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Lutte (243)

En signant sa énième prouesse dimanche dernier lors de son face-à-face contre Tonnerre, Moussa Ndoye a confirmé qu’il était un digne successeur de Mbita Ndiaye, l’ancien lutteur de Yarakh. Jeune, technique et décomplexé, il peut aussi compter sur le soutien indéfectible de toute la commune de Hann Bel Air qui avait longuement attendu la réalisation de la prophétie.
Telle Kakou Ananzé, l’araignée, ce personnage très futé dans « Le Pagne noir » de Bernard Dadié, Moussa Ndoye tisse sa toile dans l’arène. Lentement mais sûrement. Dernière prouesse en date du jeune porte-étendard de l’écurie Yarakh, sa brillante victoire dimanche aux dépens de Tonnerre. Béni et adoubé par tout Yarakh, il n’a pas tremblé une seule fois, face au pensionnaire de l’écurie Pikine Mbolo réputé pourtant pour ses coups de poings ravageurs (Yékini Jr ne nous démentira). Comme lors de ses précédents face-à-face, le coéquipier de Kadd Gui a puisé dans sa témérité et son solide registre technique pour battre son adversaire avec la manière. Car, Moussa Ndoye n’a pas seulement remporté une victoire sur le lutteur de Pikine. Il a aussi dominé ce dernier dans la bagarre, montrant une nouvelle facette de lui : celle d’un redoutable cogneur. Le « dragon rouge » de Pikine se souviendra d’ailleurs, longuement de cette soirée cauchemardesque où pour échapper aux flèches du chasseur Moussa Ndoye, il détala comme un lapin. Sauf que ses grandes enjambées ne lui avaient finalement servi à rien, avec le résultat que l’on connaît.
 En venant à bout de Tonnerre, Moussa Ndoye confirme une fois de plus, qu’il faudra compter avec lui. L’avenir de l’arène ne se fera pas sans lui. Jeune et fin technicien, ce lutteur décomplexé peut aussi compter sur le soutien indéfectible de toute la commune de Hann Bel-Air qui n’avait jamais perdu espoir de voir la prophétie enfin se réaliser : l’arrivée du successeur du légendaire Mbita Ndiaye.  Lutteur talentueux au palmarès élogieux, doublé d’un cogneur hors-pair, ce dernier avait fait les beaux jours de l’écurie Fass, tout en étant le digne ambassadeur de Yarakh. Avec Mbaye Guèye, Toubabou Dior, Birahim Ndiaye et autres Mor Fadam, il avait fortement contribué à la réputation de cette mythique école de lutte. Toutefois, Mbita Ndiaye fut l’arbre qui cachait le désert. Pour preuve, depuis qu’il avait pris la retraite, il n’y avait véritablement personne pour continuer à tenir haut le flambeau. Le courageux et très show Kadd Gui s’y était essayé sans grand succès. De même, l’espoir de voir le jeune Africa marcher sur les traces de « Père Mbita » s’est mué en chimères et en chagrin. Bel athlète avec sa morphologie qui rappelle un peu de celle de Gouye gui, Yoro Sidibé, de son vrai nom, n’a jamais réussi à se faire respecter, en raison de défaites, les unes plus cruelles que les autres. Un vrai gâchis.
  Avec Moussa Ndoye, cette série de déceptions semble donc relever du passé. En six ans seulement, il a réussi à se faire une belle notoriété dans l’arène. Tout a commencé en 2010 lorsque Gaston Mbengue, dénicheur de talents par excellence, l’a sorti de l’anonymat pour l’intégrer dans son prestigieux Championnat de lutte avec frappe (Claf).  Contre toute attente, Moussa Ndoye aligna trois victoires d’affilée. Ses victimes ont pour noms Mamady Ndiaye, Modou Anta et Bébé Saloum, trois lutteurs qui s’étaient déjà forgé une réputation de grands techniciens. Il est finalement battu en finale, les armes à la main, face au redoutable Malick Niang. Mais Moussa Ndoye était déjà entré dans le panthéon des grands champions de Yarakh. La saga de ce jeune ne faisait pourtant que commencer. Il bat Dolph en 2012 puis Alioune Sèye 2 la saison suivante, tous deux de gros calibres.
  Avec ce nouveau succès de taille acquis contre Tonnerre, une énième prouesse, Yarakh pense sans doute que son heure a sonné dans l’arène. Après Guédiawaye avec Balla Gaye 2, Modou Lô, pour les Parcelles, Ama Baldé pour Pikine, Hann Bel Air tient son digne ambassadeur. Un champion est né !

Diégane SARR


En se faisant aisément terrasser par Zarco le week-end dernier, Bathie Séras semble avoir sérieusement compromis le peu de chances qui lui restaient encore pour revenir au-devant de l’arène. Il a décidé de jeter l’éponge et de prendre sa retraite anticipée.
Battu dimanche dernier par Zarco, Bathie Séras a décidé de mettre un terme à sa carrière. « Je vais arrêter la lutte », a-t-il dit, la mine triste aussitôt après le face-à-face avec le lutteur de l’écurie Grand-Yoff Mbolo. Décision mûrement réfléchie ou simple sentiment de frustration ? Toujours est-il que cette défaite du « magicien de Guinaw Rails » était celle de trop et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Même si face au puissant Zarco, une victoire du lutteur de « Guinaw Rails » aurait été un véritable coup de tonnerre, la différence de poids entre les deux protagonistes étant manifeste. En réalité, depuis qu’il a envoyé le leader des bérets verts, Boy Kairé à la retraite, le 25 décembre 2011, Bathie Séras n’a plus goûté au moindre succès. En lieu et place, il a connu un nul face à Rock Mbalakh (combat sans verdict) et essuyé deux défaites d’affilée respectivement contre Modou Anta et Zarco. Et pour ne rien arranger, il a été emprisonné il n’y a pas longtemps, pour association de malfaiteurs, avant d’être libéré à quelques mois seulement de son combat contre le chef de file de l’écurie Grand-Yoff Mbolo. C’est dire qu’il n’a pas eu le temps de bien préparer sa sortie face à Zarco, annoncée comme étant celle de la réhabilitation.
  Autant de moments difficiles qui ont sans doute poussé le lutteur de « Guinaw Rails » à vouloir anticiper sa retraite, comme il l’a fait savoir. D’autant plus que l’âge ne semble plus être un allié pour Bathie Séras qui a fait son entrée un peu tardivement dans la lutte, il y a dix ans. Lutteur show man, le « magicien de Guinaw Rails » a tout été sauf un foudre-de-guerre.  Il a tout surfé sur son côté show, ses belles chorégraphies, pour se faire un nom et une marque dans l’arène. C’est lors de la saison 2007-2008 qu’il s’est fait connaître des amateurs à la faveur du Championnat de lutte avec frappe (Claf). Enrôlé dans cette compétition par le promoteur de lutte Gaston Mbengue, il se fait notamment remarquer grâce à un retentissant KO contre Zoss. Ce qui n’empêcha cependant pas le leader de l’écurie « Door doraat » de disputer et de perdre la finale contre Lac de Guiers 2. Après cette victoire sur le grand-frère de Garga Mbossé, Bathie Séras qui a décidément du mal à aligner les succès, retombe sur les travers de la défaite. Il connut une série noire avec trois revers d’affilée face à Zoss qui prenait sa revanche, Papa Sow et Boy Sèye. Des défaites qui avaient fini par l’enfoncer dans les profondeurs de l’abysse en lui faisant passer des années blanches. Face à Zarco, Bathie Séras semble avoir sérieusement compromis le peu de chances qui lui restaient encore de revenir au-devant de l’arène. C’est ce qu’il a peut-être compris en annonçant, sur un coup de tête, sa décision de quitter l’arène. Sauf que d’autres lutteurs ont annoncé avant lui, leur départ, avant de revenir finalement sur leurs propos.

Diégane SARR


Le combat revanche entre Modou Lô de Rock Energie et Gris Bordeaux le Tigre de Fass est presque ficelé par Pape Abdou Fall. Longtemps démarchée sans succès par les promoteurs, l’affiche est sur le point d’être scellée des œuvres de Paf production, qui aurait trouvé un terrain d’entente avec les deux lutteurs afin de satisfaire les amateurs de lutte et supporters des deux camps. « J’avais déjà l’accord de Modou Lô et l’écurie Fass vient d’accepter le duel », a-t-il fait savoir hier dans l’émission « Jogganté ». Abasse Ndoye, le président de l’écurie, a confirmé l’information. « Oui, Pape Abdou Fall a ficelé ce combat et je le félicite. Les choses ont tardé parce que j’étais en voyage, mais nous avons maintenant reçu notre avance ».
Du côté de Rock Energie, Birame Gningue a souligné également que Modou Lô a donné son accord de principe depuis des mois à Pape Abdou Fall. « On attendait que Fass confirme. Maintenant, on peut dire que le combat est ficelé. Il reste juste quelques réglages à faire ».
Le combat prévu au mois de juillet sera sûrement l’un des plus explosifs de la saison. Et pour cause, le leader de l’écurie Fass revient d’une belle victoire devant le leader de la génération Boul Faalé, Mouhamed Ndao Tyson. Un retour réussi qui lui avait valu des éloges de son écurie. Battu par Modou Lô le 15 juillet 2012, sur décision arbitrale, le Tigre de Fass voudra donc prendre sa revanche et confirmer son statut de leader. Cependant, le Rock des Parcelles assainies revient d’un revers contre Bombardier, la défunte saison.
En chute libre depuis lors, Modou Lô est conscient qu’il n’a plus droit à l’erreur s’il veut garder sa place dans le cercle des « Vip ».
Son come-back cette saison est d’ailleurs très attendu par ses nombreux supporters.  

Absa NDONG


Le promoteur Pape Abdou Fall a organisé, hier, sa première sortie de la saison. Le grand combat entre Moussa Ndoye et Tonnerre a tourné en faveur du sociétaire de l’écurie Yarakh qui scelle son granad retour à la suite de deux années blanches d’affilée. En combat spécial, Zarco a, sans surprise, battu Bathie Séras. Le lutteur de l’écurie Grand-Yoff Mbollo se refait ainsi une santé, après son revers contre Sitteu.
La magie de Bathie Séras n’a pas fonctionné !
Le « magicien de Guinaw Rails », Bathie Séras, a-t-il perdu ses pouvoirs occultes, si tant est qu’il en ait ?
En tout cas hier,  sa supposée « magie » n’ a pu le tirer d’affaires face à un Zarco déterminé à se refaire une nouvelle santé, après sa défaite controversée la saison dernière devant Sitteu. Les choses sont allées très vite ; même s’il aura fallu que l’arbitre rappelle à l’ordre les deux protagonistes. Et pour cause, Bathie Séras et Zarco se sont contentés de s’observer lors du premier round, ne prenant aucune initiative qui pourrait se retourner contre eux. Après l’avertissement verbal de l’arbitre, Zarco décide de prendre le combat à bras le corps. Il mime une frappe et enchaine aussitôt avec une entrée en jambes éclair qui fera mouche. Pris au dépourvu, Bathie Séras n’a pas eu le temps de faire appel à sa ruse et de contrer l’attaque de son jeune adversaire. Il n’a rien vu venir et la chute est sans bavure. Au grand bonheur du lutteur de Grand-Yoff et de ses supporters qui jubilent. En réalité, la défaite du « magicien de Guinaw rails » n’a pas surpris les observateurs.
Bien au contraire, c’est une chute de Zarco qui aurait été un véritable coup de tonnerre. Entre ces deux-là, le combat était déséquilibré, avec d’un côté, un vieillissant Bathie Séras et de l’autre, un Zarco jeune, à la fois plus grand par la taille et plus fort sur le plan physique. Grâce à cette victoire étincelante, le lutteur de Grand-Yoff scelle son retour en force dans l’arène. Tout le contraire de sa victime qui continue de dégringoler de plus belle.

Le « dragon rouge » transformé en gibier !
Le « dragon rouge » de Pikine n’a pas craché du feu face à Moussa Ndoye. Au contraire, Tonnerre n’a été que la proie du « chasseur » de Yarakh qui ne lui a pas laissé le temps d’user de son venin mortel. Quelques secondes après la traditionnelle séance d’observation, Moussa Ndoye qui n’est pas connu pour être un cogneur, surprend son monde, en mettant presque KO, le Pikinois. Plutôt que de prendre des risques en répliquant par des coups, le sociétaire de Pikine Mbollo préfère prendre la poudre d’escampette. Il réussit à force d’enjambées, à s’extirper des griffes du pensionnaire de l’écurie Yarakh, mais pas pour longtemps. A la reprise des hostilités, Moussa Ndoye conscient d’avoir le combat en mains, met la pression sur son adversaire. Le lutteur de Yarakh tente une entrée en jambes comme il sait si bien le faire ; mais est stoppé net par son adversaire de Pikine. Ils s’aggrippent. C’est le moment choisi par Moussa Ndoye pour sortir de son registre fouillé un hancher qui ne laissa aucune chance à son vis-à-vis. La chute de Tonnerre est limpide comme l’eau de roche. Après deux années blanches, Moussa Ndoye scelle ainsi son grand retour dans l’arène. Sa dernière victoire remontait à 2012 lors de son face-à-face contre Alioune Seye 2. En revanche, le « dragon rouge » de Pikine, défait il y a deux ans par Garaga Mbossé, poursuit sa descente aux enfers.

Diégane SARR


Bathie serasBathie Séras-Zarco, Tonnerre-Moussa Ndoye…C’est le menu d’un dimanche de feu demain au stade Demba Diop. Le gala de lutte organisé par le promoteur Pape Abdou Fall est très attendu par les supporters des quatre lutteurs.

Prévue ce dimanche au stade Demba Diop, l’affiche mettant aux prises Bathie Séras et Zarco présente des enjeux de taille. Battu tous les deux lors de leur dernière sortie (Bathie Séras par Rock Mbalakh et Zarco par Sitteu), ils sont chacun en quête de réhabilitation. Pour Bathie Séras qui a déjà été vaincu par un papy, Rock Mbalakh, lors de son dernier combat, cette confrontation contre le chef de file de l’écurie Grand-Yoff Mbollo est sans doute une question d’honneur. En effet, une deuxième défaite d’affilée face à un lutteur de la jeune génération compromettrait dangereusement son avenir dans l’arène, puisqu’elle accroîtrait le fossé qui le sépare de ses camarades de promotion parmi lesquels Balla Gaye 2 et Tapha Tine sont les plus en vue. Bathie Séras a, en effet, pris part, aux côtés du « Lion de Guédiawaye », du géant de Baol, d’Issa Pouye, de Balla Diouf et de Boy Sèye, au Championnat de lutte avec frappe (Claf) organisé en 2007 par le promoteur de lutte Gaston Mbengue. Conscient que ce combat contre Zarco est important pour la suite de sa carrière, Bathies Séras veut, d’après ses propos, prouver aux amateurs de lutte qu’il a toujours sa place dans l’arène.

Rusé et technique, il est en tout cas capable de réussir un coup de maître face à Zarco, en dépit de sa petite taille qui constitue son talon d’Achille. L’autre aspect qui suscite inquiétude chez Bathie Séras est son état de forme. Contrairement à son adversaire qui dispute régulièrement des combats ces dernières années, le lutteur de Guinaw Rail n’est pas très compétitif.

  Face au chef de Grand Yoff Mbollo, Bathie Seras devra aussi avoir une bonne garde dans la mesure où son adversaire s’est forgé une réputation de grand cogneur. En effet, fougueux, confiant et coriace, Zarco fait partie des lutteurs les plus redoutés de l’arène. L’ancien coéquipier de Modou Lô est réputé également très tenace. Battu la défunte saison par Siteu de Lansar d’une manière très controversée, le jeune lutteur aura à cœur de se racheter face à Bathies Séras auprès de ses nombreux supporters. Ce combat est très particulier pour lui qui se définit comme « un ordinateur (qui) programme tout à l’avance ».

L’autre combat de demain oppose deux lutteurs qui ont passé une année blanche la défunte saison et qui ont un retard à rattraper par rapport aux lutteurs de leur génération. C’est dire que ce sera chaud entre Tonnerre de Pikine Mbollo et Moussa Ndoye de l’écurie Yarakh. Le premier est l’un des lutteurs les plus redoutés de l’arène, un grand bagarreur doublé d’un fin technicien. Le tombeur par K.O de Yékini Junior ne compte donc pas perdre ce duel face à Moussa Ndoye à qui il a promis « une grande surprise ». Cependant, le défi auquel il fait face est énorme contre le chef de file de l’écurie Yarakh. Après des débuts époustouflants dans l’arène avec en prime, une place enviée de vice-champion du Claf 2012, ce dernier continue son chemin lentement mais surement. Après une année blanche, le jeune lutteur promet de faire un retour en force. Car il dispose d’atouts solides pour se tirer d’affaire. Doté d’un bon registre technique, il sait prendre son vis-à-vis au dépourvu avant de lui dicter sa loi, comme ce fut le cas lors de ses combats contre Modou Anta, Mamady Ndiaye et Bébé Saloum. En outre, sa bonne garde lui permet de déjouer sans difficultés les attaques adverses.

L’autre atout dont il peut tirer grand profit est sa jeunesse et sa fraîcheur physique qui peuvent être déterminantes face à un adversaire plus âgé que lui.

