moscou (Colombie – Angleterre à 18 h). Les vainqueurs de ces deux rencontres se croiseront samedi prochain à 14 heures à Samara pour une place dans le dernier carré.
Hier, le Brésil vainqueur du Mexique et la Belgique qui a renversé le Japon ont pris rendez-vous pour un quart de feu vendredi à 18 heures à Kazan.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJ (photos)

 

Pour raviver les regrets sénégalais…

Moscou : Dans le pire des cas, c’est hier à Rostov-sur-le-Don face à la Belgique que les Lions du Sénégal devaient disputer leur huitième de finale s’ils s’étaient qualifiés. Et s’ils avaient réellement répondu aux nombreuses attentes placées en eux, ils seraient aujourd’hui, là, sur le point de croiser l’Angleterre, pour le huitième et dernier huitième de finale du Mondial russe. Mais, on sait qu’ils ont laissé filer l’occasion, laissant la voie ouverte au Japon (2ème du Groupe H) et à la Colombie (1ère). 

Les Samouraïs bleus éliminés hier, c’est au tour des « Cafeteros » de négocier, ce soir au stade du Spartak de Moscou, leur présence en quart de finale. Devant leur téléviseur, si le cœur leur en dit, ils se rendront à quel point ils sont passés à côté de quelque chose de grand. Falcao et ses partenaires n’en ont cure. Ils tenteront de passer un autre cap. Ils savent cependant que ce ne sera guère facile face aux hommes de Southgate qui ont montré un visage très séduisant en matches de groupe. Et qui peuvent compter sur un Harry Kane plus opportuniste que jamais.
 

Dans l’autre huitième de finale prévu à 14 heures à Saint-Pétersbourg, un duel 100% européen mettra aux prises la Suède qui avait dominé le Groupe F à la Suisse qui peut se targuer d’avoir tenu en échec le Brésil (1 – 1) dans le Groupe E. Un choc qui promet d’être âprement disputé.

Le programme du jour
A Saint-Pétersbourg : 14 h : Suède – Suisse
A Moscou à 18 h : Colombie - Angleterre

 

Les Samouraïs bleus croyaient certainement avoir fait le plus difficile lorsqu’ils ont mené hier au score (2 – 0) avant même l’heure de jeu (52ème mn) à Rostov-sur-le-Don face à la Belgique. Il est vrai que, jusqu’alors, ils avaient fait honneur à leur surnom. Mais, les Belges ont de la ressource. Ce n’est pas pour rien qu’on les classe tous les quatre ans parmi les équipes capables de redistribuer les cartes au Mondial (pour ne même pas parler des Euro de foot où ils sont tout le temps attendus). Hier, ils l’ont encore prouvé. Vertonghen les a remis dans le sens de la marche, avant que leur coach Roberto Martinez sorte deux …diables de sa manche : Fellaïni (74ème mn) et Nacer Chadli au bout du temps additionnel sont entrés en jeu pour remettre les choses à l’endroit.
 

Car, entre la Belgique, grande puissance du football mondial (même si son palmarès est désespérément vide) et le Japon, 61ème au dernier classement de la Fifa, il n’y a pas photo. Les Diables rouges ont peiné mais ont fini par faire respecter la hiérarchie.

Les résultats enregistrés hier
Brésil – Mexique : 2 – 0 ; Belgique – Japon 2 – 1

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA,
Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)
Abdoulaye MBODJ (photos)

 

Maintenant, dans ce Mondial, tout devient serré et les équipes qui ont la chance de poursuivre le chemin jouent crânement leur chance. Les favoris ont du mal à s’imposer facilement car selon Aly Male, les équipes se tiennent de très près. Cependant, vu leur effectif, l’entraîneur de l’Etics pensent que la France et le Brésil ont une chance à saisir.

Après les matchs du premier tour, place aux rencontres à élimination directe où il n’y a plus place pour les calculs ni pour les observations. Dans cette dernière ligne droite, notre technicien, Aly Male continue ses analyses de qualité avec nous pour tenter de dénicher le futur vainqueur. Il prévient d’emblée qu’il peut y avoir beaucoup de surprises pour le reste de compétition comme au premier tour. «Maintenant, il n’y a plus de petites équipes, ni de grandes équipes qui n’ont pas pu faire la différence. Cela montre que toutes les équipes ont atteint un certain niveau et qu’elles se tiennent de très près. L’Espagne a été sortie par la Russie alors que tout le monde pensait que c’était un match déséquilibré en faveur de ce pays », explique l’entraîneur de l’Entente Taïba-Industries Chimiques du Sénégal (Etics/Mboro) qui donne l’exemple de l’élimination de l’Allemagne dès le premier tour. Le champion du monde 2014 a été suivi par le vice-champion, en l’occurrence l’Argentine de Lionel Messi, le Portugal de Cristiano Ronaldo… Aly Male constate que dans cette Coupe du monde, il n’y a pas un grand écart entre les formations. Pour preuve, il laisse entendre que même la Croatie qu’on croyait complète a montré ses lacunes malgré sa qualification face au Danemark et aux…tirs au but.

« Cela veut dire que les équipes se tiennent de près. Il n’y a pas une équipe au-dessus du lot qui écrase tout le monde comme par le passé. Même la Belgique a montré des faiblesses. Toutes les grandes équipes ont eu des difficultés, notamment quand les équipes adverses jouaient avec un bloc bas. Quand elles étaient attendues, ces supposées grandes équipes ont eu des difficultés pour percer le verrou défensif. Maintenant, tous les entraîneurs ont de l’expérience pour les compétitions majeures », soutient notre consultant.
Mbappé et Neymar pourraient faire la différence

Avec la compétition qui sera serrée jusqu’au bout avec des matchs couperet, Aly Male pense que ce qui va être décisif, c’est la qualité individuelle de certains joueurs qui pourraient faire la différence. « Il y aura toujours des joueurs déterminants en plus des balles arrêtées qu’il faudra exploiter. Des joueurs comme Mbappé pour la France et Neymar du Brésil qui cassent les lignes pourront être décisifs. Le football moderne a besoin de ces genres de joueurs. Il y avait Lionel Messi et Cristiano Ronaldo qui n’ont pas pu faire la différence avec leurs équipes ; Mbappé et Neymar vont vite et peuvent éliminer l’adversaire dans un petit périmètre. Il faut que ces joueurs se lâchent », indique l’entraîneur d’Etics/Mboro. Cependant, ce dernier est d’avis que pour aller au bout à la Coupe du monde, qui est une grande compétition, il faut toujours de la réussite car souvent, ça se joue sur des détails.

Concernant les quarts de finale qui se profilent à l’horizon, le technicien estime que tous les matchs seront difficiles et âprement disputés et « aucun match ne se gagnera facilement et ce sera très dur à négocier » avec des joueurs qui se connaissent tous. Toutefois, pour la suite, vu les individualisés qui composent les équipes, le spécialiste du football pense que le Brésil et la France peuvent aller loin sans oublier les autres outsiders comme la Croatie qui a un très bonne équipe. Evitant d’être trop tranché, il renchérit : « c’est une Coupe du monde des surprises ».

Oumar KANDE

 

Moscou : C’était hier, au deuxième jour des huitièmes de finale, que la 21ème Coupe du monde a connu ses premières prolongations et même ses premiers tirs au but. La veille, la France face à l’Argentine et l’Uruguay contre le Portugal avaient quelque peu souffert mais n’avaient pas eu besoin d’aller jusqu’à l’extra-time, encore moins la loterie pour valider leur billet pour les quarts de finale. A l’inverse de la Russie, le pays  organisateur que même ses plus fervents supporters ne voyaient pas à pareille fête qui, non contente de tenir en échec l’Espagne et ses stars, les a renvoyées à la maison (1 – 1 et 4 TAB 3). La Croatie, elle, aurait pu s’épargner cette aléatoire épreuve face au Danemark. Puisque, à 1 but partout à la 115ème mn, 5 petites minutes avant la fin des prolongations, elle a raté un penalty par son capitaine et maître à jouer, Luka Modric. Il s’en suivit une palpitante série de tirs au but que, heureusement pour le n°10 des maillots à damier, son équipe finit par remporter (3 à 2).

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJ (photos)

 

 

Moscou : 1994 aux Etats-Unis ; 1998 en France ; 2002 en Corée du Sud et au Japon ; 2006 en Allemagne ; 2010 en Afrique du Sud et 2014 au Brésil ! Six fois par le passé, le Mexique s’est hissé au second tour d’une Coupe du monde, et six fois il a échoué à passer le cap des huitièmes de finale. Aujourd’hui, à partir de 14 heures à Samara, tombeau des illusions sénégalaises dans ce Mondial russe, la « Tri » tentera d’exorciser le syndrome.

Chicharito et ses partenaires avaient réussi le premier coup fumant de cette 21ème Coupe du monde en s’imposant d’entrée devant l’Allemagne (1 – 0) dans le Groupe F, annonçant du coup la future élimination des champions en titre.  Mais, une raclée prise face à la Suède (0 – 3), lors de la 3ème journée, alors que la qualification au second tour était déjà acquise, a ramené les Aztèques sur terre. Ce qui n’est cependant pas pour les empêcher de rêver grand. « Nous ne pensons pas seulement à ce match, nous avons envie de remporter la coupe », a clairement soutenu Chicharito. Il faudra pour cela passer sur le cadavre du Brésil. Or, ce Brésil-ci, sans avoir été flamboyant, a été assez solide pour sortir tranquillement de son Groupe E. Revanchards après leur déculottée en 2014 en demi-finale (1 – 7) de « leur » Mondial face à l’Allemagne, les « Auriverde » entendent se payer aujourd’hui le scalp des tombeurs de leurs bourreaux d’il y a quatre ans. Neymar avait manqué, pour cause de blessure, ce « Mineiraço » ou « coup du stade Mineirao » de Belo Horizonte, théâtre de ce deuxième drame national après le « Maracanaço » (ou coup du Maracana) en référence à la cruelle désillusion de tout un peuple après la « finale » du Mondial 1950 perdue (1 – 2) au mythique stade de Rio de Janeiro face à l’Uruguay. Cet après-midi, il sera bien là pour tenter de rapprocher son pays d’un sixième sacre mondial.

