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Lutte (114)

Dans sa tendre jeunesse elle défiait les garçons de son âge. Elle ne se laissait pas dompter dans les combats en lutte traditionnelle lors des cérémonies culturelles. C’est du sang de lutteur qui coule dans ses veines, puisque, d’après son frère ainé, Isabelle Sambou a hérité de ses parents son talent de lutteuse.

« Honnêtement, j’étais surpris quand j’ai appris qu’elle a été choisie comme porte-drapeau du Sénégal par le président de la République, Macky Sall, pour les Jeux olympiques de Rio. Mais j’avais confiance en elle puisque quand elle était plus jeune, elle défiait même les garçons de son âge. Elle était difficile à dompter». Ce morceau choisi du témoignage de Nazaire Sambou, frère ainé d’Isabelle Sambou, en dit long sur la personnalité de celle qui a ouvert le défilé de la délégation olympique sénégalaise aux derniers Jo Rio 2016, au Brésil (du 5 au 21 aout). Nazaire se rappelle bien des exploits de sa sœur cadette lors de sa jeunesse.

« Quand elle était plus jeune, il y a ce qu’on appelle dans notre milieu hougoone. C'est-à-dire, la fondation de maison avant le début des travaux de construction. Par solidarité, les villageois se retrouvaient pour apporter leur soutien au propriétaire de la future maison. Alors pendant les travaux, les garçons tentaient de terrasser les filles dans la boue. Cela fait partie de la tradition. Mais, Isabelle a toujours été difficile à manœuvrer lors de ces combats de lutte entre garçons et filles. Pour la battre, il faut utiliser d’autres arguments physiques. Personnellement, je suis son grand-frère, mais j’ai toujours éprouvé des difficultés pour la corriger quand elle était plus jeune ». Pour ne pas se faire ridiculiser, « les garçons se méfiaient d’elle. Les plus téméraires éprouvaient des difficultés pour s’en défaire s’ils n’étaient pas tout bonnement, humiliés » poursuit Nazaire Sambou, avec fierté.

Ce que l’intéressée confirme, du reste. « Je peux dire que je suis née lutteuse parce que mes parents sont d’anciens champions de lutte. Donc, c’est du sang de lutteurs qui coule dans les veines», dit-elle avec un large sourire. En effet, d’après son grand-frère, Isabelle Sambou a hérité ses qualités de combattante de ses parents. « Elle est née dans une famille de lutteurs. Notre père et notre maman étaient des grands champions de lutte dans leur jeunesse », confirme l’ainé trouvé dans son village natal, Mlomp Haer, à 9 kilomètres d’Oussouye, en Basse Casamance.

Toutefois, si Isabelle ne se laissait pas dompter par sa génération, tous sexes confondus, elle « voue un grand respect à (ses) ainés ». Son futur mari peut aussi se rassurer. La championne de lutte promet de ne pas le défier dans son foyer. « J’ai été inspirée par Evelyne Diatta, ancienne lutteuse de la contrée. Jules, un ami de mon grand-frère l’a convaincu de me laisser lutter. Et dans notre culture comme on ne défie pas les anciens, je me plie à leurs décisions. C’est ainsi que j’ai intégré la lutte ». En réalité, «si elle avait vécu la période de la lutte féminine (ékolomodje), elle aurait fait des ravages » regrette, avec fierté, son grand-frère qui se glorifie d’avoir été « un champion dans la localité ».

En fait, Nazaire confirme qu’ils ont « hérité la force et la technique de (leurs) parents ».  Une famille de lutteurs dont la seule Isabelle est sortie du terroir pour monnayer son talent avec le succès qu’on connait. Au point d’être désignée porte-drapeau du Sénégal aux JO de Rio en 2016. Une consécration pour la nonuple championne d’Afrique. Une étape dans la vie sportive de la lutteuse qu’apprécie particulièrement le grand-frère et au-delà, la contrée dont elle participe au rayonnement. Mais les voisins, tout comme le frère n’ont pas pu suivre ses prestations à Rio de Janeiro. Le défaut d’éclairage public et le décalage horaire sont passés par là. « A Rio, c’est elle-même qui m’a appelé pour m’annoncer son élimination », ajoute Nazaire pour confirmer leur proximité.

« Ses différentes prestations sont suivies avec beaucoup de pression et de tension dans la famille ». Et de citer un fait tragique qui a émaillé sa sortie à Londres lors des JO en 2012 lorsqu’elle a été éliminée en quart de finale. En effet, il révèle que l’élimination « a été fatale à son grand-frère malade qui est décédé à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Nous avions des relations très étroites. Nous sommes comme des jumeaux et c’est dans ce sens qu’elle s’ouvre toujours à moi pour me confier ses problèmes. Et je n’ai pas manqué de lui remonter le moral après son élimination à Rio. Elle était étreinte par l’émotion mais je l’ai remotivée ».

Isabelle Sambou et sa familleRévélée lors de la fête traditionnelle de Kamaghène, la lionne du Kaassa, a été perfectionnée par Lansana Coly qui était à la recherche de jeunes talents pour son écurie de lutte. Orpheline de père et de mère, Isabelle n’a pratiquement pas connu ses parents. « Notre papa est décédé en 1982, notre maman ne lui a pas longtemps survécu. Elle est décédée quelques temps après. Isabelle, encore petite, a donc été confiée à une de nos tantes pour son éducation » témoigne Nazaire. A 36 ans le 20 octobre prochain, Isabelle a marqué le Sénégal et l’Afrique par sa forte personnalité. Championne du Monde en lutte de plage en 2009 (-70 kg), elle est médaillée d’or africaine à neuf reprises.