Absa NDONG


altLes quatre athlètes en lice dans le tournoi Tnt de lutte ont connu des fortunes diverses au terme de cette compétition. Avec trois victoires en autant de sorties, Ama Baldé a certainement validé son passage dans le cercle restreint des ténors. Deuxième du tournoi, Tapha Tine a, dans l’ensemble, réussi une bonne performance. Quant à Gouye Gui auteur d’une seule victoire, il a raté l’occasion d’entrer dans la cour des grands. Bon dernier, Zoss a connu une véritable chute libre. Ses chances d’intégrer le cercle des « Vip » s’amenuisent davantage.

Ama Baldé, le grand gagnant

Attendu comme un potentiel vainqueur du tournoi de lutte de la Tnt, Ama Baldé n’a pas déçu ses supporters. Il a été à la hauteur des attentes. Mieux, le chef de file de l’école de lutte Falaye Baldé a été le grand gagnant de cette compétition. Il a remporté tous ses trois combats. Non sans y mettre la manière qui sied. On se rappellera toujours cette véritable leçon de lutte qu’il avait administrée à l’occasion de son face-à-face contre Tapha Tine, lors de la deuxième journée. Ce jour-là, le « géant du Baol », confiant comme à son habitude, n’avait rien vu venir. Tel un éclair, Ama était passé entre les mailles de ses longues jambes pour facilement prendre le dessus sur lui. Pris au dépourvu, Tapha Tine ne pouvait que constater les dégâts, comme ce fut le cas lors de son face-à-face avec Balla Gaye 2. Un chef d’œuvre !
Tout au long de cette compétition, Ama Baldé a affiché son envie de remporter le tournoi et montré qu’il a gagné en expérience et en maturité. En aucun moment, il n’a douté de lui, prenant à chaque fois les devants, en bon attaquant. Désormais, le fils de Falaye Baldé, brillant vainqueur de cette compétition, peut, en toute logique, revendiquer sa place parmi les ténors. A tout seigneur, tout honneur ! Et au lendemain de sa victoire sur Gouye Gui, il n’a pas tardé à réclamer Lac de Guiers 2, Modou Lô ou encore Gris Bordeaux pour ses prochaines sorties. « J’avais toujours refusé d’affronter Ama Baldé. Je n’ai eu de cesse de lui demander d’arrêter de me défier. Mais il continue à le faire. La sortie qu’il a faite me citant parmi ses potentiels adversaires me pousse à changer d’avis. Pour être bref, je suis prêt à me mesurer à lui. J’ai décidé d’affronter Ama Baldé à partir d’aujourd’hui. Je n’ai jamais voulu que ce combat se tienne, mais le lutteur de Pikine a cherché cette confrontation et il l’aura. Je veux ce combat en 2016 », a réagi Lac de Guiers 2 au défi que lui a lancé le frère de Jules Baldé. Le puncheur de Walo soutient également ne pas être l’égal du vainqueur du tournoi de la Tnt. « J’évolue un cran au-dessus de lui. Je n’allais pas le croiser parce qu’il y a un lien de parenté entre nous, mais du moment qu’il n’en tient plus compte, on va donc s’affronter », a-t-il conclu.
Pour l’écurie Fass, les choses sont simples : Ama Baldé doit d’abord passer par Papa Sow avant de vouloir prétendre affronter leur leader Gris Bordeaux.« Ama Baldé a lancé ses défis ; mais nous faisons comme si nous n’avons rien entendu. Il a fait un bon parcours dans le tournoi de la Tnt ; on n’en disconvient pas. Il est euphorique après ses prestations ; raison pour laquelle il défie Gris Bordeaux. Au niveau de Fass, on n’y pense même pas », soutient Abasse Ndoye le président de l’écurie. D’après toujours ce dernier, le fils de Falaye Baldé a raison de dire que les amateurs de lutte veulent un derby Fass-Pikine. Car ce sont toujours de belles affiches. « Mais dans ce cas, s’il y tient vraiment, il n’a qu’à défier Papa Sow. Si ce dernier accepte de l’affronter, on verra bien », a-t-il proposé. Selon Abasse Ndoye, Ama Baldé se trompe s’il croit qu’il a devancé Papa Sow.
« Il a toujours voulu croiser le Puma. On attendra de voir s’il dira oui. Pour ce qui est de Gris Bordeaux, il n’en est pas question. C’est la position de Fass ». Une position que partage le camp de Rock Energie concernant leur Leader Modou Lô. Ce dernier a fait une sortie dans la presse pour recadrer son jeune adversaire. Il a fait savoir, en effet, qu’il ne regarde pas dans le rétroviseur. « J’ai lutté avec des lutteurs plus coriaces qu’Ama. Pour l’heure, je ne peux pas le prendre comme adversaire. Je ne vais pas revenir en arrière. Il doit savoir que je ne suis pas son égal. On ne boxe pas dans la même catégorie ». De l’avais de « Kharagne Lô », Ama Baldé a encore un long parcours à faire avant d’espérer le croiser dans l’arène.

Tapha Tine, le retour ?
  Comme Ama Baldé, Tapha Tine était considéré comme un potentiel vainqueur du tournoi de la Tnt. Son palmarès justifiait cette attente que ses supporters avaient à son endroit. Il y a quatre ans, il avait battu l’actuel « roi des arènes », Bombardier ; ce qui en disait long sur ses capacités de remporter cette compétition. Mais, sa défaite lors de la deuxième journée contre Ama Baldé l’a empêché de s’adjuger ce tournoi. Imprévisible, Tapha Tine a encore montré qu’il était capable du pire comme du meilleur. Avec deux succès à son actif dont une acquise lors de la 3ème et dernière journée aux dépens de Zoss, le « géant du Baol » peut tout de même espérer voir sa carrière prendre un nouvel élan.
Sa lourde défaite en 2013 face à Balla Gaye 2, à l’époque « roi des arènes », l’avait plongé dans les profondeurs de l’abysse et il avait passé une année blanche durant la saison suivante, à savoir 2013-2014. C’est dire que ce tournoi de la Tnt était pour lui pour une bonne occasion de se relancer dans la course. Pari réussi donc en dépit du revers concédé devant Ama Baldé, finalement grand vainqueur de la compétition. Fort de ses deux succès, il peut espérer ne pas chômer longtemps. Lors de cette dernière journée dimanche passé, il avait défié publiquement Balla Gaye 2 pour un combat revanche. Sauf qu’à l’heure actuelle, il a peu de chances de rencontrer le fils de Double Less. Obnubilé par la reconquête du titre, Balla Gaye ne devrait pas se hasarder à accorder une chance au porte-étendard de l’écurie Baol ; combat qui n’aurait aucun enjeu pour lui. Mais Tapha Tine pourrait trouver d’autres adversaires que le « lion de Guédiawaye ». Il peut légitimement réclamer un combat contre Bombardier, sous le prétexte d’une revanche. Un défi que devrait pouvoir accepter le « roi des arènes » qui a l’obligation de laver l’affront que lui avait fait subir le pensionnaire de l’écurie Baol. Gris Bordeaux, Eumeu Sène et Modou Lô constituent aussi de potentiels adversaires pour lui.

Gouye Gui, le passage raté
Le roi du « Simpi » n’avait cessé d’afficher son envie d’intégrer la cour des grands, défiant, à un moment même, les poids lourds Yékini et Bombardier.
Il devra repasser. Et pour cause, s’il a pu prendre sa revanche, avec la manière, sur Zoss en lui infligeant un retentissant KO, il a courbé l’échine face à ses deux autres adversaires, Tapha Tine et Ama Baldé. Deux défaites en trois sorties qui ont fini par lui fermer la porte des « Vip » ; en attendant un nouvel examen pour intégrer ce cercle restreint. Présentement, il n’a aucune chance de croiser le fer avec les ténors. Et ces derniers qui ne sont pas des enfants de chœur, ne lui tendront certainement pas la perche. Surtout qu’ils lorgnent tous la couronne de Bombardier. Comme son bourreau Ama Baldé, Gouye Gui devra prouver qu’il est à même d’affronter les « gros bras ». Il reste donc dans l’antichambre des ténors. Jeune, le poulain de Mor Fadam a encore le temps pour faire son introspection et se refaire une nouvelle santé.
Il devra également soigner son image, agir en professionnel, avec raison et non sous le coup de la colère, de l’impulsion et de la fougue.
Autant de défauts qui n’ont cessé de lui coûter cher. A l’antichambre des ténors, il devrait retrouver de potentiels adversaires comme Papa Sow, Baye Mandione, Boy Niang 2 etc.

Zoss, le purgatoire
Trois défaites en autant de sorties. Le parcours de Zoss dans ce tournoi a été catastrophique. Pire, la lanterne rouge de cette compétition a payé de sa chair son audace, face à des adversaires déterminés à le ramener à sa place. Après un KO reçu contre Gouye Gui, à l’occasion de la deuxième journée, le grand-frère de Garga Mbossé a été malmené puis battu à plate couture lors de la dernière journée par Tapha Tine. Sans oublier son revers de la première journée où il a été dominé sur tous les plans par Ama Baldé. Mais cette piètre prestation du Parcellois a-t-elle surpris les amateurs ? Handicapé par sa petite taille, le chef de file de l’écurie « Door Doraat » avait, en réalité, peu de chances de s’en sortir face à des géants décidés à se faire respecter. A l’image de Gouye Gui, il reste dans l’antichambre des ténors. S’il a peu de chances de rencontrer Papa Sow qui l’a battu à deux reprises, il peut compter, entre autres, sur Boy Niang 2 et Gouye Gui pour se refaire une nouvelle santé.
Reste à savoir s’il acceptera de donner une revanche à Boy Niang qu’il a battu, il y a trois ans, et d’affronter le poulain de Mor Fadam pour la quatrième fois de leur histoire. Vu sa taille relativement petite, les chances de Zoss d’intégrer le cercle prestigieux des « Vip » semblent minces.

Par Diégane SARR & Absa NDONG

LIGNES LIBRES
Un tournoi qui a grandi trop vite ?
Le tournoi Tnt de lutte en a mis du temps, mais il a fini par livrer ses ultimes verdicts, dimanche dernier avec le sacre d’Ama Baldé. Etalé sur deux saisons, il a failli un moment aller disputer sa « finale » en Gambie, avant de se trouver un créneau pour rester à Dakar. Sans compter les nombreux reports de la troisième et dernière journée qui devait initialement être disputée en fin de saison dernière. Tout laisse croire donc que les organisateurs ont eu de vrais soucis de tous ordres pour mener cette compétition à son terme. Le lancement de la Télévision numérique terrestre (Tnt) censée révolutionner le monde de l’audiovisuel au Sénégal valait bien tous les sacrifices, mais n’est-on pas allé trop vite en besogne ? A l’énoncé des noms des quatre gladiateurs appelés à se disputer les honneurs, le monde de la lutte avait bruyamment applaudi. Surtout qu’à la cérémonie de lancement, un des responsables avait parlé d’un budget « plus proche du milliard de francs que de 500 millions de francs ».
  Ça nous changeait des « petits-frères » de ce tournoi, les « Arena Tour » qui, de 2011 à 2014, avaient regroupé des lutteurs pas très aguerris, pour ne pas dire des seconds couteaux. Mais tous avaient été menés à terme sans problèmes majeurs. Même la dernière édition de la série qui avait intéressé 32 lutteurs répartis en différentes poules et qui avait finalement consacré Mor Yékini aux dépens de Visa. La saison passée donc et malgré une arène nationale frappée par une certaine crise née de l’annonce du retrait des principaux sponsors et bailleurs de fond de la lutte, la Rdv n’avait pas hésité à plonger. C’était tout à son honneur. Sauf qu’à l’arrivée, elle semble avoir laissé des plumes dans l’opération, même si certains responsables de l’organisation que nous avons tentés de joindre ont préféré ne pas se prononcer « pour le moment ». Le temps peut-être de se remettre de leur indigestion à force de vouloir (se) servir plusieurs plats d’un menu des plus copieux.
  On attend donc l’heure du bilan officiel et de savoir le sort qui sera réservé à cette compétition lancée l’année dernière, mais qui a eu le mérite de donner aux amateurs de lutte les premières grosses affiches de cette saison. Qu’importe si le feu d’artifice espéré comme apothéose, dimanche dernier, a tourné court. La faute à Zoss et à Gouye Gui qui n’étaient apparemment pas encore revenus de leurs longues vacances, la deuxième journée s’étant disputée en mai 2015.

B. Khalifa NDIAYE


Faut-il que Gouye Gui se fasse toujours illustrer de la plus triste des manières ? Comme lors de son face-à-face contre Zoss, il y a deux ans, le protégé de Mor Fadam a servi une parodie de combat face à Ama Baldé. Une connerie cher payée. La fin de ses incantations ?
  Tout ça pour ça ! L’issue grotesque du combat entre Gouye Gui et Ama Baldé, dimanche dernier, a sans doute laissé un goût amer aux amateurs. Venus nombreux au stade Demba Diop pour suivre ce régal annoncé, ces derniers s’attendaient à tout sauf à cette parodie de face-à-face dont le coupable n’est autre que le poulain de Mor Fadam. Mais s’il y a quelqu’un qui devrait être déçu, c’est bien le promoteur qui a investi une centaine de millions de francs sur le lutteur de Guédiawaye pour, en fin de compte, n’avoir droit qu’à cette piètre prestation de sa part. Drôle de retour sur investissement ! A en rire ou en pleurer ? En showman qui sait enflammer le public par ses déclarations à la fois fracassantes et électrisantes, Gouye Gui avait pourtant promis l’enfer au fils de Falaye Baldé. Il avait fait du dilatoire comme il sait le faire, en refusant d’aller lutter en Gambie, quand son adversaire était prêt à y aller. A l’arrivée, la montagne a accouché d’une souris et il a ravalé ses propres propos. Au grand bonheur d’Ama Baldé qui n’a pas eu besoin de forcer son talent pour prendre sa revanche. Car, c’est sur un plateau d’argent que le jeune lutteur de Pikine a remporté cette victoire tombée dans son escarcelle comme un fruit mûr. En se livrant à ses fameuses incantations devenues un rituel, alors que l’arbitre central avait fini de donner le coup d’envoi du combat, Gouye Gui croyait naïvement qu’Ama allait le laisser faire, comme le lui permettaient souvent ses adversaires. Erreur ! Le petit frère de Jules Baldé, sans doute bien conseillé et déterminé à en finir avec lui, ne tarda pas à ouvrir les hostilités avec un crochet sur la tempe du coéquipier de Sa Cadior 2. Gouye Gui simule aussitôt un KO, espérant influencer l’arbitre en sa faveur. Ce qu’il ne savait pas, s’il ne faisait pas simplement semblant, c’est qu’il venait de perdre le combat. Et l’arbitre Sitor Ndour n’hésite pas une seule seconde pour donner la victoire au lutteur pikinois. Manifestement, Gouye Gui n’en revient pas. Le fameux roi autoproclamé du « Simpi » accuse même l’arbitre de s’être « trompé » ! Comble de mauvaise foi, ou tout simplement ignorance du règlement de la lutte ? On verra s’il va déposer un recours.
  Une chose est sûre : le protégé de Mor Fadam commence à en faire trop avec ses conneries ; puisqu’il n’en est pas à son coup d’essai. Il y a deux ans, il avait bêtement perdu son face-à-face contre Zoss à qui il tendait la main, au lieu de prendre au sérieux son adversaire et le combat. Impitoyable, le chef de file de l’écurie « Door Doraat » lui broya un doigt et fut désigné vainqueur par décision médicale. Comme lors de cette confrontation contre Ama, le bouillant lutteur de Guédiawaye désigna l’arbitre qui a bon dos comme le coupable. Une fuite en avant. Au lieu de reconnaître ses erreurs, de se remettre en cause, Gouye Gui préfère se rabattre sur des bouc-émissaires, alimentant de plus belle la polémique. Le lutteur ne semble toujours pas réaliser qu’il évolue dans un milieu professionnel qui a ses règles strictes et où toute erreur se paie cash. Son comportement d’avant-hier indique que son encadrement technique a encore du pain sur la planche pour le sortir définitivement de l’amateurisme dans lequel il se débat. D’autant plus que tout porte à croire que le leader de l’école de lutte Mor Fadam ne maîtrise pas le règlement de la lutte, à défaut de faire preuve d’un manque de discipline. L’un dans l’autre, Mor Fadam et son staff devront travailler davantage pour faire de leur poulain un vrai professionnel. Qui agit non sous l’impulsion, la fougue, la colère mais à travers son cerveau. On ose tout de même espérer que la leçon que lui a infligée Ama Baldé lui servira pour ses futures sorties. La fin de ses incantations ? Rien n’est moins sûr.
Le lutteur y tient comme à la prunelle de ses yeux. Au risque de se faire de nouveau prendre à son propre jeu…

Diégane SARR

Jules Baldé : « Ama Baldé n’affrontera jamais Lac de Guiers 2 »
Après sa victoire-éclair dimanche dernier au stade Demba Diop face à Gouye Gui en finale du Tournoi Tnt, Ama Baldé avait publiquement défié Gris Bordeaux, Modou Lô et Lac de Guiers 2. Mais pour Jules Baldé, son petit-frère ne se mesurera jamais à ce dernier qui est un parent.  « Qu’Ama ait défié Lac 2 m’a fait très mal. Mais il ne l’affrontera jamais. Notre défunt père, Falaye Baldé, n’a jamais voulu de ce combat. Il m’avait dit que Balla Gaye 2, Less 2, Sa Thiès et Lac 2 font partie de la famille. Ils sont comme des frères », a-t-il précisé avant-hier. D’après Jules Baldé, Lac de Guiers 2 a peut-être commis une erreur en aidant Gouye Gui dans la préparation de ce combat, mais ce n’est pas une raison pour le défier publiquement. « Tant que je serai vivant, ces deux-là ne s’affronteront pas ! ». Concernant la victoire de son frangin sur Gouye Gui, Jules Baldé a soutenu que, comme tout le monde, il est resté sur sa faim. « Une victoire est certes une victoire, mais on voulait que Gouye gui fasse preuve de courage. Il n’est pas sportif. Il a gâché la fête que les organisateurs voulaient en casquant des dizaines de millions de francs dans ce tournoi. Gouye Gui devait se montrer à la hauteur de l’événement. Car, je voulais qu’Ama lui montre qu’il lui était de loin meilleur ».