Moscou : Là, c’est définitivement parti ! La Russie s’est désormais totalement approprié « son » Mondial. Il y a une quinzaine de jours, pour le visiteur qui débarquait dans ce pays, il n’y avait presque rien pour annoncer qu’un évènement planétaire de la dimension d’une Coupe du monde de football se préparait.
Aucun engouement, aucun déchainement de passion comme l’on en voyait traditionnellement dans les pays qui accueillaient cette fête du ballon rond. Certainement du fait d’une préparation calamiteuse jalonnée de résultats négatifs. Pas même le festival offensif du premier jour de la compétition (5 – 0) face à l’Arabie saoudite n’avait été chaleureusement accueilli. Après tout, ce n’était que la deuxième équipe la moins bien placée des 32 qualifiés au dernier classement de la Fifa, derrière … la Russie.

Un deuxième succès, quelques jours plus tard à Saint-Pétersbourg devant l’Egypte et sa star Mohamed Salah (3 – 1) commença à faire naître l’espoir fou de voir la « Sbornaya » briller de mille feux dans « son » Mondial. Des espoirs vite douchés lors de la troisième journée à Samara avec la lourde défaite (0 – 3) concédée contre l’Uruguay. La Russie était à sa place, pensa-t-on. Ramenée sur terre et surtout reléguée à la deuxième place du Groupe A ; et en attente de croiser l’Espagne en huitième de finale. Qu’importe ! C’était déjà une grosse performance pour l’équipe entrainée par l’ancien portier international russe Stanislav Cherchesov à qui l’on promettait l’enfer avant le coup d’envoi de ce 21ème Mondial. Alors, l’Espagne ou le Portugal si le portier et capitaine Igor Akinfeev et ses partenaires avaient fini en tête de leur groupe ? C’était du pareil au même !

Les Russes allaient jouer leurs chances à fond. Surtout qu’hier dans un stade Loujniki rempli à ras-bords, ils ont été portés par une ferveur indescriptible. Même menés assez tôt au score (et sur un CSC d’Ignashevich en plus), ils ont tout le temps bénéficié du soutien indéfectible de leurs supporters. Et de tous leurs compatriotes depuis toutes les chaumières russes et les nombreuses Fans Zones installées à travers tout le pays.
Le public ne s’st-il pas payé une « ola » au plus fort de la domination espagnole matérialisée à l’arrivée par le chiffre astronomique de plus de 1000 passes réussies ? Mais, comme disait l’autre « dans l’expression faire circuler le ballon, il y a cercle ». Possession de balle n’est pas forcément synonyme d’efficacité. Et peut renvoyer parfois, comme hier avec la « Roja » à Moscou, à ronronnement. Ce qui eut le don de réveiller des Russes qui s’étaient certainement dit qu’il y avait quelque chose à prendre. Gagnés par l’euphorie ambiante des tribunes en folie du stade Loujniki, ils firent mieux que se défendre et poussèrent même les champions du monde 2010 Piqué, Iniesta, Ramos et les autres jusqu’aux prolongations et aux tirs au but.

Et là, l’excellent portier Igor Akinfee finit le boulot en stoppant les essais de Koke et Iago Aspas. La dernière fois que le pays avait disputé un quart de finale, c’était en 1970 au Mexique et il s’appelait alors URSS. Tout un peuple peut rugir de bonheur. Il s’est trouvé de nouveaux héros.

Le fou rêve d’écrire la première page glorieuse du football russe est plus vivace que jamais. Plus personne n’ose regarder cette « Sbornaya » de haut.

 

 Moscou : Cette fois, si Lionel Messi annonce sa retraite internationale, il y a fort à parier que beaucoup de ses compatriotes argentins lui souhaiteront bon vent. Déjà qu’au pays, il lui est reproché depuis des années de ne pas être aussi décisif en sélection comme il l’est régulièrement avec son club espagnol du Fc Barcelone. Ses partisans ont beau répliquer que sous le maillot « ciel et blanc » il n’a pas de partenaires à la science du football de la dimension d’Iniesta et Suarez voire Neymar et Xavi jusqu’à dernièrement sous la tunique « blaugrana », ses détracteurs n’en démordent pas : Messi est plus catalan qu’Argentin.
 

Et voici que durant ce Mondial 2018, il a (encore) été presque transparent. A part quelques fulgurances, on ne l’a jamais vu endosser son costume de … messie. Samedi contre la France, malgré deux passes décisives délivrées, il n’a pas montré grand-chose. Pire avec cette élimination de « l’Albiceleste » dès les huitièmes de finale, Messi a bouclé sa troisième Coupe du monde sans avoir inscrit le moindre but lors des matches à élimination directe. Très en deçà de son palmarès individuel de quintuple Ballon d’or. Des distinctions acquises surtout grâce à ses performances en club. Alors, à 31 ans et 129 sélections marquées par des déceptions lors des plus grands rendez-vous, « La Pulga » pourrait se libérer de ses charges en sélections et peut-être libérer « l’Albiceleste » qui n’aurait plus à compter sur le messie qu’elle attend depuis un certain Diégo Maradona.


Quand les tenants ne tiennent pas le coup

 Kaluga : C’est devenu une habitude chez les tenants du titre mondial depuis 2002, lorsque la France championne du monde en titre perdait son trophée en se faisant sortir d’entrée (premier tour) de l’édition asiatique (Japon/Corée Sud). Depuis lors, d’autres ont suivi ses traces. L’Italie championne en 2006, l’Espagne championne en 2010, l’Allemagne championne en 2014, ont tous pris la porte, dès la phase de groupes, respectivement en 2010, 2014 et 2018. De grands pays de football dont les championnats attirent toujours les footballeurs, les foules mais aussi les sponsors. La présente édition n’a donc pas dérogé à la « règle » puisque de grands champions ont été éliminés soit dès la phase de groupes, soit dès le début du second tour. Cas de l’Allemagne championne du monde en titre et qui était considérée comme l’ogre de cette compétition et qui, en trois matches, a montré toutes ses limites avec sa formation vieillissante. Une défaite d’entrée face au Mexique (0-1), puis une victoire difficile et même miraculeuse devant la Suède (2-1) avant de retomber dans ses travers contre la Corée du Sud (0-2). Quadruples champions du monde (1954, 1974, 1990, 2014), les Allemands étaient les seuls à titiller le grand Brésil cinq fois champion du monde. La prestation allemande lors de cette Coupe du monde a même été jugée de catastrophiquement historique. Une équipe habituée aux honneurs depuis l’instauration de la phase de groupes en 1950. C’est pourquoi l’entraîneur, Joachim Löw, ne pouvait parler d’autre chose que d’une « gigantesque déception ». « L’équipe a perdu plus qu’un match, beaucoup de ce que nous avions construit depuis des années », avait-il dit au micro des confrères allemands à la fin du match contre la Corée du Sud.

France, meilleure équipe du tournoi
   Le finaliste 2014, l’Argentine a à peine fait mieux. Avec un nul d’entrée contre les modestes Islandais (1-1) suivi d’une lourde défaite contre la Croatie de Modric et Rakitic, Lionel Messi et ses partenaires se sont ressaisis à temps devant le Nigeria qu’ils ont battu in-extrémis (2-1) pour se qualifier au second tour. Mais le mal était profond car cette équipe sans un Messi des grands jours n’était que l’ombre d’elle-même. Et elle l’a prouvé face à la France, jugée actuellement comme la meilleure équipe de ce tournoi. Résultat des courses, un 4-3 pour les Bleus qui a démontré que les vice-champions du monde n’étaient plus la fringante équipe qui balayait tout sur son passage. Messi a même quitté ses partenaires pour rentrer tout seul. Une crise en perspective dans la formation argentine ? On peut bien s’y attendre car après avoir perdu la finale contre l’Allemagne en 2014, et une autre finale en Copa America contre le Chili, Messi avait déclaré en avoir fini avec la sélection pour revenir ensuite sur sa décision. Qu’en sera-t-il cette fois ?  

Autre grand perdant, le Portugal de sa star Cristiano Ronaldo. Qui rêvait d’un sixième ballon d’or en cas de bonne performance dans ce Mondial après avoir remporté la coupe d’Europe des nations contre la France. Mais le sort avait mis sur sa route l’Uruguay d’un certain Edison Cavani. « El matador » a été le bourreau des Portugais en plantant deux buts qui terrassaient Ronaldo et Pepe qui voyaient déjà grand après avoir s’être sortis sans grande difficulté de leur groupe. Mais leur histoire s’est arrêtée en 8e de finale. Terrible désillusion pour un Ronaldo qui entendait réaliser une bonne coupe du monde, surtout depuis l’élimination de son rival intime Messi.  

Enfin, l’Espagne l’autre ancien champion du monde en 2010 en Afrique du Sud, après un parcours peu convaincant (une victoire et deux nuls) a pu sortir des matches de groupes pour se présenter devant le pays organisateur en 8e de finale. Elle a été éliminée à cause de ses propres turpitudes. Un pénalty bête concédé par Piqué dans le match, puis deux ratages dans la série des tirs aux buts et voilà l’Espagne sortie par la Russie. Une malédiction qui poursuit ainsi la « Roja » face aux pays hôtes en coupe du monde puisqu’elle a subi le même sort en 1934 (Italie), 1950 (Brésil), 2002 (Japon/Corée) et à l’Euro 1980, 1984, 1988, 1996, 2004.
De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,

Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJ (photos)

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Kaluga : Le Japon s’est qualifié, jeudi dernier, pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2018. Conscients que la Colombie avait ouvert le score contre le Sénégal dans l’autre match de la 3ème et dernière journée du Groupe H, les Samouraïs bleus avaient complètement refusé le jeu dans les dernières minutes de la rencontre face à la Pologne. La suite, tout le monde la connaît. A égalité parfaite avec le Sénégal, ils sont passés au … fair-play (4 cartons jaunes contre 6 au Sénégal). Cette attitude qu’elle juge contraire aux règles d’éthique et de fair-play, a écœuré la Fédération sénégalaise de football.