« Honnêtement, j’étais surpris quand j’ai appris qu’elle a été choisie comme porte-drapeau du Sénégal par le président de la République, Macky Sall, pour les Jeux olympiques de Rio. Mais j’avais confiance en elle puisque quand elle était plus jeune, elle défiait même les garçons de son âge. Elle était difficile à dompter». Ce morceau choisi du témoignage de Nazaire Sambou, frère ainé d’Isabelle Sambou, en dit long sur la personnalité de celle qui a ouvert le défilé de la délégation olympique sénégalaise aux derniers Jo Rio 2016, au Brésil (du 5 au 21 aout). Nazaire se rappelle bien des exploits de sa sœur cadette lors de sa jeunesse. « Quand elle était plus jeune, il y a ce qu’on appelle dans notre milieu hougoone. C'est-à-dire, la fondation de maison avant le début des travaux de construction.

Par solidarité, les villageois se retrouvaient pour apporter leur soutien au propriétaire de la future maison. Alors pendant les travaux, les garçons tentaient de terrasser les filles dans la boue. Cela fait partie de la tradition. Mais, Isabelle a toujours été difficile à manœuvrer lors de ces combats de lutte entre garçons et filles. Pour la battre, il faut utiliser d’autres arguments physiques. Personnellement, je suis son grand-frère, mais j’ai toujours éprouvé des difficultés pour la corriger quand elle était plus jeune ». Pour ne pas se faire ridiculiser, « les garçons se méfiaient d’elle. Les plus téméraires éprouvaient des difficultés pour s’en défaire s’ils n’étaient pas tout bonnement, humiliés » poursuit Nazaire Sambou, avec fierté.

Ce que l’intéressée confirme, du reste. « Je peux dire que je suis née lutteuse parce que mes parents sont d’anciens champions de lutte. Donc, c’est du sang de lutteurs qui coule dans les veines», dit-elle avec un large sourire. En effet, d’après son grand-frère, Isabelle Sambou a hérité ses qualités de combattante de ses parents. « Elle est née dans une famille de lutteurs. Notre père et notre maman étaient des grands champions de lutte dans leur jeunesse », confirme l’ainé trouvé dans son village natal, Mlomp Haer, à 9 kilomètres d’Oussouye, en Basse Casamance.


Toutefois, si Isabelle ne se laissait pas dompter par sa génération, tous sexes confondus, elle « voue un grand respect à (ses) ainés ». Son futur mari peut aussi se rassurer. La championne de lutte promet de ne pas le défier dans son foyer. « J’ai été inspirée par Evelyne Diatta, ancienne lutteuse de la contrée. Jules, un ami de mon grand-frère l’a convaincu de me laisser lutter. Et dans notre culture comme on ne défie pas les anciens, je me plie à leurs décisions. C’est ainsi que j’ai intégré la lutte ». En réalité, «si elle avait vécu la période de la lutte féminine (ékolomodje), elle aurait fait des ravages » regrette, avec fierté, son grand-frère qui se glorifie d’avoir été « un champion dans la localité ».

En fait, Nazaire confirme qu’ils ont « hérité la force et la technique de (leurs) parents ».  Une famille de lutteurs dont la seule Isabelle est sortie du terroir pour monnayer son talent avec le succès qu’on connait. Au point d’être désignée porte-drapeau du Sénégal aux JO de Rio en 2016. Une consécration pour la nonuple championne d’Afrique. Une étape dans la vie sportive de la lutteuse qu’apprécie particulièrement le grand-frère et au-delà, la contrée dont elle participe au rayonnement. Mais les voisins, tout comme le frère n’ont pas pu suivre ses prestations à Rio de Janeiro. Le défaut d’éclairage public et le décalage horaire sont passés par là.

« A Rio, c’est elle-même qui m’a appelé pour m’annoncer son élimination », ajoute Nazaire pour confirmer leur proximité. « Ses différentes prestations sont suivies avec beaucoup de pression et de tension dans la famille ». Et de citer un fait tragique qui a émaillé sa sortie à Londres lors des JO en 2012 lorsqu’elle a été éliminée en quart de finale. En effet, il révèle que l’élimination « a été fatale à son grand-frère malade qui est décédé à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Nous avions des relations très étroites. Nous sommes comme des jumeaux et c’est dans ce sens qu’elle s’ouvre toujours à moi pour me confier ses problèmes. Et je n’ai pas manqué de lui remonter le moral après son élimination à Rio. Elle était étreinte par l’émotion mais je l’ai remotivée ».

Révélée lors de la fête traditionnelle de Kamaghène, la lionne du Kaassa, a été perfectionnée par Lansana Coly qui était à la recherche de jeunes talents pour son écurie de lutte. Orpheline de père et de mère, Isabelle n’a pratiquement pas connu ses parents. « Notre papa est décédé en 1982, notre maman ne lui a pas longtemps survécu. Elle est décédée quelques temps après. Isabelle, encore petite, a donc été confiée à une de nos tantes pour son éducation » témoigne Nazaire. A 36 ans le 20 octobre prochain, Isabelle a marqué le Sénégal et l’Afrique par sa forte personnalité. Championne du Monde en lutte de plage en 2009 (-70 kg), elle est médaillée d’or africaine à neuf reprises.

 

Dans sa jeunesse Frédéric « Eghanta » Sambou a régné sans partage dans le Kaassa. Notamment lors de la traditionnelle fête de Kamaghène, « célébrée à la fin de la récolte du riz pour remercier le Bon Dieu d’avoir arrosé le sol de pluie ». S’il était de l’actuelle génération il aurait certainement empoché une fortune dans l’arène. Mais, Frédéric Sambou ne regrette rien, puisqu’il déteste la lutte avec frappe. « J’ai horreur des coups de poing dans la lutte avec frappe. Je déteste la violence dans le sport à plus forte raison dans la lutte en milieu Diola qui fait partie de notre culture. La lutte simple est plus technique et plus riche ».

Mais, s’il déteste la lutte avec frappe à cause de la violence, il nourrit, cependant, quelques regrets. « C’est notre culture, notre tradition qui nous a privé des millions de l’arène. Car, ici, on ne lutte plus après le mariage. Et c’est le « Kamaghène » qui clôt définitivement la carrière de lutteur dans notre milieu. Cette fête sacrée est une sorte de jubilé chez nous, pour les nouveaux mariés.