A. NDONG


Vainqueur du tournoi Tnt, après sa victoire éclair sur Gouye Gui avant-hier au stade Demba Diop, Ama Baldé est actuellement le lutteur le plus en vue de l’arène. En effet, il a enchaîné trois belles victoires face à Zoss, Tapha Tine et Gouye Gui. Ama Baldé affirme cependant être déçu de la tournure de son duel contre le protégé de Mor Fadam. D’après lui, Gouye Gui voulait une chute facile, c’est pourquoi il a fait son cirque. Pour ce qui est de la suite de sa carrière, le frangin de Jules Baldé se dit prêt pour Gris Bordeaux, Modou Lô et Lac de Guiers 2.

Vous avez pris votre revanche sur Gouye Gui. Comment vous sentez-vous ?
Bien sûr que je savoure, bien que je sois partagé entre joie et déception. La tournure du combat ne m’a pas du tout plu. Les gens attendaient beaucoup de ce duel, mais à l’arrivée, la montagne a accouché d’une souris. On ne peut que rendre grâce à Dieu. Je suis persuadé que je pouvais battre Gouye Gui d’une autre façon. La préparation a été longue et difficile. J’avais gardé beaucoup de choses que je voulais démontrer. Seulement, je n’en ai pas eu l’occasion.

Gouye Gui conteste sa défaite. Il soutient que l’arbitre n’avait pas sifflé...
Je pense que les gens ne sont pas dupes. Les images sont là pour prouver le contraire. Je n’ai fait qu’appliquer le règlement. L’arbitre a bel et bien sifflé. J’étais décidé à l’attaquer et c’est ce que j’ai fait en lui donnant un coup. Je n’allais pas rester là à le regarder faire ses incantations.

Votre coup de poing l’a-t-il bien touché ?
Non, ça l’a juste effleuré. Je l’ai frappé pour qu’il reste sur place afin de lutter. Gouye Gui a regardé l’arbitre avant de s’affaler au sol. C’est un comédien, ce gars. Il voulait avoir une victoire facile. Il n’a eu que ce qu’il méritait.   

Mais vos pratiques mystiques ne l’ont-elles pas déstabilisé ?
Au contraire. Gouye Gui avait tout misé sur les pratiques mystiques. Certains de mes supporters avaient même peur d’aller au stade car une rumeur courait selon laquelle mon adversaire m’avait atteint mystiquement. Il a fallu que je leur parle pour les rassurer.  

Laquelle de ces trois victoires dans ce tournoi vous a le plus marqué ?
Elles me plaisent tous car j’ai confirmé mon statut de leader durant ce tournoi. Zoss avait fait le vide chez les jeunes et j’ai réussi à le battre. C’est quelque chose d’extraordinaire. Le succès contre Tapha Tine représente aussi beaucoup pour moi. Il n’a battu que des champions dans l’arène. Contre Gouye Gui, je suis resté sur ma faim. Je voulais le battre autrement. Et il pourra trouver des excuses pour expliquer sa défaite, mais il a tout fait pour avoir une chute facile.

Vous étiez considéré comme un outsider lors de ce tournoi. Mais à la surprise générale vous avez déjoué tous les pronostics. Quel est votre secret ?
  Mon encadrement et mes amis ! Ils sont tout pour moi. Et si je suis là aujourd’hui, c’est en partie grâce à eux. D’ailleurs, je compte organiser un tournoi dimanche prochain. On va mettre en jeu le drapeau (Tnt) et ce sera une fête.

Pourquoi avez-vous pris du poids contre Gouye Gui ?
C’est simplement que j’ai bien bossé. Je suis le seul lutteur qui n’a pas d’heure fixe pour les entraînements. Jules Baldé peut me réveiller à n’importe quelle heure et j’exécute ses ordres. La préparation était difficile. Lorsque je me suis déshabillé au stade, tout le monde a vu que j’ai bien travaillé physiquement. Si j’ai gagné le tournoi, c’est parce que j’y ai cru jusqu’au bout. Pikine m’avait réclamé les 9 points et j’ai tenu à ma promesse. Mais je sais qu’il y a d’autres défis qui m’attendent.

Lesquels ?
Il me reste beaucoup de choses à faire dans l’arène. Je suis jeune et il me faut prouver davantage. Je veux affronter Gris Bordeaux, Modou Lô ou Lac de Guiers 2. Je l’ai dit et redit.

Mais votre grand frère Jules Baldé affirme que vous n’affronterez jamais Lac 2. Vous défiez son autorité ?
Jules est mon grand-frère et il se comporte comme tel, mais si mon chemin croise celui de Lac 2, on va s’affronter. En tout cas, je suis prêt contre ces trois adversaires. Je rêve même d’affronter Yékini que je considère comme mon grand-frère. Ce sera un plaisir s’il me donne une chance.  

Lequel de ces trois lutteurs voulez-vous affronter en premier ?
Je dirais Gris Bordeaux. Entre Fass et Pikine, ça a été toujours un derby. Et cela me manque. J’aimerais me frotter à lui pour revivre cette rivalité. Il n’a pas encore d’adversaire, à ce que je sache. Quant à Modou Lô, je suis persuadé que seul notre duel peut sauver l’arène. Nous sommes très populaires et notre combat fera du bien à l’arène. Si un promoteur arrive à décrocher ce combat, les sponsors vont, à coup sûr, le suivre.  

On dirait que vous voulez prendre la revanche par procuration d’Eumeu Sène sur Modou Lô ?
Oui. Même à moi il me doit une revanche pour m’avoir battu en Mbappatte. Donc, il est temps qu’on éclaircisse certaines choses. Certains soutiennent que c’est très tôt pour moi de l’affronter ! Mais jusqu’à quand dois-je attendre ? Je crois en mes qualités physiques et techniques. Donc, je veux l’affronter.

Qu’est-ce que cela vous a fait de recevoir le soutien d’Eumeu Sène dimanche dernier ?
J’étais très heureux de le voir au stade. Mais cela ne me surprend pas de lui. Tout le monde connaît ma relation avec Eumeu Sène. C’est lui qui m’a offert mon premier et magnifique habit. On a préparé ensemble son premier combat contre Balla Gaye 2. Mes grands frères (Papa et Jules Baldé) faisaient la même chose pour lui. Lorsqu’il y a eu un malentendu entre nous, je suis allé le voir et on a réglé le problème.

Maintenant, le veau (Sel bou Ndaw) a grandi. N’est-il pas temps de changer de surnom ?
 Cela ne change pas. Je reste toujours ce petit veau. J’ai encore beaucoup de choses à prouver. Si j’arrive à être un jour roi des arènes, à ce moment, je pourrais changer mon surnom.  

Propos recueillis par Absa NDONG

MOR FADAM : COACH GOUYE GUI : « Nous allons déposer un recours pour contester le verdict de l’arbitre »
Le camp de Gouye Gui compte déposer un recours auprès du Comité national de gestion de la lutte (Cng) pour contester le verdict de l’arbitre, donnant Ama Baldé vainqueur avant-hier lors de la finale du tournoi de la Tnt. En effet, le fils de Falaye Baldé avait mis KO le « roi du Simpi » au moment où ce dernier faisait ses incantations. Et au lieu d’une sanction comme s’y attendait Gouye Gui, l’arbitre avait donné la victoire à son adversaire, vu qu’il avait déjà donné le coup d’envoi du combat. Une décision que les dirigeants de l’école de lutte Mor Fadam comptent contester. « La décision de l’arbitre n’est pas juste. Une victoire ne se donne pas comme ça. Gouye Gui n’était pas prêt. D’ailleurs, il l’a fait comprendre à l’arbitre lorsqu’il lui a posé la question. Mais il a sifflé quand même. Il n’a pas le droit de donner le coup d’envoi alors qu’un des protagonistes n’est pas prêt », conteste l’ancien champion de lutte Mor Fadam.
Il rappelle même avec force que son poulain connaît parfaitement le règlement. Gouye Gui sait, toujours selon lui, qu’il doit faire ses incantations avant que l’arbitre ne siffle. « Cela fait des années qu’il ne fait plus cela après le coup d’envoi. Car, à chaque fois, le Cng lui défalquait beaucoup d’argent. Nous lui avons alors conseillé de faire toutes ses pratiques mystiques avant le coup d’envoi. Et tout le monde a constaté qu’il a changé sa façon de faire lors ses dernières sorties ».
Concernant le déroulement du combat, le coach de Gouye Gui se dit très surpris par la manière dont l’arbitre a gâché un beau duel, tant attendu par les amateurs de lutte. Mor Fadam soutient aussi que le « roi du Simpi » a préparé sérieusement le combat. « Ce choc était très important pour lui. Il lui tenait à cœur de battre Ama Baldé. Je ne l’ai jamais vu aussi concentré avant un combat.
Il n’était pas méconnaissable. Au contraire, il voulait montrer aux amateurs de lutte qu’il a beaucoup muri ». Concernant le recours, l’ancien lutteur promet que son écurie va le déposer le plus tôt possible.

A. NDONG


Après moult reports, la troisième et dernière journée du tournoi Tnt (Télévision numérique terrestre) sera disputée ce dimanche, au stade Demba Diop. Enfin, une bonne nouvelle pour les amateurs privés de grandes affiches depuis l’ouverture de cette saison. D’un côté, le leader du tournoi Ama Baldé affrontera Gouye gui ; de l’autre Tapha Tine fera face à Zoss, bon dernier avec 0 victoire.

Bonne nouvelle pour les amateurs de lutte ! L’attente a été longue, très longue, mais ce dimanche, ils pourront enfin assister aux premiers chocs de la saison. Ceux-ci mettront aux prises, au stade Demba Diop, d’un côté, Ama Baldé et Gouye gui -de vieilles connaissances-, et de l’autre, Tapha Tine et Zoss, pour le compte de la troisième et dernière journée du tournoi Tnt (Télévision numérique terrestre).  
Leader avec deux victoires d’affilée, Ama Baldé entend clore son parcours en beauté, en remportant son face-à-face avec Gouye gui. L’autre objectif du fils de Falaye Baldé sera de prendre sa revanche sur son adversaire qui l’avait battu en 2012 lors de leur première confrontation. Un sacre à l’issue de ce tournoi lui ouvrirait la porte des « Vip » qu’il rêve tant de franchir. Il devrait, une fois de plus, miser sur son registre technique fourni, sa vitesse éclair, la provocation, chose dans laquelle il excelle, sa puissance physique pour sortir vainqueur de ce combat. En face, Gouye gui, ragaillardi par son Ko contre Zoss lors de la deuxième journée, voudra remettre les pendules à l’heure, en enregistrant sa deuxième victoire dans cette compétition. Le poulain de Mor Fadam part avec un ascendant psychologique pour avoir terrassé, il y a quatre ans, le jeune lutteur de Pikine. Et comme ce dernier, Gouye gui rêve, lui aussi, d’entrer dans le cercle restreint des « Vip » et fera tout pour avoir le dernier mot. Il pourrait mettre à contribution sa témérité et surtout sa puissance physique pour battre le petit frère de Jules Baldé pour la deuxième fois de l’histoire. C’est dire qu’au vu de l’enjeu, cette affiche est partie pour être très disputée.
  Comme devrait d’ailleurs l’être l’autre choc de l’après-midi qui oppose Zoss et Tapha Tine.  Seul lutteur à n’avoir pas encore enregistré de victoire dans cette compétition, le chef de file de l’écurie « Door Doraat » aura à cœur de sauver l’honneur et espérer redonner un nouvel élan à sa carrière qui bat dangereusement de l’aile.
Au risque de sortir par la petite porte et de continuer sa chute libre. Fin stratège, Zoss devrait user, comme il sait si bien le faire, de la ruse, de l’esquive, pour tenter ensuite de surprendre le géant du Baol, coupable, il faut le dire, souvent de naïveté et de négligence. Mais face à un Tapha Tine blessé dans son amour-propre après la leçon de lutte que lui a infligée Ama Baldé à l’occasion de la précédente journée, le pari de Zoss ne devrait pas être facile à réaliser. Telle une bête blessée, le sociétaire de l’écurie Baol Mbolo, auteur d’une bonne entame du tournoi -il avait battu Gouye gui lors de la première journée-, compte déverser tout son trop-plein d’amertume sur le Parcellois. Une victoire sur Zoss le relancerait dans la course et le ferait un peu oublier l’humiliation subie dernièrement contre Ama Baldé. Puissant et réputé grand cogneur devant l’Eternel, il a des atouts pour tirer son épingle du jeu. Mais ne va-t-il pas encore confondre vitesse et précipitation ?  Comme Zoss, Tapha Tine n’a plus droit à l’erreur. Après ses revers contre Balla Gaye 2 et Ama Baldé, une autre défaite pourrait davantage compromettre ses chances de revenir au-devant de la scène. Une autre affiche électrique en perspective !

Œil du technicien…
Ambroise Sarr, entraîneur national : « Tout peut arriver »
L’entraîneur national, Ambroise Sarr, décrypte ici les combats Gouye gui - Ama Baldé et Zoss - Tapha Tine. D’après son analyse, tout peut arriver dans l’un et l’autre combats.  

Gouye gui – Ama Baldé : « Les conseils seront déterminants dans l’issue de ce face-à-face »
« Entre Gouye gui et Ama Baldé, c’est d’abord un combat revanche. Les conseils seront déterminants dans l’issue de ce face-à-face. Si j’étais l’entraîneur de Gouye gui, je lui aurais conseillé de fermer sa garde et d’attendre son adversaire, dans l’optique de le battre à l’usure, comme ce fut le cas lors de leur premier face-à-face. Après tout, c’est à Ama, qui a été battu par Gouye gui, de faire le combat.
Il ne pourra pas attendre, contrairement à son adversaire ; d’autant qu’un nul ne l’arrangerait pas en ce sens qu’il raterait l’occasion de prendre sa revanche. Par contre, je pense qu’Ama devrait miser sur sa vitesse et sa vélocité. Il devrait imposer un combat rapproché à Gouye gui, jouer sur la provocation, mimer la bagarre, pour ensuite faire ce qu’il sait faire de mieux : l’entrée en jambes ».

Zoss –Tapha Tine : « Un combat ouvert »
« Quant au combat entre Zoss et Tapha Tine, il faut tout de suite reconnaître que les poids sont disproportionnés. Cela ne veut pas dire que Zoss ne peut battre son adversaire. On a vu Baboye-Bombardier en 2008. Il peut bien le tromper. S’il opte pour la lutte pure et dure, c'est-à-dire le « mbappat », il peut tirer son épingle du jeu. De son côté, Tapha Tine a deux atouts de taille : la frappe et le placage. C’est un combat ouvert où chacun peut battre son adversaire, comme la confrontation entre Gouye gui et Ama Baldé »

Recueillis par D. SARR


La lutte avec frappe en crise ? Ce n’est pas le sentiment du Dr Alioune Sarr. En homme qui « ne s’affole pas vite », le président du Comité national de gestion de la lutte (Cng) préfère plutôt attendre la fin de la saison pour tirer sa propre conclusion. Même si les sponsors ont quitté, même si jusqu’à présent, aucun « Vip » n’a décroché d’affiche, il reste optimiste sur l’avenir de l’arène. Dr Alioune Sarr est revenu, dans cet entretien, sur le retour annoncé de Luc Nicolaï en prison, le dialogue de sourds entre promoteurs et ténors, l’idée de plafonnement des cachets.

L’actualité sportive est marquée par le retour de plus en plus agité de Luc Nicolaï en prison. Une mauvaise nouvelle pour le monde de la lutte ?

Je pense que chaque fois qu’un être humain va en prison, c’est une mauvaise nouvelle. Ce n’est pas propre à la lutte. Comme vous le dites, c’est un retour probable, ça peut ne pas se faire. Prions Dieu qu’il n’y ait pas de retour. Mais nous constatons, comme tout le monde et avec beaucoup de tristesse, cette information. Mais comme je le dis souvent, j’ai confiance en la justice de mon pays, j’ai confiance en mon pays et je n’ai pas l’habitude de parler de choses que je ne maîtrise pas.

Sa carrière de promoteur n’est-elle pas en jeu ?
  En tout cas, il y a des critères pour être promoteur. Il y a un profil pour être lutteur, promoteur etc. Et la perte des droits civiques est une des conditions qui ne vous permettent pas d’avoir une licence de lutteur et de promoteur.

