banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Lutte (243)

L’autre choc qui alimente les débats depuis quelques jours est celui entre Papa Sow de Fass et Ama Baldé. Le combat ficelé la semaine dernière par le même Assane Ndiaye de Baol Production est très entendu par les supporters des deux camps. D’après les propos du promoteur, les gens l’ont convaincu d’organiser cette belle affiche. « C’était un combat difficile à monter, mais on m’a fait savoir que ce sera le plus beau duel de la saison. Les amateurs de lutte le voulaient et il fallait que je le décroche ».

Les deux adversaires ont d’ailleurs commencé la bataille psychologique par presse interposée. « Si Papa Sow me bat, je préfère arrêter la lutte pour aller cultiver les champs de mon père en Guinée. Il ne peut pas comprendre combien ce combat est important » avait fait savoir un Ama Baldé très confiant lors de la signature de contrat. Pour cause, il revient d’un grand exploit en remportant le tournoi de la Tnt la défunte saison et compte accéder dans le saint des saints en passant par le Puma de Fass. « Je vise loin dans l’arène et je sais qu’il me reste l’obstacle Papa Sow pour y arriver. Je veux affronter Modou Lô ou Gris Bordeaux et je dois forcément remporter ce combat ». En fait après ses trois belles victoires sur Zoss, Gouye Gui et Tapha Tine la défunte saison le frangin de Jules Baldé avait directement défié les ténors de l’arène, plus particulièrement Modou Lô et Gris Bordeaux. Seulement il a été vite remis à sa place par ces derniers qui lui ont demandé de continuer à faire ses preuves.

Du côté de Fass, Papa Sow est décidé à ne pas se laisser distraire par les provocations de son adversaire. Très serein comme à son habitude, le jeune fassois a promis que « ce duel restera dans les archives. Ce, parce que Ama est un bagarreur comme moi ». Battu par Lac De Guiers 2 à la surprise générale lors de la saison 2014-2015, le frangin d’Ouza Sow avait également passé une année blanche, la défunte saison à sa grande déception. Cette saison, il veut revenir en force en s’imposant face à un lutteur coriace et très technique. Comme son adversaire, Papa Sow est conscient que ce combat est son ultime chance de prouver aux amateurs de lutte qu’il a sa place dans la classe Vip. En fait, il ne parvient toujours pas s’intégrer dans ce cercle restreint même s’il avait fini de faire ses preuves après sa victoire devant Baye Mandione en 2013.


Avis d’expert : Max Margane, coach de Lansar : « Ils ont les armes nécessaires pour livrer un combat explosif »
« C’est un combat longtemps voulu par les deux adversaires. La preuve ils ont passé tous les deux une année blanche. Après sa victoire devant Balla Gaye 2, Eumeu Séne a publiquement défié Bombardier. Et c’est très normal, puisqu’il avait rencontré presque tous les autres ténors. Un lutteur doit être ambitieux et le chef de file de l’écurie Tay Shinger est arrivé à un stade de sa carrière où il ne reste plus qu’une chose à faire : tenter sa chance pour le trône. Il l’a d’ailleurs dit, Bombardier a quelque chose qui l’intéresse et c’est le titre de « roi des arènes ». Je pense que sur ce plan là, il a été bien conseillé et aujourd’hui il ne doit pas regretter d’être resté une année à attendre B 52. Seulement ce dernier n’est pas prêt de céder ce titre. Il l’avait perdu une fois en 2004 contre Yekini, et je ne crois pas qu’il va accepter de refaire les mêmes erreurs.

Bombardier a prouvé sa maturité face à Balla Gaye 2 et Modou Lô. Il avait montré un autre visage et c’est ce que les amateurs de lutte attendaient de lui. Cependant son duel contre Eumeu Séne ne sera pas facile. Certes ils ne se sont jamais croisés mais ont affronté des adversaires communs en l’occurrence Balla Gaye 2, Modou Lô et Gris Bordeaux. Si l’on analyse par ailleurs les deux palmarès, je dirai que Bombardier est un peu avantagé car il a battu Modou contrairement à Eumeu Séne. Concernant le combat, de mon point de vue, il y aura de la bagarre et de la lutte. Il peut y avoir ko si les deux lutteurs persistent dans la bagarre ».

Par Absa NDONG

En Basse Casamance, la lutte est l’une des principales passions, même elle perd progressivement de sa superbe. Pour entretenir la flamme, Jean Diatta « Echocolat » regroupe les jeunes lutteurs au sein de l’Equipe de lutte Aline Sitoé Diatta. Avec une soixantaine de pensionnaires sous son autorité, il tente de rallumer la flamme de la lutte, en perte de vitesses dans la zone. Il leur inculque les valeurs et techniques de la lutte dans l’espoir de voir son œuvre prospérer dans le terroir.

Cabrousse, non loin de la Guinée-Bissau, accueille les visiteurs en transit ou pour une durée beaucoup plus longue. Ici comme partout ailleurs en Casamance, les populations s’adonnent principalement à l’agriculture même si la proximité avec la station balnéaire du Cap-Skiring fait prospérer quelques installations touristiques. C’est dans ce contexte global que les résidents, pour certains, développent des activités parallèles avec la lutte qui occupe une bonne partie des loisirs. L’équipe de lutte Aline Sitoé Diatta est le principal réceptacle des jeunes qui pratiquent cette activité séculaire. Une entité tenue d’une main de maitre par un ancien lutteur du terroir, Jean Diatta dit ‘‘Echocolat’’ (le Chocolat) qui a voulu fédérer à ses côtés, les énergies des jeunes de la localité. Il est parti du constat que « la lutte est en perte de vitesse en Casamance. Les gens ont tendance à intégrer la lutte avec frappe qui rapporte plus, qu’ils suivent à la télévision et qui les tente de plus en plus ». C’est ainsi qu’il a mis en place cette structure qui compte une soixantaine de pensionnaires qu’il encadre et à qui il essaie d’inculquer les techniques de base. Une initiative à travers laquelle, le fondateur veut voir éclore les talents déjà outillés sur les plans physiques et techniques et qui ne cherchent qu’à être encadrés. Il veut y pratiquer toutes les formes de lutte allant de la lutte traditionnelle à la lutte olympique en passant par la lutte avec frappe. Mais pour cette dernière, il reste confronté au manque de ressources pour encadrer les jeunes. « Il nous manque des spécialistes en boxe », soutient Jean Diatta qui préfère tout de même que les jeunes intègrent plutôt la lutte olympique que celle avec frappe pour avoir les rudiments nécessaires à l’intégration de l’arène.
 

Son expérience en équipe nationale de lutte olympique aux côtés notamment des Yahya Diop « Yékini » et autres Matar Sène « Rock Mbalakh » est mise au service des jeunes de la localité. Après avoir pratiqué la lutte dans son terroir, il a intégré l’équipe nationale « avec laquelle j’ai disputé des championnats d’Afrique et des Championnats du monde en Iran (2001) et aux Etats-Unis en 2003 ». Un dernier rendez-vous complètement raté suite à une mauvaise préparation. « En trois semaines, je suis passé de 84 à 76 kg après avoir suivi un régime. La période était trop courte pour me permettre de tenir face à mes adversaires», a-t-il révélé. En sport on ne triche pas. « La préparation est primordiale pour obtenir des résultats dans le sport en général et dans la lutte en particulier », tient-il à souligner. « Les techniques sont les mêmes et sont enseignées partout, de la même manière. Il n’y a que la préparation qui fait la différence », poursuit-il. Commentant les récentes performances des lutteurs sénégalais aux Jeux olympiques, il soutient que « compte tenu de la préparation tronquée qu’ils ont eue », il ne s’attendait pas à ce que nos athlètes fassent grand-chose à Rio.  « Malgré leur volonté, la préparation physique et mentale est primordiale », souligne celui qui dit ne pas accorder beaucoup d’importance aux pratiques mystiques dont se prévalent les lutteurs. A 41 ans, ce père de 7 enfants s’est fait le défi de redynamiser une discipline qui fait partie du patrimoine culturel et qui est en perte de vitesse.  

Une salle de lutte à 45 millions de FCfa
Dans la grande salle qu’Echocolat a construite à Cabrousse, les lutteurs bénéficient d’un traitement spécial pour s’adonner à leur activité favorite. En lieu et place des traditionnels cours d’école où s’entrainent les ténors de la lutte avec frappe à Dakar ou les plages de la Petite-Côte qui accueillent leurs mises en jambe, les jeunes protégés du moniteur de sports qu’il est devenu s’entrainent dans une salle spécialement aménagée pour eux. Un gros investissement qui fait la fierté du maitre des lieux qui indique fièrement avoir beaucoup dépensé pour la mettre en place. Un projet évolutif avec d’autres agrandissements prévus dont il n’attend pas un retour d’ascenseur puisqu’œuvrant pour le bien-être des jeunes. D’un coût global de « 45 millions de francs sans appui de l’Etat en dépit des sollicitations et des différentes promesses de soutien », le complexe date de cinq ans. Il a donc été « réalisé sur fonds propres » tient à préciser « Echocolat » et est bâti sur un vaste périmètre de 2 hectares. Outre la vaste salle d’entrainement de 12 mètres de long sur 11 de large, le complexe est aussi doté de 8 chambres dont 4 avec salle de bain et … téléviseur. Une salle pour faire office de bureau et une autre de secrétariat, et une cuisine sont aussi prévues dans ce complexe qui pourrait servir de lieu de regroupement pour les sélections nationales de lutte. Le tout dans un domaine agricole de « 40 mètres sur 22 ».  Des promesses, Jean Echocolat dit en avoir aussi reçues de la part de l’ancien ministre des Sports, Faustin Diatta, fils du département (Mlomp Djicomol) et qui a entre-temps, été emporté par la perte du pouvoir en 2012 du PDS d’Abdoulaye Wade. « Nous avons créé cette école sur la base du bénévolat. Je veux donner une bonne carrière aux jeunes. J’attends juste qu’ils puissent vivre de leur passion », soutient Jean Diatta « Echocolat » qui renseigne cependant que le Comité national de Gestion (Cg) de lutte lui a offert un tapis même si ce dernier ne répond pas aux normes. Il tente tant bien que mal de faire avec les moyens du bord pour relancer la lutte dans la zone. En atteste la pile de tapis entassés sur toute la surface de la salle et prêts à accueillir les séances d’entrainements. « Nous sommes en train de collectionner les tapis et espérons avoir une dotation complète ». Pour l’heure, ses élèves qui sont actuellement occupés par les travaux champêtres ne s’adonnent qu’à la lutte traditionnelle. Et ‘‘Echocolat’’ préfère qu’ils intègrent plutôt la lutte olympique que celle avec frappe même s’il reconnait que les jeunes « ont tendance à se tourner vers la lutte avec frappe qui rapporte plus ».

Adama Diatta y a effectué ses débuts
Dans un contexte marqué par une ruée vers la lutte avec frappe qui permet de braquer les projecteurs sur tel acteur ou telle écurie, les pratiquants installés au sud du pays ont tout le mal du monde à se faire connaitre. Mais les produits finis qui arrivent à sortir de l’ombre après y avoir bourlingué valident, à bien des égards, le bon travail effectué sur place. Et l’Equipe de lutte Aline Sitoé Diatta peut se targuer d’avoir révélé l’un des deux lutteurs sénégalais avec Isabelle Sambou présents aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en aout dernier. « Adama Diatta a été le premier pensionnaire de l’écurie. Il était avec nous au début de l’aventure, il y a cinq ans », renseigne fièrement Jean Diatta. Il  peut ainsi se vanter d’avoir un ‘‘héritier’’ dans la lutte olympique. Depuis son départ de la localité, il garde des relations particulières avec son maitre qu’il consulte régulièrement. « Adama vient de temps en temps ici nous rendre visite quand il est de passage à Cabrousse », renseigne-t-il. Ajoutant qu’il le sollicite beaucoup pour des conseils. Un exemple à suivre selon lui, pour les actuels pensionnaires de son écurie qui aspirent à faire carrière dans la discipline. D’autant plus que la zone est propice à la pratique du sport.

ECHOCOLAT JUNIOR, 19 ANS : « L’héritier » espère devenir un jour … roi des arènes
Il a l’allure des mastodontes qui drainent les foules et suscitent des passions les grands soirs de combats au stade Demba Diop. Sa taille imposante le distingue des autres camarades avec lesquels il se pavane dans son village de Cabrousse, une canne à la main sous le chaud soleil. Sur la route principale qui part du Cap-Skiring et qui mène le voyageur à Cabrousse, il ne passe pas inaperçu et se plait à répondre aux sollicitations et interpellations des passants. Il faut dire que dans la contrée, tout le monde se connait et les populations savent reconnaitre leurs représentants. Et le jeune colosse de 19 ans qui arbore fièrement une tenue traditionnelle diola ne passe pas inaperçu. Du haut de son 1,80 et ses 105kg, ‘‘Echocolat Junior’’, Raphaël Diatta à l’état-civil, est un des habitants qui forcent l’admiration du fait de ses faits d’arme dans la contrée. Star de la lutte traditionnelle locale, le jeune athlète est le porte-flambeau de l’école de lutte fondée il y a cinq années par son mentor et homonyme. Les différentes récompenses mises en jeu dans diverses compétitions organisées dans la contrée ornent désormais sa salle des trophées.  Et pourtant, le chemin de la consécration a été long pour Raphaël. Parti à Grand-Yoff à Dakar à l’âge de 4 ans, il n’est revenu qu’en 2009 pour rester définitivement au bercail. « C’est après que j’ai rejoint l’Ecurie à une époque où je ne pouvais même pas terrasser un coq », témoigne-t-il. Les conseils avisés de son mentor ainsi que sa persévérance lui ont ainsi permis de gravir rapidement des échelons. « J’ai remporté mon premier tournoi au Cap-Skiring puis un autre à Oussouye. J’ai ensuite enchainé à Ziguinchor pour ma première sortie hors de l’arrondissement. Un tournoi que j’ai remporté après cinq combats victorieux », raconte ‘‘Echocolat’’ junior qui montre fièrement un des diplômes reçus après son succès à ce dernier rendez-vous.

  Ses envies de franchir un palier supérieur le font travailler d’arrache-pied pour être de plus en plus fort. Ses différentes sorties victorieuses dans la contrée et au-delà comme à Ziguinchor ou encore en Gambie, lui donnent des idées. D’autant plus que sa plus grande victoire acquise, à Ziguinchor face au champion incontesté de la lutte traditionnelle dans cette localité, Augusto, a eu lieu devant Double Less et de ses fils (Balla Gaye 2 et Sa Thiès). De grands noms de la lutte avec frappe qui l’ont beaucoup conseillé, selon lui. Il estime que leurs parcours l’ont inspiré et la lutte avec frappe le tente. « J’ai dans un coin de ma tête, le titre de Roi des arènes. Je me prépare en conséquence », dit celui qui, pour l’heure, se perfectionne dans la lutte simple. En attendant le moment propice pour se lancer dans la lutte avec frappe, il poursuit la razzia dans le territoire casamançais et même au pays de Yaya Jammeh où ses exploits ont amené les responsables locaux à lui proposer la nationalité gambienne. Une invite qu’il a déclinée « avec les conseils de mon encadreur que je considère comme mon père ». Un maitre attentif aux moindres gestes de son protégé qu’il couve avec beaucoup d’égard et qu’il aimerait voir faire une carrière dans la lutte.

