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Actualités (863)

Pour renforcer le dispositif de lutte contre la déforestation, 40 éco-villages seront créés le long de la frontière avec la Gambie. L’annonce a été faite par le directeur de l’Agence nationale des éco-villages, Mamadou Barry.

L’Etat du Sénégal a décidé d’ériger des éco-villages dans 40 localités situées le long de la frontière avec la Gambie. Ce choix entre dans le cadre de la politique de lutte contre la déforestation enclenchée par le chef de l’Etat à travers le ministère de l’Environnement et du Développement durable, selon Mamadou Barry, directeur de l’Agence nationale des éco-villages (Anev). « Au total, 15 éco-villages seront créés à Kolda, 10 à Sédhiou et 15 à Ziguinchor. Le ministre nous a demandé de transformer tous les villages qui sont sur le long de la frontière gambienne en éco-villages », a rapporté M. Barry lors d’un point de presse.

Selon lui, les villages devant abriter les éco-villages ont déjà été identifiés dans le département de Médina Yoro Foulah. « Nous sommes dans la région de Ziguinchor depuis 2015 », a précisé Mamadou Barry.

Ces éco-villages seront matérialisés par la mise en place de périmètres écologiques. Des boutiques écologiques seront également ouvertes dans les zones ciblées. « Nous avions eu à installer des boutiques énergétiques et des pompes solaires pour les champs maraîchers destinés aux femmes que nous avons regroupées en Gie. Le même processus sera suivi dans les villages identifiés », a-t-il souligné. L’approche participative est privilégiée. « Tout ce que nous faisons pour la bonne gouvernance, nous le faisons autour du chef de village avec un comité de gestion regroupant des citoyens du village bénéficiaire », a ajouté le directeur de l’Agence des éco-villages.

M. Barry a estimé qu’au de-là de la lutte contre la déforestation, les éco-villages visent à combattre l’exode rural et l’émigration. Ils vont aussi aider à atteindre l’autosuffisance alimentaire. Au total, 500 éco-villages ont été aménagés à travers le le pays. L’objectif est d’atteindre, d’ici à 2017, 700 éco-villages. « Au début, nous nous étions concentrés sur le nord et le centre. Aujourd’hui, les éco-villages sont une réalité dans les régions sud du Sénégal. Nous sommes en train de nous battre pour apporter notre appui dans la lutte contre la déforestation », a-t-il souligné. Mamadou Barry a indiqué que « de par les actions qui sont menées sur le terrain, les populations vont sans doute comprendre que le président de la République veut les aider à sortir de la pauvreté ».

Babacar DIONE

La Conférence Habitat III qui se tiendra à Quito, en Equateur, jettera les bases d’une nouvelle ville qui prendront en compte les défis du changement climatique, l’urbanisation galopante... Déjà, la planification est apparue aux yeux des experts comme le maillon faible de la politique d’urbanisation. 

Les nouveaux contours des villes seront tracés à Quito, en Equateur, du 17 au 20 octobre 2016. Le Sénégal entre dans la dernière ligne droite de préparation de ce grand rendez-vous mondial. Il fait partie des premiers pays à déposer son rapport depuis le 5 juillet 2014. Les enjeux et les défis démographiques, l’aménagement du territoire et la planification urbaine, l’environnement et l’urbanisation, l’économie urbaine, le logement et les services de base sont, entre autres, les thèmes développés par les rédacteurs du rapport national. La formation des professionnels de l’information et de la communication est l’une des nombreuses activités organisées dans la perspective de la Conférence mondiale Habitat III. « Le secteur urbain est transversal, mais peu maîtrisé par le grand public et même par beaucoup d’acteurs de la ville. La communication a un rôle particulièrement important pour mieux faire connaître ce secteur », a justifié le ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie, Diène Farba Sarr. Il s’agit de donner aux journalistes des outils leur permettant de traiter, de manière approfondie, les problématiques liées à l’habitat. Parmi les défis à relever, figure l’absence d’anticipation dans l’aménagement des parcelles destinées à l’habitation. « La planification urbaine est encore largement tributaire des exigences administratives. De même, elle est peu sensible à l’économie urbaine », a affirmé Serigne Mansour Tall de Onu-Habitat. Il a aussi soutenu que « la planification est le talon d’Achille de l’évolution de nos villes ».