C’est après avoir vécu cette fête que les jeunes mariés partent en campagne hors du terroir » se rappelle Frédéric qui a particulièrement noté un « manque d’engouement » pour la fête du « Kamaghène », depuis quelques temps, comparé à leur époque. L’ancien champion de lutte de la zone consent que « les temps ont changé », il espère que Jean Diatta « Echocolat » de Cabrousse qui a construit et équipé à ses frais un centre ultramoderne de lutte réussira son défi de relancer la discipline en Basse Casamance. La lutte étant considérée comme un sport réservé à la jeunesse en milieu Diola, dans le département d’Oussouye.

Et selon les différentes localités du département d’Oussouye, les cérémonies de lutte traditionnelle varient. Ainsi, dans la commune de Mlomp, c’est le « Kamaghène » qui est organisée à la fin de la récolte du riz, à Oussouye c’est le « Humabeul », la fête du roi, et à Cabrousse c’est le « Hulang ». Des fêtes « sacrées » qui se tiennent pendant trois jours et à des périodes différentes. Alors que le « Kamaghène » et le « Hulang » sont organisés pendant la saison sèche, le « Humeubeul » se tient au mois de septembre. La particularité par rapport aux autres cérémonies, c’est que la tenue du « Humeubeul » dépend de la présence physique du roi.

S’il y a vacance de pouvoir dans la royauté, la manifestation est suspendue le temps que le successeur soit intronisé. Frédéric Sambou garde un souvenir de cette fête sacrée, puisque c’est lors d’une édition du Humeubeul qu’il s’est révélé au grand public. « C’est le prédécesseur du roi Sibilumbaye qui a fait de moi le champion que je suis devenu » raconte cet ancien « athlète aussi spécialiste du lancer de poids et de javelot ». A la retraite à 71 ans, il est aujourd’hui délégué de quartier de son quartier, Elinkine.

Elles ont marqué de leur empreinte cette lutte féminine propre au département d’Oussouye. Le « Ekolomodje » se pratique encore dans la commune d’Oussouye, près le « Humeubeul » fête du roi, les dames entrent en lice pour trois jours. Mais il est suspendu à Mlomp pour éviter des crises entre quartiers, au grand dam des anciennes pratiquantes.

C’est la gorge serrée qu’elle parle de la lutte féminine en milieu dans la communauté rurale d’Oussouye. Cette ancienne gloire de la lutte en milieu Kaassa, regrette en effet l’arrêt de ce sport version féminine. « Indomptable » à son temps, d’après des témoignages sur les lieux, Ida Senghor plus connue sous le pseudonyme de « Amoul » revient sur les causes de la suspension de ce sport dans la communauté rurale de Mlomp. « Contrairement aux hommes, nous les femmes nous ne sommes pas sportives. Chez les hommes, il y a plus de fairplay. Le vainqueur respecte l’adversaire, alors que chez les dames, c’est comme des règlements de compte. Certaines lutteuses, après avoir pris le dessus sur leurs adversaires, l’assènent de coups, pour lui prouver qu’elles sont plus fortes qu’elles. Et cela crée des tensions entre quartiers. Alors, partant de là, les autorités du village ont pris la décision de mettre fin à la lutte féminine afin d’éviter le pire », explique Ida Senghor. Le pire s’est même produit lors de la fête sacrée, le Kamaghène, qui était endeuillée après une altercation entre lutteuses de Haer et de Djicomol », deux quartiers voisins.

C’est ce qui a précipité l’arrêt des séances pour les dames pour éviter ce genre de crises graves entre quartiers.  Cela remonte à « plus de quinze ans » se rappelle – t-elle. « J’étais une championne de lutte avec beaucoup de talent » se glorifie, Ida Senghor. Prenant à témoin son mari, elle ajoute qu’elle domptait ses adversaires « sans difficulté. Elles ne pouvaient pas me résister ». Et c’est naturellement, avec nostalgie qu’elle revient sur de leur époque. « La lutte féminine était très passionnante. Nous sommes nostalgiques de cette époque. Il nous arrive d’organiser des séances d’exhibition à travers des pièces de théâtre pour mieux expliquer aux jeunes filles », selon elle. Madeleine Diédhiou est de la même génération qu’Ida Amoul Senghor, la dernière à avoir lutté le « Ekolomodje ».

A l’image de sa camarade, elle regrette la suspension de ce genre de lutte assez spéciale. Notamment l’accoutrement des lutteuses qu’elle garde encore en souvenir dans un coin dans sa mémoire. « C’était vraiment beau à voir. Les guêtres en feuilles de rônier, les pagnes » entre autres accessoires. « Les séances de lutte entre filles étaient souvent émaillées d’incidents qui ont contraint les anciens à les suspendre. Au début, le fair-play prévalait. Vainqueurs comme vaincues se congratulaient à la fin du combat, mais au fil du temps, des gestes déplacés ont été notés avec des adversaires qui voulaient toujours humilier leurs victimes à travers des coups défendus comme pour leur signifier qu’elles étaient plus fortes qu’elles. Avec comme conséquence, des affrontements parfois tragiques comme lorsqu’une des lutteuses a piqué une crise suivie d’un décès. Un événement tragique qui a précipité la décision d’arrêter définitivement ces séances de lutte féminines. De son amie Ida Senghor, Madeleine Diédhiou témoigne qu’elle était « petite de taille, mais difficile à manœuvrer. C’était une vraie championne indomptable» reconnait Mado. En dames, les sessions se tenaient sur trois jours alors que la durée était illimitée pour les garçons. « C’était des moments de fête avec des démonstrations », ajoute celle qui dit hériter sa morphologie de sa maman et sa force de son père.