De nos envoyés spéciaux Ansoumana Sambou et Ousseynou Pouye (Textes) et Abdoulaye Mbodj (Photos)

Battu par Lac de Guiers 2 la 24 juillet dernier au stade Demba Diop, Yakhya Diop Yékini a ainsi enregistré sa deuxième défaite de rang en 18 ans années de présence dans l’arène. En effet, détrôné par le fils de Double Less le 22 avril 2012, le chef de file de l’écurie Ndakaru voulait assurer son come-back face à un jeune redoutable, histoire de reprendre sa place dans la course vers le sommet. Seulement, à la surprise générale, il avait lutté à contre-courant et déçu ses nombreux supporters. Alors que sa retraite semble imminente, l’étau se resserre de plus en plus autour de lui. Mais Yakhya Diop Yékini ne veut pas se prononcer sur ce sujet sensible sans avoir au préalable consulté ses proches. Alors, va-t-il remiser son « Ngimb » ou tentera-t-il de  décrocher un ultime combat ? C’est l’une des grosses incertitudes de la saison à venir.

Avec 19 victoires contre deux défaites et un nul, le palmarès du « roi déchu » Yékini force le respect. Une véritable prouesse pour celui qui est pourtant entré dans la lutte par effraction et a régné sans partage pendant 15 longues années sur le trône. Seulement depuis son revers contre Balla Gaye 2 le 22 avril 2012, le chef de file de l’écurie Ndakaru semble avoir perdu ses repères dans l’arène. En effet, après voir passé deux années blanches, il avait voulu assurer son retour à travers un combat-choc parmi les jeunes adversaires les plus redoutés. Sentant que son heure de gloire a sonné Lac de Guiers 2 s’était porté volontaire et avait décidé de relever le défi. Un duel de feu lors de la précédente saison, couronné par une belle victoire du chef de file de l’écurie Walo. Un deuxième revers de rang qui a surpris les amateurs de lutte et déçu les nombreux supporters de Yekini. Pour quelqu’un qui a aligné 19 combats sans défaite, le protégé de Katy Diop avait déjà difficilement vécu sa première défaite contre Balla Gaye 2. « Ce n’est pas agréable de perdre surtout pour quelqu’un qui n’a jamais connu le moindre revers. On finit par perdre la notion de la défaite quand on enchaîne les  victoires à ce point. Passée la déception, il faut se rendre à l’évidence, admettre que la défaite fait partie de la vie de tous grands champions. C’est très dur, mais on finit par l’accepter », a-t-il révélé tout récemment à Rfi.
  Pour son deuxième revers contre cette fois ci le cousin de Balla Gaye 2, Lac de Guiers, Yékini a été tout aussi philosophe. « J’ai battu mes ainés, j’ai battu des lutteurs de ma génération, et j’avais dit qu’il ne me restait que mes « petits frères » à croiser dans l’arène. C’est un d’entre eux (Lac de Guiers 2) qui m’a battu, c’est normal. Cela devait arriver ». Cependant à 42 ans, l’avenir de l’ancien « roi des arènes » reste incertain même s’il refuse toujours de se prononcer. La retraite semble si proche et… si loin pour lui. « Après le combat contre Lac de Guiers 2, j’ai discuté avec mon staff et mes parents. D’ici quelques semaines, je pourrais dire ce qui reste de mon avenir. La lutte, ce n’est pas seulement descendre dans l’arène. On peut rester dans ce milieu en ayant un autre rôle ». Pour certains de ses supporters par ailleurs, il est temps pour lui de prendre sa retraite avant de ternir son palmarès et de sortir par la petite porte.

Redorer son blason à tout prix
  S’il veut encore disputer des combats de lutte, Yakha Diop Yékini devra cependant se résoudre à « accorder la chance » aux jeunes lutteurs. Ce qu’il avait fait en acceptant de croiser le fer avec Balla Gaye 2 et Lac de Guiers 2. Acceptera-t-il de servir d’escalier aux autres lutteurs en l’occurrence Gris Bordeaux de Fass, Tapha Tine de Baol Mbollo, Abdou Diouf de Walo, ou même Elton de l’école de lutte Balla Gaye ? En tout cas, le coéquipier de Lac de Guiers 2, Abdou Diouf (il a passé deux années blanches) piaffe d’impatience d’en découdre avec Yékini. Il avait fait une fixation sur lui les saisons dernières sans succès. Le chef de file de Ndakaru peut également donner une chance à Tapha Tine. Une belle opportunité pour lui de se racheter, d’autant plus que le lutteur du Baol a passé une mauvaise saison. A coup sûr ce dernier ne va pas cracher sur un éventuel duel contre Yékini, à l’inverse de Balla Gaye 2 et Eumeu Sène. En fait, Tapha Tine a besoin de reprendre sa place dans le cercle des Vip après son échec lors du tournoi de la TNT.
   D’autres lutteurs comme Elton et, dans une moindre mesure, Rocky Balboa sont également à l’affut. Seulement, la question qui intrique les nombreux amateurs de la lutte est de savoir si Yakhya Diop Yékini saura rebondir face à ses « petits frères », après avoir lamentablement échoué devant Balla Gaye 2 et Lac de Guiers 2. Décrocher un dernier combat-choc sera certainement une occasion pour lui de prendre « sa revanche » sur ceux qui doutent encore de ses capacités, notamment devant les jeunes lutteurs. Reste à savoir s’il a réellement les moyens de remporter sa prochaine sortie, après une année blanche ponctuée par des ennuis de santé (il avait un nerf coincé et a dû suivre un long traitement médical pour recouvrer sa santé), suite à son revers face à Balla Gaye 2. Aussi, à 42 ans, l’âge n’est-il plus un allié sûr pour Yékini qui a 20 ans de carrière dans la lutte. Cette dernière étape de sa carrière sonne ainsi comme l’heure de vérité et devrait édifier ses supporters une bonne fois pour toutes, sur ses capacités physiques à poursuivre oui ou non sa carrière.

Absa NDONG

Décidément le jeune promoteur Assane Ndiaye de Baol Production a le vent en poupe. En effet, après avoir remporté le jackpot en décrochant le combat royal Bombardier-Eumeu Sène, il vient de ficeler l’autre choc tant réclamé par les amateurs de lutte : Ama Baldé-Papa Sow.

La signature de contrat a eu hier dans un hôtel de la place en présence des managers respectifs des deux lutteurs. Longtemps menées par les promoteurs de lutte, plus particulièrement Aziz Ndiaye, les négociations n’avaient pas pu aboutir la défunte saison. Finalement le patron de Baol Production a saisi cette occasion pour relancer les démarches et décrocher le choc.

Il faut rappeler que les deux n’ont cessé de se défier mutuellement ces temps-ci. Ce duel fera à coup sûr faire partie des meilleurs de la saison 2016-2017, vu que Papa Sow et Ama Baldé s’affronteront pour la première fois. En plus, ils ont également la même morphologie et sont réputés très techniques. Même s’il revient d’un revers contre Lac de Guiers 2, le Puma de Fass est très respecté par les lutteurs de sa génération.

Il a un bon palmarès et est entré dans la classe des ténors depuis sa victoire devant Baye Mandione. Le fils de Falaye Baldé a, quant à lui, confirmé son statut de leader la défunte saison en remportant à la surprise générale le tournoi de la TNT devant des lutteurs redoutables tels que Tapha Tine, Gouye Gui et Zoss.

A. NDONG

Dans sa tendre jeunesse elle défiait les garçons de son âge. Elle ne se laissait pas dompter dans les combats en lutte traditionnelle lors des cérémonies culturelles. C’est du sang de lutteur qui coule dans ses veines, puisque, d’après son frère ainé, Isabelle Sambou a hérité de ses parents son talent de lutteuse.

« Honnêtement, j’étais surpris quand j’ai appris qu’elle a été choisie comme porte-drapeau du Sénégal par le président de la République, Macky Sall, pour les Jeux olympiques de Rio. Mais j’avais confiance en elle puisque quand elle était plus jeune, elle défiait même les garçons de son âge. Elle était difficile à dompter». Ce morceau choisi du témoignage de Nazaire Sambou, frère ainé d’Isabelle Sambou, en dit long sur la personnalité de celle qui a ouvert le défilé de la délégation olympique sénégalaise aux derniers Jo Rio 2016, au Brésil (du 5 au 21 aout). Nazaire se rappelle bien des exploits de sa sœur cadette lors de sa jeunesse.

« Quand elle était plus jeune, il y a ce qu’on appelle dans notre milieu hougoone. C'est-à-dire, la fondation de maison avant le début des travaux de construction. Par solidarité, les villageois se retrouvaient pour apporter leur soutien au propriétaire de la future maison. Alors pendant les travaux, les garçons tentaient de terrasser les filles dans la boue. Cela fait partie de la tradition. Mais, Isabelle a toujours été difficile à manœuvrer lors de ces combats de lutte entre garçons et filles. Pour la battre, il faut utiliser d’autres arguments physiques. Personnellement, je suis son grand-frère, mais j’ai toujours éprouvé des difficultés pour la corriger quand elle était plus jeune ». Pour ne pas se faire ridiculiser, « les garçons se méfiaient d’elle. Les plus téméraires éprouvaient des difficultés pour s’en défaire s’ils n’étaient pas tout bonnement, humiliés » poursuit Nazaire Sambou, avec fierté.

Ce que l’intéressée confirme, du reste. « Je peux dire que je suis née lutteuse parce que mes parents sont d’anciens champions de lutte. Donc, c’est du sang de lutteurs qui coule dans les veines», dit-elle avec un large sourire. En effet, d’après son grand-frère, Isabelle Sambou a hérité ses qualités de combattante de ses parents. « Elle est née dans une famille de lutteurs. Notre père et notre maman étaient des grands champions de lutte dans leur jeunesse », confirme l’ainé trouvé dans son village natal, Mlomp Haer, à 9 kilomètres d’Oussouye, en Basse Casamance.

Toutefois, si Isabelle ne se laissait pas dompter par sa génération, tous sexes confondus, elle « voue un grand respect à (ses) ainés ». Son futur mari peut aussi se rassurer. La championne de lutte promet de ne pas le défier dans son foyer. « J’ai été inspirée par Evelyne Diatta, ancienne lutteuse de la contrée. Jules, un ami de mon grand-frère l’a convaincu de me laisser lutter. Et dans notre culture comme on ne défie pas les anciens, je me plie à leurs décisions. C’est ainsi que j’ai intégré la lutte ». En réalité, «si elle avait vécu la période de la lutte féminine (ékolomodje), elle aurait fait des ravages » regrette, avec fierté, son grand-frère qui se glorifie d’avoir été « un champion dans la localité ».

En fait, Nazaire confirme qu’ils ont « hérité la force et la technique de (leurs) parents ».  Une famille de lutteurs dont la seule Isabelle est sortie du terroir pour monnayer son talent avec le succès qu’on connait. Au point d’être désignée porte-drapeau du Sénégal aux JO de Rio en 2016. Une consécration pour la nonuple championne d’Afrique. Une étape dans la vie sportive de la lutteuse qu’apprécie particulièrement le grand-frère et au-delà, la contrée dont elle participe au rayonnement. Mais les voisins, tout comme le frère n’ont pas pu suivre ses prestations à Rio de Janeiro. Le défaut d’éclairage public et le décalage horaire sont passés par là. « A Rio, c’est elle-même qui m’a appelé pour m’annoncer son élimination », ajoute Nazaire pour confirmer leur proximité.

« Ses différentes prestations sont suivies avec beaucoup de pression et de tension dans la famille ». Et de citer un fait tragique qui a émaillé sa sortie à Londres lors des JO en 2012 lorsqu’elle a été éliminée en quart de finale. En effet, il révèle que l’élimination « a été fatale à son grand-frère malade qui est décédé à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Nous avions des relations très étroites. Nous sommes comme des jumeaux et c’est dans ce sens qu’elle s’ouvre toujours à moi pour me confier ses problèmes. Et je n’ai pas manqué de lui remonter le moral après son élimination à Rio. Elle était étreinte par l’émotion mais je l’ai remotivée ».

Isabelle Sambou et sa familleRévélée lors de la fête traditionnelle de Kamaghène, la lionne du Kaassa, a été perfectionnée par Lansana Coly qui était à la recherche de jeunes talents pour son écurie de lutte. Orpheline de père et de mère, Isabelle n’a pratiquement pas connu ses parents. « Notre papa est décédé en 1982, notre maman ne lui a pas longtemps survécu. Elle est décédée quelques temps après. Isabelle, encore petite, a donc été confiée à une de nos tantes pour son éducation » témoigne Nazaire. A 36 ans le 20 octobre prochain, Isabelle a marqué le Sénégal et l’Afrique par sa forte personnalité. Championne du Monde en lutte de plage en 2009 (-70 kg), elle est médaillée d’or africaine à neuf reprises.

« Honnêtement, j’étais surpris quand j’ai appris qu’elle a été choisie comme porte-drapeau du Sénégal par le président de la République, Macky Sall, pour les Jeux olympiques de Rio. Mais j’avais confiance en elle puisque quand elle était plus jeune, elle défiait même les garçons de son âge. Elle était difficile à dompter». Ce morceau choisi du témoignage de Nazaire Sambou, frère ainé d’Isabelle Sambou, en dit long sur la personnalité de celle qui a ouvert le défilé de la délégation olympique sénégalaise aux derniers Jo Rio 2016, au Brésil (du 5 au 21 aout). Nazaire se rappelle bien des exploits de sa sœur cadette lors de sa jeunesse. « Quand elle était plus jeune, il y a ce qu’on appelle dans notre milieu hougoone. C'est-à-dire, la fondation de maison avant le début des travaux de construction.

Par solidarité, les villageois se retrouvaient pour apporter leur soutien au propriétaire de la future maison. Alors pendant les travaux, les garçons tentaient de terrasser les filles dans la boue. Cela fait partie de la tradition. Mais, Isabelle a toujours été difficile à manœuvrer lors de ces combats de lutte entre garçons et filles. Pour la battre, il faut utiliser d’autres arguments physiques. Personnellement, je suis son grand-frère, mais j’ai toujours éprouvé des difficultés pour la corriger quand elle était plus jeune ». Pour ne pas se faire ridiculiser, « les garçons se méfiaient d’elle. Les plus téméraires éprouvaient des difficultés pour s’en défaire s’ils n’étaient pas tout bonnement, humiliés » poursuit Nazaire Sambou, avec fierté.

Ce que l’intéressée confirme, du reste. « Je peux dire que je suis née lutteuse parce que mes parents sont d’anciens champions de lutte. Donc, c’est du sang de lutteurs qui coule dans les veines», dit-elle avec un large sourire. En effet, d’après son grand-frère, Isabelle Sambou a hérité ses qualités de combattante de ses parents. « Elle est née dans une famille de lutteurs. Notre père et notre maman étaient des grands champions de lutte dans leur jeunesse », confirme l’ainé trouvé dans son village natal, Mlomp Haer, à 9 kilomètres d’Oussouye, en Basse Casamance.


Toutefois, si Isabelle ne se laissait pas dompter par sa génération, tous sexes confondus, elle « voue un grand respect à (ses) ainés ». Son futur mari peut aussi se rassurer. La championne de lutte promet de ne pas le défier dans son foyer. « J’ai été inspirée par Evelyne Diatta, ancienne lutteuse de la contrée. Jules, un ami de mon grand-frère l’a convaincu de me laisser lutter. Et dans notre culture comme on ne défie pas les anciens, je me plie à leurs décisions. C’est ainsi que j’ai intégré la lutte ». En réalité, «si elle avait vécu la période de la lutte féminine (ékolomodje), elle aurait fait des ravages » regrette, avec fierté, son grand-frère qui se glorifie d’avoir été « un champion dans la localité ».

En fait, Nazaire confirme qu’ils ont « hérité la force et la technique de (leurs) parents ».  Une famille de lutteurs dont la seule Isabelle est sortie du terroir pour monnayer son talent avec le succès qu’on connait. Au point d’être désignée porte-drapeau du Sénégal aux JO de Rio en 2016. Une consécration pour la nonuple championne d’Afrique. Une étape dans la vie sportive de la lutteuse qu’apprécie particulièrement le grand-frère et au-delà, la contrée dont elle participe au rayonnement. Mais les voisins, tout comme le frère n’ont pas pu suivre ses prestations à Rio de Janeiro. Le défaut d’éclairage public et le décalage horaire sont passés par là.