Criant à l’injustice, la Fsf a jugé opportun d’adresser une requête à l’instance dirigeante du football mondial pour fustiger le manque de fair-play dont l’équipe japonaise a fait preuve. Les autorités fédérales sénégalaises ont estimé que « le Japon a littéralement refusé de jouer lorsqu’il a appris que la Colombie venait de marquer un but contre le Sénégal, un refus de jeu qui arrangeait le Japon mais qui est contraire aux principes gouvernant le football ». Pour preuve, ont précisé les fédéraux, l’entraîneur du Japon a confirmé en conférence de presse d’après-match, avoir pris cette décision de manipuler ce résultat du match en conservant le score de 1-0 qui arrangeait bien son équipe. La Fifa a également été interpellée par la Fsf sur la notion de classement au nombre de cartons qui « perd son sens et son intérêt  dans un cas de figure pareil où l’équipe  manquant de fair-play n’est nullement inquiétée par une sanction ».

L’arbitrage du Serbe, Milorad Mazic, contre la Colombie a également été décrié par la Fsf qui l’a fustigé dans sa lettre de protestation adressée à la Fifa. En effet, suite au tacle de Sanchez sur Sadio Mané dans la surface de réparation, l’arbitre avait désigné le point de penalty, avant de revenir sur sa décision après recours au Var. Une décision que n’approuvent pas du tout les fédéraux qui ont argumenté que « l’arbitre qui était à quelques mètres de l’action était bien placé et donc n’aurait pas dû revenir sur sa décision et en plus, il aurait dû sanctionner le défenseur colombien fautif, d’un carton rouge direct ». De même, ils ont accusé l’arbitre serbe d’avoir fermé les yeux sur une faute de main très visible de Yerry Mina dans sa surface de réparation à la 76e minute.

Ces mauvaises décisions, ont-ils dit, ont été à l’origine directe de l’élimination du Sénégal. La Fsf espère que l’instance dirigeante du football mondial diligentera ces affaires.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, Samba Oumar FALL,
B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJ (photos)

Des satisfactions au milieu, mais ….
Pour son retour en tant que titulaire et capitaine de l’équipe, Cheikhou Kouyaté, a réussi à marquer son territoire. Placé devant la défense, son poste de prédilection, il a abattu un travail extraordinaire. Il a intercepté beaucoup de ballons dans l’entrejeu et participé à l’effort défensif contre les Colombiens. Alfred Ndiaye, qu’il a remplacé sur ce match a été un exemple de détermination et d’engagement.
Titularisé au milieu de terrain face à la Pologne et au Japon, il a toujours réussi à tirer son épingle du jeu. Il a été très solide à son poste. Dans l’entrejeu, il a tenu son rôle et a été d’un grand apport en répondant présent dans tous les duels.

Idrissa Gana Guèye a également joué sa participation, même si lors des deux premiers matchs, il a peiné à trouver ses marques. Contre la Colombie, il joué un cran au-dessus et a été bien en vue. Pape Alioune Ndiaye n’a pas eu la même réussite pour sa première titularisation.
Le milieu de Stoke City a tardé à se mettre dans le rythme et a passé tout le temps à courir derrière le ballon.

Heureusement qu’il y avait Mbaye Niang !
 
On attendait Sadio Mané pour survoler de tout son talent cette compétition et porter l’équipe du Sénégal, mais il n’a pas répondu aux nombreuses attentes.
L’attaquant de Liverpool n’a que très peu pesé sur le jeu sénégalais. Désigné homme du match face au Japon, Mané, buteur lors de cette rencontre, a été très en-dessous de son rendement habituel. Il a perdu beaucoup de duels et ne s’est guère montré très percutant. Le Sénégal attendait un grand Sadio Mané après sa belle saison avec Liverpool, il a vu une pâle de l’attaquant qui fait rêver les grands clubs européens.
La lumière est plutôt venue de Mbaye Niang, premier buteur sénégalais de cette Coupe du monde, Mbaye Niang a offert à l’équipe sa seule victoire contre la Pologne.

Désigné homme du match lors de cette rencontre, le remuant attaquant du Torino a gagné sa place de titulaire sur le front de l’attaque sénégalaise. Grâce à sa taille et sa puissance, il a donné du fil à retordre aux défenses adverses. Mbaye Niang reste l’une des rares satisfactions de cette attaque. 

Moussa Konaté qui n’a eu que quelques bribes de matchs n’a pas très souvent eu l’occasion de s’illustrer. Entré à 14 minutes du terme contre la Pologne et à 10 contre la Colombie, le meilleur buteur sénégalais depuis le début de l’ère Cissé a passé tout le temps à courir derrière le ballon. Considéré comme un attaquant prometteur, Ismaïla Sarr était attendu pour exploser lors de ce mondial, mais l’attaquant n’est pas sorti du lot. Positionné contre la Pologne comme un des bloqueurs des transitions de cette équipe polonaise, l’attaquant s’est plus impliqué bien dans les phases défensives que celles offensives. Dans son couloir droit, il a réussi, par intermittence, quelques bonnes choses, sans être décisif. Sarr a souvent mélangé vitesse et précipitation et pêché dans le dernier geste.
  Son retour était très guetté après deux matchs qu’il a suivis du banc de touche.

Mais Diao Baldé Keita, titularisé lors de la rencontre décisive contre la Colombie n’a pas été d’un grand apport pour l’équipe. Il n’a pas beaucoup pesé sur la défense colombienne.
Tout comme Diafra Sakho qui ne gardera pas un bon souvenir de son premier Mondial. L’attaquant sénégalais, laissé sur le banc lors des deux premières rencontres, n’est entré en jeu que contre la Colombie et à quatre minutes de la fin du temps réglementaire. Alors que les carottes étaient déjà cuites, Diafra n’a pas eu l’occasion de se montrer dangereux. Le plus grand flop en attaque, c’est bien Mame Biram Diouf. Aliou Cissé s’est obstiné à mettre l’attaquant de Stoke City qui n’a plus ses jambes de vingt ans. Du coup, il n’a jamais répondu présent. Et n’a jamais réussi à s’illustrer.


Retour a la maison
Les Lions ont quitté hier soir, qu’en sera-t-il de leurs supporters ?

Kaluga : Eliminés jeudi à Samara par la Colombie de la course au second tour du Mondial 2018 de football, les Lions ont quitté la Russie hier soir pour rentrer au pays. Ils sont partis de Kaluga, leur camp de base, pour Moscou où ils ont tous embarqué pour Dakar. En effet, contrairement à une idée véhiculée depuis leur sortie de route, ils ne sont pas partis de Russie en ordre dispersé et pour des destinations finales différentes. Tous sur Dakar, le temps peut-être de se remettre un peu de la désillusion russe et de décompresser avant de retrouver leur club employeur. Les envoyés spéciaux de la presse sénégalaise sur ce Mondial devraient suivre le mouvement impulsé par leurs joueurs. La plupart d’entre eux s’envolent pour le retour à la maison ce week-end. Apparemment, une petite minorité risque de suivre le reste de la compétition depuis les tribunes de presse des stades russes. 

Pour les supporters aussi, ce devrait être pareil. Mais, de persistantes rumeurs font état de velléités de « défection » dans leurs rangs. Certains auraient planifié depuis Dakar de se fondre dans la nature : fausser compagnie au gros de la troupe d’abord, avant de se faire « récupérer » par des proches et transférer vers un pays de l’espace Schengen où il leur serait plus facile d’émigrer sans trop de risques. Audacieux pari, si l’on sait toutes les dispositions sécuritaires prises par les autorités russes afin qu’aucun « mondialiste » ne puisse rester sur leur territoire après la compétition. Ou en faire un point de transit pour émigrer clandestinement.

Bilan de la participation sénégalaise

Un rêve qui vire au cauchemar !

Samara : Très attendue lors de cette Coupe du monde, en Russie, l’équipe du Sénégal n’a pas confirmé les espoirs placés en elle. Les Lions se sont fait éliminer dès le premier tour. Un échec retentissant pour une génération qui rêvait ouvertement de rééditer l’exploit de 2002 ou, à défaut, de passer le premier tour.

L’élimination du Sénégal jeudi, à l’issue de la rencontre très disputée contre la Colombie, sera marquée au fer rouge et il faudra du temps aux joueurs et au peuple sénégalais pour la digérer. La qualification s’est envolée alors que l’équipe avait son destin en main. Mercredi, veille de match contre les Cafeteros, le coach Aliou Cissé, répondant à une question d’un journaliste faisant la comparaison entre la génération de 2002 et celle de 2018, avait répondu sans sourciller : « La génération de 2018 est meilleure que celle de 2002 ». Mais avait-il raison ? Car la génération dont il a fait partie a disputé un finale de Can en 2002 et un historique quart de finale à la Coupe du monde la même année. Ce qui lui a permis d’entrer dans l’histoire. En Russie, l’équipe du Sénégal, coachée par celui-là même qui était le capitaine en 2002, avait une belle occasion de marcher sur les pas de ses illustres devanciers. Mais elle n’a pas réussi à relever ce challenge qui était pourtant à sa portée. Les joueurs d’Aliou Cissé peuvent nourrir d’immenses regrets s’ils regardent dans le rétroviseur. Leur échec lors de cette campagne russe prend sa source dans le match nul (2-2) concédé lors de la deuxième journée contre le Japon, à Ekateringbourg plus que dans la défaite contre la Colombie lors de l’ultime journée, à Samara. Favori sur le papier, le Sénégal avait fait le plus difficile en menant à deux reprises au score avant de voir son adversaire revenir. Et jeudi, face au Cafeteros, les Lions n’avaient besoin que d’un point pour passer, mais n’ont pas su saisir cette opportunité face à une équipe méfiante malgré toutes ses vedettes. Cette élimination en phase de groupes laisse un goût d’inachevé sur cette équipe qui avait pourtant les moyens de bousculer la hiérarchie dans ce groupe H.