Les deux anciennes, témoins de la vitalité de la lutte regrettent fortement cette belle époque qu’elles aimeraient revivre avec les nouvelles générations. Elles sont particulièrement nostalgiques des séances de « bakk » avec les accoutrements riches en couleurs et des pas de danse dont elles seules ont le secret. Au grand regret de Madeleine Diédhiou et Ida Senghor qui font partie de la dernière génération de lutteuses à s’y produire. L’arène de Mlomp qui servait de cadre d’expression de ces combattantes est toujours visible au centre du village. Sur une vaste étendue, l’aire sablonneuse a désormais laissé la place à une végétation touffue d’herbes sauvages et d’arbustes qui ont pris possession des lieux. La Case des Tout petits du village a occupé le reste de cet endroit appelé « Hukolomodj ».

 

En Basse Casamance, la lutte féminine communément appelée ‘‘Ekolomodj’’ a cessé d’être pratiquée depuis quelques années maintenant. Ce qui était l’occasion de grands moments en marge de la fête de Kamaghène a laissé des souvenirs vivaces dans l’esprit de ceux qui l’ont vécu. En particulier les dames qui sont désormais réduites à de simples spectatrices d’événements dont elles étaient parties prenantes quelques années auparavant.

Les vestiges de la pratique multiséculaire de l’« Ekolomodj » ou lutte féminine sont toujours visibles à Mlomp, dans le département d’Oussouye en Basse Casamance où ces séances ont rythmé la vie de centaines, voire de milliers de jeunes filles devenues grandes dames au fil des années. Si dans la commune, chef-lieu de département, les séances ont lieu juste après la fête du roi dénommée ‘‘Houmabeul’’, les autres localités environnantes organisaient les leurs en fin d’hivernage.

Mais depuis une quinzaine d’années ces manifestations uniques en Basse Casamance sont suspendues dans la commune de Mlomp. Ce qui laisse un goût amer aux adeptes de ces séances de lutte féminine. Car au-delà des récits des anciennes pratiquantes qui font état de la ferveur qui s’emparait de la localité, elles racontent avec beaucoup de nostalgie, ces séances qui opposaient les filles de différents quartiers de la localité. Selon Ida Senghor, une ancienne pratiquante, « nous sommes nostalgiques de cette époque et pour revivre ces moments, il nous arrive d’organiser des séances d’exhibition à travers des pièces de théâtre pour mieux expliquer aux jeunes filles ce patrimoine culturel » qui relève aujourd’hui de l’histoire de la Basse Casamance.

Une tradition qui a engendré des championnes d’Afrique
Elles s’accordent à dire que les anciens qui ont décidé de l’arrêt de cette pratique ont été poussés à bout. Les deux anciennes, témoins de la vitalité de la lutte regrettent fortement cette belle époque qu’elles aimeraient revivre. Elles sont nostalgiques des séances de ‘‘bakk’’ avec les pas de danse exécutés à cette occasion.

La pratique de la lutte a forgé le caractère et la détermination chez les filles de la localité qui ont composé l’essentiel de l’équipe nationale olympique du Sénégal. Et qui ont participé à différentes campagnes internationales. Ainsi aux championnats d’Afrique de 1997 organisés au Maroc, le Sénégal représenté pour la première fois avait amené trois filles du département d’Oussouye à savoir Marie Nicole Diédhiou, médaillée de bronze dans la catégorie des 75kg, Evrine Assine qui avait alors remporté l’argent dans la catégorie des 51kg et Adéline Diamacoune, médaillée d’or chez les 56kg. Une tradition perpétuée aux joutes suivantes avec toujours des médailles glanées par les représentantes du terroir pour le compte du Sénégal. L’actuel porte-drapeau de la lutte olympique nationale chez les dames est d’ailleurs de la localité.

Isabelle Sambou qui a fait office de capitaine d’équipe et de porte-drapeau de la délégation sénégalaise aux JO de Rio s’inscrit dans la lignée de ses ainées depuis ses débuts en équipe nationale en 2001 lors des championnats d’Afrique au Maroc. Elle faisait partie des cinq participantes nationales et avait remporté l’argent dans la catégorie des 56kg. Depuis, que de chemin parcouru par celle qui a fini de faire le vide autour d’elle sur le Continent et échouant de peu à glaner une médaille aux Olympiades de Londres. Rebelote à Rio, il y a quelques semaines même si le chemin a été plus difficile dans la cité brésilienne que dans la capitale britannique.

Une consécration pour Isabelle qui n’a pourtant pas vécu les séances d’Ekolomodj dans son village. La faute à un arrêt de cette pratique consécutive à une interdiction décidée par les anciens. Une mesure qu’elle déplore, à l’image de toute la communauté puisque ces manifestation étaient des moments de socialisation non négligeables. D’après les témoignages de ceux qui les ont vécues, « ces séances de lutte féminine favorisaient le regroupement des villages et leur permettaient de se connaître, d’échanger des idées et de renouer des liens solides d’amitié, solidarité et de fraternité entre ces villages ».

Mais la génération des Isabelle et compagnie a trouvé la parade prétextant de quelques occasions de se retrouver entre filles et garçons pour des combats. « Nous sommes arrivées après la fin des séances ‘‘Ekolomodj’’. Mais nous avons créé notre propre ‘‘Ekolomodj’’ pour nous occuper », a-t-elle dit. Elle ajoute que pendant ces moments-là, « c’est dans l’adversité avec les garçons que je me sens plus à l’aise. C’était à l’occasion des séances que l’on organisait des cérémonies traditionnelles ».

De nos envoyés spéciaux Ansoumana Sambou et Ousseynou Pouye (Textes)
et Abdoulaye Mbodj (Photos).

 

Les amateurs de lutte avaient craint pour l’avenir de la lutte, avec le retrait des gros sponsors (sociétés de téléphonie mobile, notamment). Mais, même si la saison passée a été pauvre en « chocs de ténors », il ne s’est pratiquement passé aucun week-end où il n’y a pas eu de galas ou de combat. La preuve que la lutte peut s’adapter voire se réinventer. En plus, les « seconds couteaux » qui n’avaient pas trop voix au chapitre, ont pu lutter assez régulièrement. La tendance va-t-elle se poursuivre ? Le retrait des gros sponsors serait-il une chance pour la lutte ? Nous avons enquêté.