« A Rio, c’est elle-même qui m’a appelé pour m’annoncer son élimination », ajoute Nazaire pour confirmer leur proximité. « Ses différentes prestations sont suivies avec beaucoup de pression et de tension dans la famille ». Et de citer un fait tragique qui a émaillé sa sortie à Londres lors des JO en 2012 lorsqu’elle a été éliminée en quart de finale. En effet, il révèle que l’élimination « a été fatale à son grand-frère malade qui est décédé à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Nous avions des relations très étroites. Nous sommes comme des jumeaux et c’est dans ce sens qu’elle s’ouvre toujours à moi pour me confier ses problèmes. Et je n’ai pas manqué de lui remonter le moral après son élimination à Rio. Elle était étreinte par l’émotion mais je l’ai remotivée ».

Révélée lors de la fête traditionnelle de Kamaghène, la lionne du Kaassa, a été perfectionnée par Lansana Coly qui était à la recherche de jeunes talents pour son écurie de lutte. Orpheline de père et de mère, Isabelle n’a pratiquement pas connu ses parents. « Notre papa est décédé en 1982, notre maman ne lui a pas longtemps survécu. Elle est décédée quelques temps après. Isabelle, encore petite, a donc été confiée à une de nos tantes pour son éducation » témoigne Nazaire. A 36 ans le 20 octobre prochain, Isabelle a marqué le Sénégal et l’Afrique par sa forte personnalité. Championne du Monde en lutte de plage en 2009 (-70 kg), elle est médaillée d’or africaine à neuf reprises.

 

Dans sa jeunesse Frédéric « Eghanta » Sambou a régné sans partage dans le Kaassa. Notamment lors de la traditionnelle fête de Kamaghène, « célébrée à la fin de la récolte du riz pour remercier le Bon Dieu d’avoir arrosé le sol de pluie ». S’il était de l’actuelle génération il aurait certainement empoché une fortune dans l’arène. Mais, Frédéric Sambou ne regrette rien, puisqu’il déteste la lutte avec frappe. « J’ai horreur des coups de poing dans la lutte avec frappe. Je déteste la violence dans le sport à plus forte raison dans la lutte en milieu Diola qui fait partie de notre culture. La lutte simple est plus technique et plus riche ».

Mais, s’il déteste la lutte avec frappe à cause de la violence, il nourrit, cependant, quelques regrets. « C’est notre culture, notre tradition qui nous a privé des millions de l’arène. Car, ici, on ne lutte plus après le mariage. Et c’est le « Kamaghène » qui clôt définitivement la carrière de lutteur dans notre milieu. Cette fête sacrée est une sorte de jubilé chez nous, pour les nouveaux mariés.

C’est après avoir vécu cette fête que les jeunes mariés partent en campagne hors du terroir » se rappelle Frédéric qui a particulièrement noté un « manque d’engouement » pour la fête du « Kamaghène », depuis quelques temps, comparé à leur époque. L’ancien champion de lutte de la zone consent que « les temps ont changé », il espère que Jean Diatta « Echocolat » de Cabrousse qui a construit et équipé à ses frais un centre ultramoderne de lutte réussira son défi de relancer la discipline en Basse Casamance. La lutte étant considérée comme un sport réservé à la jeunesse en milieu Diola, dans le département d’Oussouye.

Et selon les différentes localités du département d’Oussouye, les cérémonies de lutte traditionnelle varient. Ainsi, dans la commune de Mlomp, c’est le « Kamaghène » qui est organisée à la fin de la récolte du riz, à Oussouye c’est le « Humabeul », la fête du roi, et à Cabrousse c’est le « Hulang ». Des fêtes « sacrées » qui se tiennent pendant trois jours et à des périodes différentes. Alors que le « Kamaghène » et le « Hulang » sont organisés pendant la saison sèche, le « Humeubeul » se tient au mois de septembre. La particularité par rapport aux autres cérémonies, c’est que la tenue du « Humeubeul » dépend de la présence physique du roi.

S’il y a vacance de pouvoir dans la royauté, la manifestation est suspendue le temps que le successeur soit intronisé. Frédéric Sambou garde un souvenir de cette fête sacrée, puisque c’est lors d’une édition du Humeubeul qu’il s’est révélé au grand public. « C’est le prédécesseur du roi Sibilumbaye qui a fait de moi le champion que je suis devenu » raconte cet ancien « athlète aussi spécialiste du lancer de poids et de javelot ». A la retraite à 71 ans, il est aujourd’hui délégué de quartier de son quartier, Elinkine.

Elles ont marqué de leur empreinte cette lutte féminine propre au département d’Oussouye. Le « Ekolomodje » se pratique encore dans la commune d’Oussouye, près le « Humeubeul » fête du roi, les dames entrent en lice pour trois jours. Mais il est suspendu à Mlomp pour éviter des crises entre quartiers, au grand dam des anciennes pratiquantes.

C’est la gorge serrée qu’elle parle de la lutte féminine en milieu dans la communauté rurale d’Oussouye. Cette ancienne gloire de la lutte en milieu Kaassa, regrette en effet l’arrêt de ce sport version féminine. « Indomptable » à son temps, d’après des témoignages sur les lieux, Ida Senghor plus connue sous le pseudonyme de « Amoul » revient sur les causes de la suspension de ce sport dans la communauté rurale de Mlomp. « Contrairement aux hommes, nous les femmes nous ne sommes pas sportives. Chez les hommes, il y a plus de fairplay. Le vainqueur respecte l’adversaire, alors que chez les dames, c’est comme des règlements de compte. Certaines lutteuses, après avoir pris le dessus sur leurs adversaires, l’assènent de coups, pour lui prouver qu’elles sont plus fortes qu’elles. Et cela crée des tensions entre quartiers. Alors, partant de là, les autorités du village ont pris la décision de mettre fin à la lutte féminine afin d’éviter le pire », explique Ida Senghor. Le pire s’est même produit lors de la fête sacrée, le Kamaghène, qui était endeuillée après une altercation entre lutteuses de Haer et de Djicomol », deux quartiers voisins.

C’est ce qui a précipité l’arrêt des séances pour les dames pour éviter ce genre de crises graves entre quartiers.  Cela remonte à « plus de quinze ans » se rappelle – t-elle. « J’étais une championne de lutte avec beaucoup de talent » se glorifie, Ida Senghor. Prenant à témoin son mari, elle ajoute qu’elle domptait ses adversaires « sans difficulté. Elles ne pouvaient pas me résister ». Et c’est naturellement, avec nostalgie qu’elle revient sur de leur époque. « La lutte féminine était très passionnante. Nous sommes nostalgiques de cette époque. Il nous arrive d’organiser des séances d’exhibition à travers des pièces de théâtre pour mieux expliquer aux jeunes filles », selon elle. Madeleine Diédhiou est de la même génération qu’Ida Amoul Senghor, la dernière à avoir lutté le « Ekolomodje ».

A l’image de sa camarade, elle regrette la suspension de ce genre de lutte assez spéciale. Notamment l’accoutrement des lutteuses qu’elle garde encore en souvenir dans un coin dans sa mémoire. « C’était vraiment beau à voir. Les guêtres en feuilles de rônier, les pagnes » entre autres accessoires. « Les séances de lutte entre filles étaient souvent émaillées d’incidents qui ont contraint les anciens à les suspendre. Au début, le fair-play prévalait. Vainqueurs comme vaincues se congratulaient à la fin du combat, mais au fil du temps, des gestes déplacés ont été notés avec des adversaires qui voulaient toujours humilier leurs victimes à travers des coups défendus comme pour leur signifier qu’elles étaient plus fortes qu’elles. Avec comme conséquence, des affrontements parfois tragiques comme lorsqu’une des lutteuses a piqué une crise suivie d’un décès. Un événement tragique qui a précipité la décision d’arrêter définitivement ces séances de lutte féminines. De son amie Ida Senghor, Madeleine Diédhiou témoigne qu’elle était « petite de taille, mais difficile à manœuvrer. C’était une vraie championne indomptable» reconnait Mado. En dames, les sessions se tenaient sur trois jours alors que la durée était illimitée pour les garçons. « C’était des moments de fête avec des démonstrations », ajoute celle qui dit hériter sa morphologie de sa maman et sa force de son père.

Les deux anciennes, témoins de la vitalité de la lutte regrettent fortement cette belle époque qu’elles aimeraient revivre avec les nouvelles générations. Elles sont particulièrement nostalgiques des séances de « bakk » avec les accoutrements riches en couleurs et des pas de danse dont elles seules ont le secret. Au grand regret de Madeleine Diédhiou et Ida Senghor qui font partie de la dernière génération de lutteuses à s’y produire. L’arène de Mlomp qui servait de cadre d’expression de ces combattantes est toujours visible au centre du village. Sur une vaste étendue, l’aire sablonneuse a désormais laissé la place à une végétation touffue d’herbes sauvages et d’arbustes qui ont pris possession des lieux. La Case des Tout petits du village a occupé le reste de cet endroit appelé « Hukolomodj ».

 

En Basse Casamance, la lutte féminine communément appelée ‘‘Ekolomodj’’ a cessé d’être pratiquée depuis quelques années maintenant. Ce qui était l’occasion de grands moments en marge de la fête de Kamaghène a laissé des souvenirs vivaces dans l’esprit de ceux qui l’ont vécu. En particulier les dames qui sont désormais réduites à de simples spectatrices d’événements dont elles étaient parties prenantes quelques années auparavant.

Les vestiges de la pratique multiséculaire de l’« Ekolomodj » ou lutte féminine sont toujours visibles à Mlomp, dans le département d’Oussouye en Basse Casamance où ces séances ont rythmé la vie de centaines, voire de milliers de jeunes filles devenues grandes dames au fil des années. Si dans la commune, chef-lieu de département, les séances ont lieu juste après la fête du roi dénommée ‘‘Houmabeul’’, les autres localités environnantes organisaient les leurs en fin d’hivernage.

Mais depuis une quinzaine d’années ces manifestations uniques en Basse Casamance sont suspendues dans la commune de Mlomp. Ce qui laisse un goût amer aux adeptes de ces séances de lutte féminine. Car au-delà des récits des anciennes pratiquantes qui font état de la ferveur qui s’emparait de la localité, elles racontent avec beaucoup de nostalgie, ces séances qui opposaient les filles de différents quartiers de la localité. Selon Ida Senghor, une ancienne pratiquante, « nous sommes nostalgiques de cette époque et pour revivre ces moments, il nous arrive d’organiser des séances d’exhibition à travers des pièces de théâtre pour mieux expliquer aux jeunes filles ce patrimoine culturel » qui relève aujourd’hui de l’histoire de la Basse Casamance.

Une tradition qui a engendré des championnes d’Afrique
Elles s’accordent à dire que les anciens qui ont décidé de l’arrêt de cette pratique ont été poussés à bout. Les deux anciennes, témoins de la vitalité de la lutte regrettent fortement cette belle époque qu’elles aimeraient revivre. Elles sont nostalgiques des séances de ‘‘bakk’’ avec les pas de danse exécutés à cette occasion.

La pratique de la lutte a forgé le caractère et la détermination chez les filles de la localité qui ont composé l’essentiel de l’équipe nationale olympique du Sénégal. Et qui ont participé à différentes campagnes internationales. Ainsi aux championnats d’Afrique de 1997 organisés au Maroc, le Sénégal représenté pour la première fois avait amené trois filles du département d’Oussouye à savoir Marie Nicole Diédhiou, médaillée de bronze dans la catégorie des 75kg, Evrine Assine qui avait alors remporté l’argent dans la catégorie des 51kg et Adéline Diamacoune, médaillée d’or chez les 56kg. Une tradition perpétuée aux joutes suivantes avec toujours des médailles glanées par les représentantes du terroir pour le compte du Sénégal. L’actuel porte-drapeau de la lutte olympique nationale chez les dames est d’ailleurs de la localité.

Isabelle Sambou qui a fait office de capitaine d’équipe et de porte-drapeau de la délégation sénégalaise aux JO de Rio s’inscrit dans la lignée de ses ainées depuis ses débuts en équipe nationale en 2001 lors des championnats d’Afrique au Maroc. Elle faisait partie des cinq participantes nationales et avait remporté l’argent dans la catégorie des 56kg. Depuis, que de chemin parcouru par celle qui a fini de faire le vide autour d’elle sur le Continent et échouant de peu à glaner une médaille aux Olympiades de Londres. Rebelote à Rio, il y a quelques semaines même si le chemin a été plus difficile dans la cité brésilienne que dans la capitale britannique.

Une consécration pour Isabelle qui n’a pourtant pas vécu les séances d’Ekolomodj dans son village. La faute à un arrêt de cette pratique consécutive à une interdiction décidée par les anciens. Une mesure qu’elle déplore, à l’image de toute la communauté puisque ces manifestation étaient des moments de socialisation non négligeables. D’après les témoignages de ceux qui les ont vécues, « ces séances de lutte féminine favorisaient le regroupement des villages et leur permettaient de se connaître, d’échanger des idées et de renouer des liens solides d’amitié, solidarité et de fraternité entre ces villages ».

Mais la génération des Isabelle et compagnie a trouvé la parade prétextant de quelques occasions de se retrouver entre filles et garçons pour des combats. « Nous sommes arrivées après la fin des séances ‘‘Ekolomodj’’. Mais nous avons créé notre propre ‘‘Ekolomodj’’ pour nous occuper », a-t-elle dit. Elle ajoute que pendant ces moments-là, « c’est dans l’adversité avec les garçons que je me sens plus à l’aise. C’était à l’occasion des séances que l’on organisait des cérémonies traditionnelles ».

De nos envoyés spéciaux Ansoumana Sambou et Ousseynou Pouye (Textes)
et Abdoulaye Mbodj (Photos).

 

Les amateurs de lutte avaient craint pour l’avenir de la lutte, avec le retrait des gros sponsors (sociétés de téléphonie mobile, notamment). Mais, même si la saison passée a été pauvre en « chocs de ténors », il ne s’est pratiquement passé aucun week-end où il n’y a pas eu de galas ou de combat. La preuve que la lutte peut s’adapter voire se réinventer. En plus, les « seconds couteaux » qui n’avaient pas trop voix au chapitre, ont pu lutter assez régulièrement. La tendance va-t-elle se poursuivre ? Le retrait des gros sponsors serait-il une chance pour la lutte ? Nous avons enquêté.

Ce n’était pas si choc que cela, lors de la défunte saison de lutte ! Mis à part les face-à-face Yakhya Diop Yékini – Lac de Guiers 2 et Modou Lô – Gris Bordeaux, aucune autre grande affiche n’avait été ficelée. Les inconditionnels ont donc été sevrés de ces chocs de titans qui les poussaient en masse sur les travées des différentes… arènes de Dakar et d’ailleurs. 

Tout le contraire des années précédentes où ils avaient véritablement l’embarras du choix. Cette fois, les promoteurs, naguère prompts à se lancer dans une course effrénée aux affiches alléchantes, à coups de centaines de millions de francs, se sont illustrés par une discrétion inhabituelle voire un silence autant assourdissant qu’inquiétant. Tout portait finalement à croire qu’ils avaient mis leurs menaces à exécution. Et pour cause, il y a deux ans, Gaston Mbengue et Cie avaient sonné l’alerte et demandé aux « gros bras » de revoir à la baisse leurs prétentions financières, du fait, argumentaient-ils alors, du retrait des principaux bailleurs de l’arène, que sont notamment les opérateurs de téléphonie mobile comme Orange et Tigo.