Ce fiasco sonne comme une juste sanction pour les nombreuses carences notées au milieu de terrain, en attaque, mais aussi le manque d’agressivité et l’inconstance dont les Lions, trop attentistes, ont fait preuve durant tout le tournoi.
Les trois matchs ont montré des joueurs qui, malgré leur talent et leurs capacités, ne sont pas allés au-delà de faire le minimum. Par sa naïveté, cette génération emmenée par un Sadio Mané fantomatique a manqué une occasion en or de figurer dans le top 16 mondial. Et si cette élimination face à la Colombie a laissé beaucoup de regrets, Aliou Cissé a cherché à positiver et a fait croire que le futur appartient à ses joueurs. Un futur qui, selon le sélectionneur national, passe par la Can 2019, au Cameroun. « C’est une belle génération, des joueurs qui se battent tous les jours pour leur pays, qui ont consenti beaucoup d’efforts.
J’ai trouvé les garçons conscients et qui avaient envie d’aller de l’avant.

Nous allons continuer à travailler. Le chemin est encore long, mais de très belles choses attendent cette équipe », a-t-il indiqué.

Les joueurs
Ceux qui ont brillé et ceux qui sont passés à côté…

Samara : Malgré son gros potentiel, l’équipe du Sénégal qui était très attendue a pêché par ses nombreuses lacunes lors de la Coupe du monde. Certains joueurs ont assuré, d’autres ont tout simplement livré des prestations en deçà des attentes. Passage en revue des prestations des uns et des autres.

Préféré à Abdoulaye Diallo et à Alfred Gomis, Khadim Ndiaye n’a pas été un exemple de sérénité. Auteur d’un match assez correct contre la Pologne, il s’est illustré par ses sorties approximatives et ses mauvaises relances au pied.
Sa bourde sur le deuxième but du Japon a été le tournant de la Coupe du monde sénégalaise. Fébrile sur ses sorties aériennes, il a été l’une des faiblesses du groupe d’Aliou Cissé.
 
Des motifs de satisfaction en défense
Malgré les quatre buts encaissés, la défense sénégalaise s’est bien comportée face aux ogres comme Falcao, James Rodriguez et autres Robert Lewandowski. Solide face à la Pologne, Youssouf Sabaly, qui a fait valoir ses atouts offensifs, a réussi une bonne partition lors de ce Mondial. L’arrière gauche des Lions a réussi son baptême du feu en livrant une prestation de haut vol pour ses débuts en Coupe du monde. Solide et très  concentré, le défenseur des Girondins n’a jamais été pris en défaut. Sa belle prestation lors de la rencontre contre le Japon, lui a valu de figurer dans le l’équipe type de la deuxième journée du mondial. Sabaly est resté sur le même tempo contre la Colombie avant de sortir sur blessure à la 74e minute. Idem pour son pendant sur le flanc droit. Souverain dans son couloir, Moussa Wagué a livré deux prestations assez correctes, sanctionné d’un magnifique but contre le Japon. Le défenseur du Kas Eupen a beaucoup contribué aux phases offensives de l’équipe.

Mais contre la Colombie, Aliou Cissé l’avait mis au repos, lui préférant Lamine Gassama. Ce dernier, titularisé pour la première fois depuis le début du tournoi, n’a jamais flanché, ni face à James Rodriguez sorti sur blessure à la demi-heure de jeu ni contre son remplaçant Luis Muriel. Gassama a assuré et a bien maîtrisé ses vis-à-vis.

Dans l’axe central, Kalidou Koulibaly a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui. Face au Japon et à la Colombie, dans une moindre mesure d’entrée contre la Pologne, il a démontré qu’il n’était pas l’un des meilleurs spécialistes à son poste pour rien. Très costaud physiquement et très engagé, le défenseur de Naples a réussi des prestations assez propres. Avec Salif Sané, ils ont formé une charnière très solide.

Ce dernier a été l’un des meilleurs Lions  dans ce tournoi. Présent défensivement, il n’a jamais hésité à monter pour créer le surnombre dans l’entrejeu et même apporter son jeu de tête sur les balles arrêtées offensives. Les deux compères ont enchaîné les bonnes prestations et grâce à leur complémentarité, empêché Robert Lewandowski et Radamel Falcao, deux redoutables buteurs, de briller.

 

Kaluga : Jamais dans l’histoire de l’équipe nationale de football, la Tanière n’a été aussi recroquevillée sur elle-même que lors du Mondial russe que les Lions ont quitté avant-hier au terme des matchs de groupe. Son hôtel SK Royal de Kaluga, ville située à quelque 170 km au sud-ouest de Moscou la capitale où elle avait installé son camp de base, a été une véritable forteresse, un bunker comparable à un sanctuaire « interdit à toute personne étrangère » au groupe, comme on aurait dit dans certains lieux plus que privés. 

Les Lions retranchés pour plus de calme et de concentration sur leur sujet ? Peut-être bien, pourquoi pas même… Sauf que cela ne produit pas toujours les effets escomptés. La preuve par ce qui s’est passé à Moscou, Ekaterinbourg et Samara. Des tanières accessibles, on en a connu des tonnes sans que cela ait nui en quoi que ce soit à la production de l’équipe. Aliou Cissé, le coach qui a instauré cette opération « portes hermétiquement closes » n’était-il d’ailleurs pas le capitaine d’équipe en 2002 lorsqu’autant à l’hôtel Mirabeau de Bamako qu’en Asie pour le Mondial « Corée du Sud – Japon », nul n’avait besoin d’un passe-droit pour accéder aux joueurs, techniciens, administratifs voire même politiques ? Même si, par ailleurs, il y avait une certaine réglementation. On se souvient pourtant que le Sénégal n’a jamais été aussi performant en Can (finaliste malheureux face au Cameroun) et en coupe du monde (quart-de-finaliste) que cette année-là. 

En plus de l’accès aux hôtels des joueurs, diverses plages de rencontres avaient été aménagées pour permettre aux journalistes, par exemple, de faire leur mission de service public qui est d’informer au quotidien leurs compatriotes restés au pays sur la vie de leurs représentants dans ces compétitions. A Kaluga, rien du genre. Même après le premier match sanctionné d’une victoire contre la Pologne, alors que l’on espérait un « open – press » ou même un accès de quelques minutes aux joueurs, les portes de la Tanière étaient restées désespérément closes.

Muet comme une carpe
  Aux entraînements au stade Sputnik de Kaluga, c’était encore pire : toujours les 15 premières minutes consacrées à prendre des vues pour les photographes et cameramen et à noter qui s’est échauffé à côté de qui, qui est là et qui et qui est absent pour les journalistes et c’est tout. Une seule fois, une maigre petite fois, au lendemain de leur arrivée à Kaluga, des joueurs se sont adressés à la presse. Et ils n’étaient que deux : Mbaye Niang et Pape Alioune Ndiaye. Les autres Lions, en marge des autres séances ? Ils ont dribblé la presse. Le coach lui a été aussi muet qu’une carpe, en dehors de ses obligations auprès de la Fifa : conférence d’avant et d’après-match. C’est tout.

C’était donc presque chaque jour huis clos et motus et bouche cousue. Sauf, dans le second cas, pour les rares journalistes « réseautés » qui obtenaient des infos de premières mains de la part de leurs « amis » journalistes. Si c’était pour cacher leur jeu, c’était raté ; puisque les « secrets » de la Tanière, habilement fuités étaient dans la rue. A la limite, on n’aurait rien trouvé à redire dans ces huis clos à n’en plus finir si sur les aires de jeu, les Lions avaient sorti quelque chose d’original, des combinaisons sur les balles arrêtées, des attaques placées savamment travaillées, des phases de jeu élaborées dans leur laboratoire secret ou des plans pour contrer les forces des équipes adverses ou museler les individualités d’en face. Mais rien de tout ça ! Ils n’ont pas sorti une seule stratégie qui a fait voler en éclats ou de contenir le camp adverse.

La preuve par ce coup de tête qui les renvoie à la maison du Colombien Yerry Mina dont, pourtant, toute la planète foot sait que c’est là son arme fatale. Ça, c’était un plan travaillé à l’entraînement (et peut-être même pas à huis clos) comme le coach José Pekerman l’a lui-même avoué après la victoire de son équipe. A part leur premier match où ils avaient fait déjouer la Pologne, les Lions eux ont plus souvent brillé par leurs approximations que par leur savoir-faire collectif.  

Il n’y avait aucun secret d’Etat à protéger, ni informations sensibles à cacher. Si, plutôt, la Tanière s’était barricadée dans son bunker russe pour apprendre comment mieux bafouiller son jeu, alors là c’est réussi. Car, elle n’a produit rien d’autre qui puisse expliquer l’isolement total qu’elle s’est imposé.

 

Kaluga : Les Lions avaient construit leur qualification au Mondial russe sur les solides bases d’un 4 – 2 – 3 – 1 modulable en 4 – 3 – 3. Un système qui avait fait ses preuves sur différents terrains d’Afrique.
Mais, une fois le ticket pour la phase finale est tombé au fond de leur gibecière, leur coach Aliou Cissé s’est mis à expérimenter un nouveau dispositif tactique. Son 3 – 5 – 2 testé en matches de préparation, histoire de varier les possibilités et les options sur les pelouses russes avait cependant très vite montré ses limites. Et face à des adversaires de moindre envergure (Luxembourg et Ouzbékistan) que ceux qu’il croiserait dans le Groupe H.