Quatre mois après l’ouverture de la saison, on constate qu’aucun « Vip » n’a encore décroché une affiche. La lutte avec frappe n’est-elle pas en zone de turbulences ?
(Rires). La même question m’a été posée, il y a moins d’une semaine. De par mon profil, je ne m’affole pas vite. Je crois que la saison sera jugée sur sa durée globale et non sur ses quatre premiers mois. Contrairement à ce que les gens pensent, l’arène se porte très bien. L’arène se porte très bien et tous les week-ends, il y a des combats. Vous avez parlé de « Vip », c’est quoi ? Est-ce lié au poids ? Est-ce lié à la qualité technique des prestataires ? Est-ce lié au poids marketing ? Est-ce cela la lutte ? La lutte sans frappe ne semble pas trop intéresser la presse. Ce sont souvent les affiches entre « gros bras » où souvent la montagne accouche d’une petite souris qui semblent accrocher les gens. Les combats des « Vip » ne sont pas souvent les meilleurs combats de l’année. Donc attendons le 31 juillet pour dire si la saison est bonne ou mauvaise. Nous constatons des faits. Il y a déjà des années, j’ai tiré la sonnette d’alarme en disant attention, attention il y a trop d’excitation dans le milieu de la lutte. Il y a eu trop de combats de positionnement qui ont fait que les cachets ont flambé de façon un peu anormale. Ça été une bulle et je pense que la bulle a explosé. Il y a eu des bagarres de positionnement. Gaston qui est si naturel, si courageux dans ses déclarations, vous avez entendu ce qu’il a dit ? Il a été certainement le plus gros bailleur de fonds de l’arène. Il reconnaît aujourd’hui qu’il y a eu des erreurs. C’est humain. Mais honneur à ceux qui ont mis autant d’argent dans l’arène ; mais il faut savoir aussi raison garder. Même dans les entreprises, s’il arrive un moment où il y a des difficultés, les gens s’asseyent et on dégrossit ou on revoit à la baisse pas mal d’avantages. Je pense que chacun ne doit pas camper sur sa position ; on doit rester lucide, savoir où se trouvent les intérêts des uns et des autres, mais surtout sauver et préserver notre sport national.

Comment le Cng que vous dirigez vit-il cette situation de crise ; même si vous réfutez l’idée de crise ?
Je réaffirme qu’en tant que Cng, nous ne sentons pas la crise. Nous continuons de tenir nos réunions hebdomadaires. Nous avons de la matière parce que tous les week-ends, il y a de la lutte avec frappe et de la lutte sans frappe dans tout le pays. Nous sommes en train de préparer nos équipes nationales aux prochaines compétitions internationales notamment pour qualifier nos athlètes aux Jeux olympiques de Rio 2016.

N’êtes-vous pas pessimiste pour l’avenir de la lutte ?
Je ne suis pas né pessimiste. Je pense qu’il y a toujours une solution à tout problème. Vous parlez de dialogue de sourds entre promoteurs et lutteurs. Ce dialogue est-il réel ? Une fois, à l’époque, on était plus jeunes, on a vu des partis politiques à travers leurs leaders s’attaquer avec une violence telle que je ne pouvais pas imaginer que ces gens se retrouveraient autour du thé, d’un bol, en chahutant. Quand j’ai vécu cela, j’ai compris beaucoup de choses. Il faut se méfier de ce qui est dit au dehors ; souvent différent de ce que les gens vivent dedans. Souvent même, ce sont des stratégies communes à leur niveau. Restons humbles, restons très sereins et n’agissons que quand nous aurons compris pourquoi les gens ont agi. Mais je ne suis pas du tout pessimiste. Il y a un an, à la fin de la saison quand un certain grand promoteur avait pris la décision de se retirer, on avait crié au scandale en disant que la lutte était morte. Mais on a eu après cela, l’une des plus belles saisons. Aujourd’hui, on est en janvier, on a peur, on verra ce que cela va donner.

L’idée de plafonnement des cachets émise par certains promoteurs semble être la pomme de discorde. A votre avis, les lutteurs doivent-ils revoir leurs prétentions financières à la baisse ou le verrou du plafonnement doit-il sauter ?
 Vous savez, le constat au Sénégal, c’est que souvent les gens ont un double discours, le discours du dehors et du dedans. Je refuse de faire partie de ces gens-là. Il y a une réalité. Ceux qui payaient disent qu’ils ne sont plus en mesure de payer ; ceux qui luttent disent qu’ils ne vont jamais lutter par rapport à ces cachets, mais à l’arrivée, qui va perdre ? Parce que celui qui a son argent pour investir peut aller investir ailleurs. Mais celui qui n’a que la lutte pour s’exprimer ne peut s’exprimer que dans le milieu de la lutte. Donc, de part et d’autre, il faut savoir raison garder. Il n’y a jamais eu de plafonnement de cachets. J’ai entendu même un des promoteurs dire que c’était une façon de dire que si derrière, les sponsors suivent, on peut revoir les choses à la hausse. Il faut savoir raison garder. Souvent dans tout ce qui se fait dans la vie, il arrive des moments où l’on accepte moins ou de prendre moins pour pouvoir mieux rebondir. Et là, je pense que les écuries, les écoles de lutte, les présidents ont un rôle à jouer. Il ne faut pas seulement laisser le combat entre les mains des lutteurs et des promoteurs. C’est l’une des faiblesses aussi des structures de la lutte. Vous n’entendrez jamais les responsables moraux intervenir.

Le Cng n’a-t-il pas un rôle à jouer dans cette situation ?
  Le rôle du comité national existe ; mais vous qui êtes dans le milieu, vous constatez que souvent, ce rôle n’est pas totalement accepté ; parce qu’on trouve que le Cng est assez rigide. Mais je pense qu’on ne peut rien faire sans la rigueur et la droiture. Pendant combien d’années nous demandons que tous les cachets soient déclarés ? Vous avez entendu ces derniers temps des lutteurs soutenir qu’on leur doit de l’argent, mais c’est de la sponsorisation. Ces lutteurs n’osent pas venir vers le comité national pour poser le problème ; parce qu’ils n’ont jamais accepté ce qu’on leur demande. Il y a souvent, même si nous n’avons aucune preuve qu’il existe, des dessous de table. Il y a quelques années, quand on sanctionnait les lutteurs en retard ou coupables de certaines fautes, la partie récupérée était retournée au promoteur qui reversait l’argent au lutteur. On était dans un cercle vicieux, ce qui a fait que nous avons rompu la chaîne. Il y a un grand champion qui a été victime de cela, parce qu’un promoteur l’a poussé à commettre une faute pensant que la sanction ne serait que pécuniaire. Malheureusement, elle a été pécuniaire et administrative et il ne pouvait pas restituer la partie administrative et il a été suspendu pour un certain temps. Je pense que pour avancer, il faut qu’on ait le courage de nous regarder dans les yeux, toutes parties confondues, et que tout un chacun accepte de jouer son rôle jusqu’au bout et dans l’intérêt du groupe. Le combat doit être général, global dans l’intérêt du sport qu’est la lutte. Et comme je le dis souvent, si la lutte réussit, toutes ses composantes vont réussir.

Certains estiment qu’il y a eu trop de laisser-aller dans l’arène. Le Cng n’a-t-il pas une part de responsabilité dans cette situation ?
Le poisson pourrit par la tête. Dès l’instant où nous sommes la structure dirigeante de la lutte, nous prenons et nous assumons tout ce qui est dans l’arène, y compris ce qui ne va pas. Mais ça ne suffit pas. Dans mon métier de médecin, quand vous venez me voir pour des maux de tête, je ne dois pas seulement chercher à calmer vos maux de tête. Je dois chercher à comprendre pourquoi vous avez mal à la tête et essayer de vous soigner. Certainement, le comité national a une part de responsabilité. Mais jusqu’où vont nos prérogatives ? Nous avons pour mission de redynamiser la lutte, sous toutes ses formes. Nous avons opté pour un certain concept de gestion, à savoir mettre un cadre qui puisse permettre à tout un chacun de se reconnaître dans le système. C’est pourquoi, au départ, presque de façon volontaire, nous n’avons pas voulu être promoteur. Parce que si nous, Cng, sommes promoteurs, nos intérêts risquent de se télescoper avec ceux des promoteurs privés. Puisqu’ayant la possibilité de légiférer, on pourrait faire mal à d’autres. Nous avons donc préféré prendre du recul par rapport à cela. Les textes ont été consensuels. 99% des règles qui régissent la lutte ont été approuvés par le milieu de la lutte. Nous avons essayé de ratisser large pour que tout un chacun puisse se reconnaître dans le règlement. Aujourd’hui, il y a des problèmes, il y a un problème d’argent. Ce que disent les promoteurs aussi semble légitime. Les sponsors ne sont pas des mécènes. Ils avaient leur objectif, à savoir vendre leurs produits. Là où je ne suis pas d’accord avec eux, c’est quand ils disent qu’ils quittent la lutte à cause de la violence. La violence, elle est pire ailleurs où il y a eu des morts.

Aujourd’hui, dans ce qu’on pourrait qualifier de dialogue de sourds entre promoteurs et lutteurs, n’est-il pas temps d’appeler les différentes parties autour d’une table ?
Aucune porte n’est fermée. Je tiens à le dire parce que je n’utilise pas de langue de bois. Le drame de ce pays, c’est qu’on passe tout notre temps à nous réunir mais sans agir assez. Tout a été dit et bien dit depuis des décennies. Commençons d’abord par respecter ce qui a été dit.  Mais je n’ai pas l’intime conviction que c’est autour de séminaires que les problèmes de l’arène seront résolus. C’est le courage de dire « ceci n’est pas bon ». Regardez tous les soubresauts qu’il y a eu autour de la dernière journée du Tournoi du Tnt (Télévision numérique terrestre). Quelqu’un vous donne de l’argent, vous paie gracieusement et vous voulez lui imposer des choses qui n’ont aucun sens. Il a fallu qu’on monte au créneau pour dire « ça suffit ». Je pense qu’à tous les niveaux, tout un chacun doit dire trop c’est trop. Il y a beaucoup de choses à revoir, mais ce n’est pas autour de séminaires qu’on arrivera à dépasser les problèmes. Ça va être des crises de logorrhées pendant toute une journée. Appliquons les textes, améliorons les textes.

Recueillis par Diégane SARR & Absa NDONG


Après son affiche avortée contre Rocky Balboa, Serigne Ousmane Dia dit Bombardier court toujours derrière un combat cette saison. Problème ! Le chef de file de l’écurie Mbour, désormais recouvert du manteau de « roi des arènes », n’envisage pas de brader ses sorties, au moment où les promoteurs, eux, entendent plafonner les cachets à 50 millions de FCfa. Ce qui rend réel le risque d’une année blanche. Scénario qui serait une première pour un « roi des arènes ».

Un « roi des arènes » qui passe une année blanche, c’est le scénario cauchemardesque qui guette, de plus en plus, Serigne Ousmane Dia alias Bombardier toujours en quête d’une affiche alors que la saison avance à grands pas. Ce qui serait inédit dans l’histoire de la lutte.
De Manga 2 à Balla Gaye 2, en passant par Mohamed Ndao dit Tyson, Bombardier 1 (son premier règne) et Yékini, aucun lutteur en règne dans l’arène n’était resté toute une saison sans discuter la moindre affiche. « Je n’ai jamais fait une année blanche quand j’étais "roi des arènes" !», confirme Manga 2, l’ancien champion de lutte de Joal-Fadiouth. Certes, la perspective d’une année blanche semble encore un peu lointaine pour Bombardier, mais le risque de le voir connaître une telle situation est réel. Et pour cause, à six mois de la fin de la saison, le colosse mbourois n’a pas encore décroché la moindre confrontation. Celle qui devait l’opposer à Rocky Balboa étant finalement tombée à l’eau, à cause du Comité national de gestion de la lutte (Cng) qui y a mis son véto. Une situation qu’il n’envisageait sans doute pas au vu de son statut de patron de la lutte et de nouvelle coqueluche des promoteurs. De même que ses nombreux supporters impatients de voir, de nouveau, leur idole sur les aires de combat. En tout état de cause, les difficultés de Bombardier à trouver chaussures à ses pieds ne sont qu’une nouvelle manifestation de la crise de la lutte avec frappe, née il y a trois ans, du départ des bailleurs de la lutte à savoir Orange et Tigo.

Une kyrielle d’adversaires potentiels

  Ce n’est pas que le Mbourois ne suscite pas l’intérêt des « match-makers » et de ses adversaires potentiels ; loin s’en faut. « Roi des arènes », il est actuellement la cible favorite des ténors. Beaucoup parmi eux aimeraient croiser le fer avec lui, pour espérer lui ravir la couronne tant convoitée. C’est le cas de Yékini, sa bête noire qui, bien qu’ayant mis une croix sur lui, ne cracherait pas sur un quatrième face-à-face avec le B 52, occasion de sceller enfin son retour dans l’arène. Lui qui réclame un combat choc aurait là, une occasion inespérée de nouer à nouveau « son ngimb » dans l’optique de reprendre son fauteuil, perdu en 2012 en faveur Balla Gaye 2. Gris Bordeaux, un des rares « Vip » avec Eumeu Sène et Modou Lô, à n’être pas encore montés sur le trône, voudrait également confirmer face à l’actuel roi qu’il avait déjà battu en 2008, afin d’être calife à la place de calife. Surclassé en 2014 par le Mbourois, Balla Gaye 2 nourrit le secret espoir de prendre sa revanche et de retrouver son dû. Modou Lô reste, quant à lui, plus que jamais déterminé à réaliser son rêve d’être un jour « roi des arènes », en dépit de sa défaite, la saison passée, contre le chef de file de l’écurie Mbour. Enfin, Eumeu Sène ne rechignerait pas à disputer son premier combat de l’histoire avec Bombardier. Empereur autoproclamé de l’arène, le leader de l’écurie « Tay Shinger » aurait ainsi une occasion unique de ravir le titre des mains du géant mbourois. C’est dire encore une fois que les adversaires ne manquent pas.

Le cachet, la pomme de discorde

En réalité, le problème de fond reste la sempiternelle question du cachet. Certains promoteurs voudraient bien ficeler au « roi des arènes » un combat, dans l’espoir de faire de bonnes affaires. Seulement, ont-ils les moyens, sans l’accompagnement des sponsors, de matérialiser ce souhait ? Le B 52 est-il prêt à prendre en compte la conjoncture dans l’arène, marquée par le retrait des bailleurs de la lutte et revoir ses prétentions financières à la baisse ? Rien n’est moins sûr. Recouvert du manteau de « roi des arènes », Serigne Ousmane Dia n’entend pas brader ses prochaines sorties, en fidèle adepte de Tyson, chantre du sport-business dans la lutte sénégalaise. Encore moins accepter l’inacceptable, à savoir un plafonnement des cachets à 50 millions FCfa, tel que le préconisent certains promoteurs. Il sait les nombreux avantages financiers qu’il peut tirer de sa nouvelle casquette.
Et sa réaction suite aux offres du promoteur Aziz Ndiaye qui voulait l’enrôler dans le tournoi mort-né des quatre a été sans équivoque : « Même si je devais participer à ce tournoi, je n’accepterais pas le cachet proposé par le promoteur ». Reste à savoir pour combien de temps, Bombardier et les autres « Vip » vont-ils continuer à envoyer balader les promoteurs, au motif que les offres financières sont en-deçà de leurs attentes ? Le verrou du plafonnement des cachets finira-t-il par sauter ? Autant de questions auxquelles les deux parties auront peut-être la réponse.
En attendant, les amateurs continuent de nourrir l’espoir de voir le chef de file de l’écurie Mbour trouver l’oiseau rare en décrochant enfin combat.

Rocky Balboa, la fausse alerte
  Bombardier avait-il tort en donnant son accord au promoteur Mansour Aw pour en découdre avec le lutteur fantôme Rocky Balboa ? Comment voulez-vous que le « roi des arènes » crache sur une offre financière estimée à une centaine de millions de FCfa en cette période de disette dans l’arène, où c’est la croix et la bannière pour trouver chaussures à ses pieds ? Peu importe le parcours du « show man » Rocky Balboa qui ne serait pas très reluisant, l’attitude de Bombardier était parfaitement compréhensible ; d’autant qu’en face, il n’avait pas d’autre alternative. Conscient des difficultés à dégoter un face-à-face, le chef de file de l’écurie Mbour, en désespoir de cause, ne pouvait qu’accepter la main tendue de Mansour Aw.
Mais c’était sans compter avec la réaction d’Alioune Sarr et son équipe qui ont mis leur véto catégorique à la tenue de ce duel. Le président du Comité national de gestion (Cng) de la lutte et ses collaborateurs soutiennent que le lutteur sénégalais de Suisse n’a pas suffisamment prouvé pour pouvoir affronter notre « roi des arènes » qui a gravi tous les échelons. Rocky Balboa aura beau affirmer avoir fait le vide autour de lui en Suisse, la décision du Cng a été irrévocable.
Au moment où l’on théorise la modernisation et l’exportation de la lutte avec frappe à l’étranger, le comportement de l’instance dirigeante de la lutte, en s’opposant à cette affiche qui devrait se tenir à l’extérieur, a surpris certains. D’autant que son rôle, à défaut de monter et d’organiser directement des combats, est de promouvoir la lutte et non d’interdire des affiches. Sur un autre registre, l’acte posé par l’équipe dirigée par Dr Alioune Sarr ressemble aux yeux de certains à un abus de pouvoir, puisqu’aucune disposition du règlement de la lutte ne le justifie. Et que la lutte avec frappe n’est pas catégorisée. Mais qu’importe. Pour le patron de l’instance dirigeante de la lutte, la seule question de l’éthique s’oppose au face-à-face entre Bombardier et Rocky Balboa. « Ce monsieur (Rocky Balboa) n’a jamais lutté. Et ce sont les lutteurs qui devaient être les premiers à s’opposer à cette affiche. Parce qu’il y a des gens qui sont là depuis dix ans et qui n’arrivent pas à croiser le fer avec le « roi des arènes ».
D’aucuns disent qu’il a une licence et qu’à ce titre, il doit être autorisé à affronter Bombardier. Mais ce n’est pas parce qu’on a une licence qu’on peut en découdre avec le "roi des arènes" », explique le président du Cng. Il ajoute que quand le lutteur espagnol Juan est venu au Sénégal, il est passé par le « mbappat », avant d’affronter certains ténors. Rocky Balboa l’entendra-t-il de cette oreille ? A 43 ans, le temps lui est compté. Deux saisons lui suffiront-il pour faire ses preuves et titiller la hiérarchie de l’arène ? Autant dire que ses chances d’affronter le « roi des arènes » sont définitivement compromises.