Ce n’était pas si choc que cela, lors de la défunte saison de lutte ! Mis à part les face-à-face Yakhya Diop Yékini – Lac de Guiers 2 et Modou Lô – Gris Bordeaux, aucune autre grande affiche n’avait été ficelée. Les inconditionnels ont donc été sevrés de ces chocs de titans qui les poussaient en masse sur les travées des différentes… arènes de Dakar et d’ailleurs. 

Tout le contraire des années précédentes où ils avaient véritablement l’embarras du choix. Cette fois, les promoteurs, naguère prompts à se lancer dans une course effrénée aux affiches alléchantes, à coups de centaines de millions de francs, se sont illustrés par une discrétion inhabituelle voire un silence autant assourdissant qu’inquiétant. Tout portait finalement à croire qu’ils avaient mis leurs menaces à exécution. Et pour cause, il y a deux ans, Gaston Mbengue et Cie avaient sonné l’alerte et demandé aux « gros bras » de revoir à la baisse leurs prétentions financières, du fait, argumentaient-ils alors, du retrait des principaux bailleurs de l’arène, que sont notamment les opérateurs de téléphonie mobile comme Orange et Tigo.

Mais cette exigence, la bande à Balla Gaye 2 n’avait pas voulu en entendre parler. Résultat, on a assisté à un jeu d’échec entre les « match-makers » et les ténors où aucune partie n’entendait faire des concessions. « Ce bras de fer » a cependant profité aux lutteurs de seconde zone, qui, la saison dernière, ont fait vibrer le stadium Iba Mar Diop. Il ne se passait pratiquement aucun week-end, où il n’y a pas eu de gala de « petits combats » de lutte, au grand bonheur des « petits supporters ». Les « petits » promoteurs, en l’occurrence Serigne Modou Niang, Assane Ndiaye de Baol Production, Moustapha Kandji, Bamba Faye, entre autres, ne se sont guère souciés du cas des autres habitués à traiter avec la classe Vip. Ils en ont profité pour rafler le maximum d’affiches et vivre pleinement leur passion et leur saison. En fait, le retrait des sponsors n’a en rien baissé leurs ardeurs, contrairement aux grands promoteurs tels que Gaston Mbengue, Aziz Ndiaye, Luc Nicolaï, entres autres. D’ailleurs, pour décrocher une grosse affiche la défunte saison, Aziz Ndiaye et Gaston Mbengue en étaient réduits à faire une coproduction pour le choc Yakhya Diop Yékini – Lac de Guiers 2. Certains ténors comme Modou Lô et Gris Bordeaux ont, de leur côté, revu à la baisse leur cachet pour pouvoir descendre dans l’arène. Les autres ont tous passé une année blanche lourde de conséquences pour eux, surtout sur le plan financier.

Une tendance appelée à continuer…
En effet, il n’est plus question pour les promoteurs de faire des « folies » dans l’arène. Avec ou sans sponsors, ils ont apparemment cette fois-ci décidé d’aller jusqu’au bout de leur logique baissière des cachets. La preuve, certains n’ont pas cédé face aux exigences des ténors la défunte saison et en ont zappé plus d’un. Bombardier, l’actuel « roi des arènes », ne dira pas le contraire, lui qui, en tant que « patron » de l’arène, a passé une année blanche. Une première dans l’histoire de la lutte avec frappe, mais cela n’a suscité aucun regret chez les promoteurs fidèles à leur ligne de conduite. Pour l’un d’eux, Aziz Ndiaye, la lutte a perdu tout ce qui faisait son charme. « Pour dire vrai, le business de la lutte ne marche plus comme avant.

Je le dis depuis deux ans et j’avais décidé de me retirer. Ce sport drainait la foule et beaucoup de sponsors mais tel n’est plus le cas maintenant », avait-il fait savoir la saison dernière. Le jeune promoteur qui a longtemps fait des « folies » dans l’arène pour décrocher des combats-chocs (Modou Lô 135 millions pour son combat contre Eumeu Séne 115 millions ou Balla Gaye plus de 140 millions face à Tapha Tine, voire Gris Bordeaux – Modou Lô qui lui a couté presque 200 millions de francs) est catégorique : seuls les lutteurs peuvent redresser la barre ; en quoi faisant ? Accepter de réduire leurs cachets pour que la lutte redémarre sur de nouvelles bases.

« Les gros cachets et toutes les folies qui allaient avec ne peuvent plus continuer. Les lutteurs ne veulent pas comprendre la situation actuelle. Mais, s’ils se référent au nombre de leurs pairs qui ont fait une année blanche, ils comprendront que la situation est critique. Il n’y a plus de Vip d’ailleurs dans l’arène. Ils ont tous eu deux défaites ou plus ». Autrement dit, aux yeux d’Aziz Ndiaye, tous les lutteurs se valent maintenant ! Et, dit-il, le cachet raisonnable, celui qu’il peut payer sans rechigner, c’est 50 millions.
L’ancien « roi des arènes » Yakhya Diop Yékini, quant à lui, exhorte les jeunes lutteurs à s’investir et être plus sérieux parce que la lutte est en train de perdre du terrain.

« Quand certains sponsors n’acceptent plus de venir dans la lutte, c’est qu’il y a un problème. La violence, les mauvais comportements ne sous aident pas. Un lutteur doit montrer l’exemple, c’est à ce prix que les partenaires et sponsors reviendront dans la lutte », a-t-il récemment déclaré chez un confrère. Un message qui, certainement, concerne plus ses pairs de la classe Vip que les lutteurs dits de seconde zone qui n’ont eu aucune difficulté à décrocher des combats la défunte saison.