Mais cette exigence, la bande à Balla Gaye 2 n’avait pas voulu en entendre parler. Résultat, on a assisté à un jeu d’échec entre les « match-makers » et les ténors où aucune partie n’entendait faire des concessions. « Ce bras de fer » a cependant profité aux lutteurs de seconde zone, qui, la saison dernière, ont fait vibrer le stadium Iba Mar Diop. Il ne se passait pratiquement aucun week-end, où il n’y a pas eu de gala de « petits combats » de lutte, au grand bonheur des « petits supporters ». Les « petits » promoteurs, en l’occurrence Serigne Modou Niang, Assane Ndiaye de Baol Production, Moustapha Kandji, Bamba Faye, entre autres, ne se sont guère souciés du cas des autres habitués à traiter avec la classe Vip. Ils en ont profité pour rafler le maximum d’affiches et vivre pleinement leur passion et leur saison. En fait, le retrait des sponsors n’a en rien baissé leurs ardeurs, contrairement aux grands promoteurs tels que Gaston Mbengue, Aziz Ndiaye, Luc Nicolaï, entres autres. D’ailleurs, pour décrocher une grosse affiche la défunte saison, Aziz Ndiaye et Gaston Mbengue en étaient réduits à faire une coproduction pour le choc Yakhya Diop Yékini – Lac de Guiers 2. Certains ténors comme Modou Lô et Gris Bordeaux ont, de leur côté, revu à la baisse leur cachet pour pouvoir descendre dans l’arène. Les autres ont tous passé une année blanche lourde de conséquences pour eux, surtout sur le plan financier.

Une tendance appelée à continuer…
En effet, il n’est plus question pour les promoteurs de faire des « folies » dans l’arène. Avec ou sans sponsors, ils ont apparemment cette fois-ci décidé d’aller jusqu’au bout de leur logique baissière des cachets. La preuve, certains n’ont pas cédé face aux exigences des ténors la défunte saison et en ont zappé plus d’un. Bombardier, l’actuel « roi des arènes », ne dira pas le contraire, lui qui, en tant que « patron » de l’arène, a passé une année blanche. Une première dans l’histoire de la lutte avec frappe, mais cela n’a suscité aucun regret chez les promoteurs fidèles à leur ligne de conduite. Pour l’un d’eux, Aziz Ndiaye, la lutte a perdu tout ce qui faisait son charme. « Pour dire vrai, le business de la lutte ne marche plus comme avant.

Je le dis depuis deux ans et j’avais décidé de me retirer. Ce sport drainait la foule et beaucoup de sponsors mais tel n’est plus le cas maintenant », avait-il fait savoir la saison dernière. Le jeune promoteur qui a longtemps fait des « folies » dans l’arène pour décrocher des combats-chocs (Modou Lô 135 millions pour son combat contre Eumeu Séne 115 millions ou Balla Gaye plus de 140 millions face à Tapha Tine, voire Gris Bordeaux – Modou Lô qui lui a couté presque 200 millions de francs) est catégorique : seuls les lutteurs peuvent redresser la barre ; en quoi faisant ? Accepter de réduire leurs cachets pour que la lutte redémarre sur de nouvelles bases.

« Les gros cachets et toutes les folies qui allaient avec ne peuvent plus continuer. Les lutteurs ne veulent pas comprendre la situation actuelle. Mais, s’ils se référent au nombre de leurs pairs qui ont fait une année blanche, ils comprendront que la situation est critique. Il n’y a plus de Vip d’ailleurs dans l’arène. Ils ont tous eu deux défaites ou plus ». Autrement dit, aux yeux d’Aziz Ndiaye, tous les lutteurs se valent maintenant ! Et, dit-il, le cachet raisonnable, celui qu’il peut payer sans rechigner, c’est 50 millions.
L’ancien « roi des arènes » Yakhya Diop Yékini, quant à lui, exhorte les jeunes lutteurs à s’investir et être plus sérieux parce que la lutte est en train de perdre du terrain.

« Quand certains sponsors n’acceptent plus de venir dans la lutte, c’est qu’il y a un problème. La violence, les mauvais comportements ne sous aident pas. Un lutteur doit montrer l’exemple, c’est à ce prix que les partenaires et sponsors reviendront dans la lutte », a-t-il récemment déclaré chez un confrère. Un message qui, certainement, concerne plus ses pairs de la classe Vip que les lutteurs dits de seconde zone qui n’ont eu aucune difficulté à décrocher des combats la défunte saison.

… au grand bonheur des « petits » promoteurs et lutteurs
Ils ont en effet pu lutter assez régulièrement et montrer qu’ils ont leur place dans l’arène. De belles affiches ont fait le bonheur des amateurs lors de la saison dernière. Entre autres Gris 2 – Ablaye Ndiaye, Reug Reug – Brise de Mer, Garga 2 – Valdo, Ma Paul – Kara Doolé, Mod Dia – Cheikh Nguirane, Nger – Feugeuleu, Marley – Khadim Sarr, Konia – Doumboul, Ziza – Libidor, Puissance –Métro, Saloum Saloum - Diockel. Ndongo Lô de l’écurie Sa Ndiambour a de son côté raflé la palme en livrant trois combats durant la saison.

Il a battu Petit Niang et Ndigueul avant de perdre contre Niakh Diarignou. Les jeunes promoteurs Bamba Faye de la structure MGC, Alioune Guèye de Lune productions, Kandji Production, Assane Ndiaye de Baol Production ont damé le pion aux autres de l’autre camp. Ils ont livré même à leur manière une course aux « affichettes ». Battu la saison dernière par Bébé Saloum, Gambien, sociétaire de l’écurie Boul Falé, trouve que cette nouvelle donne doit continuer pour le bien des lutteurs de la jeune génération. « J’ai accepté de lutter pour le promoteur Manga 2, pour un cachet pas si fameux que cela, mais je trouve que c’était mieux que rien. J’avais besoin de faire mon come-back même si j’ai finalement perdu le combat.

Mais le constat est que tous les promoteurs se sont rués vers nous la saison dernière, et cela doit continuer ». D’après lui en effet, les match-makers se sont rués vers les jeunes lutteurs parce qu’ils avaient des difficultés pour ficeler les grosses affiches. Or, il ne doit pas en être ainsi. « Nous avons compris leurs difficultés parce que les sponsors se sont retirés de l’arène, c’est maintenant à eux de nous comprendre. Il faut qu’ils aident les jeunes lutteurs. Ces derniers peuvent répondre à leurs attentes et remplir les stades». Certains promoteurs ne comptent pourtant pas retourner leur veste même si les ténors ont revu à la baisse leurs prétentions financières. Assane Ndiaye de Baol Production a déjà ficelé 7 combats de choc entre les jeunes les plus redoutés de l’arène. Serigne Modou Niang, lui, compte ouvrir sa saison au mois d’octobre avec le duel Valdo – Saloum Saloum. Et d’autres affiches de « seconds couteaux » devraient suivre.

Un vrai mal pour un bien peut-être que ce retrait des sponsors combiné à la « détermination » des gros bras à maintenir toujours haut la barre de leurs aspirations pécuniaires…

Dossier réalisé par Absa NDONG

« Vous savez, je n’ai pas la même vision des choses que les autres. De mon point de vue, certains sponsors accompagnent toujours la lutte. Je parle en connaissance de cause, car j’ai toujours les mêmes partenaires. Seulement il faut reconnaître que les principaux bailleurs de l’arène, les opérateurs de téléphonie mobile Orange et Tigo, se sont retirés et cela a un impact sur les grosses affiches ». Le point de vue est du promoteur de lutte Serigne Modou Niang qui s’illustre depuis plusieurs saisons par le nombre important de gala qu’il organise. La preuve que tout continue de baigner pour lui. « J’ai fait lutter 400 lutteurs et organisé 20 journées », avance-t-il. Ce qui, encore une fois, le place tout en haut du classement des promoteurs de lutte ayant organisé le plus de combats. Le patron de Mouniang Production s’est par ailleurs félicité que les jeunes lutteurs se soient bien exprimés lors de la précédente saison. L’explication, selon lui, c’est que « les promoteurs se sont rabattus sur eux, parce qu’ils ont compris qu’ils pouvaient s’en sortir, sans avoir à payer des cachets exorbitants ». Serigne Modou Niang se fait même le parfait avocat des lutteurs de la jeune génération qui, d’après lui, « sont capables de remplir les stades même les jours ouvrables ». C’est pourquoi, il est de ceux qui refusent de parler de « crise dans l’arène. « Il n’y a aucune crise », martèle-t-il tout en souhaitant toutefois que « les sponsors reviennent afin que les ténors s’épanouissent comme avant ». Car, pour lui, les « gros bras » sont « revenus à de meilleurs sentiments et ont accepté de revoir leur cachet à la baisse ». Pour la saison à venir, de grosses affiches sont en train d’être ficelées. Et celui qui se définissait comme « le promoteur de l’Alternance » compte ouvrir sa saison dès le début du mois d’octobre avec le choc Valdo – Saloum Saloum. « Je n’attends que le Cng, pour régulariser le combat », a-t-il clamé, fier de perpétuer son habitude d’ouvrir la saison tous les ans et de ficeler le plus de combats parmi tous les promoteurs de lutte.

S’il y a un promoteur qui a surpris son monde cette intersaison, c’est bien Assane Ndiaye de Baol production. Le jeune match-maker a, en effet, décroché le choc royal de la saison Bombardier – Eumeu Sène. Un combat longtemps démarché par les gros sponsors de l’arène. Sans succès. Classé dans la catégorie des promoteurs de seconde zone, le patron de Baol est, avec ce coup-ci, assurément entré dans la cour des grands. « La crise est loin derrière nous maintenant. J’ai trouvé des partenaires qui vont m’accompagner tout au long de la saison prochaine. S’il plait à Dieu, je compte faire les choses en grand », nous a affirmé le jeune frère d’Aziz Ndiaye, autre promoteur de combats de lutte. D’ailleurs, selon lui, « il n’y a pas de petit ou grand promoteur, il suffit juste d’avoir des sponsors pour s’en sortir et c’est ce que j’ai fait ».

Il est vrai qu’outre le choc Bombardier – Eumeu Sène qui a fait courir tous les « match-makers » et qui fait saliver tous les amateurs de lutte, Assane Ndiaye avait déjà fini de ficeler 7 combats alléchants.

Armée – Ambulance, Thiat – Feu Rouge, Tyson 2 – Garga 2, Papis Général – Quench, Laye Pythagore – Marley, Zarko – Modou Anta, Libidor – Pakala de Lansar et Gris 2 – Pakala sont tous programmés cette saison, au grand bonheur des amateurs de lutte. La preuve que, fidèle à son option de toujours, « je ne tournerai jamais le dos aux lutteurs de la jeune génération », a-t-il témoigné.

Et Assane Ndiaye ne compte pas s’en arrêter là. « Je vais faire vibrer le stadium Iba Mar Diop cette saison », a-t-il promis. Le jeune promoteur est, en effet, en train de démarcher le choc Ama Baldé – Papa Sow et les négociations avancent à pas de géant, toujours d’après lui. Et même si certains soutiennent qu’il n’est juste qu’un prête-nom pour le choc Bombardier – Eumeu Sène, Assane Ndiaye dit ne pas vouloir s’attarder sur des rumeurs infondées. « J’avais organisé 5 journées la défunte saison dont 4 à Dakar et une à Abidjan. C’est grâce à cela que j’ai pu trouver des partenaires pour viser haut cette saison.

Il n’y a pas de secret, j’ai actuellement décroché de bons sponsors et c’est ce que faisaient tous les autres promoteurs », coupe-t-il net.

Enfin le choc tant réclamé par les amateurs de lutte a été ficelé à la surprise générale par le promoteur Assane Ndiaye de Baol Production. Les deux ténors ont signé hier dans un hôtel de la place le contrat en présence de leurs managers et du promoteur lui-même. Il faut noter que ce combat a été démarché la défunte saison sans succès. Le chef de file de Tay Shinger et Le B 52 de Mbour avaient finalement passé une année blanche tellement ils voulaient de cette affiche. Tout récemment d’ailleurs l’actuel « roi des arènes » avait dit à qui veut l’entendre que son potentiel adversaire cette saison n’est personne d’autre qu’Eumeu Séne.

« Balla Gaye 2, Modou Lô et Eumeu Séne sont les trois lutteurs les plus coriaces de l’arène. J’ai réussi à battre les deux, et il me reste le dernier pour terminer. Je ne le défie pas, mais je le veux pour compléter ma liste », avait clamé le Mbourois. Il était en fait sûr que son combat contre l’ancien lieutenant de Mouhamed Ndao Tyson s’imposait cette saison. « Ce combat est une demande sociale. Il me faut affronter Eumeu Séne pour passer à autre chose ». Du côté de Tay Shinger également, c’était le même son de cloche. « C’est le combat que tous les amateurs réclament. Bombardier a quelque chose (le titre de « roi des arènes ») qui m’intéresse, et s’il plait à Dieu, je vais l’avoir ».
Des propos qui prouvent à souhait que les deux adversaires veulent vraiment en découdre. Et d’après les observateurs ce combat prévu pour la saison à venir fera partie des meilleurs, vu le parcours de Bombardier et Eumeu Séne, de même que leur réputation de lutteurs très coriaces.

Absa NDONG

Tapha Tine veut revenir en force dans l’arène la saison prochaine. Même s’il valse entre le cercle des VIP et l’antichambre des ténors, le géant du Baol peut se targuer d’être parmi les rares lutteurs de sa génération à avoir battu l’actuel « roi des arènes », Bombardier. D’ailleurs ce dernier fait forcement partie de ses potentiels adversaires. Balla Gaye 2 son tombeur et Gris Bordeaux sont aussi dans le viseur du Baol-Baol.

Tapha Tine a joué avec le feu la défunte saison… et s’est brulé les ailes ! En effet, il avait accepté de participer à un « tournoi des quatre » en compagnie de Zoss, Ama Baldé et Gouye Gui, histoire de redorer son blason après son revers contre Balla Gaye 2 et de reprendre sa place dans la cour des grands. Il voulait également solder définitivement ses comptes avec ses jeunes adversaires qui ne cessaient de le défier publiquement. Sous la menace d’une année blanche et désireux de prouver qu’il méritait mieux comme adversaire, le géant du Baol avait décidé de se lancer tête baissée. Un pari risqué, face à des espoirs confirmés comme Ama Baldé et Gouye Gui, qui n’ont jamais caché leurs ambitions de titiller, sous peu, la hiérarchie. Conscient que remporter cette compétition ferait de lui un des potentiels successeurs de Bombardier, « l’actuel roi des arènes », le grand favori du tournoi avait démarré fort en battant le roi du « Simpi », Gouye Gui, lors de la première journée.

Seulement, lors de la deuxième journée, face à Ama Baldé, un adversaire très technique, Tapha Tine n’avait vu que du feu. Un revers qu’il n’avait pas vu venir et qu’il n’est toujours pas prêt d’oublier. Le géant du Baol s’était finalement racheté lors de la dernière journée face à Zoss le chef de file de Door Doraat. Mais malgré cette belle victoire par Ko, il n’a pu remporter la compétition comme prévu. Depuis, il ne sait plus sur quel pied danser, ni où se situer exactement. En fait, le chef de file de l’écurie Baol Mbollo rejette les lutteurs de la jeune génération qui veulent faire de lui un escalier pour accéder à la cour des grands, en même temps il est zappé par les pensionnaires de la classe Vip. Il est alors ni dans le cercle des ténors, ni dans l’antichambre. A moins qu’il ait un pied ici et l’autre là-bas…

Bombardier, Balla Gaye 2, Gris Bordeaux : des adversaires
Pourtant des potentiels adversaires, il n’en manque pas pour la saison à venir. En effet, il fait partie des rares lutteurs de sa génération qui ont battu Bombardier que, dès lors, ils refusent de reconnaître comme « leur » roi. Pour le chef de file de l’écurie Baol Mbollo son combat revanche contre le B52 de Mbour s’impose. « Je fais partie des premiers jeunes lutteurs à affronter un roi des arènes, en l’occurrence Balla Gaye 2. Je ne suis pas parvenu à le détrôner mais il n’est pas trop tard. Mon objectif est d’amener la couronne à Baol. Je sais qu’un jour, je serai numéro 1 de l’arène. Si un promoteur organise mon combat contre Bombardier, je vais le détrôner. Je suis meilleur que lui et il le sait », a-t-il fait savoir. De l’avis de Tapha Tine, le B52 de Mbour qui a passé une année blanche la défunte saison, n’a pas de plan de carrière.