Selon lui, l’installation des populations précède la planification. La résolution des nombreux problèmes passe par la prise en compte des questions de changement climatique, du financement, de la gestion des flux migratoires qui partent de la campagne vers la ville, etc. Le monde vit l’ère urbaine. La preuve, 53 % des populations vivaient dans la campagne en 2000 contre 47 % en ville pour la même période. Cette proportion sera de 40 % des populations habiteront la campagne contre 60 % qui se réveilleront dans des villes en 2030.

Renouvellement des engagements
Au juste, la réponse à l’urbanisation rapide repose sur l’amélioration de l’accès aux infrastructures de base, selon Jean Pierre Diamane Bakhoum de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). L’avenir des villes sera décidé lors de cette conférence. « L’un des objectifs de Habitat III, c’est le renouvellement des engagements des dirigeants du monde en faveur d’une urbanisation durable à travers essentiellement l’élaboration d’un nouvel agenda », a fait savoir Mandiaye Ndiaye de la direction de l’Urbanisme et de l’Architecture. L’espoir est, aujourd’hui, sur le chemin de Quito. Puisque les pays africains vont parler d’une seule voix ; ce qui ouvre de réelles perspectives d’application des recommandations devant sanctionner la conférence. « L’un des défis, c’est de suivre les recommandations. Ce qui est important, c’est que les pays africains ont adopté une déclaration commune.

L’Afrique doit faire entendre sa voix pour que les fonds qui seront débloqués ne restent pas dans ces pays donateurs », a plaidé Alexandre Ngom de la direction de l’Urbanisme et de l’Architecture. Par ailleurs, l’occurrence des événements extrêmes (inondations, raz-de-marée, pluies intenses) et l’érosion côtière exigent la préparation des villes pour faire face aux chocs éventuels. Il est donc nécessaire d’intégrer les questions de résilience. « Nous devons restaurer nos écosystèmes sensibles comme les forêts, les mangroves, les zones humides et côtières », a suggéré Malick Gaye de Enda qui a introduit une communication sur « Environnement et urbanisation : enjeux et défis pour un nouveau programme urbain ». L’urbanisation rapide combinée à une absence d’une anticipation dans la planification peut favoriser la création des bidonvilles. La Conférence mondiale des Nations unies sur le logement et le développement durable tentera d’apporter des réponses à tous ces défis. « La rencontre de Quito permettra d’examiner et de tracer de nouvelles voies face aux nombreux défis de l’urbanisation et aux opportunités qu’elle offre pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable », a souligné le ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie.

Idrissa SANE

Habitat  : Le Sénégal accueillera une grande conférence en 2018
Le Sénégal fait figure de bon élève en matière d’élaboration des politiques d’habitat. Il va, à cet effet, abriter une grande conférence au cours de laquelle des experts peaufineront les recommandations issues de Quito. « Le Sénégal accueillera une grande conférence sur l’habitat pour affiner les recommandations de Quito », a annoncé le ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie. Diène Farba Sarr a aussi déclaré que « le Sénégal est un pays qui s’est distingué dans le monde par sa politique d’habitat. Il a ainsi été choisi comme deuxième pays devant faire un discours lors des différentes conférences comme à Nairobi et à Abuja  »

I. SANE

La section Ucad du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a organisé, hier, une marche pacifique pour réclamer, entre autres, le paiement des salaires de leurs collègues Amsatou Sow Sidibé et Malick Ndiaye et le recrutement d’assistants.

Plus d’une vingtaine de professeurs et des sympathisants du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur ont pris part à la marche organisée, hier, le Saes/section Ucad. Laquelle est partie de l’Ifan pour se terminer au rectorat. « Deux raisons principales ont motivé cette marche. Il s’agit d’une manifestation de soutien à deux de leurs collègues, à savoir Amsatou Sow Sidibé et Malick Ndiaye, qui sont restés des mois sans salaire », a argumenté Yankhoba Seydi. Pour la section Saes de l’Ucad, « la rétention des salaires de leurs collègues est inacceptable et injustifiable ».

La deuxième raison est liée à la gestion du rectorat. Les syndicalistes ont posé sur la table l’audit de cette structure. Selon M. Seydi et leurs camarades, « le recteur et ses collaborateurs doivent s’atteler à réparer les dommages qu’ils ont causés à leurs collègues ».

En outre, l’organisation syndicale proteste contre « la volonté affichée par le rectorat de ne pas payer les suppléments tarifaires des voyages d’études dont la destination finale ne serait pas Paris ». Le Saes a aussi profité de la marche pour demander aux autorités de l’Ucad de procéder à la titularisation des assistants.