… au grand bonheur des « petits » promoteurs et lutteurs
Ils ont en effet pu lutter assez régulièrement et montrer qu’ils ont leur place dans l’arène. De belles affiches ont fait le bonheur des amateurs lors de la saison dernière. Entre autres Gris 2 – Ablaye Ndiaye, Reug Reug – Brise de Mer, Garga 2 – Valdo, Ma Paul – Kara Doolé, Mod Dia – Cheikh Nguirane, Nger – Feugeuleu, Marley – Khadim Sarr, Konia – Doumboul, Ziza – Libidor, Puissance –Métro, Saloum Saloum - Diockel. Ndongo Lô de l’écurie Sa Ndiambour a de son côté raflé la palme en livrant trois combats durant la saison.

Il a battu Petit Niang et Ndigueul avant de perdre contre Niakh Diarignou. Les jeunes promoteurs Bamba Faye de la structure MGC, Alioune Guèye de Lune productions, Kandji Production, Assane Ndiaye de Baol Production ont damé le pion aux autres de l’autre camp. Ils ont livré même à leur manière une course aux « affichettes ». Battu la saison dernière par Bébé Saloum, Gambien, sociétaire de l’écurie Boul Falé, trouve que cette nouvelle donne doit continuer pour le bien des lutteurs de la jeune génération. « J’ai accepté de lutter pour le promoteur Manga 2, pour un cachet pas si fameux que cela, mais je trouve que c’était mieux que rien. J’avais besoin de faire mon come-back même si j’ai finalement perdu le combat.

Mais le constat est que tous les promoteurs se sont rués vers nous la saison dernière, et cela doit continuer ». D’après lui en effet, les match-makers se sont rués vers les jeunes lutteurs parce qu’ils avaient des difficultés pour ficeler les grosses affiches. Or, il ne doit pas en être ainsi. « Nous avons compris leurs difficultés parce que les sponsors se sont retirés de l’arène, c’est maintenant à eux de nous comprendre. Il faut qu’ils aident les jeunes lutteurs. Ces derniers peuvent répondre à leurs attentes et remplir les stades». Certains promoteurs ne comptent pourtant pas retourner leur veste même si les ténors ont revu à la baisse leurs prétentions financières. Assane Ndiaye de Baol Production a déjà ficelé 7 combats de choc entre les jeunes les plus redoutés de l’arène. Serigne Modou Niang, lui, compte ouvrir sa saison au mois d’octobre avec le duel Valdo – Saloum Saloum. Et d’autres affiches de « seconds couteaux » devraient suivre.

Un vrai mal pour un bien peut-être que ce retrait des sponsors combiné à la « détermination » des gros bras à maintenir toujours haut la barre de leurs aspirations pécuniaires…

Dossier réalisé par Absa NDONG

« Vous savez, je n’ai pas la même vision des choses que les autres. De mon point de vue, certains sponsors accompagnent toujours la lutte. Je parle en connaissance de cause, car j’ai toujours les mêmes partenaires. Seulement il faut reconnaître que les principaux bailleurs de l’arène, les opérateurs de téléphonie mobile Orange et Tigo, se sont retirés et cela a un impact sur les grosses affiches ». Le point de vue est du promoteur de lutte Serigne Modou Niang qui s’illustre depuis plusieurs saisons par le nombre important de gala qu’il organise. La preuve que tout continue de baigner pour lui. « J’ai fait lutter 400 lutteurs et organisé 20 journées », avance-t-il. Ce qui, encore une fois, le place tout en haut du classement des promoteurs de lutte ayant organisé le plus de combats. Le patron de Mouniang Production s’est par ailleurs félicité que les jeunes lutteurs se soient bien exprimés lors de la précédente saison. L’explication, selon lui, c’est que « les promoteurs se sont rabattus sur eux, parce qu’ils ont compris qu’ils pouvaient s’en sortir, sans avoir à payer des cachets exorbitants ». Serigne Modou Niang se fait même le parfait avocat des lutteurs de la jeune génération qui, d’après lui, « sont capables de remplir les stades même les jours ouvrables ». C’est pourquoi, il est de ceux qui refusent de parler de « crise dans l’arène. « Il n’y a aucune crise », martèle-t-il tout en souhaitant toutefois que « les sponsors reviennent afin que les ténors s’épanouissent comme avant ». Car, pour lui, les « gros bras » sont « revenus à de meilleurs sentiments et ont accepté de revoir leur cachet à la baisse ». Pour la saison à venir, de grosses affiches sont en train d’être ficelées. Et celui qui se définissait comme « le promoteur de l’Alternance » compte ouvrir sa saison dès le début du mois d’octobre avec le choc Valdo – Saloum Saloum. « Je n’attends que le Cng, pour régulariser le combat », a-t-il clamé, fier de perpétuer son habitude d’ouvrir la saison tous les ans et de ficeler le plus de combats parmi tous les promoteurs de lutte.

S’il y a un promoteur qui a surpris son monde cette intersaison, c’est bien Assane Ndiaye de Baol production. Le jeune match-maker a, en effet, décroché le choc royal de la saison Bombardier – Eumeu Sène. Un combat longtemps démarché par les gros sponsors de l’arène. Sans succès. Classé dans la catégorie des promoteurs de seconde zone, le patron de Baol est, avec ce coup-ci, assurément entré dans la cour des grands. « La crise est loin derrière nous maintenant. J’ai trouvé des partenaires qui vont m’accompagner tout au long de la saison prochaine. S’il plait à Dieu, je compte faire les choses en grand », nous a affirmé le jeune frère d’Aziz Ndiaye, autre promoteur de combats de lutte. D’ailleurs, selon lui, « il n’y a pas de petit ou grand promoteur, il suffit juste d’avoir des sponsors pour s’en sortir et c’est ce que j’ai fait ».

Il est vrai qu’outre le choc Bombardier – Eumeu Sène qui a fait courir tous les « match-makers » et qui fait saliver tous les amateurs de lutte, Assane Ndiaye avait déjà fini de ficeler 7 combats alléchants.