« Il ne sait pas ce qu’il veut. Il pouvait choisir entre deux ou trois lutteurs. Mais il a préféré se focaliser sur un seul adversaire (Eumeu Sène). Et ce n’est pas malin de sa part », se désole le tombeur de Gouye Gui et de Zoss. L’autre lutteur qui est également dans le viseur du géant du Baol est Balla Gaye 2 qui l’avait battu en 2013 après un combat de 2mn30. Mais, beaucoup de choses se sont passées depuis. Le fils de Double Less a été détrôné par Bombardier, puis battu par Eumeu Sène, avant de passer une année blanche. Et Tapha Tine réclame sa revanche, histoire peut-être de profiter de la mauvaise passe de Balla Gaye 2. Il l’a clamé tout juste après sa victoire devant Zoss lors de la dernière journée du tournoi. Gris Bordeaux est aussi dans le viseur du lutteur Baol-Baol. Battu par Modou Lô le 31 juillet dernier, le protégé de l’ancien lutteur Mbaye Guèye a besoin de se refaire une santé.
Et ce choc, la saison à venir, entre ces deux grands puncheurs serait assurément un régal.

Absa NDONG

Le retour de Balla Gaye 2 aux affaires est très attendu par ses nombreux supporters. En effet, après ces deux revers d’affilée, il avait décidé de prendre du recul, histoire de mieux sauter à l’avenir. Depuis il prépare sérieusement son come-back pour la saison à venir et répond coup par coup aux attaques des lutteurs qu’il a dans sa mire, particulièrement Modou Lô et Eumeu Sène.

La traversée du désert de Balla Gaye 2 n’a que trop duré ! Voici trois ans que le « lion de Guédiawaye » broie du noir avec deux défaites d’affilée respectivement face à Bombardier l’actuel roi des arènes et Eumeu Sène son autre « ennemi ». Une série noire qui l’avait poussé à passer une année blanche la défunte saison. En fait, l’ancien « roi des arènes » semble conscient qu’il n’a plus droit à l’erreur lors de ses prochaines sorties. Il doit impérativement mettre fin à sa mauvaise passe et retrouver ses marques lors de son come-back. « Je suis prêt pour mon retour. C’était un choix personnel de rester une saison sans lutter. On m’avait proposé Modou Lô et Gris Bordeaux, mais j’avais catégoriquement refusé ». Et de réfuter l’idée suivant laquelle il serait au fond du trou. « Sinon, les promoteurs ne m’auraient pas courtisé toute une année. S’il plait à Dieu, je reviendrai la saison prochaine pour reprendre ma place dans l’arène », avait-il fait savoir.

Très courtisé par les matchmakers, le fils de Double Less trouvera à coup sur chaussures à ses pieds. Car en tout état de cause, ils sont nombreux les adversaires avec qui il peut croiser le fer. Il y a d’abords ses adversaires logiques : Modou Lô, Eumeu Sène, Bombardier, Gris Bordeaux, Tapha Tine, entre autres ténors. Son duel revanche contre le chef de file de l’écurie Rock Energie est sollicité des amateurs de lutte depuis la victoire de ce dernier face à Gris Bordeaux le 31 juillet dernier. Touché dans son orgueil par les propos de Modou Lô, qui l’a taxé de lutteur en perte de vitesse, Balla Gaye 2 ne s’est pas privé de répliquer. « Je ne réponds pas aux attaques d’un lutteur que j’ai battu en 37 secondes. Modou Lô a battu certes Eumeu Sène, mais il n’a pas fait le quart de ce que j’ai fait 

Le fils de Double Less n’a pas, au passage, épargné son autre « ennemi » Eumeu Sène, qui l’a battu à deux reprises. « Ces deux revers contre lui ne m’affectent nullement. Je sais qu’Eumeu Sène n’est pas meilleur que moi. Techniquement, il ne fait pas le poids. Seulement on ne peut pas échapper à son destin.

Gris Bordeaux le vrai adversaire !
Lors de notre dernière confrontation j’avais confondu vitesse et précipitation. Des erreurs qui se payent cash. Il raconte des histoires, quand il dit qu’il est plus fort que moi ». Pour le cas Yakhya Diop Yekini, Balla Gaye 2 reste catégorique, c’est de l’histoire ancienne pour lui. « Je ne vais pas revenir sur cela. Yékini c’est fini pour moi ! » Mais de toutes ces affiches potentielles, c’est son combat contre Gris Bordeaux qui s’impose le plus actuellement, de l’avis de nombreux observateurs. Outre leur réputation de provocateurs, ils traversent tous les deux des périodes sombres. Et pour les amateurs, l’affiche entre ces deux lutteurs bouillants sera forcément électrique. Le géant du Baol Tapha Tine fait aussi partie des potentiels adversaires. Un éventuel combat l’opposant à Balla Gaye 2 devrait donc être l’occasion pour lui de prendre sa revanche.

Il y a également les potentiels challengers de Balla Gaye 2 qui piaffent d’impatience d’en découdre avec lui. Surtout qu’aux yeux de ces derniers, l’ancien « roi des arènes » n’est plus qu’un simple escalier pour accéder à la cour des grands. Figure dans ce lot, le jeune espoir Boy Niang 2 (qui vient de décrocher un combat contre Gouye Gui). Ce dernier n’a cessé de défier le grand frère de Sa Thiès la défunte saison, allant jusqu’à lui promettre une belle correction. Mais pour le « lion » de Guédiawaye, il n’est pas question de servir d’escalier pour la jeune génération.

Absa NDONG

Eumeu Sène lorgne le trône depuis la défunte saison. Son entêtement à vouloir croiser le fer avec Bombardier lui avait d’ailleurs valu une année blanche. En effet, le chef de file de l’écurie Tay Shinger qui sortait d’une victoire éclatante sur Balla Gaye 2, ne voulait plus entendre parler d’autres adversaires que l’actuel roi des arènes. Pour la saison à venir, sa cible reste la même : le B 52 de Mbour ou rien !

Décidemment, Eumeu Sène, l’ancien lieutenant de Mouhamed Ndao Tyson, est obsédé par son combat contre Bombardier, l’actuel « roi des arènes ». Il a attendu cette affiche tout au long de la défunte saison. Sans succès. Mais il continue d’y croire. D’après lui, son unique et potentiel adversaire, la saison prochaine, reste Bombardier. Autrement dit, les autres ténors n’ont qu’à aller piocher ailleurs. Le chef de file de l’écurie Tay Shinger veut tellement tenter sa chance pour le titre de « roi des arènes » qu’il avait « craché » sur un duel de choc contre Yakhya Diop Yékini, la saison dernière, dont finalement Lac 2 avait pu en bénéficier. Et même après une année, Eumeu Sène attend toujours le chef de file de l’écurie Mbour, qui d’ailleurs ne cesse de le provoquer ces temps-ci. En fait, ce dernier promet de le « soigner » comme il ne cesse de le défier publiquement. « Bombardier ne peut pas me soigner, moi le fou. Des lutteurs ont tout essayé sans succès. Il ne peut rien contre moi. Nous n’avons jamais eu l’occasion de nous croiser. Comme il a déjà battu les deux autres (Balla Gaye 2 et Modou Lô), il reste le gosse le plus terrible », avait-il répondu.

Pour l’ancien lieutenant de Mouhamed Ndao Tyson, son duel contre le frangin de Pape Dia sera une grande « finale ». « C’est le combat que tous les amateurs réclament. Il a un titre qui m’intéresse, et s’il plaît à Dieu, je vais l’avoir ». En fait, si le bourreau de Balla Gaye 2 cible Bombardier, c’est juste parce qu’il veut goutter à son tour aux délices du « trône ». « Mon seul souhait, c’est de ramener le titre de « roi des arènes » à Pikine. Il y a un monde fou derrière moi, qui croit en moi. Il est temps pour moi d’être au sommet de l’arène ». Concernant le poids impressionnant du Mbourois, le chef de file de Tay Shinger jure que ce dernier ne l’impressionne pas physiquement. « Son poids ne me posera aucun problème. J’ai affronté des lutteurs plus lourds que lui et cela ne m’avait pas empêché de les battre. Je suis plus à l’aise avec les poids lourds ».

Balla Gaye 2 et Gris Bordeaux rayés de la liste
Parlant de ses autres potentiels adversaires, Eumeu Sène ne veut entendre parler ni de Balla Gaye 2, ni de Gris Bordeaux, encore moins de Modou Lô ou de Lac de Guiers 2. Selon lui, il s’est déjà frotté à eux et l’heure des revanches n’a pas encore sonné. Il a tenu à préciser, par ailleurs, qu’il n’est plus question pour lui de rencontrer une troisième fois Balla Gaye 2. « Je l’ai battu à deux reprises et cela suffit amplement. Tout le monde sait que je suis plus fort que Balla Gaye 2, donc il n’a qu’à aller voir ailleurs. S’il veut se suicider, il ne passera pas par moi. Je l’ai humilié et corrigé ! Balla sait pertinemment que je ne vais plus le croiser et ce pour le reste de ma carrière ». L’autre ténor qu’Eumeu Sène ne veut plus affronter, c’est Gris Bordeaux… pour des raisons d’amitié récente. « Nous sommes devenus des amis proches et habitons dans le même quartier. Je préfère garder cette amitié.

Nous avons déjà livré deux combats et nous n’avons plus rien à prouver aux amateurs de lutte », coupe-t-il. Pour le reste du groupe, il promet d’y penser après sa « prochaine confrontation » avec Bombardier. Eumeu Sène, incontestablement l’un des meilleurs lutteurs de sa génération, se trouve au sommet de sa carrière. Et sa dernière victoire, la 11ème de sa carrière, obtenue le 5 avril 2015 au stade Demba Diop aux dépens de Balla Gaye 2, a définitivement démontré qu’il est un potentiel « roi des arènes ». Mais, cela passera forcément par Bombardier. D’où son obsession de le croiser… 

Absa NDONG

Le chef de file de l’écurie Rock Energie, Modou Lô, est actuellement très courtisé par les promoteurs de lutte. Sa dernière victoire devant Gris Bordeaux, le 31 juillet dernier, y est surement pour quelque chose. « Kharagne Lô » peut ainsi choisir l’affiche de ses rêves la saison prochaine parmi ses potentiels adversaires dont Bombardier, Balla Gaye 2, Eumeu Sène, Lac de Guiers 2 ou même Ama Baldé. La balle est dans son camp !

Le chef de file de l’écurie Rock Energie a séduit l’arène, en battant de fort belle manière le troisième tigre de Fass, Gris Bordeaux, le 31 juillet dernier. Il a ainsi clôturé sa saison en beauté et assuré son come-back après son revers contre l’actuel « roi des arènes », Bombardier, en 2015. Kharagne Lô, comme l’appellent ses sympathisants, a en effet surpris son monde. Face à Gris Bordeaux, un lutteur redoutable, il avait sorti le grand jeu et prouvé aux amateurs de lutte qu’il peut tenir tête aux poids lourds de l’arène. Mais, pour Modou Lô, sa victoire devant le protégé de Mbaye Guèye, le premier tigre de Fass, n’est pas une surprise pour lui. « Je connais bien mon adversaire pour l’avoir déjà battu. Je n’ai en aucun cas douté de moi lors de cette deuxième rencontre. Je savais que j’allais le battre à nouveau. En dix rencontres, Gris Bordeaux ne peut pas me vaincre. J’ai connais son point faible, et je l’ai exploité ». Un succès qui a, du coup, relancé sa carrière. En fait, conscient qu’il ne pouvait pas se permettre une deuxième défaite de rang, il s’était donné à fond, afin de reprendre sa place dans la course vers le sommet. Très courtisé par les promoteurs de lutte, Modou Lô a désormais l’embarras du choix entre de potentiels adversaires tels que Bombardier le « roi des arènes », Balla Gaye 2 son ennemi juré, Eumeu Séne qu’il avait battu lors de leur première rencontre et Lac de Guiers 2, le tombeur de Yakhya Diop Yékini.

Modou Lô est, en effet, en droit de réclamer un combat revanche contre Bombardier, pour une nouvelle tentative de conquête du trône, après la première qui s’était soldée par un échec le 25 juillet 2015. Ce combat n’est certes pas plébiscité par les amateurs de lutte mais peut bien se tenir la saison à venir, vu que les promoteurs de lutteurs aiment parfois créer la surprise. Le président de l’écurie Rock Energie, Cheikh Sow, convaincu que son protégé est au sommet de l’arène après sa victoire contre Gris Bordeaux, peut se permettre de choisir ses adversaires. « Bombardier est certes le « roi des arènes », mais Modou Lô n’est pas son égal. Il est au top de sa carrière et n’a rien à envier au « roi des arènes ». Mon poulain est l’un des lutteurs les plus populaires de l’arène.
Il intéresse les sponsors et les promoteurs », a-t-il fait savoir dans « Sunu Lamb ». Chiekh Sow a révélé également que les match-makers se bousculent actuellement chez Modou Lô. « Il a le privilège de choisir son adversaire la saison prochaine ».

Balla Gaye 2, Eumeu Sène, Lac de Guiers 2, des combats de choc
Les potentiels adversaires du Roc des Parcelles assainies ne se limitent pas cependant à Bombardier. Des combats revanches contre Balla Gaye 2, Eumeu Sène et Lac de Guiers 2 l’attendent au tournant. D’ailleurs, le choc face à Balla Gaye 2 est réclamé par les amateurs de lutte. Un contentieux que le tombeur de Gris Bordeaux a intérêt à vider la saison prochaine. Car, en 2010, le fils de Double Less l’avait battu, au terme d’un combat qui restera comme l’un des plus sulfureux dans l’arène. Six ans après, il est temps pour les deux lutteurs « ennemis jurés » de livrer un remake de feu. Mal en point depuis trois saisons maintenant, Balla Gaye 2 qui prépare son retour la saison prochaine ne va pas surement refuser cette affiche même si du côté de Modou Lô rien n’est encore sûr. « Balla Gaye 2 est au fond du trou, et je ne vais pas lui tendre la perche.

Il n’a qu’à se débrouiller pour s’en sortir tout seul », a-t-il fait savoir tout récemment, d’un ton moqueur. Pourtant, le promoteur Pape Abdou Fall a révélé être prêt à organiser le choc Modou Lô-Balla Gaye 2 si les deux camps sont d’accord. L’ancien lutteur Balla Gaye 1 trouve d’ailleurs que le chef de file de l’écurie Rock Energie devrait prendre sa revanche sur son protégé, qui prévoit de signer son retour la saison prochaine, après une année blanche précédée de deux défaites d’affilée contre Bombardier et Eumeu Sène. « Le combat revanche contre Balla Gaye 2 s’impose à Modou Lô. Si j’étais à sa place, j’aurais choisi cette affiche », a-t-il fait savoir.