Par Diégane SARR


Ama Baldé a organisé avant-hier à Pikine son open-press devant une grande foule. En effet, très populaire dans son fief, le jeune lutteur actuellement en tête du tournoi TNT avec 6 points, a eu d’énormes difficultés pour effectuer certains exercices lors de sa séance d’entrainement face à ses nombreux supporters surexcités. Et pour les rassurer, le tombeur de Zoss et Tapha Tine a promis de prendre sa revanche sur Gouye Gui. D’après Ama Baldé, le « roi du Simpi » va ravaler ses propos le 24 janvier prochain au stade Demba Diop.

PREPARATION DU COMBAT « Je rends grâce d’abord Dieu et remercie tous mes supporters. Je suis prêt pour affronter Gouye Gui. Vous savez, le combat devait se tenir depuis le 3, donc je ne fais que du maintien. Là, je suis au meilleur de ma forme et je n’attends que le jour-j. Les multiples reports ne m’ont pas affecté. C’était la volonté divine et je l’accepte ».

GAMBIE « Gouye Gui a refusé de m’affronter en Gambie. Peut-être qu’il a ses raisons. Cela ne m’a nullement déstabilisé. Qu’on se croise en Gambie, Pikine, ou au stade de Ndiaréme, ça m’est égal. Je suis prêt pour le battre. J’ai entendu les propos de mon adversaire, il clame qu’il va me terrasser, mais je crois qu’il rêve debout. C’est normal aussi qu’il tente de m’intimider. Personne ne part au stade en ayant la défaite en tête. Mais que Gouye Gui sache que je suis plus confiant que lui. Je suis un sérieux adversaire, il le sait. Le jour-j, il va ravaler ses propos ».

MYSTIQUE « Le mystique fait partie des pratiques de la lutte. Je ne suis pas un provocateur et je ne cautionne pas la violence. Je ferai d’ailleurs de mon possible pour que l’événement soit une grande réussite. Gouye Gui m’avait battu lors de notre première rencontre ; cette fois-ci je n’ai pas droit à l’erreur. Je préfère actuellement l’acte à la parole. J’ai une revanche à prendre ; ce n’est pas en bavardant que je vais m’en sortir. Mes supporters croient en moi, je dois alors me racheter ».

ETAT DE FORME « Je suis jeune et je m’entraîne durement. J’ai pris du poids certes, mais je garde toujours ma rapidité. Je calcule toutes les éventualités. Que le duel dure des minutes ou non, physiquement je suis apte. Seule la victoire m’intéresse et s’il plaît à Dieu, je sortirais victorieux de ce duel. J’ai la chance de recroiser Gouye Gui ; je ne veux pas trop me laisser distraire ».

AVENIR DANS L’ARENE « Actuellement, je détiens les clés de l’arène. Je dois impérativement battre Gouye Gui pour ouvrir grandement les portes. Tous les lutteurs de l’arène doivent alors prier pour moi. Car si je bats Gouye Gui, la donne va changer et la crise sera derrière nous. Je vais redistribuer les cartes ; puisqu’après ce tournoi, je peux affronter les lutteurs de ma génération et ceux de l’ancienne génération. Je sais où la victoire peut me mener. C’est un examen de passage en classe supérieure que je dois décrocher d’office ».

LES 9 POINTS « J’ai 6 points dans ce tournoi et compte en avoir 9. J’ai la main et je ne vais pas laisser passer ma chance. Je sais pourquoi j’ai accepté de participer à cette compétition. C’est juste pour prendre ma revanche sur Gouye Gui.
Dieu a fait qu’actuellement je suis en tête de ce tournoi. Je vais profiter de cette troisième journée pour non seulement battre mon adversaire mais aussi remporter le trophée. Je vais faire d’une pierre deux coups. Gouye Gui pouvait me battre en 2012, parce que j’étais immature. Aujourd’hui, tout a changé ».

Propos recueillis ar Absa NDONG


Le roi du « simpi » Gouye Gui a organisé son open-presse hier à Guédiawaye, chez le député Woré Sarr. Par peur d’être infiltré par les « taupes » de son adversaire surement, le protégé de Mor Fadam a cette fois accueilli la presse dans un cercle restreint. D’après lui, Ama Baldé est un provocateur et un habitué des faits de violence. Gouye Gui dit cependant à qui veut l’entendre, qu’il battra encore son vis-à-vis du 24 janvier prochain lors de la dernière jouréne du tournoi TNT.

COMBAT REVANCHE – « Dieu sait que j’ai oublié ma victoire devant Ama Baldé en 2012. Je ne sais même plus par quelle prise technique je l’avais battu.
J’ai un palmarès respectable et je ne regarde pas derrière moi. Je n’avais d’ailleurs dit que du bien sur mon adversaire après ma victoire. J’ai tout le temps soutenu qu’Ama Baldé est un champion et qu’il a un bel avenir. Et j’étais sincère ! Mais attention, je ne lui ai jamais fait croire qu’il était plus fort ou méritant que moi. Ama Baldé sait que je vais le battre de nouveau. Je savais que tôt ou tard, nos chemins se recroiseraient.
Donc j’attendais ce combat revanche. Par ailleurs, j’étais parti aux Etats-Unis pour renforcer ma force physique et j’avais la bénédiction de tout mon staff. Je veux cela soit clair ».

VOYAGE EN GAMBIE – « C’est vrai que j’avais refusé catégoriquement de disputer ce combat en Gambie. Je ne peux pas tout expliquer, mais l’erreur ne venait pas de moi. Je n’ai pas peur d’aller lutter ailleurs. J’ai des parents partout, et Ama Baldé n’a pas plus de fans que moi en Gambie. Mais je suis dans mes droits. J’ai signé un contrat très clair avec les organisateurs du TNT. Ils m’ont proposé trois combats au niveau national et je crois que la Gambie est hors du Sénégal. Ils ont en plus reporté à trois reprises la troisième journée.
Pourtant, il n’y avait pas de cas de force majeure. C’était difficile pour moi de tenir le coup. Je n’avais plus aucun sou. J’ai alors refusé de partir en Gambie. Mon entourage n’a joué aucun rôle dans cette affaire. J’ai pris mes responsabilités.
Aujourd’hui tout le monde m’a donné raison. Les organisateurs ont compris que l’erreur venait d’eux, et ils ont finalement décidé d’organiser l’événement ici au Sénégal. Un contrat est fait pour être respecté. Je n’entrerai pas dans certains détails mais retenez que, c’est Sidy Diagne et Ameth qui ont fait capoter leur événement en Gambie. Mes marabouts et mon entourage ne m’ont jamais interdit d’aller lutter en Gambie ».

EXCES DE CONFIANCE – « C’est juste une question de confiance en soi ! Je le répète, je vais battre Ama Baldé, et je suis sûr de mon affaire. Je ne pense même pas à la défaite. Ama Baldé lui-même sait qu’il va encore perdre. D’ailleurs, le lutteur que j’avais battu en 2012 était beaucoup plus dangereux que celui de 2016. Je ne considère pas ce combat comme une revanche. Je travaille dur dans mon coin, pour assurer avec succès ma prochaine sortie.  Les amateurs de lutte verront que je me suis bien entrainé. Je sais que j’ai une dette envers mes supporters après ma défaite contre Tapha Tine. Vous savez, le discours de mon adversaire après sa victoire sur le géant du Baol lors de la deuxième journée, m’avait très surpris. Il avait fait savoir aux journalistes qu’il n’allait pas fêter sa victoire tant qu’il ne m’aura pas battu. Il avait prévenu que ça allait chauffer entre nous, avant, pendant et après le combat. La preuve lors de notre premier face à face à la Place du Souvenir, il avait provoqué une grande bagarre et atterri en taule. Il faut que les acteurs de la lutte évitent certains excès d’écart. Ama Baldé a l’habitude de provoquer ses adversaires. Mais je vous dis que s’il me provoque, je répliquerai quitte à ce que le combat soit encore reporté. Et que personne ne me pointe du doigt après. Personnellement, je respecte tous mes adversaires mais je refuse de me laisser intimider ».

ETAT FORME – « Je suis en pleine forme ! Certes j’ai augmenté un peu mon poids, mais mon staff est satisfait. Là je n’attends que le jour j, pour prouver à mon adversaire que je suis plus fort que lui ».

CRISE DANS L’ARENE – « C’est vrai que la lutte est en crise. D’habitude au mois de janvier toutes les dates étaient déjà retenues. Il faut que les acteurs de l’arène trouvent une solution et certains sponsors doivent revenir dans l’arène. Sans eux, les promoteurs n’auront pas le courage d’organiser de grandes affiches. Il faut sauver la lutte, notre sport national. Les promoteurs ne sont pas responsables. C’est juste que sans sponsor, ils ne peuvent pas s’en sortir. Il faut aussi savoir que les lutteurs ne peuvent pas accepter certains cachets ».

Propos recueillis ar Absa NDONG


De retour des Etats-Unis, Tapha Tine respire la forme ! Hier, lors de son open-press à la Médina, il a affiché un physique impressionnant devant ses nombreux supporters. En « nguimb » aux entraînements pour la première fois, le chef de file de Baol Mbollo a voulu surement intimider son prochain adversaire Zoss. Il promet d’ailleurs de lui faire sa fête le 24 janvier prochain au stade Demba Diop.


TOURNOI TNT « Franchement, je suis très content de ma collaboration avec la Rdv. Ce n’est pas la première fois que je travaille avec ce label.
Il avait par le passé organisé mon combat contre Thiék. Je n’ai rien à leur reprocher pour avoir souvent été associé à leurs événements. Malgré les multiples reports, je n’ai jamais pensé leur tourner le dos. Personne ne m’a entendu critiquer l’organisation. J’ai signé un contrat avec la Rdv et j’ai tenu à aller jusqu’au bout.
Il faut qu’on arrête de négliger tout ce qui touche à une signature de contrat. Tous les quatre lutteurs du tournoi savaient dans quoi ils s’embarquaient. Donc que chacun respecte sa part du contrat et qu’on en finisse ».

PARCOURS DANS LE TOURNOI « J’ai enregistré une victoire lors de la première journée avant de perdre contre Ama Baldé. La lutte est ainsi faite. Et je suis un lutteur comme les autres, je ne suis donc pas invincible. Des fois j’assure, mais d’autres fois je passe complètement à côté de la plaque. Cependant, je prépare très sérieusement cette troisième journée du tournoi. La preuve, j’étais parti aux Etats-Unis pour renforcer mes entraînements. Je suis prêt à affronter Zoss le 24 janvier prochain ».

DEFAITE CONTRE AMA BALDE « Avant tout, je m’excuse auprès de mes supporters. Je suis un être humain et je fais des erreurs. Mais je promets de me racheter face à Zoss. J’ai perdu mon duel contre Ama Baldé certes, mais je sais de quoi je suis capable. J’accepte cette défaite avec philosophie. D’ailleurs, en matière de lutte, défaite et victoire vont de paires. Je ne suis pas plus méritant que les autres lutteurs. Ce combat contre Ama Baldé est derrière moi. Je m’entraîne sérieusement pour ma prochaine sortie ».

ENTRAINEMENTS AUX ETATS-UNIS « Vous savez, j’ai l’habitude de préparer mes combats aux Etats-Unis. Mais cette fois-ci, j’ai élargi mon programme. Je me suis donné à fond aux entraînements, surtout pour la boxe. En effet, je compte battre Zoss sans difficulté et en moins d’une minute ».

MULTIPLES REPORTS « Les reports de l’événement n’ont, en aucun cas, perturbé mes entraînements. J’ai connu ça lors de mes combats contre Yékini Junior, Elton. Donc j’ai l’habitude. En plus, je suis un bon croyant ; je respecte la volonté divine. Le combat est prévu pour le 24 janvier et je ferai mon possible pour rentrer avec la victoire ».  

ZOSS, UN LUTTEUR RUSE « Je ne me soucie même pas de mon adversaire. Je n’écoute pas ses propos et je refuse d’échanger avec lui par presse interposée. Nous sommes liés par un contrat. Je n’attends que le jour j, pour remplir ma part. Sinon, je n’ai rien à lui dire. Je suis un lutteur pas trop bavard. C’est ma nature. J’ai tellement travaillé pour ce combat que j’ai hâte d’être au 24 janvier. D’ailleurs, les amateurs de lutte vont voir un autre Tapha Tine. Je dois me racheter auprès de mes supporters. Je ne pense qu’à cela. Je dois impérativement battre Zoss afin de reprendre ma place dans l’arène. Je n’ai rien à craindre de mon adversaire. J’attends juste le coup d’envoi de l’arbitre, pour lui montrer de quel bois je me chauffe ».

ENJEUX DU COMBAT « Je n’ai pas de pression dans ce combat. Je n’ai connu que de grands événements et je n’ai battu que des champions. Ce n’est pas ce combat contre Zoss qui va m’empêcher de dormir. Actuellement, aucun lutteur ne peut m’impressionner. J’ai un mental très solide. Je crois en moi et en mes capacités physiques. En gros, je n’envie aucun lutteur. Je sais cependant que je n’ai plus droit à l’erreur. C’est pourquoi je ne néglige rien. Je travaille d’ailleurs pour obtenir un autre combat rapidement après ce tournoi. C’est vous dire que je prends très au sérieux ce duel contre Zoss. Je me suis préparé sur tous les plans. Que cela soit en boxe, lutte simple, lutte gréco-romaine, je suis prêt. J’ai un bon staff, et je reste à son écoute. Tous mes supporters Baol-Baol sont aussi derrière moi. J’ai toutes les cartes en mains pour battre Zoss de belle manière.

EXCES DE CONFIANCE « Quel excès de confiance ? Au contraire, je suis moins bouillant que d’habitude. Car traditionnellement, je ravissais la vedette à mes adversaires lors des face-à-face. Mais bon, tout cela n’a pas d’importance. Seule la victoire m’intéresse. Je ne sous-estime pas Zoss. C’est un lutteur qui a battu des champions. Cependant, je ne suis pas du genre à aller en guerre en me disant que je vais perdre. Je suis simplement convaincu que je peux terrasser mon adversaire ».

CRISE DANS L’ARENE « C’est vrai, l’arène est en crise. Et c’est très difficile pour nous. A mon avis, les promoteurs et les lutteurs doivent se réunir autour d’une table pour trouver une solution par rapport à cette situation difficile pour tout le monde. Je reconnais, qu’il y a un problème, mais tout peut s’arranger dans la vie. Personnellement, je ne demanderai à aucun lutteur de revoir son cachet à la baisse. Chacun connaît sa valeur marchande. Seulement, tout est question de discussion et de discrétion. Ce n’est pas en échangeant des propos dans la presse que les choses vont avancer. Il faut aussi qu’on pense à nos jeunes frères qui viennent de débuter leur carrière. Tyson avait voulu, à un moment, créer une association pour nous les lutteurs, mais on l’avait tellement critiqué qu’il avait fini par renoncer. Personne ne l’avait soutenu et pourtant c’était une bonne idée. Aujourd’hui, on s’en mord les doigts. Après le tournoi, je compte rencontrer Tyson, pour reparler du projet ».

Alioune Sarr président du Cng  : « Les plus belles manifestations ne se retrouvent pas dans la catégorie des poids lourds »
Lors de la cérémonie de remise de chèque, hier dans les locaux du ministère des Sports, au lutteur Oumar Diouané par le secrétaire général de la Confejes (Cf. page 24) le président du Comité national de gestion de la lutte (Cng) Alioune Sarr est revenu sur les problèmes qui secouent actuellement l’arène. En particulier sur le début timide de la saison. Et d’après lui, une belle saison n'est pas forcément la confrontation entre athlètes de plus de 130kg.
Car souvent la montagne accouche d'une souris. Pour le Dr Alioune Sarr, en effet, il serait grand temps que les médias s'intéressent un peu plus à ce qui se passe ailleurs, dans d’autres secteurs de la lutte. « On ne parle pas de la lutte sans frappe, on écrit exceptionnellement sur la lutte olympique et on ne parle de la lutte avec frappe que sur ces poids super-lourds. Or, les plus belles manifestations ne se retrouvent pas dans cette catégorie-là. Il est vrai qu'on avait l'habitude de voir les Vip de l'arène se rencontrer, mais ça tarde.
J’ai l'intime conviction qu'avant juillet vous aurez de belles manifestations », a-t-il rassuré.
Se prononçant sur l’arrestation du promoteur Luc Nicolaï, le président du Cng a considéré que c’est regrettable. Cependant, il a tenu à préciser qu’au niveau du Comité national quand quelqu’un est privé de ses droits citoyens, il ne peut pas accéder à une licence.