Armée – Ambulance, Thiat – Feu Rouge, Tyson 2 – Garga 2, Papis Général – Quench, Laye Pythagore – Marley, Zarko – Modou Anta, Libidor – Pakala de Lansar et Gris 2 – Pakala sont tous programmés cette saison, au grand bonheur des amateurs de lutte. La preuve que, fidèle à son option de toujours, « je ne tournerai jamais le dos aux lutteurs de la jeune génération », a-t-il témoigné.

Et Assane Ndiaye ne compte pas s’en arrêter là. « Je vais faire vibrer le stadium Iba Mar Diop cette saison », a-t-il promis. Le jeune promoteur est, en effet, en train de démarcher le choc Ama Baldé – Papa Sow et les négociations avancent à pas de géant, toujours d’après lui. Et même si certains soutiennent qu’il n’est juste qu’un prête-nom pour le choc Bombardier – Eumeu Sène, Assane Ndiaye dit ne pas vouloir s’attarder sur des rumeurs infondées. « J’avais organisé 5 journées la défunte saison dont 4 à Dakar et une à Abidjan. C’est grâce à cela que j’ai pu trouver des partenaires pour viser haut cette saison.

Il n’y a pas de secret, j’ai actuellement décroché de bons sponsors et c’est ce que faisaient tous les autres promoteurs », coupe-t-il net.

Enfin le choc tant réclamé par les amateurs de lutte a été ficelé à la surprise générale par le promoteur Assane Ndiaye de Baol Production. Les deux ténors ont signé hier dans un hôtel de la place le contrat en présence de leurs managers et du promoteur lui-même. Il faut noter que ce combat a été démarché la défunte saison sans succès. Le chef de file de Tay Shinger et Le B 52 de Mbour avaient finalement passé une année blanche tellement ils voulaient de cette affiche. Tout récemment d’ailleurs l’actuel « roi des arènes » avait dit à qui veut l’entendre que son potentiel adversaire cette saison n’est personne d’autre qu’Eumeu Séne.

« Balla Gaye 2, Modou Lô et Eumeu Séne sont les trois lutteurs les plus coriaces de l’arène. J’ai réussi à battre les deux, et il me reste le dernier pour terminer. Je ne le défie pas, mais je le veux pour compléter ma liste », avait clamé le Mbourois. Il était en fait sûr que son combat contre l’ancien lieutenant de Mouhamed Ndao Tyson s’imposait cette saison. « Ce combat est une demande sociale. Il me faut affronter Eumeu Séne pour passer à autre chose ». Du côté de Tay Shinger également, c’était le même son de cloche. « C’est le combat que tous les amateurs réclament. Bombardier a quelque chose (le titre de « roi des arènes ») qui m’intéresse, et s’il plait à Dieu, je vais l’avoir ».
Des propos qui prouvent à souhait que les deux adversaires veulent vraiment en découdre. Et d’après les observateurs ce combat prévu pour la saison à venir fera partie des meilleurs, vu le parcours de Bombardier et Eumeu Séne, de même que leur réputation de lutteurs très coriaces.

Absa NDONG

Tapha Tine veut revenir en force dans l’arène la saison prochaine. Même s’il valse entre le cercle des VIP et l’antichambre des ténors, le géant du Baol peut se targuer d’être parmi les rares lutteurs de sa génération à avoir battu l’actuel « roi des arènes », Bombardier. D’ailleurs ce dernier fait forcement partie de ses potentiels adversaires. Balla Gaye 2 son tombeur et Gris Bordeaux sont aussi dans le viseur du Baol-Baol.

Tapha Tine a joué avec le feu la défunte saison… et s’est brulé les ailes ! En effet, il avait accepté de participer à un « tournoi des quatre » en compagnie de Zoss, Ama Baldé et Gouye Gui, histoire de redorer son blason après son revers contre Balla Gaye 2 et de reprendre sa place dans la cour des grands. Il voulait également solder définitivement ses comptes avec ses jeunes adversaires qui ne cessaient de le défier publiquement. Sous la menace d’une année blanche et désireux de prouver qu’il méritait mieux comme adversaire, le géant du Baol avait décidé de se lancer tête baissée. Un pari risqué, face à des espoirs confirmés comme Ama Baldé et Gouye Gui, qui n’ont jamais caché leurs ambitions de titiller, sous peu, la hiérarchie. Conscient que remporter cette compétition ferait de lui un des potentiels successeurs de Bombardier, « l’actuel roi des arènes », le grand favori du tournoi avait démarré fort en battant le roi du « Simpi », Gouye Gui, lors de la première journée.

Seulement, lors de la deuxième journée, face à Ama Baldé, un adversaire très technique, Tapha Tine n’avait vu que du feu. Un revers qu’il n’avait pas vu venir et qu’il n’est toujours pas prêt d’oublier. Le géant du Baol s’était finalement racheté lors de la dernière journée face à Zoss le chef de file de Door Doraat. Mais malgré cette belle victoire par Ko, il n’a pu remporter la compétition comme prévu. Depuis, il ne sait plus sur quel pied danser, ni où se situer exactement. En fait, le chef de file de l’écurie Baol Mbollo rejette les lutteurs de la jeune génération qui veulent faire de lui un escalier pour accéder à la cour des grands, en même temps il est zappé par les pensionnaires de la classe Vip. Il est alors ni dans le cercle des ténors, ni dans l’antichambre. A moins qu’il ait un pied ici et l’autre là-bas…

Bombardier, Balla Gaye 2, Gris Bordeaux : des adversaires
Pourtant des potentiels adversaires, il n’en manque pas pour la saison à venir. En effet, il fait partie des rares lutteurs de sa génération qui ont battu Bombardier que, dès lors, ils refusent de reconnaître comme « leur » roi. Pour le chef de file de l’écurie Baol Mbollo son combat revanche contre le B52 de Mbour s’impose. « Je fais partie des premiers jeunes lutteurs à affronter un roi des arènes, en l’occurrence Balla Gaye 2. Je ne suis pas parvenu à le détrôner mais il n’est pas trop tard. Mon objectif est d’amener la couronne à Baol. Je sais qu’un jour, je serai numéro 1 de l’arène. Si un promoteur organise mon combat contre Bombardier, je vais le détrôner. Je suis meilleur que lui et il le sait », a-t-il fait savoir. De l’avis de Tapha Tine, le B52 de Mbour qui a passé une année blanche la défunte saison, n’a pas de plan de carrière.