Un autre adversaire que Modou Lô pourrait demander à affronter, c’est Lac de Guiers 2, brillant vainqueur de Yakhya Diop Yékini au mois de juillet dernier. En 2011, les deux ténors s’étaient affrontés, mais aucun des protagonistes n’avait réussi à l’emporter. D’où la nécessité d’un second combat pour définitivement tirer les choses au clair. Le puncheur du Walo avait de son côté déclaré juste après sa victoire sur Yékini être prêt pour Modou Lô et Eumeu Sène. « Tôt ou tard, je vais rencontrer ces deux adversaires, car je dois laver l’affront. Contre Modou Lô, ce sera un combat de clarification après celui de 2011. Je suis disposé à le croiser à nouveau ». Un autre potentiel adversaire de Modou Lô, Eumeu Sène. Ce dernier qui revient d’une belle victoire contre Balla Gaye 2, voudra surement prendre sa revanche. Battu par « Kharagne Lô » en 2014, le chef de file de l’écurie Tay Shinger s’est entre-temps racheté auprès de ses supporters. Même s’il a passé une année blanche, ce dernier fait partie des lutteurs les plus attendus la saison à venir. Vainqueur du tournoi de lutte Tnt, avec trois victoires en autant de sorties, Ama Baldé est l’autre ténor que Modou Lô ne peut plus continuer à éviter.

Absa NDONG

Le « roi des arènes », le B 52 de Mbour (qui a passé une année blanche), est très attendu la saison à venir par non seulement les amateurs de lutte mais aussi ses potentiels adversaires. Eumeu Sène de Tay Shinger, Modou Lô de Rock Energie, Balla Gaye 2 le fils de Double Less, Tapha Tine le géant du Baol, entre autres, lorgnent son trône et se bousculent pour décrocher le choc de l’année.

L’actuel « roi des arènes », Serigne Dia dit Bombardier, a passé une année blanche la défunte saison ! Le titre tant convoité par les lutteurs Vip n’avait pas alors été mis en jeu. Pourtant, les adversaires ne manquaient pas pour le B 52 de Mbour, qui avait reçu plusieurs propositions. Ses combats, en effet, contre Rocky Balboa et Eumeu Sène de Tay Shinger ont été démarchés sans succès. Ce dernier très en forme après sa belle victoire devant le fils de Double Less, Balla Gaye 2, avait presque zappé tous ses potentiels adversaires pour ne cibler que le « roi ». Une mauvaise idée, car ayant pris un « congé forcé » la défunte saison au même titre que Bombardier. Les amateurs de lutte avaient réclamé cette affiche en vain, mais du côté des promoteurs, les priorités étaient ailleurs. Et Bombardier d’en payer le prix avec une année blanche, le pire des scénarii pour Serigne Dia qui a ainsi loupé l’opportunité de battre un autre lutteur de la jeune génération. 

Pour la saison à venir cependant, l’actuel « roi des arènes » n’a qu’un seul objectif : affronter l’ancien lieutenant de Mouhamad Ndao Tyson et lui infliger une belle correction comme il l’avait fait contre Balla Gaye 2 et Modou Lô. « Ils sont les trois lutteurs les plus coriaces de l’arène. J’ai réussi à battre les deux, et il me reste Eumeu Sène pour terminer. Je ne le défie pas, mais je le veux pour compléter ma liste », a fait savoir le frangin de Pape Dia tout récemment. En fait, pour ce dernier, son combat contre le chef de file de Tay Shinger s’impose cette saison. « Ce combat est une demande pressante des amateurs. Il me faut affronter Eumeu Sène pour passer à autre chose ».

Des challengers redoutables
Lutte SénégalaiseSeulement, même si l’ancien lieutenant de Tyson est dans une bonne position pour la conquête du titre du « roi des arènes », d’autres potentiels adversaires en l’occurrence Balla Gaye 2, Modou Lô et Tapha Tine ont aussi des possibilités de croiser le chef de file de l’écurie Mbour la saison à venir. Certes Bombardier souhaite rencontrer Eumeu Sène, mais il n’exclut pas d’affronter d’autres adversaires. D’ailleurs, son combat contre Balla Gaye 2 est plébiscité par les amateurs de lutte.

En effet, le fils de Double Less qui a passé une année sabbatique la défunte saison, prépare sérieusement son come-back. Pour certains, ce dernier devrait tenter de reprendre le titre, en même temps prendre sa revanche contre Bombardier qui l’avait battu et détrôné le 8 juin 2014. L’actuel « roi des arènes » de son côté attend ses adversaires de pied ferme. « Je prendrai celui qu’on me proposera, mais à condition qu’il soit un potentiel adversaire. Mon souhait est de recevoir très tôt une avance. Ils veulent tous m’affronter, mais je ne ferai pas de fixation sur un lutteur. Eumeu Sène est cependant le favori ».

Parlant toujours des potentiels adversaires, Modou Lô de Rock Energie est aussi en bonne position. Battu par Bombardier en 2015, « Kharagane Lô » comme l’appellent ses sympathisants a fait un come-back réussi le 31 juillet dernier, en terrassant de fort belle manière Gris Bordeaux le Tigre de Fass.

Une victoire qui le replace parmi les challengers au trône. L’autre adversaire de taille pour Bombardier la saison à venir est Tapha Tine, le Géant du Baol. Ayant battu le Mbourois lors de leur première confrontation, ce dernier ne reconnaît pas Serigne Dia comme « roi des arènes ». Il ne cesse d’ailleurs de le défier publiquement, histoire de lui accorder sa revanche. Seulement, du côté de Mbour, il n’est pas question d’affronter le chef de file de l’écurie Baol. « Tapha Tine m’a certes battu, mais c’est par décision médicale.

Nous ne boxons plus dans la même catégorie. Nos chemins peuvent se croiser à l’avenir, car personne ne sait de quoi demain sera fait. Pour le moment, il n’est pas dans mes plans ».
Le B 52 de Mbour confirme, par ailleurs, sa disposition à ouvrir ses portes aux autres lutteurs. C’est dire toute la détermination de l’actuel « roi des arènes », décidé à ne plus vivre les affres d’une année blanche, au vu des innombrables possibilités qui s’offrent à lui.

Par Absa NDONG

Lac 2 à Sédhiou le samedi 27

20 Aoû 2016
775 times

Ce fut dit, ce fut fait. Après sa victoire sur Yékini, Lac 2 est venu remettre sa coupe au maire de Sédhiou Abdoulaye Diop. Le champion se rendra dans sa ville natale le samedi 27 août pour remercier le maire devant ses administrés. Lac 2 était sûr de son fait. A une semaine de son combat contre Yékini, il avait promis au maire Abdoulaye Diop de lui remettre en mains propres le Drapeau de l’émergence mis en jeu pour la première fois dans l’histoire de la lutte sénégalaise. Cela devait passer par une victoire sur le mastodonte Yékini qui capitalise une longévité de 15 ans de lutte pour une défaite seulement devant Balla Gaye 2. Un autre enfant de Sédhiou, Lac 2, contre toute attente, a pourtant réussi à lui infliger la deuxième défaite de son histoire confirmant ainsi la conviction du maire Abdoulaye Diop qui qualifie Sédhiou de terre de champions en référence aux lettres de noblesse écrites par certains de ses fils dans le sport ( Fodé Doussouba, Double Less, Balla Gaye 2, Lac 2, Sa Thiès (en lutte) et Sadio Mané, Papiss Demba Cissé (en football pour ne citer que ceux-là). Lac 2 qui considère aujourd’hui le maire de Sédhiou comme son plus proche soutien, son conseiller et désormais son partenaire dans bien des activités dont la politique, pour lui remettre la coupe de l’Emergence et lui dédier sa victoire historique sur Yékini, s’est exprimé en ces termes : « Vous avez été le seul responsable avant mon combat à croire en moi et à me soutenir. C’est un acte fort qui m’est allé droit au cœur et je tenais à vous le dire et à vous remercier de vive voix et vous réitérer mon engagement d’œuvrer à vos côtés au niveau politique pour vous aider à réussir dans la mission qui vous est assignée ».Minimisant son geste, le maire Abdoulaye Diop a affirmé qu’il a juste fait son devoir d’accompagner un digne fils de Sédhiou dans la pratique de son sport favori et son gagne-pain. « Chaque fils du Sénégal, chaque fils de Sédhiou, devrait avoir dans son esprit de faire de son mieux pour l’émergence de sa ville, de son pays. Des gens comme Lac 2 et tous ceux qui sont des références comme lui doivent être aidés et accompagnés », a dit le maire de Sédhiou. Dans la foulée, l’édile de Sédhiou a invité tous les responsables politiques de son terroir à réserver le meilleur accueil à Lac 2. Le champion sera dans sa ville natale le samedi 27 août pour remercier toute la population du soutien qui lui a été apporté.

Rio de Janeiro : Isabelle Sambou, la porte-drapeau du Sénégal aux JO « Rio 2016 » ne croyait certainement pas si bien dire. Après son huitième de finale nettement remporté face à la Vietnamienne Thi Lua Nguyen (5 – 0), hier à la Carioca Arena 2 de Barra, elle témoignait que « ce fut difficile, comme tous les combats ici à Rio ».

La suite lui a donné raison, au-delà même de ses prévisions. Car, en quart de finale, elle a simplement tiré un monument de la lutte libre : la Japonaise Saori Yashuda, l’un des rares combattants (hommes et femmes confondus) à avoir remporté 3 titres olympiques de rang.

En plus, la triple championne olympique en titre chez les 53 kg, à 33 ans, affiche un palmarès de mammouth : 10 fois championne du monde de sa catégorie, 4 couronnes de championne d’Asie, autant aux Jeux asiatiques et deux médailles d’or aux Jeux universitaires mondiaux. Autant dire une montagne japonaise qui ne connait que l’or.

Et Isabelle Sambou ne tarda pas à s’en rendre compte. Menée 6 – 0 après le premier round de 3 mn où elle avait été mise à très rude épreuve, la lutteuse sénégalaise, 10 fois championne d’Afrique, a mieux résisté lors de la manche suivant, mais n’a réussi à inscrire le moindre point (0 – 9). Il ne lui restait, dès lors, qu’à attendre que la Yashuda valide son parcours jusqu’en finale pour tenter de se refaire lors des repêchages.

Et en repêchages, Isabelle Sambou est tombée sur l’Azerbaïdjanaise Natalya Sinishin qui l’a menée d’entrée (2 – 0) avant de plier définitivement le combat lors de la deuxième manche. Alors que la Sénégalaise jouait son va-tout pour revenir au score, elle s’est en effet fait contrer pour s’incliner (0 – 4) et voir son parcours en rester là. Comme son coach, Abdou Badji, DTN de la lutte sénégalaise, Isabelle Sambou, classée 5ème aux derniers JO à Londres, n’a pas compris pourquoi l’arbitre l’a pénalisée deux fois pour passivité dans le premier round, alors que « c’est elle qui attaquait tout le temps ».

C’est d’ailleurs pourquoi, selon la lutteuse, elle a tenté le tout pour le tout en fin de partie et s’est fait définitivement surprendre.
Et c’est une Isabelle Sambou inconsolable qui s’est présentée en larmes face à la presse pour s’excuser auprès de ses compatriotes qui croyaient tant en elle. « Je voulais une dernière médaille olympique pour finir ma carrière.

Mais, cette élimination, c’est peut-être ce qu’il y a de mieux pour moi », a-t-elle déclaré entre deux sanglots.

Une grande championne se retire
Isabelle Sambou ChampionneRio de Janeiro : La porte-drapeau de la délégation sénégalaise, déjà 5ème aux JO de Londres il y a quatre ans, s’imaginait une toute autre fin de carrière que cette élimination en combat de repêchage pour la médaille de bronze. Or Isabelle Sambou va devoir arrêter son immense carrière internationale sur une défaite amère. Avec le sentiment d’avoir été détroussée comme au coin d’un bois par un arbitre qui accordait à son adversaire azerbaïdjanaise des points imaginaires.

« Ne pleure pas ! Tu n’as pas à rougir de ta prestation » lui a lancé le DTN Abdou Badji, alors que, secouée par ses pleurs, elle avait du mal à répondre à la presse. « Elle a démontré qu’elle avait le niveau mondial », a témoigné le technicien en chef de la lutte sénégalaise qui n’en veut pour preuve que la bonne tenue de sa protégée face à « l’intouchable Yashuda » qui a battu toutes ses adversaires par Tomber ou par supériorité technique. Sauf Isabelle ! « Elle n’a donc pas été ridicule », selon le DTN qui convoque des circonstances atténuantes, car sa combattante n’a pas eu la même préparation que les autres. Si elle n’a rien pu faire en huitième de finale des – 53 kg face à la Japonaise Yoshuda qui n’a pas perdu un seul combat depuis 2002 (jusqu’à hier en finale face à l’Américaine Maroulis Helen-Louise), elle est sûre qu’elle aurait pu mieux s’en tirer contre l’Azerbaïdjanaise, en repêchage.

Et Isabelle Sambou va se retirer des aires de compétitions, sans pour autant quitter le milieu. « Je voudrais encadrer les plus jeunes. Mais, je demande surtout qu’on aide les sportifs, surtout ceux qui sont dans les disciplines individuelles, à mieux se préparer aux grandes compétitions », a-t-elle prié du haut de ses 10 titres de championne d’Afrique et de championne du monde de lutte de plage (Beach-Wrestling) entre autres performances.

B. Khalifa Ndiaye (Envoyé spécial)

Ils sont des milliers de jeunes à être attirés par la lutte sénégalaise. Cependant, seuls quelques-uns arrivent à percer dans ce sport et y gagner leur vie. Pour permettre aux autres d’avoir un métier en dehors de la lutte, Cheikh Ahmadou Bamba Mboup projette de créer une école de formation en gardiennage.

« Il existe plus de 6.000 licenciés dans la lutte mais seuls quelques dizaines d’entre eux ont la chance de décrocherdes combats ». C’est ce constat sur la lutte sénégalaise qui a poussé Cheikh Ahmadou Bamba Mboup, promoteur de lutte, à réfléchir sur les moyens d’offrir à ces jeunes une activité qui puisse leurpermettre de gagner leur vie dignement. Ancien garde du corps en Europe, notamment en Italie et en Allemagne, où il a résidé pendant 9 ans, il compte mettre sur pied une école de formation en gardiennage. Il en a fait l’annonce hier aux Parcelles assainies, où il avait convié des lutteurs.

« Les entreprises,de même que les particuliers, recrutent de plus en plus de gardiens. Nous avons des jeunes qui s’entraînent dur chaque jour sans pour autant décrocher des combats.

Nous proposons de les former au métier, leur délivrer des diplômes afin qu’ils puissent l’exercer ». Cheikh Ahmadou Bamba Mboup, du label Bamba Production,confie avoir comme cible les pensionnaires de toutes les écuries de lutte. Il dit en avoir discuté avec Thierno Kâ, le chargé de la communication du Comité national de gestion de la lutte, ainsi que plusieurs présidents d’écuries et entraîneurs. « Ils m’ont encouragé à persévérer sur cette voie », poursuit-il. Cependant, il compte sur l’appui de l’Etat et des acteurs de la lutte.

Pour l’instant, c’est avec le directeur du Centre national de ressources educationnelles, Sidy Sam, qu’il mène les démarches dans ce sens. Ce dernier précise : « Nous souhaitons leur dispenser une éducation de base mais aussi promouvoir l’auto-emploi » chez les futurs bénéficiaires de cette école de formation.Par ailleurs, Cheikh Ahmadou Bamba Mboup a annoncé la tenue d’un forum sur le sujet, le 23 septembre à la Médina. Pour lui, ce sera l’occasion de réunir tous les acteurs de la lutte autour du projet.

Habib GAYE (stagiaire)

Yakhya Diop Yékini de Ndakaru, Gris Bordeaux le Tigre de Fass, Baye Mandione de Geum Sa Bopp, Zoss de Dor Doraat, Siteu le phénomène de Lansar, Garga Mbossé, entre autres, n’ont pas assuré cette saison. Très attendus par les amateurs de lutte, ils ont tout bonnement raté leur sortie et déçu les supporters. Les deux Vip, Yakhaya Diop Yékini et Gris Bordeaux, ont cependant raté une grande occasion de se rapprocher de plus près du trône.

