Dangers de la mer : A Saint-Louis, la brèche menace les pêcheurs

Au Sénégal, la pêche est un secteur très important, pourvoyeur de devises. Rien qu’à Saint-Louis, elle fournit des dizaines de milliers d’emplois. Mais, bien qu’elle fasse vivre plusieurs familles, elle constitue des risques dangereux, car chaque année, des dizaines de pêcheurs perdent leur vie en mer. L’insouciance des pêcheurs est mise à l’index, car ces drames pouvaient bien être évités si ces hommes de la mer respectaient scrupuleusement les règlements en vigueur.

Deuxième région de pêche après celle de Thiès, le secteur monopolise à Saint-Louis, une bonne partie de la population. Le nombre de pêcheurs actifs est estimé à environ 15 000, le nombre de pirogues identifiés s’élève à 2830 et celui physiquement marqué est de 2 175.

Selon les estimations du Service régional des pêches de Saint-Louis, le tonnage annuel débarqué avoisine les 40.000 tonnes, avec une valeur commerciale d’environ 3 milliards de FCFA, sans compter l’apport de la pêche au ramassage à bord des 10 navires battant pavillon Coréen, qui génère également environ 2 milliards de FCFA.

La pêche constitue un métier très noble, et pour ces hommes pour qui la mer est le seul horizon, elle est bien plus qu’un métier. Elle est une évidence, qui les oblige souvent à braver toute l’année les dangers pour gagner dignement leur vie. En l’absence de ressources, ils sont obligés d’opérer loin de leurs bases et des fois même pendantde longues périodes. Et dans cette quête du mieux vivre, ils rencontrent beaucoup de difficultés, car moult dangers les guettent une fois en mer. En mer, les pêcheurs, qui exercent fréquemment dans des conditions pénibles, sont toujours exposés au changement météorologique brusque, et au changement de température, sans compter qu’ils partent souvent en mer sans équipements adéquats pour faire face à ces situations. Par exemple, le port de gilets n’est pas une habitude chez les pêcheurs, qui sont souvent exposés à la pluie, aux vents violents, aux vagues imprévus, très forts.

Les dangers sont donc omniprésents et les pêcheurs ne sont pas à l’abri. Nombre de fois, des bateaux ont chaviré au large, avec des victimes. Rien que pout l’année dernière, il y a eu plus d’une dizaine d’accidents et plusieurs pêcheurs y ont laissé leur vie. Les sorties en mer ne sont pas faciles et on doit s’attendre au pire à tout moment.

Guerre des chiffres

Chaque jour, les pêcheurs en haute mer continuent de braver les dangers pour mener à bien leur travail. Selon le chef de Service Régional des Pêches de Saint-Louis, « les pêcheurs artisans paient un très lourd tribut à la mer ; d’abord par les pertes en vies humaines qui pour la seule année 2010, s’élèvent à 12 morts ; ensuite par les destructions de pirogues et autres accessoires de pêche, qui, pour toutes causes confondues, se chiffrent à environ 45 millions FCFA pour l’année 2010». D’après les explications de M. Lo, 4 pêcheurs sont décédés en mer au mois de janvier 2011, avec une perte d’environ 4 millions FCFA de matériels de pêche. Cependant, on note une guerre des chiffres entre les services techniques de la pêche et les acteurs de la mer. Ces derniers estiment qu’il y a eu plus d’une dizaine de morts durant le mois de janvier contre une trentaine pour toute l’année 2010.

A en croire le chef de Service régional des pêches, les causes des accidents sont de plusieurs ordres. Les plus en vue restent la traversée au niveau de l’embouchure pendant les mauvaises conditions météorologiques. « Il y a également les abordages en mer avec les chalutiers qui opèrent dans les mêmes pêcheries que les piroguiers au-delà des six milles nautiques et enfin l’état de défectuosité avancée de certaines embarcations qui peinent à résister aux assauts de la mer parfois très remontée au niveau de la grande côte », a révélé le chef du Service régional des Pêches, selon qui il n’existe pas encore d’instrument juridique pour garantir la sécurité des pirogues.

Le géo-positionnement pour repérer les pirogues perdues

« Au niveau de la pêche artisanale, il n'y a pas encore un cadre juridique qui garantit la sécurité des pirogues car ces types d'embarcation ne peuvent être soumises pour le moment à aucune forme d’assurance assimilable à la garantie des pirogues non pontées », a indiqué M. Lo, qui n’a pas manqué de préciser que « dans le cadre du PNI, il a été mis en place une commission technique qui doit contrôler les différentes étapes de la pirogue depuis sa conception jusqu'à sa mise à l'eau.

Cependant, un cadre juridique pour la sécurité des piroguiers occupe une bonne place dans le code de la pêche maritime », a-t-il souligné, tout en faisant remarquer que le cas des navires sort du cadre artisanal, même s’ils sont soumis à un cadre juridique et donc astreints à un contrôle technique sanctionné par un certificat de navigabilité et à condition de remplir les conditions réglementaires prévues par la loi.

Aujourd’hui, une série de mesures s’imposent pour renforcer la sécurité des pêcheurs. Parmi celles-ci, figure l’effectivité du port du gilet de sauvetage depuis la plage jusqu’au retour de la pêche.

Pour cela, estime-t-il, « il faudrait la descente au niveau des pêcheries, des vedettes de surveillance de la DPSP, qui  pourront contraindre les pêcheurs à porter le gilet sous peine d’amendes prévues dans le décret 98-32 du 14 avril 1998 portant code la pêche maritime ».

En plus de cela, M. Lo a insisté sur la nécessité d’amener les commissions de visite technique des pirogues déjà mises sur pieds à travers le territoire national à jouer pleinement leur rôle, pour faire aboutir le programme national d’immatriculation informatisé du parc piroguier au géo-positionnement comme prévu. Selon lui, seul le géo-positionnement pourrait permettre de repérer à temps les pirogues perdues en mer, afin de les assister dans les plus brefs délais. Par ailleurs, il a insisté sur le suivi, l’application et le respect scrupuleux des informations de la météo afin de mieux réduire les risques d'accident, mais aussi et surtout l’installation de radios VHF fixes, munies de batterie de recharge à bord des pirogues ; ce qui, selon lui, pourrait maintenir le contact entre la terre et les piroguiers en mer. Une application de règlements plus stricts pourrait conduire à une diminution notable des accidents mortels.

Dossier réalisé par Saliou Fatma LO et Samba Oumar FALL

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