Des joueurs complètement à la rue, surtout les arrières d’aile qui ne savaient apparemment pas où se positionner. Une « révolution » tactique d’autant plus questionnable que l’essentiel des joueurs qui l’ont expérimentée étaient presque sûrs de ne pas être du voyage. Juste des cobayes ? On peut dire que « oui » puisque non seulement cela s’est vérifié, mais ce dispositif controversé voire décrié n’a jamais été utilisé durant les trois matchs disputés en phase finale. Le Sénégal a choisi d’aligner d’entrée de jeu, au stade du Spartak de Moscou, face à la Pologne, favori du Groupe H avec la Colombie, un inédit 4 – 4 – 2 qui avait causé beaucoup de soucis à Lewandowski et ses coéquipiers.

Bien en place avec ses deux lignes de 4 (Gana, Alfred, Sarr et Mané au milieu devant le quatuor défensif constitué de Wagué, Sabaly, Koulibaly et Sané) et Niang et Mame Biram aux avant-postes, l’équipe sénégalaise a contenu son adversaire pratiquement tout au long du match. Avec à la clé une victoire (2 – 1) qui promettait des lendemains de qualification. Grâce surtout à une bonne occupation du terrain, un repli efficace en cas de perte de balle et un pressing efficace dès que l’adversaire franchit la ligne médiane.

Malheureusement, au deuxième match à Ekaterinbourg, contre le Japon annoncé à tort ou à raison comme l’adversaire le plus prenable des Lions, Coach Cissé opta pour un 4 – 3 – 3 (avec la même ligne défensive, mais avec Pape Alioune Ndiaye titularisé aux côtés de Gana Guèye et d’Alfred Ndiaye et avec Mané, Niang et Sarr au front de l’attaque) qui a fait l’affaire des Samouraïs bleus. Surtout au milieu du terrain où ils ont régné en maîtres et les espaces entre les lignes dans lesquels ils s’infiltraient comme à la parade.

Assurément, le sélectionneur sénégalais avait mésestimé ses adversaires. A moins qu’il se fût simplement fourvoyé puisque, la veille du match, il avait soutenu que les Japonais avaient « une qualité collective technique bien maîtrisée et une qualité de passes au-dessus de la moyenne ». Dès lors, pourquoi leur opposer un schéma tactique face auquel ils pourraient s’exprimer avec la plus grande aisance ? Curieusement, dominés au plan du jeu, les Lions avaient été très heureux de mener à la marque. Deux fois plus qu’une d’ailleurs, avant de se faire rattraper. Ironie du foot, c’est ce jour là où ils avaient tactiquement (et techniquement) débordés qu’ils ont peut-être vendangé leurs chances de survivre au premier écrémage.

Titulaire et capitaine

Car, si au troisième match, avant-hier à Samara contre la Colombie, le technicien sénégalais était retourné à son 4 – 4 – 2 du premier jour, il avait fini par s’incliner. Comme le prédisaient d’ailleurs beaucoup de « spécialistes » de la météo sportive. Encore que c’était peut-être la rencontre la mieux maîtrisée par les joueurs de Cissé.

Défensivement, Gassama préféré à Wagué qui avait livré deux bons matchs, avait apporté son expérience pour contrer les Sud-Américains. Dans l’entrejeu, Capitaine Kouyaté redevenu titulaire et capitaine a abattu un énorme travail de sape auprès de son compère Gana Guèye qui a livré son meilleur match dans ce tournoi. Et Diao Baldé Keïta titularisé au front de l’attaque et Mbaye Niang ont plus ou moins rempli leurs tâches de premier rideau défensif à défaut d’être offensivement décisifs. Au point qu’on n’a pratiquement pas vu les Colombiens.

Leur puissance de feu tant vantée ne s’est guère vérifiée : Falcao n’a jamais vu la lumière, James Rodriguez, insuffisamment remis d’une blessure, a passé 30 mn à errer sur l’aile de jeu. Et Cuadrado s’est plus illustré en … plongeons au moindre contact avec un adversaire que dans le jeu. Finalement, c’est sur coup de pied arrêté qu’ils ont fait la différence. Au moins, eux avaient cette arme (pourtant pas si secrète que ça, tout le monde connaissant le jeu de tête ravageur du défenseur du Barça, Mina) parmi leur arsenal.

On ne peut malheureusement pas en dire autant des Lions au jeu stéréotypé.
Enfin que dire du gardien de but, Khadim Ndiaye ? Simplement qu’il n’a pas eu trop de boulot à faire durant ce Mondial. Juste deux ou trois ballons chauds à négocier par match. Cependant, les relances les moins travaillées de la compétition, se résumant à envoyer de longs ballons dans le camp adverse, sans destinataire précis. Mais surtout une bourde sur la deuxième égalisation japonaise qui a coûté cher à son équipe.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJ (photos)

 

Moscou : Elles sont 16 équipes à avoir survécu à l’écrémage du premier tour de la 21ème édition du Mondial de football « Russie 2018 ». Deux premières semaines de compétition qui ont laissé sur le quai l’essentiel des « petites nations » qui rêvaient de s’écrire une histoire. Un premier tour qui a également emporté l’Allemagne, championne du monde sortante qui visait un cinquième titre qui en aurait fait l’égale du Brésil, seule Nation à orner son maillot avec 5 étoiles. Quoiqu’il arrive donc lors de cette deuxième quinzaine russe à venir, les Auriverde resteront les recordmen au nombre de victoires dans cette épreuve. Puisque l’autre équipe qui aurait pu les rattraper dans la course aux honneurs, l’Italie et ses quatre couronnes ne s’était même pas qualifiée à ce Mondial russe. Neymar et ses partenaires peuvent même accroître l’avance de leur pays au nombre des trophées, à condition cependant de sortir indemnes des matches – couperets qui débutent aujourd’hui. Ce qui est loin d’être assuré vu la tournure des évènements, puisque les favoris ont rarement été à la hauteur des attentes.  Dès ce samedi déjà, au moins une ancienne tête couronnée sera coupée. Celle de la France sacrée en 1998 à domicile ou celle de l’Argentine deux fois couvertes de lauriers (en 1978 chez elle et en 1986 au Mexique) ? On verra à l’issue de leur confrontation à partir de 14 h à Kazan. Jusqu’ici les Bleus de France ont fait meilleure impression que l’Albiceleste, se qualifiant même au second tour après leurs deux premiers matches dans le Groupe C, même s’ils n’ont pas été souverains. Mais c’est déjà ça comparé à Messi et les siens qui ont crapahuté et dû attendre le bout de leur dernier match dans le Groupe D contre le Nigeria (leur tête de turc en coupe du monde) pour valider leur billet pour les huitièmes de finale. Seulement, là, c’est tout à fait une autre compétition qui commence avec la phase de coupe. Il n’y aura pas de seconde chance. Pas de filet pour rattraper une chute. Alors, les Argentins espèrent un Messi aussi flamboyant que lorsqu’il porte son club espagnol du Fc Barcelone. Quant aux Français, ils attendent une production de haut vol, digne de la qualité de leur effectif. Alors ça promet…  
 

Peut-être même que dès aujourd’hui, une deuxième tête couronnée pourrait rouler sur le gazon russe. Puisque l’Uruguay, malgré ses deux titres d’un autre âge (en 1930 à domicile et en 1950 au Brésil), ne partira certainement pas favori face au Portugal de Cristiano Ronaldo, champion d’Europe en titre et qui entend s’imposer enfin sur la scène mondiale. Cavani, Suarez et leurs compères devront hisser le niveau à partir de 18 h à Sotchi s’ils veulent contrecarrer les plans portugais.

Demain à 14h à Moscou, tout un pays, la Russie organisatrice de l’évènement, retiendra son souffle lorsque son équipe croisera l’Espagne, sacrée en 2010 en Afrique du Sud. Normal, puisqu’après un début en fanfare dans le Groupe A (avec deux victoires 5 – 0 contre l’Arabie saoudite et 3 – 1 face à l’Egypte), la Sbornaya a explosé devant l’Uruguay (0 – 3). Reprendra-t-elle son envol (espéré) vers le titre ou retombera-t-elle plus durement sur terre ? Iniesta et ses partenaires se feront un plaisir de leur couper les ailes.  Le dernier match du weekend mettra aux prises deux formations européennes très ambitieuses : la Croatie qui a fait forte impression offensivement lors du premier tour et le Danemark qui a fait preuve d’une grande solidarité.

 

Kaluga : Au soir du jeudi passé, dernière journée des phases de groupes, c’était la désillusion partout en Afrique. Le Sénégal sur lequel reposaient les derniers espoirs du continent de qualification au second tour avait plié sur un coup de tête ravageur du défenseur colombien Yerry Mina (74e). Pendant ce temps, la Tunisie qui luttait pour un baroud d’honneur l’emportait face au Panama (2-1). Mais c’était trop tard car l’Afrique venait de voir ainsi tous ses cinq représentants prendre la porte de sortie avant même dès la phase de groupes. Un véritable fiasco pour le continent, au vu des potentialités que regorgeaient ses représentants. Et ainsi pour la première fois depuis le Mondial espagnol en 1982, aucune équipe africaine n’a franchi le seuil des matchs de groupes. Retour sur les prestations des unes et des autres.


EGYPTE :
La star en méforme et
malgré un grand gardien…
  Le retour de l’Égypte en Coupe du monde, après 28 ans d’absence, était très attendu. Avec une star planétaire du calibre de Mohamed Salah, on était en droit d’attendre une prestation de qualité de la part des Pharaons.
Hélas, ce fut la pire des productions offertes par cette équipe à ses fans. La blessure de Salah avant d’arriver à Cette coupe du monde a-t-elle négativement influé sur la prestation du joueur ? Toujours est-il que l’équipe du désormais ex-coach Hector Cuper a tout simplement bu le calice jusqu’à la lie. En trois sorties, l’Egypte a, en effet, récolté trois défaites. Même l’équipe jugée la plus faible du groupe, l’Arabie Saoudite, l’a battue.
C’est dire que les Egyptiens auront vite fait d’oublier cette Coupe du monde pour se préparer dans la perspective des autres échéances. Mais la star de l’équipe se consolera quand même d’avoir pu marquer deux buts (un contre la Russie sur penalty et un autre face à l’Arabie Saoudite). C’était peu. Le gardien de but, Essam El-Hadary, peut quant à lui se consoler d’avoir battu, à 45 ans et 161 jours, le record du joueur le plus âgé à avoir disputé une Coupe du monde. Cerise sur le gâteau, il a même arrêté un pénalty face à l’Arabie Saoudite.