Yakhya Diop Yékini : un come-back raté
YekiniL’ancien Roi des arènes Yakhya Diop Yékini a déçu ses nombreux supporters cette saison. En effet, il a été méconnaissable lors de son face-face avec Lac de Guiers 2, chef de l’écurie Walo, au stade Demba Diop, samedi 24 juillet dernier. Alors que beaucoup misaient sur lui, sans doute en raison de son immense gabarit et de ses prouesses techniques, Yékini fut battu comme un débutant par son adversaire. Un retour manqué dû, peut-être, par un manque de compétitions (il a passé deux années blanches). En affrontant un Lac De Guiers 2 très compétitif, le chef de file de l’écurie Ndakaru voulait, en fait, démontrer qu’il n’avait pas perdu ses réflexes de grand lutteur malgré sa longue inactivité et qu’il avait encore de la ressource pour espérer reprendre sa place dans l’arène. Détrôné par le fils de Double Less Balla Gaye 2 en 2012, Yakhya Diop Yékini voulait, à coup sûr, assurer son come-back. Pour lui, il va de soi que cette défaite contre Lac De Guiers 2 qui a pris de court ses supporters, ne restera pas sans conséquence pour la suite de sa carrière. D’ailleurs, certains pensent déjà qu’il est temps pour l’ancien Roi des arènes de prendre sa retraite. Mais, d’après lui, cette décision de se retirer des affaires de l’arène dépend de son staff. « S’il me dit d’arrêter, je le ferais. Je sais que c’est dur pour mes supporters qui habitent Joal et Bassoul. Je me bats pour ces gens-là. Je ne me base pas sur l’âge pour prendre ma retraite. Je vais arrêter au moment venu avec l’accord de mes proches. C’est parce que j’ai perdu mon combat contre Lac De Guiers 2 qu’on parle de ma retraite », a fait savoir Yékini lors de son face-à-face d’après combat. Des propos qui prouvent que ce dernier n’est pas encore décidé à ranger définitivement son « Ngimb ».

Gris Bordeaux : le Tigre en perte de vitesse
Gri BordeauxLe Tigre de Fass, Gris Bordeaux, a raté une occasion en or d’affronter Bombardier, l’actuel Roi des arènes. Il avait juste comme mission, cette saison, de battre le lutteur le plus populaire de l’arène, Modou Lô, afin de se rapprocher de plus près du trône. Un combat revanche pour le protégé de l’ancien Tigre de Fass Mbaye Guèye, qui avait été battu par décision arbitrale lors de leur première rencontre. Seulement, il ne suffit pas d’être un poids lourd pour battre « Kharagne Lô » comme l’appellent ses sympathisants. En effet, pour affronter ce dernier, il faut s’armer de courage, avoir un bagage technique solide et être prêt à contenir sa fougue sinon gare à l’humiliation ! Malheureusement, Gris Bordeaux n’a vu que du feu face à Modou Lô le 31 juillet dernier au stade Demba Diop. Lui qui ne comptait que sur sa force de frappe pour remporter le duel s’est retrouvé sur ses quatre appuis sans comprendre comment. Une défaite qu’il n’est pas prêt d’oublier de sitôt. Très en colère, ses supporters n’ont pas hésité à brûler ses tee-shirts. Ils ne veulent plus d’ailleurs entendre parler de Gris Bordeaux et contestent son statut de Tigre de Fass. Malgré tout, il doit encore rester optimiste quant à son ambition de régner dans l’arène.

Baye Mandione : la série noire se poursuit
Baye Mandione1Le chef de Thiaroye Geum Sa Bopp, Baye Mandione, fait partie des rares lutteurs qui ont livré deux combats cette saison. Seulement, il n’a pas saisi cette chance pour redorer son blason et reprendre sa place dans la course vers le sommet. Face à Baboye un lutteur très expérimenté en début de saison, Baye Mandione n’a vu que du feu. Il avait été tout bonnement humilié par le chef de file de l’écurie Al Pular d’une prise spectaculaire. Après cette débâcle, les amateurs de lutte s’attendaient à ce qu’il revoit sa copie, notamment lors de son face-à-face contre King-Kong de l’écurie Fass, le 24 juillet dernier lors du choc Lac De Guiers 2-Yékini. Que nenni ! Ce lutteur au caractère impulsif, qui ne change pratiquement jamais, a livré un combat insipide. Pourtant, il jouait son va-tout à l’occasion de cette affiche. Malheureusement, Baye Mandione n’a pu réussir son pari de se relancer dans la course. Face à King-Kong, un lutteur de seconde zone, attentiste et inexpérimenté, le combat s’est terminé par un nul. Pour le chef de file de Thiaroye Geum Sa Bopp, ce deuxième échec d’affilée risque d’avoir des conséquences fâcheuses pour son avenir dans l’arène, étant donné qu’il compromet de plus en plus ses chances de se rapprocher du sommet.

Zoss : le « showman » à nouveau dans la tourmente
ZossLe chef de file de l’écurie Dor Doraat Zoss a passé une saison de lutte 2015-2016 très décevante. Pourtant, il avait une chance inédite, d’intégrer définitivement la classe Vip, en participant au tournoi Tnt, organisé par le label de la Rdv. Il lui suffisait juste de battre ses trois adversaires, Ama Baldé, Gouye Gui et de négocier avec Tapha Tine, histoire d’avoir une bonne place dans cette compétition. Seulement, celui qu’on surnomme le « renard » de l’arène, avait cette fois butté sur des lutteurs plus costauds et rusés, qui ont brisé son rêve de remporter le tournoi et intégrer définitivement le cercle des Vip. Zoss s’est retrouvé alors avec trois revers de rang dans cette compétition. Ama Baldé, Tapha Tine et Gouye Gui son éternel rival l’ont tout bonnement battu. Une grande déception du camp de Dor Doraat qui comptait beaucoup sur ce tournoi pour passer à une étape supérieure. Toujours en attente d’un autre combat, Zoss fera surement son come-back la saison à venir, afin de se racheter auprès de ses supporters.

Siteu : le protégé de Max Margane corrigé !
SitteuS’il y a un lutteur qui est passé complètement à côté de la plaque cette saison, c’est bien Siteu de Lansar. Le jeune lutteur s’est frotté à un adversaire plus costaud que lui, en l’occurrence Sa Thiès, le 30 juillet dernier au stade Demba Diop. Ce dernier, tel un ouragan, s’était rué sur lui pour lui infliger une bonne correction. Une défaite au goût très amer pour le protégé de Max Margane. Il faut dire qu’en défiant le frangin de Balla Gaye 2 en seulement quelques années de présence dans l’arène, Siteu a incontestablement voulu brûler les étapes pour accéder rapidement au sommet. Seulement, à y regarder de plus près, le phénomène de Lansar manque d’expérience, de maturité et n’est entouré que de jeunes. Il a intérêt également à revoir son comportement s’il veut toujours garder l’estime des amateurs de lutte. Siteu saura-t-il tirer les leçons de ce revers pour renouer avec la victoire ? Attendons de voir !

Garga Mbossé : le frangin de Zoss rate son entrée parmi les ténors
Garga MbosseGarga Mbossé de l’écurie Dor Doraat fait partie des lutteurs les plus adulés de l’arène, mais depuis quelque temps, sa cote de popularité a connu une chute libre. Le tombeur de Lac Rose de l’écurie Fass était parti pourtant pour être un des meilleurs de sa génération, mais n’a pas confirmé son statut de leader cette saison contre Boy Niang 2. Il faut dire que le petit frère de Zoss avait paru méconnaissable à l’occasion de cette sortie. Beaucoup ont, en effet, reproché au jeune lutteur d’avoir vendangé le combat face à un lutteur très rusé comme Boy Niang 2. Reste que cette défaite, si elle empêche Garga Mbossé de conforter sa position au sein de l’antichambre des ténors, ne devrait pas avoir de graves conséquences sur l’avenir du lutteur.

Par Absa NDONG

La saison de lutte est clôturée avant-hier. Si certains pleurent, d’autres rient. Figurent dans ce lot des tops, Modou Lô, vainqueur dimanche de Gris Bordeaux, Lac de Guiers 2, Balla Bèye 2, Gris 2, Reug Reug, Garga 2, Ama Baldé, Tapha Tine, Sa Thiès et autre Forza.

Modou Lô : un retour en force
Modou LôVainqueur de Gris Bordeaux dimanche dernier, Modou Lô a effectué un retour en force, après sa défaite lors de la précédente saison contre Serigne Ousmane Dia dit Bombardier. Candidat potentiel au trône, il a plus que jamais son destin en mains. Mais en attendant de tenter une nouvelle conquête du fauteuil, après celle infructueuse il y a un an, il devra notamment relever le défi de la revanche contre Balla Gaye 2. En 2010, le fils de Double Less l’avait battu au terme d’un combat âprement disputé. L’ancien roi des arènes, en difficulté depuis plus de deux ans, ne devrait pas cracher sur une offre l’opposant à son vieux rival ; d’autant plus qu’il dit recouvrer sa santé.

Lac de Guiers 2 : une victoire qui vaut son pesant d’or
Lac de Guiers 2 Il a surpris son monde en pulvérisant l’ancien roi des arènes, Yékini, lors de leur face-à-face, le 23 juillet dernier. Après son retour gagnant l’année dernière, c’est donc son deuxième succès d’affilée. Ce qui lui permet de conforter davantage son statut de sérieux prétendant au sacre. Seul hic, le « puncheur du Walo » ne compte pas aller à l’assaut du roi des arènes Bombardier en vue de lui ravir la couronne, au nom de leurs relations particulières. Revanchard, il réclamait récemment, en lieu et place, Gris Bordeaux qui a pris le dessus sur son homonyme en 2006.
Reste à savoir si la défaite du « troisième tigre de Fass », dimanche, ne va le pousser à revenir sur sa décision.

Ama Baldé : le sacre
Ama Baldé a poursuit sa montée en puissance entamée depuis quatre ans. Le fils de Falaye Baldé a été sacré champion du tournoi Tnt (Télévision numérique terrestre) après avoir pris le meilleur sur Gouye-gui en janvier dernier. Au total, le petit frère de Jules Baldé a remporté trois succès en autant de sorties dans cette compétition. Ses deux premières victimes furent Zoss et Tapha Tine.
Ses belles performances font aujourd’hui de lui un membre à part entière dans le cercle des ténors ; n’en déplaise à Papa Sow qui avait décliné une affiche contre lui, estimant qu’ils ne boxaient pas dans la même catégorie. Modou Lô, Balla Bèye 2, Lac de Guiers 2, Gris Bordeaux etc. font figurent de potentiels adversaires.

Boy Niang 2 : la belle métamorphose
Boy Niang 2 poursuit sa renaissance. Depuis son retour dans l’arène dans le sillage de sa sanction par le Comité national de gestion (Cng), il est devenu un autre athlète. Il est plus discipliné et plus fort. Après son retour gagnant aux dépens de Baye Mandione, il a enregistré sa deuxième victoire d’affilée en venant à bout du teigneux Garga Mbossé en milieu de saison. De bons résultats qui lui valent un face-à-face contre Gouye-gui, la saison prochaine. Une victoire sur le poulain de Mor Fadam le réconforterait davantage dans son ambition d’être calife à la place du calife.

Tapha Tine : le retour du géant
Le « géant du Baol » a signé un Ko contre Zoss, lors de sa dernière sortie, le 24 janvier. Une brillante victoire qui lui permet de relancer une carrière en dents de scie. Corrigé par Balla Gaye 2 à qui il disputait le fauteuil en 2013, il avait réussi à rebondir à la faveur de son succès aux dépens de Gouye-gui dans le cadre du tournoi Tnt, avant de se faire surprendre par Ama Baldé. Avec son éclatant succès acquis contre le leader de l’écurie « Door Dooraat », il a retrouvé sa place parmi les ténors. Lui aussi garde intacte ses chances de se retrouver un jour au sommet de l’arène. Jeune, il a encore beaucoup de temps devant lui. Ses combats contre Modou Lô, Gris Bordeaux et Lac de Guiers 2 s’imposent.
De même, il peut réclamer une revanche contre Balla Gaye 2, trois ans après leur confrontation.

Balla Bèye 2 : le phénix
Encore « le mbarodi de Pikine ! » On le croyait fini, mais le vieux lion a prouvé qu’il avait encore de la ressource à revendre. Il est comme le phénix qui renaît toujours de ses cendres, comme le chat qui a plusieurs vies. Il a, une fois de plus, déjoué les pronostics qui le donnaient perdant contre Baye Mandione. Il a donc dominé à la surprise générale le fou de « Thiaroye Gueum sa bopp ». Une brillante victoire qui permet à Baboye de préparer tranquillement son départ à la retraite qui s’annonce imminente. Tout porte à croire qu’il va sortir par la grande porte après deux décennies de carrière dans la lutte.

Sa Thiès : sur les traces du père
Alors que le grand frère continue de se débattre dans des difficultés, Sa Thiès poursuit tranquillement son chemin, telle l’eau qui ne dévie jamais de sa route. Samedi, il a carrément surclassé Sitteu, dominé autant dans la bagarre que dans la lutte pure et dure. Il continue de marcher sur les traces de son pater d’ancienne gloire. Il faut dire que depuis sa débâcle face à Malick Niang en 2013, le jeune fils de Double Less est devenu un autre athlète, moins fougueux et plus serein. Tour à tour tombeur de Jordan, de Lac Rose et de Sitteu, Sa Thiès peut aujourd’hui revoir ses ambitions à la hausse. Papa Sow, Malick Niang, Tapha Tine etc. sont de potentiels adversaires pour lui.

Forza : l’étonnant retour
Après une longue absence, Forza a signé son retour en force en juillet dernier à la faveur de sa brillante victoire contre l’An 2000. Un succès qui a poussé l’ancien pensionnaire de l’équipe nationale à revoir ses prétentieux à la hausse. On l’a vu défier Yékini et Lac de Guiers 2 lors de leur confrontation le 24 juillet au stade Demba Diop. Naguère sur la liste des potentiels tigres, Forza avait vu sa carrière prendre du plomb dans l’aile après une rupture des ligaments dans le genou. Désormais complètement rétabli, il voit à nouveau les choses en grand.

Gris 2 : l’éclaircie dans la grisaille
Alors que Fass est en eaux troubles, Gris 2 fait figure, avec Forza, d’éclaircie dans la grisaille. Ces deux athlètes ont sauvé l’honneur ; alors que Gris, Papa Sow, King Kong et Lac Rose sont en difficulté. Gris 2 poursuit donc son petit bonhomme de chemin. Il a signé sa sixième victoire cette année grâce à sa victoire sur Ablaye Ndiaye, le fils de Mohamed Ndiaye dit Robert Diouf. Il est l’un des rares espoirs à n’avoir pas encore connu de défaite. As de la lutte pure et dure et grand bagarreur devant l’Eternel, le petit frère de Gris Bordeaux a un gros potentiel pour être un grand champion de lutte.

Reug Reug : sur les traces de Yékini et Eumeu Sène
Il est l’un des rares gros bras à évoluer avec succès sur deux tableaux : la lutte simple et la lutte avec frappe. Lui, c’est Reug Reug, le seigneur de la lutte sans frappe, double champion de la Cedeao, champion du Sénégal des super lourds en lutte traditionnelle. Parallèlement à ses excellents résultats en lutte simple, le fils de Pape Kane continue à s’illustrer de fort belle manière en lutte avec frappe où il est toujours invincible en 11 combats. Mi-juillet, il a pulvérisé Brise de mer de l’écurie « Door Waar-wi ». Avec ce palmarès déjà reluisant, Reug Reug est très bien parti pour suivre les traces de Yékini et autre Eumeu Sène. Les deux ténors ont fait leurs armes en lutte simple puis en équipe nationale avant de s’imposer comme de véritables seigneurs en lutte avec frappe.