Propos recueillis ar Absa NDONG


Le chef de file de l’écurie Door Dooraat Zoss, a organisé hier à la plage de Cambéréne 2, son open-press dans le plus grand calme. Très sûr de lui,  le showman de l’arène, se dit prêt à battre le géant du Baol Tapha Tine le 24 janvier au stade Demba Diop. Zoss promet en effet aux amateurs de lutte un duel électrique face à un adversaire qu’il a longtemps rêvé d’affronter.

MULTIPLES REPORTS « Avant tout, je tenais à rendre un hommage à Père Nagou Seck décédé récemment. Nous sommes en deuil, c’est pourquoi nous organisons un open-press très sobre. Cependant, je suis à fond dans la préparation de mon combat contre Tapha Tine. Tout est Ok pour l’instant, et je prie Dieu de nous accorder la victoire. Les nombreux reports de ce combat ont été difficiles à vivre. Mais je mets le tout dans le compte de la volonté divine. Sur le plan financier, je suis à sec certes, mais je suis un lutteur très compréhensif. D’ailleurs, lorsque les organisateurs avaient annoncé que contrat avait expiré le 31 décembre, j’ai compris la situation. J’ai voulu aller jusqu’au bout et lutter contre Tapha Tine. Je tenais aussi à m’excuser pour nos fans qui sont en Gambie. Ils  voulaient tellement nous voir à Banjul, mais ce sera surement pour une autre fois. C’est regrettable. Pour la préparation du combat, mon staff m’a concocté un programme pour renforcer ma force physique.
 
 PREPARATION « Le 24 Janvier est un jour important pour la suite de ma carrière dans l’arène.  C’est un combat capital et je le prépare en conséquence. Je prends ce duel très au sérieux face à un adversaire que j’ai toujours voulu affronter. Donc, je suis prêt à tout et sur tous les plans. Si Tapha Tine veut de la lutte ou la bagarre, il sera bien servi.  Psychologiquement aussi, je suis bien. Que le meilleur gagne alors, mais je prie pour que ça soit moi.  L’idée de perdre ce combat ne m’a jamais effleuré l’esprit. Je suis un gagneur et je vais m’imposer face à mon adversaire.

 DEUX DEFAITES « C’étaient des jours sans pour moi. Quand on doit perdre, on redevient débutant. Je n’ai pas été bon lors de mes deux derniers combats.  Quand je les ai visionnés, je n’en revenais pas. Je me disais que ce n’était pas moi. C’est pour vous dire que j’étais nul contre Guy-gui.  Ce n’est pas parce que je ne sais pas me bagarrer, mais il y a des choses inexplicables dans l’arène. D’ailleurs la boxe c’est mon point fort. Par nature, je ne suis pas quelqu’un sujet à la pression. Je rigole même face à mes adversaires. Car je ne connais pas la peur.  

COMBAT DE LA REHABILITATION « C’est ce que j’ai compris. Vous savez, je suis dans une mauvaise posture, contrairement à lui, qui a enregistré une victoire dans ce tournoi. J’accepte mes deux défaites, car j’ai perdu devant de grands lutteurs que je pouvais aussi battre.  Mais face à Tapha Tine, c’est le duel qui m’intéresse le plus.  J’ai terrassé les lutteurs les plus talentueux de l’arène.  Je ne suis pas un poltron. Je dois alors me racheter auprès de mes supporters.  Ce que j’ai eu à faire dans l’arène certains lutteurs qu’on appelle Vip ne l’ont pas fait. Ils n’ont jamais voulu m’affronter. Donc aujourd’hui que je dois en affronter un, je ferai tout pour gagner. Je suis prêt à y laisser ma vie.

FAVORI « Je n’ai jamais été désigné favori dans aucun de mes combats. A chaque duel, les gens préfèrent miser sur mes adversaires. C’était le cas contre Tidiane Faye. Ce n’est pas un problème. Il pensait que je suis un rappeur et showman. L’étiquette d’outsider me va très bien.  Je ne pense pas à la défaite. Si Tapha Tine me bat, ce sera très difficile de continuer ma carrière. Il me faut la victoire ! »

TAPHA TINE, UN SERIEUX ADVERSAIRE « Je suis prêt à tout ! Je le dis et je le répète. Au coup de sifflet de l’arbitre, je vais marcher sur Tapha Tine. Il est réputé être un bagarreur ; il n’a qu’à le démontrer le jour-j. Je ne calcule même pas ses coups ravageurs. Je vais l’attaquer, me battre contre lui. Les amateurs de lutte  vont vivre un duel très électrique. C’est à cause de Tapha Tine que j’ai accepté de participer à ce tournoi. Il n’a qu’à être sur ses gardes. J’ai longtemps surpris le monde de l’arène et je vais surprendre plus d’un le 24 janvier. D’ailleurs, je n’ai plus aucun sou. J’ai tout dépensé  dans la préparation mystique. J’en profite pour lancer un appel à mes supporters. Qu’ils viennent me  soutenir pour la victoire finale. Encore une fois, Tapha Tine n’a qu’à surveiller ses arrières. Ce combat ne sera pas du tout facile pour lui. C’est un duel qui me tient à cœur.

CRISE DANS L’ARENE « J’y pense souvent. Dans le passé, la date du 1e janvier abritait les plus grands chocs de l’arène. Maintenant ce n’est plus le cas. C’est dur et j’ai plus pitié des jeunes. Les lutteurs de ma génération ont déjà tout fait. Mais pour les jeunes qui arrivent, c’est très compliqué. Les gens qui sont contre la lutte ont véhiculé toute sorte de message négatif. Aujourd’hui,  je pense qu’ils ont obtenu gain de cause. Mais il suffit qu’un sponsor revienne pour que la lutte retrouve son lustre d’antan. Aucun ténor n’a encore décroché de combat. C’est difficile et très dur pour nous. Nous sommes des soutiens de famille et avons beaucoup de charge. Si Aziz Ndiaye et Gaston ont voulu payer 50 millions à des ténors, c’est parce qu’ils n’ont plus de sponsors. C’est le seul problème. Par ailleurs, il faut que les gens sachent que les lutteurs ont dépassé certains cachets (50 millions). Qu’on se dise la vérité,  ceux qui  touchaient plus de 150 millions francs Cfa ne peuvent pas descendre si bas.

LUC NICOLAI «C’est une condamnation que nous déplorons. Je vais encore commettre des avocats comme je l’avais fait pour le faire sortir de cette situation ».

Par Absa NDONG

Retrouver la couronne de « Roi des arènes » après l’avoir perdue est un pari pas toujours facile à réaliser. Si Manga 2 et Bombardier ont réussi cet exploit, ce n’est pas le cas pour Tyson qui n’a plus gagné depuis 2004 et semble avoir mis une croix sur toute idée de revenir au devant de la scène. Quant à Yékini et Balla Gaye 2, leur retour annoncé au premier plan tarde à se concrétiser.

Yékini, l’hypothétique retour
Avril 2012-début 2016, voilà bientôt quatre ans que l’arène attend le retour de Yékini, l’ex-roi des arènes, recordman de la longévité au sommet du trône. En vain. Malgré une volonté affichée de retrouver les aires de combat et de reconquérir son fauteuil -il a lui-même plusieurs fois annoncé l’imminence de son retour- le chef de file de l’écurie « Ndakaru » tarde toujours à sceller son come-back. Au grand dam des amateurs et de ses nombreux supporters impatients de revoir à l’œuvre celui qui ne cesse de réclamer une confrontation - choc pour son retour. Jadis très courtisé par les promoteurs sans doute du fait de son rang de premier de la classe, l’enfant de Bassoul ne semble plus trop cristalliser l’attention de ces derniers.  Comme ce fut le cas dans un passé récent, quand les « match-makers » rivalisaient d’ardeur pour lui trouver chaussure à ses pieds, dans une folle course à la surenchère.
  Conséquence de ce qui s’apparente aujourd’hui à une désaffection des promoteurs, l’ancien capitaine de l’équipe nationale a passé trois années blanches d’affilée et s’achemine lentement vers une quatrième ; à moins qu’un promoteur ne vole à son secours pour lui trouver enfin un face-à-face. Une descente aux enfers qui n’est pas étrangère à sa chute historique, un certain mois d’avril 2012.
Et pour cause, en se faisant surclasser par l’impertinent Balla Gaye 2, Yékini perdait, en même temps, son titre, son intérêt et sa valeur marchande auprès des « match-makers ». Autant de raisons qui expliquent les difficultés du poulain  de Katy Diop à nouer à nouveau son « ngimb » et sceller ainsi ses retrouvailles avec ses nombreux fans. Et auxquels est venu s’ajouter le départ des bailleurs de la lutte entraînant une chute drastique des cachets ; ce qui n’est pas pour arranger les choses. Il y a deux ans, Gaston Mbengue avait tenté de lui ficeler un combat contre Eumeu Sène, mais faute d’accord sur la question du cachet -encore et toujours !- l’affiche était finalement tombée à l’eau.
Le « Don King de l’arène », qui ne s’était pas avoué vaincu, était revenu à la charge pour l’enrôler dans le tournoi dit des quatre que lui et son collègue Aziz Ndiaye s’évertuaient, il n’y a pas longtemps, à monter. Sauf que là aussi, les choses tardent à se concrétiser et les amateurs risquent une fois de plus de déchanter ; le duo Aziz-Gaston ne parvenant toujours pas à trouver un consensus avec les quatre ténors concernés autour des cachets devenus décidément la question qui fâche.
Car, si ces promoteurs entendent plafonner les émoluments à 50 millions de FCfa, les lutteurs eux ne veulent pas en entendre parler.
  Reste que même s’il obtient un nouveau face-à-face, Yékini devra affronter une autre équation de taille beaucoup plus complexe : la reconquête du trône. Pari qui ne sera pas facile à réaliser pour un lutteur qui est à un an de la retraite (il est né en 1972). Outre l’âge, l’homme pourrait faire les frais d’un manque de compétition, pour être resté près de quatre saisons, sans disputer la moindre affiche.

Bombardier, le phœnix
  2 janvier 2011. Ce soir-là, dans un stade Demba Diop archicomble et surchauffé, Yékini battait Bombardier pour la troisième fois de l’histoire. Sans trop forcer son talent. Le géant mbourois qui caressait le rêve de prendre sa revanche et monter à nouveau sur le trône, après son règne au début des années 2000, voyait ainsi ses espoirs fondre comme beurre au soleil. Au grand dam de ses supporters qui n’en pouvaient plus de supporter ses nombreuses déculottées. Et sa défaite contre le « géant du Baol » Tapha Tine, l’année suivante, n’était pas pour arranger les choses.
Mais tel un phœnix qui renaît toujours de ses cendres, Bombardier a réussi l’exploit de revenir au devant de la scène, notamment en 2014, à la faveur de sa victoire expéditive sur Balla Gaye 2 alors « roi des arènes ». En venant à bout du « lion de Guédiawaye », un peu à la surprise générale, le B 52 reprenait le fauteuil qu’il avait perdu dès 2006, lors de son deuxième face-à-face avec sa bête noire, Yékini.
Un retour fulgurant au premier plan qui sonne comme une belle revanche sur l’histoire et ses pourfendeurs qui n’avaient cessé d’épiloguer sur ses soi-disant nombreuses limites techniques. Retour qu’il doit à sa forte expérience, à sa maturité et à un moral d’acier. En dépit de sa longue traversée du désert, le lutteur mbourois n’a jamais douté de ses capacités à revenir en force dans l’arène.
  Aujourd’hui, c’est un Bombardier « new look » qui scrute l’avenir avec plus d’espoir et d’ambition. Un optimisme et une confiance en soi qui se sont traduits par sa brillante victoire sur le très technique Modou Lô, la saison passée pour les débuts de son deuxième règne.
Une belle victoire qui confirme la bonne santé du B 52 et n’augure que du bon pour la suite de sa carrière dans la lutte.
Bombardier sait qu’avec toute l’expérience capitalisée au cours de ces 15 années de carrière, cette renaissance ne doit pas être un feu de paille ; d’autant plus qu’il lui reste encore plusieurs années avant de prendre sa retraite.
Pour combien de temps, sera-t-il encore le patron de la lutte ? En attendant d’avoir la réponse à cette question, Bombardier peut se prévaloir d’avoir, à côté de Yékini et Manga 2, l’une des carrières les plus longues et les plus abouties dans l’arène.

Manga 2, le revanchard
  Dix ans de pause… puis de nouveau le sommet de la lutte. Il n’y a que Manga 2 qui a, à ce jour, réussi une telle prouesse, dans l’arène sénégalaise. C’est à croire que le champion sérère avait mis à profit tout ce temps pour mûrir son retour dans l’arène. S’il a tenu à renouer son « ngimb », dix ans après cette retraite anticipée, c’est que le seul « roi des arènes » officiellement intronisé avait voulu « terminer le travail » en vengeant ses parents sérères à l’époque malmenés sans cesse par le « tigre de Fass », Mbaye Guèye. Parmi ces derniers, son grand-frère Mohamed Ndiaye, dit Robert Diouf, humilié à l’époque par un Mbaye Guèye au sommet de son art.   Blessé dans son amour-propre, le champion de Fadiouth décida de retrouver les aires de compétition, dans l’espoir de régler son compte au mythique « tigre de Fass ». Mais, il n’aura jamais l’occasion d’affronter ce dernier et sa soif de vengeance ne sera jamais satisfaite. Il faut rappeler que les face-à-face opposant des lutteurs de Fass et ceux de l’écurie sérère étaient toujours disputés sur fond d’intense rivalité. Manga 2 pourra, en lieu et place, se consoler donc d’être le seul « roi des arènes » intronisé par l’instance dirigeante de la lutte et d’avoir régné pendant dix ans sans connaître de défaite, lors de son retour. Son règne a pris fin en 1999 à la suite de sa défaite contre le jeune Mohamed Ndao dit Tyson. Un mythe s’était effondré.

Tyson, le grand gâchis
Il a été la bête noire des papys. Mohamed Ndao dit Tyson a mené la vie dure à Mor Fadam, Moustapha Guèye, Mohamed Aly, Manga 2, Touba Dior pour ne citer que ceux-là. Tous ont été humiliés sans autre forme de procès ; avant d’être envoyés à la retraite forcée par l’enfant de Kaolack Ndangane. Après cette période faste, plus rien. Face aux lutteurs de sa génération, le leader de la génération « Boul Faalé » éprouva beaucoup de mal à tirer son épingle du jeu.
En 2002, il est battu à plate couture par le fougueux Serigne Ousmane Dia dit Bombardier qui le bat par Ko. Pour lui, l’histoire se répète mais de manière…tragique. S’il se relance aux dépens du vieillissant Moustapha Guèye en 2004, dans un acharnement sans pareil, il est à nouveau défait comme à l’entraînement par Yékini deux ans plus tard. La même année, il perd pour la deuxième fois d’affilée face à Bombardier ; avant -comble du désespoir- de contester le verdict de l’arbitre et quitter l’aire de combat. Suspendu par le Comité national de gestion de la lutte, il rate son retour aux affaires tant attendu en 2010 lors de son deuxième combat contre Yékini. Avant de subir un cinglant revers en 2011 devant Balla Gaye 2 puis un autre la saison passée face à Gris Bordeaux. En réalité, Tyson, contrairement à Bombardier et Manga 2, n’a jamais réussi à rebondir et à retrouver la couronne perdue en 2002. Et à un an de la retraite, on imagine mal comment le leader de la Génération Boul Faalé peut réussir un tel pari.
D’ailleurs, il semble depuis longtemps avoir renoncé à toute idée de reconquérir le fauteuil. L’essentiel est qu’il puisse continuer à disputer des affiches à coup de dizaines de millions de FCfa ; peu importe le résultat.

Balla Gaye 2, l’inconnue
  Balla Gaye 2 réussira-t-il à reconquérir le trône qu’il a perdu il y a deux ans au profit de Bombardier? Après sa défaite devant le B 52 de Mbour, le fils de Double Less a essayé la saison passée de sceller son grand retour sans grand succès. Il s’est heurté à la muraille de « Tay Shinger », sa bête noire Eumeu Sène qui l’avait déjà battu lors d’un premier face-à-face en 2008. Deux défaites en autant de sorties qui ont poussé le « Lion de Guédiawaye » à vouloir observer une année sabbatique, le temps de se remettre en cause et de voir quelle suite donner à sa carrière qui bat de l’aile depuis 2014. Mais contrairement à Yékini qui est sur le point d’être frappé par la limite d’âge, Balla Gaye 2 a encore largement le temps devant lui. Jeune, téméraire et talentueux à la fois, il faudra s’attendre à ce qu’il se retrouve de nouveau un jour au sommet de la lutte.
Mais tout dépendra de sa capacité à respecter l’adversaire et surtout à bien tirer les leçons de ses deux dernières défaites.

TROIS QUESTIONS A… AMBROISE SARR, COACH DE L’EQUIPE NATIONALE

Manga 2 et Bombardier ont cru en eux ! »
L’entraîneur de l’équipe nationale de la lutte, Ambroise Sarr, est revenu sur les parcours des différents « anciens rois des arènes ». Et d’après lui, le sérieux, la confiance en eux-mêmes et la chance ont permis à Manga 2 et Bombardier de revenir en force dans l’arène. Concernant Yakhya Diop Yékini, Ambroise est d’avis qu’il doit arrêter sa carrière. Pour Balla Gaye 2, il pense qu’il est jeune et qu’il peut reprendre sa place dans l’arène.