MAROC :
Un manque d’expérience
Malgré la présence sur son banc d’Hervé Renard, un entraîneur qui a fait ses preuves dans toutes les sélections africaines où il est passé (Zambie et Côte d’Ivoire avec lesquelles il a remporté respectivement la Can 2012 et 2015), le Maroc n’a pas transformé les espoirs de tout un peuple. Battu par un faible Iran, puis par le Portugal, les Lions de l’Atlas étaient éliminés avant même d’avoir disputé leur troisième match. Le nul obtenu face à l’Espagne est peut-être la preuve que cette équipe a de la qualité.
Mais, globalement, elle a pêché par son manque d’expérience, même si elle s’est beaucoup plainte de l’arbitrage contre le Portugal et devant l’Espagne.

NIGERIA :
Envol raté pour les Super
Eagles
Le Nigeria est lui passé de peu à côté d’une qualification au second tour devant l’Argentine ; ratant ainsi une 4e qualification en 8e de finale après les éditions de 1994, 1998 et 2014. Et pourtant, après un faux pas devant la Croatie (0-2) les Super Eagles s’étaient bien repris en battant l’Islande (2-0) et reprenaient espoir quant à une qualification pour le second tour. Mais face à eux, se dressait Messi, un joueur qui attendait certainement ce match pour se mettre en exergue. Malgré une belle résistance, le Nigeria prenait ainsi la porte de sortie sans avoir montré l’étendue de ses possibilités.

TUNISIE :
Pas tout à fait au niveau
On la considère comme une équipe n’ayant pas le niveau de cette Coupe du monde. Et malheureusement, la Tunisie a donné raison à ses détracteurs dans ce Mondial. Une défaite d’entrée face à l’Angleterre (1-2), puis une raclée devant la Belgique (2-5), soit le troisième plus lourd score dans cette compétition après Russie-Arabie Saoudite (5-0) et Angleterre-Panama (6-1). Ces détracteurs avaient quelque part raison, même si un bémol est venu refroidir un peu les contreperformances après la victoire obtenue aux dépens du Panama, équipe la plus faible du groupe.

SENEGAL :
Victime de la VAR ?
  Des équipes participantes à cette Coupe du monde, celle du Sénégal est la plus malheureuse. Si une équipe peut être éliminée sur tapis vert (forfait), elle peut l’être aussi sur tapis … jaune (cartons). A l’image du Sénégal privé d’une qualification en 8e de finale au nombre de cartons jaunes. Après une belle entame sanctionnée par une victoire et un nul, les Lions n’avaient besoin que d’un autre nul pour passer. Hélas, le pénalty refusé par l’arbitre, après recours à la VAR, et le but assassin de Yerry Mina, à 15 minutes de la fin, sont venus tout gâcher. Dans ce groupe H, les Lions ont défendu leurs chances jusqu’au bout. Mais ce n’était pas suffisant. Il leur a manqué cette vigilance et cette concentration de tous les instants dans une grande compétition. Pour une sortie de la compétition, Cheikhou Kouyaté et ses camarades auraient aimé être éliminés d’une autre façon (Cf. par ailleurs).


De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJ (photos)

 

Dans le déroulé, tout était question de tension, du début à la fin du match. Devant la demeure du Lion, Ismaïla Sarr, une bâche, un écran géant et des chaises pour permettre aux riverains de communier durant cette rencontre. A l’intérieur, des télés dans les pièces. Et pourtant, tout avait été fait pour suivre le match dans les conditions normales, mais également fêter une éventuelle qualification du Sénégal en huitième de finale de ce Mondial russe. Malheureusement, au finish, les populations de « Eaux Claires », quartier où habite l’excentré droit sénégalais, se sont retrouvées avec le moral, au fond des chaussettes. A deux minutes de la fin du match, devant la maison, règne une ambiance d’enterrement. Les mines sont atterrées et on attend incessamment la fin de la rencontre. Malgré tout, il y en a qui ont foi en un miracle hypothétique, qui ne viendra jamais. Et pourtant, le repas avait été servi bien avant 14 heures. Après la ripaille, les nombreux enfants s’étaient retrouvés sous la tente. On avait fini de dresser la table. On n’attendait qu’un drible de Sadio Mané, une chevauchée d’Ismaïla Sarr ou un but de Mbaye Niang ou Diao Baldé pour exulter. Pratiquement, rien ne se passa. Plus dommage encore, le but colombien vint doucher les ardeurs. En effet, le défenseur Yerri Mina, sur un corner côté droit, surgit au premier poteau et catapulta d’une tête rageuse et piquée le ballon au fond des filets. Khadim Ndiaye n’y a vu que du feu. Même s’il  a touché le ballon. Il restait 15 minutes au chrono pour refaire un retard. L’espoir fait vivre et on s’y accroche comme on peut.

La foi s’estompe, de minute en minute. Gana et les défenseurs ont beau se démener comme de beaux diables, mais les Lions n’ont pu forcer leur destin. Ainsi, le Sénégal s’arrête en phase de poule. Au coup de sifflet final, c’est le silence de cathédrale dans les lieux. On quitte aisément la tente, pour marcher calmement. Personne ne commente, l’on ne fait que rouspéter sur tel joueur qui n’a pas fourni d’efforts, sur l’autre qui a été transparent durant cette compétition, entre autres. Même le coach Aliou Cissé en prend pour son grade. Malgré tout, il en trouvera toujours quelqu’un pour l’encourager et donner rendez-vous pour les matchs à venir. Qui sait ? Peut-être que la prochaine sera la bonne, « et on espère voir ce sursaut en Can », tente de calmer Habib Diop, après le match.

A.M.NDAW

 

 

Le tournoi de Dakar va débuter ce vendredi au stadium Marius avec au programme deux rencontres, Mozambique-Côte d’Ivoire (16h30), Sénégal-Centrafrique (19h). Deux belles affiches qui, à coup sûr, vont tenir toutes leurs promesses lors de cette phase retour, comptant pour les qualifications de la Coupe du monde 2019. Battue difficilement par le Sénégal en match d’ouverture du tournoi de Maputo lors de la manche aller (70-65), l’équipe de la Centrafrique (3ème avec points) aura à cœur de prendre sa revanche cette fois-ci… d’autant plus qu’elle avait dominé le match durant les trois premiers quarts temps. En fait, les protégés de Adidas avaient pu arracher la victoire en fin de rencontre, livrant un jeu agressif qui avait perturbé les Centrafricains. Favoris dans ce groupe D, les Lions du Sénégal, 1ers avec 6 points et médaillés de bronze à l’Afrobasket 2017, avaient joué ce tournoi sans les intérieurs, Gorgui Sy Dieng (Us Minnesota) et Cheikh Tidiane Mbodj (Pologne Torun). 11ème au dernier Afrobasket devant le Mozambique, la Centrafrique a, de son côté, rajeuni son équipe tout en gardant son ossature de 2017. Le meilleur marqueur de la Caf au cours des trois dernières éditions de l’Afrobasket, Max Kouguère (Antibes Pris A française), capitaine de la Centrafrique, et ses coéquipiers sont cependant déterminés à ouvrir un nouveau chapitre de leur basket lors de ces phases éliminatoires.

…Mozambique-Côte D’ivoire en match d’ouverture
L’équipe ivoirienne (4ème, 4 points) va affronter celle du Mozambique (2ème, 6 points) en match d’ouverture du tournoi de Dakar vendredi au stadium Marius Ndiaye, à 16h30. Battus à l’aller par les Mozambicains (66-53), les Ivoiriens vont tenter de se racheter afin de bien débuter la compétition. Les Eléphants de Côte d’Ivoire, deux fois champions d’Afrique (1981 et 1985) et autant de fois finalistes de la Coupe du monde Fiba (1986- 2010) comptent revenir sur la scène internationale.

Par la même occasion, ils veulent effacer leur piètre prestation à l’Afrobasket 2017, marquée par trois défaites successives qui leur ont valu la 14e place sur 16 équipes. Ayant tiré les leçons de leur débâcle de Tunis, une nouvelle équipe avait été formée, pour ces phases éliminatoires de la Coupe du monde. Seulement, son adversaire du jour, le Mozambique, 11e équipe africaine au Fiba world ranking men présenté par Nike, fait partie des plus redoutables de la compétition. D’ailleurs, les Ivoiriens devront se méfier de Helton Ubisse, une pièce maîtresse du groupe mozambicain.

Cet ailier-fort de 2.01m a affiché des moyennes par match de 10.3 points et 4.3 rebonds, les meilleures de son équipe au dernier Afrobasket. A noter que les trois meilleures équipes du groupe lors de ce tournoi de Dakar seront qualifiées au deuxième tour des éliminatoires Zone Afrique.                         

Absa NDONG



Après notre élimination du Mondial, suite à une défaite face à la Colombie, notre technicien, Aly Male, pense que l’équipe s’est bien comportée, seulement, il nous manquait de la réussite. Pour lui, il s’agissait d’un jour sans où rien n’a marché car on pouvait mettre au moins un but. Cependant, il propose de s’appuyer sur ce groupe pour viser la Can.