Garga 2 : un avenir prometteur
Alors que son homonyme s’est fait battre par Boy Niang 2, Garga continue à tisser sa toile avec succès dans l’arène. Cette année, il a frappé un grand coup en dictant sa loi à Valdo, ancien pensionnaire de l’équipe nationale. Une belle victoire qui laisse penser qu’il a un avenir très prometteur dans l’arène.

Par Diégane SARR

Echos

02 Aoû 2016
937 times

Dispositif sécuritaire spécial : A combat à hauts risques, dispositif sécuritaire spécial ! Samedi, la Police, avec à sa tête le directeur général de la Police et le commissaire central, ont exhibé leur force de frappe à l’intérieur et aux alentours du stade. En tenues de combats, casques bien vissés, les forces de l’ordre s’étaient déployées un peu partout pour canaliser la foule et éviter d’éventuels débordements. Les combats opposants les lutteurs de la Banlieue posent souvent un grand défi sécuritaire, en raison de leur vielle rivalité. Le même dispositif a été reconduit dimanche. Tout est bien qui finit bien.

Calme olympien : D’ordinaire show, fougueux voire provocateur, Sa Thiès a fait preuve de calme et de sérénité tout au long de la soirée. Le lutteur a sans doute mûri et certainement beaucoup appris de sa défaite contre Malick Niang. Il a, en tout cas, préféré rester concentré et ne pas céder aux provocations d’un adversaire qui cherchait par tous les moyens à l’énerver pour espérer en tirer profit. Une attitude qui a payé avec sa victoire sans bavure sur Sitteu.

Provocation : C’est à croire que toute la stratégie de Sitteu reposait uniquement sur la provocation. Et non content de harceler sans cesse son adversaire à quelques minutes seulement du démarrage du combat, il est allé, le comble, sollicité des prières de Double Less. Une suprême provocation à laquelle le sage Less n’a pas répondu.

Mobilisation : Le stade Demba Diop a été plein comme un œuf samedi et dimanche. Les inconditionnels n’ont manifestement pas voulu rater cette fin de saison palpitante avec les gros chocs à l’affiche. Les ténors se sont également rappelés au bon souvenir de leurs supporters.

Eumeu Sène, Gouye gui, Boy Niang, Balla Gaye, Tapha Tine, Lac de Guiers, etc., tous, excepté quelques-uns, étaient de la partie.

Rassemblés par Diégane SARR

Modou Lô a battu assez facilement Gris Bordeaux, hier, au stade Demba Diop à l’occasion de la clôture de la saison de lutte. Un doublé qui permet à Kharagne Lô de revenir en force dans l’arène après sa défaite il y a un an contre le roi des arènes Bombardier. Quant au « troisième tigre », il voit son rêve de succéder à Bombardier s’effondrer.

Et de deux pour Modou Lô ! Après sa première victoire en 2012, le chef de file de l’écurie Rock Energie a signé hier, un nouveau succès aux dépens du « troisième tigre de Fass ». Et cette fois, ce n’est guère par pénalités comme ce fut le cas lors de leur précédente confrontation. Le poulain de Mbaye Guèye a bien fait quatre appuis. Une victoire amplement méritée par le champion de lutte des Parcelles assainies qui a dominé de bout en bout le combat. En réalité, Gris Bordeaux a été piégé par la fausse bagarre à laquelle l’a invitée son adversaire. En voulant coûte que coûte engager une bagarre de rue, le cogneur de Fass a confondu vitesse et précipitation. Une telle stratégie peut certainement fonctionner contre Baye Mandione mais pas contre le Parcellois toujours lucide et réaliste dans ses initiatives. 

Modou Lô aurait même pu abréger la confrontation dès la première véritable action qui a vu Gris Bordeaux effectuer une première chute litigieuse suivi d’un passage chez le médecin. Il a fallu que les arbitres se concertent et visionnent le film pour se résoudre à appeler de nouveau les deux protagonistes au milieu de l’aire du combat. Mais chassez le naturel, il revient toujours au galop ! Gris Bordeaux n’a manifestement pas tiré les leçons du premier round où il a échappé de justesse à la défaite. Il reprend ses attaques à l’aveuglette comme si de rien n’était ; tandis que le sociétaire de Rock Energie esquive et riposte par des coups qui font souvent mouche. Modou Lô finit par mettre à profit cette bagarre de rue pour contraindre le Fassois à se mettre sur ses quatre appuis. Contrairement à la première, cette seconde chute est claire comme l’eau de roche. Le coéquipier de Khadim Gadiaga remporte donc son deuxième face à face contre Gris Bordeaux et est en passe de devenir une véritable bête noire de l’écurie Fass. Car, en plus du doublé réalisé contre « le troisième tigre », Kharagne Lô a dominé Papa Sow et Balla Diouf. Cette victoire sonne comme un retour en force de l’enfant de Fandène battu l’année dernière par Serigne Ousmane Dia dit Bombardier.

Elle lui permet également de conforter, à nouveau, sa place dans la course vers le fauteuil. Peu probable qu’il affronte son dernier tombeur Bombardier dès la saison prochaine, il peut réclamer un combat revanche contre Balla Gaye 2. Avec deux défaites d’affilée, l’ancien roi des arènes est en quête d’un second souffle et ne devrait pas cracher sur une confrontation contre son vieux rival des Parcelles. Eumeu Sène et Lac de Guiers 2 font aussi figurent de potentiels adversaires. Pour sa part, Gris Bordeaux devra prendre son mal en patience avant de pouvoir en découdre avec le « roi des arènes » Bombardier. Ses chances de succéder le B 52 sur le fauteuil se sont beaucoup amenuisés ; dans la mesure où un face à face entre ces deux ténors a peu de chance d’avoir lieu la saison prochaine. Il pourrait néanmoins se rabattre sur Lac de Guiers 2 qui le réclame, Tapha Tine et autre Baboye qui l’avait défait en 2009.

Diégane SARR

Sa Thiès freine Sitteu !

SA.THIES BAT SITTEUSa Thiès a surclassé Sitteu, samedi, au stade Demba Diop. Sûr de lui, le fils de Double Less a usé de ses qualités de bagarreur et de technicien pour se défaire du « phénomène de Lansar ».

En dépit des provocations répétées de son adversaire, Sa Thiès est resté le même. Le lutteur sûr de lui, ce gagneur dans l’âme qui marche sur son vis-à-vis dès le coup de sifflet de l’arbitre. On ne change pas une stratégie qui gagne ! Le petit frère de Balla Gaye 2 avait crié partout qu’il n’allait pas changer de registre et il a bien tenu parole.

Quelques secondes seulement après le rituel du balancement des bras, ce lutteur attaquant déclenche sa première offensive-éclair. Pris de court, Sitteu réagit un peu à l’aveuglette. Ses coups mal ajustés sont loin d’atteindre leur cible, encore moins de la déstabiliser. Première victoire psychologique de Sa Thiès qui contraint le « phénomène de Lansar » à battre en retraite.
Il sait que cette première bagarre tourne en sa faveur. Il donne pourtant du répit à son adversaire acculé en revenant sur le rond central. Mais en réalité, c’était pour mieux affiner sa stratégie. Dès la reprise, le petit frère de Balla Gaye 2 déclenche de nouveau les hostilités. Touché, Sitteu qui a du mal à fermer sa garde, échappe de peu au KO debout.

Il tente en désespoir de causer une entrée en jambes peu convaincante. Mais c’était aussi oublier que Sa Thiès était un spécialiste de la lutte pure et dure. Grâce à un hancher superbement bien exécuté, le fils de Double Less réussit à terrasser le poulain de Marx Mbargane. La chute ne souffre d’aucune ambigüité. Elle rappelle celle que Tyson avait essuyée contre Yékini il y a quelques années ou plus récemment celle que ce même Tyson avait subie contre le grand-frère Balla Gaye 2. Le visage ensablé, le coéquipier de Tidiane Faye se croit dans un mauvais rêve. Tout est allé très vite. Le verdict de l’arbitre central est, en tout cas, sans appel : victoire sans bavure de Sa Thiès. 

Le petit frère de Balla Gaye 2 poursuit ainsi son chemin de plus belle vers le cercle restreint des ténors, tel qu’il l’avait prédit lors du face-à-face d’avant-combat. Ne se comparait-il pas à l’eau qui ne dévie jamais de sa route ? Avec cette 12ème victoire, le jeune lutteur de Guédiawaye peut désormais revoir ses ambitions à la hausse. Malick Niang, Yékini jr et Baye Mandione sont de potentiels adversaires pour lui. De son côté, Sitteu qui a manifestement voulu sauter les étapes a raté son ambition d’intégrer l’antichambre des ténors. Il devra refaire ses preuves pour espérer un nouvel examen de passage pour entrer dans cette cour.

D. SARR

Un week-end de feu pour conclure !

30 Juil 2016
1175 times

Ce weekend, les amateurs de sports seront véritablement gâtés. Au moins trois gros pôles d’attraction retiendront leur attention aujourd’hui et demain. Entre les finales de Coupes du Sénégal de football (Niary Tally – Casa Sports à L.S. Senghor) et de basket masculin (As Douanes – Louga Bc, cette nuit à Marius Ndiaye) et les deux chocs de l’arène (Siteu – Sa Thiès aujourd’hui et Gris Bordeaux – Modou Lô demain à Demba Diop), il n’y aura pas d’occasion de s’ennuyer.
  Car, en plus de clôturer la saison nationale dans ces différentes disciplines sportives, ces affiches ont l’avantage d’être très populaires. Au basket, bien qu’en déplacement, les Lougatois ont décidé de faire de Marius Ndiaye leur fief. Ne s’y sentaient-ils pas déjà plus à l’aise que sur tous les autres parquets du pays, selon leur coach ? Au foot, la finale du jour oppose deux équipes aux supporters parmi les plus fidèles et qui assurent le mieux l’ambiance. Quant à la lutte, n’en parlons même pas ! Siteu qui entre en lice aujourd’hui passe pour être l’un des lutteurs les plus populaires de l’arène aux côtés de Modou Lô qui se produit demain. Et comme en face, Sa Thiès et Gris Bordeaux savent également drainer un monde fou, on est parti pour battre tous les records d’affluence. D’autant qu’après, ici et là, ce seront les vacances. Alors, même les spectateurs … neutres devraient faire le déplacement histoire de garder un dernier parfum de la présente saison, en attendant la prochaine.

Modou lo – gris bordeaux demain à demba diop : A quitte ou double !
Modou Lô - Gris Bordeaux va clôturer la fin de la saison de lutte avec frappe demain dimanche, au stade Demba Diop. Un remake après la première manche en 2012, qui avait tourné en faveur du sociétaire de Rock Energie. Alors que le lutteur des Parcelles assainies est en quête de rachat, le « troisième tigre de Fass » lui veut poursuivre dans sa belle série victorieuse.

Après Yékini-Lac de Guiers 2, il y a deux semaines, les amateurs de lutte auront droit, ce dimanche, à un autre choc de « gros bras » opposant Gris Bordeaux et Modou Lô. Les deux protagonistes qui se connaissent très bien pour s’être affrontés une première fois, auront la lourde tâche de clôturer en beauté la saison de lutte. Ils ont la responsabilité de servir un spectacle de qualité aux amateurs en guise d’au revoir ; en attendant l’ouverture prochaine de la saison.
Battu par pénalités lors de la première manche en 2012, le « troisième tigre de Fass » piaffe d’impatience de prendre sa revanche sur le lutteur des Parcelles assainies. En plus de lui permettre de laver l’honneur de Fass (Modou Lô a battu outre Gris Bordeaux, Papa Sow et Balla Diouf), un succès aux dépens du sociétaire de l’écurie Rock Energie pourrait le conforter davantage dans sa course au fauteuil. Il pourrait notamment voir son rêve d’affronter pour la seconde fois, le « B 52 » enfin se matérialiser avec comme enjeu, le titre de « roi des arènes ». En 2009, 5 ans avant son intronisation de roi, Bombardier avait mordu la poussière devant le successeur de Moustapha Gueye. Autrement dit, l’ex-poulain de Bassirou Babou a une revanche à prendre face au Fassois. C’est donc un combat qui s’impose. Il ne pourra pas esquiver éternellement l’enfant de Thicky. Depuis trois ans, Gris Bordeaux marche sur l’eau. Il a manifestement la bénédiction des dieux de l’arène, avec à son actif deux brillantes victoires d’affilée obtenues respectivement aux dépens de Baye Mandione, le « fou de Thiaroye Gueum sa bopp », et Mohamed Ndao dit Tyson. Confirmera-il cette belle série victorieuse contre le coéquipier de Khadim Gadiaga ? Pour l’heure, il est difficile à dire.
Face à un adversaire en quête de rachat, le poulain de Moustapha Guèye n’aura pas la tâche facile. Ce combat sera tout sauf une sinécure. Dominé la saison passée par Bombardier, le géant Mbourois, Modou Lô entend renouer avec le succès dès ce dimanche et rassurer ses nombreux supporters. Lui aussi n’a pas dit son dernier mot sur le titre ; même si sa première tentative il y a un an, s’est avérée infructueuse. Grand vainqueur à l’occasion du premier face à face, il tentera donc de venir à nouveau, à bout du « troisième tigre de Fass ». Comme pour son adversaire, un succès le relancerait dans la course et ramènerait l’espoir dans son camp. Auteur d’un 3-0 (victoires contre Gris, Papa et Balla) contre Fass, Modou Lô a incontestablement un ascendant psychologique sur le grand-frère de Gris 2. Cet avantage plaidera-t-il en sa faveur ?  Réponse demain après-midi.
Diégane SARR

siteu sa thiesSa thiès – Siteu aujourd’hui : Un duel sulfureux en perspective !

Après toute la tension qui a marqué l’étape de la préparation, Sa Thiès et Siteu vont vider leur contentieux aujourd’hui, au stade Demba Diop. Un duel électrique en vue !


L’affiche Siteu-Sa Thiès connaîtra son épilogue ce jour au stade Demba Diop. Après les joutes verbales et le show qui ont accompagné toute la préparation du combat, place désormais aux choses sérieuses : la bataille des muscles. Au vu des déclarations des protagonistes et de la très forte mobilisation des deux camps, on ne peut que s’attendre à un duel électrique, sur fond de rivalité entre Guédiawaye et Thiaroye. Une bonne entrée certainement pour les amateurs, en attendant le choc des chocs demain sur le même site qui met aux prises Gris Bordeaux et Modou Lô. Tous deux, tombeur de Zarco (écurie Grand Yoff Mbollo), le fils de Double Less et le « phénomène de Lansar » vont chacun, essayer d’avoir le dernier mot. Ce sont deux gagneurs dans l’âme. Deux techniciens aussi. Auteur de 12 combats, Sa Thiès en a remporté les 11 contre une seule défaite concédée contre Malick Niang, le « puncheur de l’écurie Ndakaru ». Un reluisant palmarès qui renseigne à souhait, sur les qualités du petit-frère de Balla Gaye 2. Puissant, véloce, bagarreur et technique, Sa Thiès est un athlète complet. C’est le digne fils de son père. Toujours sûr de lui, il a promis de marcher sur son adversaire afin de poursuivre de plus belle, sa longue marche vers le cercle restreint des ténors. Chose que n’entend pas de cette oreille, le jeune coéquipier du « Pr » Tidiane Faye. Bien dans son statut de challenger, le frère de Thiaat (école de lutte Boy Bambara) veut continuer à surprendre. Il s’est lui aussi forgé une réputation d’as de la lutte doublé d’un bagarreur. Dernier tombeur de Zarco, il vise une 10ème victoire afin de rendre la monnaie de la pièce à ses nombreux fans. Un tel résultat serait une très grosse opération pour le lutteur de l’écurie Lansar.

D. SARR


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.