« Excepté Manga 2 et Bombardier, les anciens « rois des arènes » ont des difficultés à faire leur come-back. Qu’est-ce qui explique cela ?
  Avant de répondre à la question, j’aimerai préciser qu’il ne faut pas faire d’amalgame entre le titre de « roi des arènes » et celui de meilleur lutteur de l’arène. Seule la structure dirigeante de la lutte est habilitée à dire qui est « roi des arènes » et qui ne l’est pas. Et de ce point de vue, seul Manga 2 a été reconnu comme tel. Mais, puisque telle est la terminologie généralement adoptée, je vais parler comme tout le monde. Pour ce qui est de Bombardier et Manga 2, ils ont réussi leur retour parce qu’ils y ont cru. En fait, Bombardier, actuel « roi des arènes », a battu Balla Gaye 2, un des meilleurs lutteurs de sa génération, et confirmé face à Modou Lô. Deux belles victoires qui ont relancé sa carrière. Il faut savoir qu’il n’y a pas de recettes magiques ou de secrets. Le sérieux, la confiance en soi et la chance sont les seules explications. 

Pensez-vous que Yékini doit poursuivre sa carrière ou prendre sa retraite puisqu’il peine à revenir ?
  Personnellement, je pense que Yékini doit arrêter sa carrière. D’après moi, il n’a plus rien à prouver dans l’arène. Certes la lutte est son métier, et s’il arrête, ce n’est pas moi qui lui assurerai la dépense quotidienne. Mais vous savez, nous les Sérères, nous sommes trop attachés aux honneurs. Le fait que Yékini soit resté plus de 15 ans sans enregistrer de défaite est une grande fierté. Il est le seul lutteur dans l’arène à l’avoir fait. Il peut cependant continuer sa carrière. Au risque d’enregistrer d’autres échecs qui terniraient son immense palmarès.   

Balla Gaye 2, lui aussi, traverse des périodes difficiles. Que doit-il faire pour revenir en force ?
  Balla Gaye est un jeune lutteur et il a tout le temps devant lui. Il peut bel et bien revenir en force dans l’arène. Il doit juste travailler durement pour revenir au meilleur de sa forme. Il doit aussi s’entourer de ses proches, et ensemble ils pourront relever le défi. Bombardier a connu ces périodes mais aujourd’hui il a repris sa couronne. Donc il n’y a pas de secret, seul le travail paie. Je crois que Balla Gaye 2 a les capacités de reprendre sa place dans l’arène. D’ailleurs, il est temps que les acteurs de la lutte organisent un tournoi pour déterminer le « roi des arènes ». A mon avis, il faudra classer les lutteurs en deux catégories : celle des Vip et celle de ceux qui sont dans l’antichambre ».

Par Diégane SARR et Absa NDONG


Modou Lô qui s’était tellement empressé de le croiser, ou (pensait-il) de lui chiper sa couronne de « roi des arènes », l’a appris à ses dépens : Bombardier est bien le maître du jeu ! Le chouchou des amateurs aurait peut-être même payé pour croiser le B52, tant il était sûr de pouvoir le destituer et de décrocher le titre … toujours officieux qui fait rêver tous les lutteurs. Mais, le 25 juillet dernier au stade Demba Diop, il a compris que Bombardier n’était pas disposé à se laisser détrousser comme au coin d’un bois ; ainsi qu’il l’avait été lors de son premier règne lorsqu’il avait déboulonné Mouhamed Ndao « Tyson ». Après avoir fait tomber Balla Gaye 2 de son trône le 8 juin 2014, Serigne Dia de son nom d’état-civil, tenait à son piédestal autant qu’à la prunelle de ses yeux. Et face à Modou Lô, technicien parmi les techniciens, il avait signé une victoire éclatante et sans bavure, lors d’une des rares grosses affiches de 2015 qui se boucle dans la morosité, sans choc de Noël ni du Nouvel An pour annoncer une année 2016 d’un meilleur cru.

Absa Ndong


On le voit souvent au stade, avec ses lunettes qui lui barrent le visage, organiser les chorégraphies des lutteurs ou veiller à ce que la main courante soit dégarnie. Lui, c’est Thierno Kâ qui, depuis le début de l’histoire, est aux côtés du président Alioune Sarr pour faire marcher les choses. Un anglophile amoureux de la lutte qui, dans sa formation, est « tombé » sous le charme de la finance.

C’est sans avertir que nous avons déboulé dans l’établissement supérieur dans lequel Thierno Kâ est directeur. Une institution de formation qui a pignon sur les Allées Seydou Nourou Tall. Il a d’abord fallu attendre car le chargé de l’organisation et porte parole du CNG de lutte était à table pour le déjeuner. Une bonne trentaine de minutes et le voilà prêt à répondre. Mais il faut patienter une vingtaine de minutes, le temps qu’il s’entretienne avec  une dame. En attendant, notre attention est attirée par une grande fresque. Un mariage expressif de couleurs et de calligraphies multicolores d’étudiants de cette institution qui, il y a deux ans, ont voulu transmettre leurs sentiments à leur directeur, Thierno Kâ. Dans ce flot de phrases entremêlées, on découvre toute la tendresse des disciples. On y parle de l’homme de famille exemplaire, Ericka y va de sa sensibilité pour lui déposer « un bisou mouillé ». Asmine, quant à elle, lui dit « tout cet amour que l’on a pour toi, le directeur le plus cool ».  Un responsable super cool, génial disent les autres. Le clou de ces témoignages est certainement le mot d’un certain M. Faye qui affirme tout simplement « qu’il arrive qu’un individu devienne le centre de votre vie sans que vous ne soyez liés à lui ni par le sang ni par l’amour. Mais il vous tient la main, vous aide à marcher, c’est vous cet être ». Naturellement, on toucha mot en premier par rapport à cette fresque et d’un air désintéressé, M. Kâ confie que « ces étudiants se sont exprimés au feeling pour dire tout ce qu’ils pensent de moi ; c’est aussi simple ».

Dans le bureau du directeur, pèle mêle, de la paperasse se dispute la place comme on en trouve du reste dans les bureaux des responsables d’instituts de formation. Dans ses locaux entourés de décorations, Thierno Kâ voit défiler des élèves. Les uns pour déposer des cahiers de textes et les autres des listes de présence ou autres.

Un grand dada, le foot

L’enfant qui a grandi à la rue 17×6, dans le quartier de la Médina, est un pur produit de l’Uassu, qui pratiquait outre le foot, son sport favori le handball, l’athlétisme et a même tâté à la balle ovale. Le jeune s’est aguerri lors des rencontres triangulaires (Civils, Militaires et scolaires). Ces manifestations ont permis au jeune Thierno Kâ d’aller à Saint-Louis pour y disputer une demi-finale contre Dakar Bongo, actuel Prytanée Militaire. Des infos sur l’année de cette demi-finale ? L’intéressé essaie de se souvenir mais finit par lancer « entre 1965-66 peut-être ». L’usure du temps commence à faire son effet. A l’âge de 19 ans, ce fut le grand saut pour l’inconnu, l’Hexagone après deux années en équipe Junior de la JA coachée à l’époque par Pascal Diagne et El Hadji Malick Sy Souris. « Nous étions avec les Diène Diouf, Pape Ndao, Edmond Koto, Alioune Ndao Tibia, Famara Mané, l’équipe junior de la grande Jeanne d’Arc composée entre autres de Alioune Ndiaye "Cheval Fou", Alpha Touré et autres ». Avant d’aller en France, le jeune Thierno Kâ avait joué dans son quartier, à l’Asc Damels de la Médina et aux HLM 3 à l’Asc Santos avec des coéquipiers comme Boubacar Sarr Locotte, Pape Sakho.

Une fois en Europe comme étudiant à l’Université de Grenoble (pour suivre des cours en Langue et Politique), l’attaquant qui se mua plus tard en défenseur, signera sa première licence avec le FC Grenoble. Une expérience qui fera long feu à cause « d’un problème d’adaptation avec le rigoureux climat montagnard qui y régnait, mais également il m’était difficile à un moment d’allier foot et études ». Loin de se décourager, le mordu du ballon rond va faire des piges en CFA plus précisément à Groul, au FC Brenlin puis en Savoie à l’As Fontaine.

Financier et anglophile

Dans sa vie professionnelle, Thierno Ka a travaillé durant plus de deux décennies pour une institution internationale. Mais depuis quelques années, « je suis à la retraite, même si pour certains je porte bien mon âge ». Après avoir décroché, il a été pendant 6 ans directeur des études et programmes d’un institut de formation et a connu des expériences comme enseignant surtout en anglais financier et économique. Au début, les chiffres n’attiraient pas trop M. Ka. Mais au fil des séminaires complémentaires au FMI à Washington et autre stages dans ce domaine, il sera épris de finances.

Au gré de ses pérégrinations, Thierno Ka a été dans un lycée (au titre de chargé de cours) où il a joué au football dans la ligue Nord de Londres pour une équipe (British Council), fruit de la coopération universitaire entre l’Angleterre et la France. Après une défaite face au London Transport, « la société m’a trouvé bon et m’a proposé de venir jouer pour eux contre boulot, appartement et rémunération. Hélas je n’avais qu’un seul besoin, revenir au pays ».

Des culottes au « nguimb »

Au détour d’une conversation, le président Alioune Sarr nous avait confié : « quand on m’a demandé de prendre en charge le CNG, j’ai choisi les hommes en qui j’avais confiance et qui pouvaient m’être d’une certaine utilité ».  Et Thierno Kâ était du lot. Ce qui l’a poussé à « faire le maximum afin d’aider cet aîné avec qui j’ai partagé le lycée Van Vo (actuel Lamine Guèye) ». Au début, Alioune Sarr voulait confier la lutte olympique à Thierno Kâ, car disait-il, « il était anglophone ». Mais, soutient ce dernier, «  j’étais dans une structure très exigeante et les multiples déplacements n’étaient pas acceptés, c’est pourquoi il m’a désigné comme chargé de la communication ».

Déjà jeune, il baignait dans l’ambiance lutte danscette Médina qui regorgeait de champions. Fodé Doussouba à la rue 9, Falaye Baldé à la rue 7, Doudou Diatta à la rue 11, Djibril Ndiaye à la rue 19, Doudou Ndiaye Cargo à la rue 19, Youssou Diène à la rue 17. Autant de lutteurs qui, quand ils allaient aux arènes Adrien Senghor, marchaient à pied avec tout le folklore qui sied. Les images plein la vue, le jeune tomba sous le charme de ce sport et n’hésitait pas « après les matches de foot à se rendre en équipements pour suivre les combats ».  Le premier combat que le jeune Thierno a vu «  était une confrontation qui opposait Doudou Baka Sarr à un autre lutteur au Parc municipal ».

Actuellement, Thierno Kâ se désole de la tournure prise par ce sport. «  Des fans sont en train de tuer tout le charme de ce sport », affirme t-il excédé par tant de violence gratuite.

A.M.NDAW

Bien que retraité depuis presque 10 ans, l’ancien « roi des arènes » ne veut toujours pas passer le flambeau. Manga 2 qui  tient à ce titre honorifique comme à la prunelle de ses yeux, refuse ainsi d’introniser son jeune compatriote Yékini, quoique déchu de fait. Une attitude qui rappelle à bien des égards, le rôle négatif qu’il aurait joué, à la tête de l’écurie sérère, aux dépens de grands champions comme Ibou Ndaffa, Alioune Diouf, Bounama Rasta, Mame Ndieumbane Diom, entre autres. Ces lutteurs n’ont jamais pu émerger sous l’ère Manga 2, confinés qu’ils étaient dans leur rôle de seconds couteaux.

L’ancien grand champion de lutte Manga 2 semble très différent des rois qui choisissent leurs dauphins ou successeurs avant de quitter définitivement le trône. Histoire de s’armer de toutes les garanties afin que le flambeau soit toujours tenu haut. Au contraire, l’ancien « roi des arènes » serait ni plus ni moins qu’un « lutteur-vampire » qui mange ses propres lieutenants. Alors à la tête de la fameuse écurie sérère, on l’accusait souvent de ne rien faire pour favoriser l’ascension de ses poulains dont certains comme Alioune Diouf Yerwago, Ibou Ndaffa et Mame Ndieumbane Diom avaient pourtant les potentialités requises pour réussir autant que lui dans l’arène.

Selon certains, la dislocation de cette structure de lutte en plusieurs entités dont l’école de lutte Manga 2, l’écurie Sine Saloum et l’écurie Amoul Séral dirigée par Ibou Ndaffa, ne serait d’ailleurs pas étrangère à cette vision peu catholique de Manga 2 qui se serait même plu à voir les Alioune Diouf et Cie dans cette position d’éternels seconds couteaux.

Aussi, près de 10 ans après son jubilé, Manga 2 refuse-t-il toujours de passer le relais et continue de déclarer urbi et orbi qu’il demeure le « roi des arènes ». Des propos qui en disent long, une fois de plus, sur l’ambition démesurée de Hyacinthe Ndiaye et sur sa tendance à vouloir toujours éclipser ses héritiers naturels dont Yakhya Diop Yekini, originaire de Joal-Fadiouth, au même titre que lui. Pire, si l’on en croit ce dernier, l’actuel président de l’Association des anciennes gloires œuvrerait activement à sa chute plutôt que de l’adouber comme le fait si bien l’ancienne gloire Mohamed Ndiaye alias Robert Diouf. D’après Yekini,  Manga 2 aurait même mis à contribution des marabouts pour que Bombardier pût enfin prendre le dessus sur lui lors de leur troisième et dernier face-à-face.

Yakhya Diop a fait cette déclaration lors de son déplacement à Joal, le week-end dernier. Ce vœu n’a pas été exaucé. La dernière confrontation entre les deux mastodontes a tourné à l’avantage du protégé d’Amadou Katy Diop, comme leurs deux précédents combats. Un camouflet  pour l’ancien champion de lutte dont le soutien apporté à Bombardier est considéré comme un acte de « haute trahison » par ses nombreux compatriotes de Joal-Fadiouth.

Selon la presse, ces derniers l’auraient d’ailleurs récemment déclaré personae non grata dans cette commune. Vraies ou fausses, les accusations de Yékini n’ont pas été démenties par le président de l’Association des anciennes gloires, qui était pourtant très attendu sur cette question le week-end passé lors de son gala de lutte. En lieu et place d’un démenti ou d’une déclaration coupable, l’ancien lutteur de Fadiouth a dit ne pas être au courant des propos de son jeune compatriote et a préféré s’abstenir de toute polémique. L’adage dit : Qui ne dit rien  consent…

Diégane SARR

Emmuré dans un silence assourdissant depuis sa défaite contre Balla Gaye 2, le 1er aout dernier au stade Demba Diop, Balla Bèye 2 semble enfin sortir de sa longue torpeur et avec la manière. A travers son proche entourage, le vieux « mbarodi de Pikine » s’est dit prêt à accorder une chance à Bombardier qu’il avait défait en 2006, à Thiès. « Un défi » que le B 52 est prêt à relever, si l’on en croit son manager, Yéri Diakhaté.

Le « mbarodi » de Pikine qui s’était emmuré dans un silence absolu depuis sa débâcle contre Balla Gaye 2, le 1er août dernier au stade Demba Diop, fait à nouveau parler de lui. Par l’intermédiaire de son staff technique, Balla Bèye 2 est sorti de son long mutisme et a récemment fait part de sa volonté d’accorder une revanche à Bombardier qu’il avait battu à plate couture en 2006 à Thiès. Un revirement à 180° qui surprend plus d’un et qui intrigue bon nombre d’observateurs de la lutte. En effet, la saison dernière, la tête de file de l’écurie Hal Pulaar avait catégoriquement refusé de croiser le fer avec son alter ego de l’écurie Mbour, en dépit des nombreuses démarches des promoteurs de lutte allant dans ce sens. Qu’est-ce qui a donc bien changé entre-temps pour que Baboye revienne subitement sur sa position initiale ? Pourquoi a-t-il préféré jeter son dévolu sur le B 52 au lieu de donner une suite favorable aux nombreux défis que ne cessent de lui lancer les espoirs, notamment Ness, Papa Sow et Issa Pouye ? Autant de questions auxquelles les férus de la lutte tentent de trouver des réponses.

Toujours est-il que derrière ce défi que Baboye vient de lancer au B 52, se cachent incontestablement des enjeux financiers importants. En réalité, la manne financière que la tête de file de l’écurie Hal Pulaar peut espérer gagner en acceptant d’affronter un « gros bras » comme Bombardier, il ne peut l’avoir face aux espoirs ; car le montant du cachet d’un lutteur varie en fonction de son adversaire. En plus, sur le plan sportif, une éventuelle défaite de Balla Bèye 2 face à un ténor tel que Bombardier n’aurait pas beaucoup d’incidence sur la suite de sa carrière ; alors que face aux espoirs, un nouveau revers – il a déjà été battu par Balla Gaye 2 – risquerait fort de précipiter sa retraite. A l’inverse, le tombeur de Gris Bordeaux aurait de belles perspectives, s’il parvenait une fois de plus, à prendre le dessus sur le B 52. En 2006, son « hold-up » contre le protégé de Yéri Diakhaté avait complètement relancé sa carrière. Avant, il était resté sur une série noire face notamment à Yékini et à Khadim Ndiaye.

Mais les risques qu’encourt Baboye en affrontant une deuxième fois Bombardier ne manquent pas. Le géant mbourois qui a beaucoup appris depuis son cinglant revers contre le Pikinois en 2006, aura à cœur de relever un double défi : se relancer après sa dernière défaite contre Yékini et administrer en même temps, une correction à son adversaire qui l’avait humilié et blessé son amour-propre à Thiès.