Malgré sa déception, le technicien Aly Male a analysé le match avec sérénité et discernement. Pour lui, il ne manquait pas grand-chose au Sénégal pour passer aux huitièmes de finale, à part la réussite devant le but adverse. «On n’a pas eu la réussite aujourd’hui, mais on a fait un bon match. Nous avons tenu le match, mais les Dieux du football n’étaient pas avec nous. Il y avait de la place pour marquer au moins un but, mais on n’a pas exploité les opportunités qu’on avait. On a contrôlé le match pour l’essentiel, mais malheureusement, on n’a pas eu la réussite des autres matchs pendant lesquels on marquait, au moins, un but», souligne Aly Male. Même en défense, le Sénégal a été solide pendant longtemps, sur le plan offensif, les Lions n’ont pas été très percutants avec des actions inachevées.

L’entraîneur de l’Etics/Mboro tente d’expliquer cela par une maladresse de nos attaquants, notamment avec les coups francs. «On n’a pas la eu la réussite qu’il fallait. On n’a pas aussi bien géré les balles arrêtées et les occasions qu’on avait. Il nous manquait aussi la dernière passe, le dernier geste pour scorer, mais cela fait aussi partie du football. Il y a des jours sans où rien ne marche», reconnaît-il.

Par rapport à la tactique mise en place par l’entraîneur Aliou Cissé, notre interlocuteur la trouve bonne contrairement à certains avis. «On leur a posé beaucoup de problèmes. Les Colombiens étaient muselés en première période et ne s’approchaient même pas de notre gardien. La tactique n’a pas été payante parce qu’on dit qu’on n’a pas marqué de but, mais je pense que ces joueurs et le coach sont à féliciter», dit-il. Selon l’entraîneur qui a offert à Gorée un titre de champion du Sénégal, le Sénégal n’a pas été ridicule et peut s’honorer d’être la seule équipe africaine qui est à égalité de points avec le deuxième qualifié de son groupe en étant seulement sorti au fair-play, avec plus de cartons jaunes que le Japon.

Continuer avec Aliou Cissé
Sur les lenteurs d’Aliou Cissé pour opérer un changement et sur sa capacité d’adaptation en fonction de la tactique de l’adversaire, notre consultant défend le coach national. Pour lui, «Aliou Cissé est à féliciter parce qu’il a tenu tête à de grands entraîneurs et il a fait un bon parcours. Il ne faut pas que les gens oublient que sur plusieurs rencontres en compétitions officielles, Aliou n’a perdu que trois matchs. Il est à féliciter. Il doit continuer avec l’équipe à mon avis», réaffirme le technicien. Après cette élimination et la déception des joueurs et de toute la population, Aly Male demande de ne pas baisser les bras et de continuer à construire en vue des prochaines échéances. Il est d’avis que la Coupe d’Afrique des nations (Can) doit être notre sur-priorité, et on doit tout faire pour la remporter car on a vu une grande équipe du Sénégal.

Objectif, remporter une Can
«Pensons à la Can. C’est ce qui est primordial pour nous. Si on est éliminé et qu’après, on remporte la Can c’est mieux pour le Sénégal», lance-t-il. Celui-ci demande de regarder ce qui n’a pas marché pour se rectifier la prochaine fois. «Il faut qu’on soit plus réaliste et que sur certaines occasions qu’on soit tueur. A un moment donné, il fallait marquer et tuer le match, c’est ce qui nous a manqué aujourd’hui. Les Colombiens n’avaient pas beaucoup d’occasions, mais ils ont marqué sur une occasion avec notre erreur de marquage», a analysé l’entraîneur.
Par rapport à la prestation de Sadio Mané qui est souvent pointé du doigt pour son manque de rendement vu son rang, Aly Male conseille aux Sénégalais d’être plus indulgents avec ce joueur qui a fait un bon parcours. «Sadio Mané, ce n’est pas Cristiano Ronaldo ni Messi. Il ne faut que les Sénégalais l’attendent à ce niveau. Il a fait une saison époustouflante et a fait un Mondial correct. Il faut le supporter car d’autres grands joueurs ont déçu au Mondial», tempère-t-il.

Oumar KANDE   

 

Samara : Derniers représentants africains dans cette Coupe du monde 2018, les Lions du Sénégal ont, eux aussi, pris la porte et vont rentrer à la maison comme les quatre autres nations, Egypte, Maroc, Tunisie et Nigeria. Pour la première fois depuis le Mondial 1982, il n’y aura pas d’équipe africaine en 8es de finale.

Cette année-là, en Espagne, le Cameroun et l’Algérie n’étaient pas sortis du premier tour, éliminés qu’ils avaient été … avec le même nombre de points que les équipes qualifiées (respectivement l’Italie et l’Autriche coupable d’un « complot » lors de la dernière journée, avec sa cousine germanique, l’Allemagne). Encore qu’en ces temps-là, l’Afrique n’avait droit qu’à deux représentants. Bien loin des cinq actuels. Cruelle désillusion et gros recul donc comparé à la précédente édition en 2014 au Brésil où, pour la première fois de l’histoire, l’Afrique avait placé deux équipes en huitièmes de finale, avec l’Algérie et le Nigeria.
On attendait un bond en avant, on en a eu un en arrière de 36 ans…

 

Samara : Mais qui a donc soufflé aux Lions que tout là-bas, à Volgograd, la Pologne venait de marquer face au Japon dans l’autre match de la troisième journée du Groupe H ? En tout cas, on n’a pas compris que tout d’un coup, aux alentours de la 60ème minute, les joueurs se soient mis à jouer petits bras, à la baballe. Il est vrai qu’à cet instant, c’étaient eux qui passaient en huitièmes de finale. Oui, mais à cet instant seulement. Puisqu’il restait encore presqu’une demi-heure à jouer. A gérer plutôt, pour au moins finir avec ce point du nul et accrocher une place au second tour.   Les Colombiens qui, jusqu’alors n’avaient pas montré grand-chose, excepté sur coups de pieds arrêtés, s’enhardirent du coup et prirent d’assaut le camp sénégalais. A force de plier, les Lions finirent donc par céder. Et sur balle arrêtée. Comme souvent les Cafeteros l’ont réussi dans ce Mondial. A croire que le camp sénégalais n’en était pas informé.   Après, Kouyaté et ses partenaires ont tenté d’accélérer la cadence. En vain ! Car, les Colombiens qui s’étaient jusque-là illustrés avec leurs simulations (surtout Cuadrado, un véritable as du plongeon au moindre contact) se mirent à tuer le temps à leur tour. A bon escient d’ailleurs. Et finalement avec succès.
 

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJI (photos)

 

Samara : Il n’avait joué une seule minute depuis le début de la Coupe du monde. Hier, Lamine Gassama a été titularisé sur le flanc droit de la défense sénégalaise contre la Colombie. Pour ce match costaud, Aliou Cissé l’avait préféré à Moussa Wagué, jusque-là irréprochable, avec même un but au compteur. Le calibre de l’adversaire avait induit un changement de dispositif tactique (du dernier 4 – 3 – 3 au 4 – 4 – 2 qui avait fait ses preuves face à la Pologne) poussant le sélectionneur à faire appel à Gassama. Et ce changement a porté ses fruits en première période, notamment sur le couloir droit où les Colombiens n’ont pas réussi à s’illustrer. Gassama a assuré et a bien maîtrisé James Rodriguez, très esseulé sur son côté gauche, et qui n’a que très rarement vu le ballon. Mieux, l’arrière droit a fait le ménage dans son couloir qu’il a bien bloqué, en faisant avorter tous les velléités offensives colombiennes. Et Gassama n’est pas étranger à la sortie, à la demi-heure de jeu, de James Rodriguez, l’un des atouts offensifs  des Cafeteros, blessé au mollet. L’attaquant colombien, meilleur buteur du dernier Mondial, a été remplacé par Luis Muriel. L’attaquant colombien du Fc Séville également n’a pas connu plus de succès. La faute à un Lamine Gassama très costaud, qui a même fait avorter  une phase offensive colombienne bien menée par Radamel Falcao qui filait tout droit au but (41e). En seconde période, le latéral droit des Lions a reproduit la même copie, malgré les quelques incursions de Luis Muriel. Gassama a eu beaucoup d’espaces et a davantage participé aux phases offensives de l’équipe. Il a été un véritable roc et son retour a été gagnant, malgré l’élimination du Sénégal.



 

Samara : Avec toutes les contestations et polémiques ayant accompagné le début de ce Mondial russe autour de la Var (Video assisted refereeing), quelqu’un s’était plu de rappeler une réflexion de Michel Platini, ancien président de l’Uefa. Ce farouche opposant de l’arbitrage vidéo aurait dit un jour : « Le jour où l’on mettra le doigt dans la Var, ça ira jusqu’à l’épaule ». Et il est vrai que ce qui était censé donné un coup de main aux « hommes en noir » est aujourd’hui devenu le cauchemar des équipes. Surtout africaines. 

Après quelques autres qui en avaient souffert sur différents stades russes, c’était hier au tour du Sénégal de faire les frais de cette avancée technologique, hier à Samara.
Juste avant le quart d’heure de son match décisif contre la Colombie, il a, en effet, été frustré d’un pénalty évident qui, tiré et transformé, aurait certainement influencé le cours de la rencontre. Lancé dans l’axe du but colombien par Diao Baldé Keïta, Sadio Mané filait vers son face-à-face avec Ospina, le portier des Cafeteros, lorsque Davinson Sanchez lui prit la jambe d’appui. Sans hésiter une seule seconde, l’arbitre serbe Milored Mazic désigne le point de penalty. Les

Colombiens se ruent sur lui. Il tergiverse quelques instants, réajuste son oreillette et fait signe qu’il s’en va consulter cette satanée vidéo.

Puis retour sur le terrain et surtout retour sur sa … décision : il n’y a plus penalty. Indubitablement, la vidéo a menti. A moins que l’arbitre M. Mazic ait vu des images déformées sur son écran. Le match peut reprendre son cours. Ils ne le savaient pas encore, mais ce tournant sera déterminant pour la suite qu’on ne connaît que trop. Hélas !