« Il ne sait pas ce qu’il veut. Il pouvait choisir entre deux ou trois lutteurs. Mais il a préféré se focaliser sur un seul adversaire (Eumeu Sène). Et ce n’est pas malin de sa part », se désole le tombeur de Gouye Gui et de Zoss. L’autre lutteur qui est également dans le viseur du géant du Baol est Balla Gaye 2 qui l’avait battu en 2013 après un combat de 2mn30. Mais, beaucoup de choses se sont passées depuis. Le fils de Double Less a été détrôné par Bombardier, puis battu par Eumeu Sène, avant de passer une année blanche. Et Tapha Tine réclame sa revanche, histoire peut-être de profiter de la mauvaise passe de Balla Gaye 2. Il l’a clamé tout juste après sa victoire devant Zoss lors de la dernière journée du tournoi. Gris Bordeaux est aussi dans le viseur du lutteur Baol-Baol. Battu par Modou Lô le 31 juillet dernier, le protégé de l’ancien lutteur Mbaye Guèye a besoin de se refaire une santé.
Et ce choc, la saison à venir, entre ces deux grands puncheurs serait assurément un régal.

Absa NDONG

Le retour de Balla Gaye 2 aux affaires est très attendu par ses nombreux supporters. En effet, après ces deux revers d’affilée, il avait décidé de prendre du recul, histoire de mieux sauter à l’avenir. Depuis il prépare sérieusement son come-back pour la saison à venir et répond coup par coup aux attaques des lutteurs qu’il a dans sa mire, particulièrement Modou Lô et Eumeu Sène.

La traversée du désert de Balla Gaye 2 n’a que trop duré ! Voici trois ans que le « lion de Guédiawaye » broie du noir avec deux défaites d’affilée respectivement face à Bombardier l’actuel roi des arènes et Eumeu Sène son autre « ennemi ». Une série noire qui l’avait poussé à passer une année blanche la défunte saison. En fait, l’ancien « roi des arènes » semble conscient qu’il n’a plus droit à l’erreur lors de ses prochaines sorties. Il doit impérativement mettre fin à sa mauvaise passe et retrouver ses marques lors de son come-back. « Je suis prêt pour mon retour. C’était un choix personnel de rester une saison sans lutter. On m’avait proposé Modou Lô et Gris Bordeaux, mais j’avais catégoriquement refusé ». Et de réfuter l’idée suivant laquelle il serait au fond du trou. « Sinon, les promoteurs ne m’auraient pas courtisé toute une année. S’il plait à Dieu, je reviendrai la saison prochaine pour reprendre ma place dans l’arène », avait-il fait savoir.

Très courtisé par les matchmakers, le fils de Double Less trouvera à coup sur chaussures à ses pieds. Car en tout état de cause, ils sont nombreux les adversaires avec qui il peut croiser le fer. Il y a d’abords ses adversaires logiques : Modou Lô, Eumeu Sène, Bombardier, Gris Bordeaux, Tapha Tine, entre autres ténors. Son duel revanche contre le chef de file de l’écurie Rock Energie est sollicité des amateurs de lutte depuis la victoire de ce dernier face à Gris Bordeaux le 31 juillet dernier. Touché dans son orgueil par les propos de Modou Lô, qui l’a taxé de lutteur en perte de vitesse, Balla Gaye 2 ne s’est pas privé de répliquer. « Je ne réponds pas aux attaques d’un lutteur que j’ai battu en 37 secondes. Modou Lô a battu certes Eumeu Sène, mais il n’a pas fait le quart de ce que j’ai fait 

Le fils de Double Less n’a pas, au passage, épargné son autre « ennemi » Eumeu Sène, qui l’a battu à deux reprises. « Ces deux revers contre lui ne m’affectent nullement. Je sais qu’Eumeu Sène n’est pas meilleur que moi. Techniquement, il ne fait pas le poids. Seulement on ne peut pas échapper à son destin.

Gris Bordeaux le vrai adversaire !
Lors de notre dernière confrontation j’avais confondu vitesse et précipitation. Des erreurs qui se payent cash. Il raconte des histoires, quand il dit qu’il est plus fort que moi ». Pour le cas Yakhya Diop Yekini, Balla Gaye 2 reste catégorique, c’est de l’histoire ancienne pour lui. « Je ne vais pas revenir sur cela. Yékini c’est fini pour moi ! » Mais de toutes ces affiches potentielles, c’est son combat contre Gris Bordeaux qui s’impose le plus actuellement, de l’avis de nombreux observateurs. Outre leur réputation de provocateurs, ils traversent tous les deux des périodes sombres. Et pour les amateurs, l’affiche entre ces deux lutteurs bouillants sera forcément électrique. Le géant du Baol Tapha Tine fait aussi partie des potentiels adversaires. Un éventuel combat l’opposant à Balla Gaye 2 devrait donc être l’occasion pour lui de prendre sa revanche.

Il y a également les potentiels challengers de Balla Gaye 2 qui piaffent d’impatience d’en découdre avec lui. Surtout qu’aux yeux de ces derniers, l’ancien « roi des arènes » n’est plus qu’un simple escalier pour accéder à la cour des grands. Figure dans ce lot, le jeune espoir Boy Niang 2 (qui vient de décrocher un combat contre Gouye Gui). Ce dernier n’a cessé de défier le grand frère de Sa Thiès la défunte saison, allant jusqu’à lui promettre une belle correction. Mais pour le « lion » de Guédiawaye, il n’est pas question de servir d’escalier pour la jeune génération.

Absa NDONG


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