 

En tout cas, du côté du proche entourage de Serigne Dia, les nouvelles dispositions de « l’Ouragan de Pikine » sont accueillies avec beaucoup d’intérêt. Dans une déclaration faite à la presse avant-hier, le manager, Yéri Diakhaté, s’est empressé de souligner que son poulain était prêt à en découdre à nouveau avec Baboye. Ce qui veut dire que des deux côtés, les états majors sont favorables à un deuxième face-à-face explosif entre les deux lutteurs. Les promoteurs de lutte, dont certains avaient manifesté leur intérêt pour une telle affiche, l’année passée, devraient donc saisir la balle au rebond pour ficeler très rapidement ce choc de titans.

Diégane SARR

 

 

 

 

La grande tournée du « roi des arènes », Yakhya Diop Yékini, à Joal, a battu le record de mobilisation et a aussi été une grande réussite samedi. En effet, de Dakar à Mbour et à Jaol, la foule a vivement acclamé et accompagné le triple tombeur de Bombardier.

Les supporters et sympathisants de Yakhya Diop Yékini, ont  magnifié la suprématie du « roi des arènes », samedi dernier lors de la tournée que celui-ci a faite à Joal, son village natal. En effet, il a drainé une foule immense, de Dakar à Joal en passant par Mbour. Et comparée à l’année dernière, cette tournée a battu le record de la mobilisation. Toujours égal à lui-même, le triple vainqueur de Bombardier, est venu pile à l’heure pour le départ. Habillé en veste noire et jean délavé, Yakhya Diop Yékini, a tenu à faire quelques petits réglages avec le promoteur Gaston Mbengue, avant que le convoi quitte les lieux. Ses fans club se sont mobilisés et ont rallié  le convoi à Nguékokh. Ils ont assuré l’ambiance, jusqu’au croisement de Saly, où une belle surprise était réservée au « roi des arènes ». En effet, Bombardier qu’il avait battu pour la 3ème fois, le 2 janvier dernier, l’attendait avec tout son entourage. Ensemble, les deux ténors ont paradé dans les rues de Mbour, devant une foule surexcitée. Le B 52 de Mbour et Yakhya Diop Yékini ont séduit le public de par leur geste, magnifié par des applaudissements. A la sortie de Mbour, Bombardier quitte le convoi et laisse le chef de file de l’écurie Ndakarou continuer sa tournée. L’ambiance a été grande de Ngazobil, à l’entrée de Joal, et la sécurité avait du mal à contenir l’ardeur des  supporters. « Je suis un fils de la Petite côte, et  j’ai beaucoup  de supporters dans les environs. J’ai cultivé de très bonnes relations avec mes sympathisants. Je me défonce à chaque fois pour leur faire plaisir, c’est pourquoi, ils ont hâte de m’accueillir. Et vous avez vu que la foule augmente chaque année », fait savoir un Yakhya Diop Yékini tout satisfait.

« La politique ? Cela ne m’effleure même pas l’esprit… »

Dans sa maison familiale, Yakhya Diop Yékini a tenu un petit point de presse. Ainsi, il est revenu sur les moments forts de sa tournée, mais aussi sur ses projets, et a donné son point de vue sur la vie politique nationale. D’emblée, le triple tombeur de Bombardier a rejeté l’idée de faire de la politique un jour. « Les hommes politiques ne peuvent pas mobiliser un monde », a-t-il déclaré en référence à la foule qui a jalonné son passage. Alors, il s’est voulu très clair : «  je ne fais pas de la politique. Je garde d’ailleurs une grande distance avec les politiciens, même si j’ai quelques amis parmi eux. Je suis un sportif et l’idée de faire de la politique ne m’effleure même pas l’esprit », a-t-il fait savoir.  Yakhya Diop Yékini, a aussi annoncé qu’il avait des projets à Joal, « mais je ne veux pas trop m’aventurer, car les politiciens ont peur. Ils pensent que si je m’investis dans certains domaines, ils seront en danger. Alors que si je décidais de faire de la politique, je viserais autre chose que la mairie de Joal ». Même après sa carrière dans l’arène, Yekini ne songe pas à s’engager en politique. « Je ferai autre chose et dans la plus grande discrétion », a-t-il promis. Concernant son souhait de construire une salle de musculation à Joal, Yakhya Diop Yékini a promis de démarrer les travaux d’ici peu de temps. « Nous avons déjà le matériel, mais il nous faut juste un peu de temps pour réunir tout le nécessaire ».

« Tapha Tine et Elton peuvent devenir de grands champions, vu leur morphologie »

Des espoirs qui pourront, dans quelques années, aspirer au titre de « roi des arènes », il n’en manque pas. Même si le protégé de Katy Diop a du mal à citer des noms, il n’a pas hésité à donner la clé de la réussite. « Je ne veux pas citer de noms de lutteurs, car d’autres pourront mal le prendre. Mais je peux, par contre, donner quelques conseils à la jeune génération. Pour devenir un grand champion dans l’arène, les jeunes lutteurs doivent redoubler d’efforts et consentir beaucoup de sacrifices ». Pressé de questions, Yakhya Diop Yékini, a révélé que Tapha Tine de Baol Mbollo et Elton de l’école de lutte Balla Gaye, ont le profil et la morphologie pour devenir de grands champions. « Les poids lourds se comptent sur les doigts d’une main dans l’arène. Si je ne me trompe pas, il y a Tapha Tine et Elton comme poids lourds. Mais, c’est à croire qu’ils sont un peu en retard par rapport aux lutteurs de leur génération. N’empêche, ils ont tout pour devenir de grands champions, surtout leur morphologie. Mais il leur faudra  travailler dur ». Selon Yekini, des lutteurs comme Lac de Guiers 2, Balla Gaye 2, entre autres, peuvent logiquement prétendre à régner dans l’arène. « Il suffit juste d’y croire pour réussir », leur a-t-il conseillé.

« Mystiquement Manga 2 ne peut rien contre moi… »

A une question sur sa relation avec les anciennes gloires de l’arène, Yakhya Diop Yékini a répondu par une autre question. « Pouvez-vous me citer un nom ? Car votre question est trop vague », a-t-il répliqué. Manga 2, alors, lui précisa-t-on. « Je n’ai aucune relation avec Manga 2. On ne se salue même pas, si l’on se croise. Et cela ne date pas d’aujourd’hui, c’est depuis 1995 lorsque je pratiquais la lutte simple », a-t-il révélé. Selon lui, «  nos problèmes ont débuté lorsqu’il a utilisé à sa guise, quelque chose qui m’était destiné et c’était en 1955. Depuis lors, nous ne nous adressons même pas la parole. Il essaie de me combattre par tous les moyens, mais sans succès. Et mystiquement Manga 2 ne peut rien contre moi, car je suis un sérère bon teint comme lui ». Yakhya Diop Yékini, a tenu à préciser, qu’il n’aime pas parler des gens en leur absence et que n’eût été l’insistance de la presse, il n’aurait jamais cité le nom de Manga 2. D’ailleurs, il n’a pas exclu une éventuelle  réconciliation entre Manga 2 et lui.

Reportage de Absa NDONG

 

Deux galas de lutte traditionnelle ont été disputés le week-end dernier, aux arènes Adrien Senghor de Grand-Yoff pour le compte des 13ème et 14ème journées de cette saison. Ces deux compétitions ont été remportées par Ndiol Ansou, qui réalise ainsi le premier doublé de cette saison et Ngane Seck qui en est à son premier trophée cette année.

Après avoir remporté son premier trophée de la saison, il y a plus d’une semaine, aux arènes Adrien Senghor, Ndiol Ansou Ndour a remis ça samedi dernier, à l’occasion de la 13ème journée. Sur les 24 lutteurs qui ont pris activement part à cette compétition organisée par les ressortissants du village de Thiombi (Fatick), il a été le plus méritant pour avoir pris le dessus sur tous ses adversaires. Ce gala de lutte a pourtant été très relevé avec notamment la présence de gros calibres dont Soulèye Babou dit Mône 1 et l’ancien champion du Sénégal dans la catégorie des poids légers, Saliou Pouye.

Pendant plusieurs tours d’horloge, le nombreux public qui a pris d’assaut le temple de la lutte traditionnelle, a eu droit à de chaudes empoignades. Au terme des éliminatoires qui ont tenu toutes leurs promesses, les amateurs se sont vu proposer des affiches de rêve pour les demi-finales. Ainsi Ndiol Ansou, le futur vainqueur de cette compétition croisait le fer avec Soulèye Babou dans la première affiche, tandis que dans l’autre, Elage Faye faisait face à Saliou Pouye.

A l’arrivée, Ansou (Joal-Fadiouth) et Saliou Pouye (Ponto Mbour) ont eu le dernier mot sur leurs adversaires respectifs. En finale, le « Joalien » a pris le dessus sur l’ancien champion du Sénégal dans la catégorie des poids légers empochant du coup la somme de 240.000Fcfa  contre 120.000Fcfa pour le malheureux finaliste. En remportant ce trophée, Ndiol Ansou réalise en même temps le premier doublé de cette saison.

Le deuxième gala de lutte traditionnelle qui a eu lieu ce week-end aux arènes Adrien Senghor a été à l’initiative de la promotrice Louise Senghor qui organisait la deuxième édition du drapeau El Hadj Ousseynou Diouf doté d’une mise de 500.000Fcfa. Cette fois-ci, c’est Ngane Seck qui a créé la sensation en faisant le vide autour de lui. Il a battu en finale Soulèye Babou qui court toujours après son premier sacre de la saison aux arènes Adrien Senghor. Pour avoir remporté cette compétition, Ngane Seck a empoché la somme de 300.000Fcfa contre 150.000Fcfa pour sa victime en finale. Pour leur part, Omar Ndiaye et le vétéran Samba Ndeleng ont reçu 25.000Fcfa.

Diégane SARR

 

Les inconditionnels de la lutte avec frappe se sont bien régalés avant-hier, au stadium Iba Mar Diop à l’occasion de la première édition du drapeau Abdourahmane Dabo,  organisée par Tiger Productions que dirige l’ancien lutteur Moustapha Guèye. Quatre combats de lutte ont été disputés dont le choc tant attendu entre Sa Cadior 2 et Saloum-Saloum. Un face-à-face qui a finalement plaidé en faveur du poulain de Mor Fadam à l’issue de 4 mn de corps à corps.

Saloum-Saloum, « borom kourou baye fall » a été méconnaissable samedi, lors de son face-à-face contre Sa Cadior 2.  Face au poulain de Mor Fadam, le sociétaire de l’écurie Lansar n’a vu que du feu. Dès l’entame de la partie, les deux lutteurs optent pour une confrontation rapprochée ; ce qui laissait présager d'un combat très rapide.

Et c’est le pensionnaire de l’école de lutte Mor Fadam qui ouvre les hostilités en envoyant quelques crochets gauches à son adversaire qui, contre toute attente bat en retraite. Après quelques minutes marquées par des calculs tactiques et peu d’initiatives des deux côtés, Sa Cadior 2 passe à la vitesse supérieure et parvient à imposer le corps à corps à son vis-à-vis. Fort de sa fraicheur et de sa puissance physique, il tente de contrebalancer Saloum Saloum en mettant à profit sa force, mais ce dernier résiste. Le poulain de Mor Fadam parvient finalement à mettre son adversaire dans une posture défavorable, au terme de plusieurs tentatives.

Le reste de la partie n’a été qu’une formalité pour le lutteur de Guédiawaye qui n’avait plus qu’à imposer sa puissance physique à son adversaire qui s’est retrouvé le séant au sol. Une chute que le sociétaire de l’écurie Sakku Xam Xam a vite contestée avant de se raviser après avoir visionné la cassette devant le plateau de la 2Stv. Pour Sa Cadior 2, la victoire sur Saloum-Saloum, un sacré client qui traîne par ailleurs une réputation de bagarreur hors pair, constitue sans nul doute, une très grande opération. Ce qui n’est pas le cas pour sa victime pour qui cette défaite, la 10ème de sa carrière, représente une énorme contreperformance. Saloum-Saloum a fait sensation l’année passée lors du Claf, en terrassant Garga Mbossé, Aliou Mané et Assurance et en allant jusqu’en demi-finale.

Des levers de rideaux  très disputés

Avant le combat entre Saloum-Saloum et Sa Cadior, les amateurs ont eu droit à des levers de rideaux très disputés. Lors du premier combat, Nguissaly des Tigres, a pris le dessus sur Robot de Diacksao, sur décision médicale, après l’avoir envoyé à deux reprises chez Ardo. La deuxième confrontation qui mettait aux prises Bara Ndiaye de l’écurie Fass à Tapha Tine 2 de Thiaroye, bien que déséquilibrée a également répondu à toutes les attentes du public, avec notamment beaucoup d’engagement de part et d’autre.

Le poulain de Tapha Guèye a finalement eu le dernier mot, en mettant à contribution sa puissance physique pour triompher du lutteur de Thiaroye. A l’image de la deuxième affiche, le dernier combat des levers de rideau qui opposait Canadien de l’écurie Fass et Ndiaga Sarr de l’école de lutte Mor Fadam a mis aux prises des forces disproportionnées. Côté gabarit Ndiaga Sarr est de loin mieux loti que le Fassois. Il n’empêche, le corps à corps entre les deux jeunes lutteurs a été rude. Cependant cette affiche a finalement tourné à l’avantage du sociétaire de l’école de lutte Mor Fadam qui a essentiellement misé sur sa force pour se défaire du protégé de Tapha Guèye.

Lors de ce gala de lutte, la violence a encore fait parler d’elle. Après la défaite de Saloum-Saloum, des supporters mécontents ont jeté des pierres dans l’enceinte du stadium et un journaliste a ainsi a été blessé.

Diégane SARR

Beaux exemples de sportivité en ce début de saison

Bombardier qui annonce sa volonté de se rendre tout prochainement à Joal Fadiouth chez Yékini, Ness qui effectue une visite de courtoisie chez son grand frère Boy Kaïré, Paul Maurice et Tidiane Faye qui dansent, côte à côte, au stade Demba Diop… Les lutteurs sénégalais semblent particulièrement très fair-play en ce début de saison.

On ne les savait pas très fair-play, mais les lutteurs sénégalais commencent à multiplier les exemples de sportivité, notamment en ce début de saison. Et c’est à Ness, « la baleine de Lansar » que revient tout ce mérite. Le poulain de Marx Mbargane a montré à ses pairs la voie à suivre en effectuant une visite de courtoisie chez Boy Kaïré au lendemain de sa victoire sur le chef de file des « Bérets verts ». Un acte de haute portée qui a vivement été magnifié par les amateurs et les acteurs de la lutte.

Et depuis, ce geste de Ness n’a cessé de faire tache d’huile chez les autres lutteurs. Mais l’exemple le plus frappant est venu de Bombardier qui annonçait quelques jours seulement après son troisième revers contre le pensionnaire de l’écurie Ndakaru, sa volonté de se rendre à Joal-Fadiouth, au domicile même de son triple tombeur. Une manière de pacifier ses relations avec « le roi des arènes » qui étaient extrêmement tendues, avant leur troisième face-à-face ; du moins si l’on en juge par leurs déclarations va-t-en guerre. Un autre exemple de fair-play, qui restera longtemps dans les annales de la lutte, est l’œuvre de Paul Maurice et Tidiane Faye.

Ces deux jeunes lutteurs, qui ont croisé le fer le 26 décembre passé, ont définitivement enterré la hache de guerre, le 2 janvier dernier lors du combat qui opposait Yékini et Bombardier, au stade Demba Diop. Pendant une bonne dizaine de minutes, ils ont dansé côte à côte dans une belle ambiance. A la grande satisfaction des amateurs qui en redemandent encore. Et ce fut une belle leçon de sportivité ! A souligner que le fair-play, dont ont fait preuve les deux adversaires, a toutefois été favorisé par le promoteur Gaston Mbengue qui a eu le mérite de les avoir invités tous les deux à venir signer l’armistice au stade Demba Diop.

En tout état de cause, cas isolés ou pas, la sportivité exemplaire dont ont fait montre ces lutteurs, est à saluer, le fair-play n’étant pas le sentiment le mieux partagé dans le milieu de lutte qui est souvent assimilé à une jungle purement et simplement. On attend de Zoss et Gouye gui qui en sont venus aux mains lors de la signature de leur contrat, il y a plus d’une semaine au stade Demba, qu’ils fassent la même chose après leur ultime face-à-face le 13 février prochain.

Diégane SARR

 

 

La structure Manga Productions démarre sa saison en lutte avec frappe ce dimanche au stade Iba Mar Diop avec le choc entre Dolf de l’Ecurie Rock Energie et Sentel de Lamsar. Ce duel doté du drapeau du maire de Nioro, Ousmane Dramé, va mettre aux prises deux espoirs de l’arène qui veulent se refaire une certaine santé après des résultats mitigés la précédente saison. Ce combat aussi oppose deux des plus grandes écuries de la capitale. Lamsar, avec son coach Max Mbargane, qui étonne par ses résultats aussi brillants les uns que les autres, et Rock Energie qui traverse une période creuse malgré les bons lutteurs qui y évoluent.

En combats préliminaires, Ousmane Ngom N° 2 Boy Ndiago de l’écurie Walo fera face à Pape Mour Guèye de l’école de lutte Fass Benno. Modou Faye (Ecurie Guinaw Rail) devra quant à lui s’expliquer avec Bass Junior de l’Ecole de lutte Manga 2. Mbaye Dia Diop N°2 (Ecurie Boy Bambara) fera face à Ndama Cadior (Ecurie Yeumbeul Mbollo).

A.M.NDAW


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