 

 

Samara : Certains s’étaient étonnés que Diao Baldé Keïta, l’attaquant international sénégalais de Monaco, n’eût, jusqu’à hier, disputé la moindre minute lors des deux premiers matchs des Lions dans ce Mondial russe. Pour quelqu’un qui avait été titulaire indiscutable lors des éliminatoires, cela avait de quoi surprendre. Même si, par ailleurs, il avait longtemps été blessé en fin de saison.

Et n’était revenu dans le coup qu’in extremis. Qu’importe ! Certains réclamaient sa présence, évoquant même une mésentente entre lui et son coach. Des rumeurs véhémentement  démenties par Aliou Cissé qui annonçait, la veille du match, sa confiance en son n°20 qui pouvait entrer en jeu à tout moment. Comme titulaire ou comme remplaçant. Eh bien, hier à Samara, face à la Colombie, c’est en tout début de partie qu’il l’a lancé.
Avec pour « adversaire direct », à l’autre bout du terrain, son capitaine en club, Radamel Falcao, dans un duel à distance dont ils auront certainement à reparler de retour plus tard, en Principauté.

Le Sénégalais débuta mieux le duel servant idéalement même Sadio Mané au quart d’heure de jeu qui fit basculer en pleine surface adverse pour un pénalty sifflé puis refusé par l’arbitre serbe. Après, on vit moins Diao Baldé Keïta dont les rares départs balle au pied causaient pourtant du souci à ses vis-à-vis. Et dire qu’il se comportait jusqu’alors mieux que son capitaine en club. Celui-ci ne s’est signalé en première mi-temps que sur une tête mal cadrée suite à un coup franc de Quintero (24ème mn).

Après la pause, c’est plutôt … défensivement que l’attaquant sénégalais positionné sur le flanc gauche a été plus actif. Souvent replié, il a prêté main forte autant qu’il a pu à Sabaly, même s’il s’est illustré sur un slalom en territoire adverse irrégulièrement stoppé par un Colombien. 20 minutes avant la fin du temps réglementaire, épuisé certainement par les efforts fournis, il a cédé sa place à Moussa Konaté. Radamel Falcao l’a imité 18 mn plus tard, rappelé sur le banc par son coach argentin José Pekerman pour sécuriser une victoire et une place en huitièmes de finale qui tendaient les bras à sa formation.
A l’arrivée, aucun des Monégasques n’a surnagé.

Diao Baldé Keïta n’a certainement pas été aussi tranchant que ses « partisans » l’espéraient. La faute à un manque de rythme consécutif à sa longue blessure ? Peut-être. Pour Falcao en revanche, l’aventure continue. « Le Tigre » aura certainement d’autres occasions de feuler.  

 

Samara : En match de la 3e et dernière journée du groupe H de la coupe du monde « Russie 2018 » disputé hier au stade Samara Arena, la Colombie a battu le Sénégal par un but à zéro.
But : Yerry Mina (74e). Public nombreux, temps chaud, pelouse en excellent état.
Arbitres : Milorad Mazic assisté de Milovan Ristic et de Dalibor Djurdjevic, tous de la Serbie.
Avertissements : Johan Mojica (44e) pour la Colombie. Mbaye Niang (51e) pour le Sénégal
 

Les équipes :

Sénégal : Khadim Ndiaye, Lamine Gassama, Kalidou Koulibaly, Salif Sané, Youssouf Sabaly puis Moussa Wagué (73e), Cheikhou Kouyaté (cap), Sadio Mané, Idrissa Gana Guéye, Ismaïla Sarr, Keïta Baldé puis Moussa Konaté (80e), Mbaye Niang puis Diafra Sakho (85e).
Entraîneur : Aliou Cissé 

Colombie : David Ospina, Santiago Arias, Carlos Sanchez, Radamel Falcao (cap) puis Miguel Borja (88e), James Rodriguez puis Luis Muriel (31e), Juan Cuadrado, Yerry Mina, Mateus Uribe puis Jefferson Lerma (82e), Johan Mojica, Juan Quintero, Davinson Sanchez.
Entraîneur : Jose Pekerman 

Jusqu’à quinze minutes de la fin, le Sénégal tenait la qualification pour les 8e de finale. Puis, tout s’est écroulé pour Cheikh Kouyaté et ses partenaires de réaliser leur rêve d’écrire leur propre histoire.

On jouait la 74e minute et sur un corner venu de la droite, le défenseur Yerry Mina surgit pour placer une tête piquée et battre Khadim Ndiaye devant des défenseurs statiques.
Un relâchement coupable de la défense fatal au Sénégal.
Le défenseur remplaçant du Fc Barcelone sera par la suite élu homme du match.
 

C’était la fin de l’illusion d’une qualification qui leur tendait le bras. Un match que le Sénégal avait pourtant bien engagé en tenant en respect la Colombie durant la plus grande partie du temps. Se permettant même de créer un pénalty que l’arbitre avait sifflé un premier temps avant de se raviser après avoir consulté la vidéo.

C’était à la 16e minute lorsque Sadio Mané a été déséquilibré dans la surface par le défenseur Davinson Sanchez. Depuis lors, plus rien sinon des Lions plus entreprenants dans le jeu, mais sans plus. Et des Cafeteros maîtrisant bien le ballon sans plus aussi. Jusqu’à ce corner qui a changé le visage du match et envoyé la miraculée Colombie vers les 8e de finale.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJI (photos)


Le mot des entraîneurs

ALIOU CISSE, SENEGAL : « On n’a pas su profiter de nos temps forts »

« C’est une élimination cruelle, mais c’est la loi du football. On a pris beaucoup de cartons, plus que le Japon ; ce qui nous élimine. Je suis fier de mes garçons, du travail accompli. Je suis déçu, mais c’est la règle du jeu établie par la Fifa, il faut s’y plier. On aurait aimé être éliminés d’une autre façon, mais on le savait depuis le début. Le Sénégal a un football engagé et qui dit engagement dit parfois risque de prendre des cartons. En première période, si le Sénégal avait mené au score, personne n’aurait rien dit. En deuxième période, c’est pareil.
Mon équipe s’est beaucoup projetée, s’est créé des situations qu’on n’a pas pu mettre au fond, mais ce n’est pas au niveau de l’état d’esprit ni du comportement. En football, quand vous avez des temps forts, il faut les concrétiser en marquant au moins un but. Malheureusement, on n’a pas su le faire. Sur le penalty, je ne sais pas vraiment s’il y a faute. Mais dans notre temps fort, on n’a pas réussi à marquer ce but qui aurait pu nous mettre encore plus dans le bon sens. En deuxième période, la Colombie a eu plus de temps forts et les a exploités. Mais globalement, on a maîtrisé cette rencontre. Je suis déçu pour l’équipe, pour cette génération, ces joueurs qui se battent tous les jours pour leur pays, qui ont consenti beaucoup d’efforts. J’ai trouvé les garçons conscients et qui avaient envie d’aller de l’avant. Nous allons continuer à travailler. Le chemin est encore long, mais de très belles choses attendent cette équipe. »


JOSE PEKERMAN, COLOMBIE : « Le Sénégal nous a mis en difficulté »

« En football, on prépare des stratégies face à différentes situations dans un  match. Il n’y a pas une formule qui permette de dire qu’on va gagner ou perdre pour telle ou telle raison. Dans un même match, il y a différentes situations qui se présentent. Dans l’action de but sur coup de pied arrêté, c’est une situation qu’on a bien travaillée. Ce n’est pas le fruit du hasard. Nous avons de bons tireurs et nos mouvements sont ordonnés de façon générale pour arriver à déséquilibrer l’adversaire. Le Sénégal nous a bien mis en difficultés pendant ce match. Nous avons eu des moments difficiles surtout en première mi-temps. L’équipe sénégalaise a très bien joué aussi et on avait du mal à faire face. C’est parce que le Sénégal a copié ce qu’il avait vu dans notre match contre la Pologne ; donc cette équipe a réussi à nous gêner dans certains domaines. La stratégie que nous avions adoptée était positive, on a fait face à quatre attaquants sénégalais dans des moments difficiles, mais  avec toute le maîtrise dont a fait preuve le Sénégal, ils n’ont pas eu des occasions nettes. Le Sénégal nous a mis en difficulté ; c’est un mérite qu’il faut reconnaître à cette équipe. Heureusement que Yerry Mina a très bien été inspiré sur le corner. Même si le Sénégal a fait une bonne Coupe du monde, il est éliminé ».

Eliminés au nombre de … cartons jaunes !
Samara : Le Sénégal éliminé au nombre de cartons. C’est la grosse désillusion qu’ont connue les Lions dans cette coupe du monde dans laquelle ils avaient décidé d’écrire leur propre histoire. Dans ce match face à la Colombie, Cheikhou Kouyaté et ses camarades s’étaient pourtant bien appliqués en maîtrisant parfaitement l’adversaire. Mais ils ont fini par s’incliner sur la même marque (0 – 1) que le Japon, au même moment à Volgograd contre la Pologne. En fait, à l’issue de cette dernière journée du Groupe H, Sénégalais et Japonais co-leaders jusque-là, se sont subitement fait doubler par la Colombie. Et restaient toujours à égalité presque parfaite. Nombre de points (4), de buts inscrits (4), de buts encaissés (4) en plus de s’être neutralisés (2 – 2) lors de leur confrontation directe pendant la 2ème journée à Ekaterinbourg.
 
Egalité parfaite donc à tous les niveaux, sauf au nombre de cartons jaunes. Le Sénégal qui en comptait 5 avant le match (Gana, Sané, Sabaly, Mbaye Niang  et Cheikh Ndoye) dont les 3 derniers face au … Japon, en a ajouté un autre hier avec Mbaye Niang qui, en tout cas, aurait été suspendu si son équipe était passée. Soit 6 contre 4 pour le Japon qui lui souffle donc la deuxième place finale du Groupe H au fair-play. Un scénario cauchemardesque pour Aliou Cissé et ses joueurs, complètement abattus à la fin du match


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