Pape Coly NGOME

Le Comité de pilotage du Projet d’appui au développement de l’enseignement moyen dans la région de Dakar (Adem/Dakar) a présenté, vendredi dernier, le rapport global d’exécution technique et financière du second trimestre. Les différents acteurs ont affirmé que le taux de réalisation est satisfaisant, avec un taux d’exécution technique de 90,23% pour les composantes 2 et 3 du projet.

Les acteurs du système éducatif tirent un bilan positif de la mise en œuvre du Projet d’appui au développement de l’enseignement moyen dans la région de Dakar (Adem/Dakar). Le taux d’exécution technique avoisine 90,23% pour les composantes 2 et 3 du programme. Cette troisième réunion du Comité de pilotage du projet « Adem/Dakar » a pour objectif principal de faire le point sur le niveau d’exécution technique et financière du second semestre. Dans son rapport, le coordonnateur du projet, Pape Sène, a montré l’évolution progressive enregistrée dans l’exécution technique pour les composantes 2 et 3 du projet. S’agissant de la composante 2, elle a connu un niveau d’exécution de 88,2%, alors que pour la composante 3, le niveau d’exécution est passé à 91,85%.

Par contre, le rapport d’exécution financière laisse apparaître quelques manquements liés à plusieurs facteurs. Il s’agit, entre autres, du non décaissement des montants engagés pour les 4 marchés de la tranche ferme et du non engagement des activités relatives à la prise en charge de l’expertise en appui à l’académie de Dakar. Tout compte fait, il y a une faiblesse du taux d’exécution financière. Pour les composantes 1 et 2, le taux d’exécution financière se situe entre 37 et 32%. Aussi, le rapport indique qu’il y a du surcoût des travaux.

De l’avis des techniciens, les attributions de la tranche ferme ont généré un surcoût de plus de 654 millions de FCfa, si on se réfère au budget prévisionnel. Pour résorber ce gap, un mécanisme de recherche de ressources additionnelles a été mis en place, en rapport avec l’Agence française de développement (Afd), principal bailleur du projet. Toutefois, des économies sont réalisées dans certaines rubriques.

Rappelons que l’apport de l’Afd est évalué à 164 millions de FCfa. Le directeur de planification et de la réforme du ministère de l’Education nationale, qui a présidé la rencontre, a exhorté toutes les parties prenantes à faire en sorte que tous les engagements soient respectés, au grand bénéfice de l’école.

Pape Coly NGOME

L’Académie de la région de Kaolack a célébré ses meilleurs élèves en présence de la marraine, Aminata Touré, envoyée spéciale du président de la République. La cérémonie s’est déroulée à la Chambre de commerce de Kaolack, en présence des autorités académiques de la région. Au total, 84 élèves ont été distingués.

L’Académie régionale de Kaolack a donné en exemple 84 meilleurs élèves. L’édition de cette année a comme marraine Aminata Touré, l’envoyée spéciale du président de la République. Ces lauréats issus des meilleures écoles de la région se sont distingués dans plusieurs disciplines. 

« Cette fête de l’excellence prime la qualité de l’enseignement. Il faut cultiver l’excellence, c’est le pari du président de la République  », a souligné Mme Touré. La marraine a saisi cette opportunité pour féliciter les miss mathématiques et sciences. L’envoyée spéciale du président de la République a affirmé que le défi de l’émergence passe par l’excellence. Selon Aminata Touré, le chef de l’Etat a fait énormément d’efforts en termes d’investissements au profit du système éducatif. « Nous avons lancé un fonds de l’excellence qui a pour objectif de primer les élèves qui ont les meilleures moyennes », a-t-elle rappelé, félicitant également les professeurs et encourageant les récipiendaires, avant d’inviter toutes les bonnes volontés à contribuer à l’alimentation de ce fonds. Le financement de l’éducation, a rappelé la marraine, ne saurait être l’affaire exclusive des pouvoirs publics. Par conséquent, a-t-elle dit, il appartient à chaque Sénégalais d’apporter sa pierre à l’édifice d’un système éducatif de qualité. « C’est à l’Etat d’impulser, mais chacun de nous, suivant sa position sociale, doit donner du soi pour bâtir une école d’excellence, premier jalon vers l’émergence prônée par le président Macky Sall  », a défendu Aminata Touré.

Auparavant, l’inspecteur d’académie Alioune Ndiaye a remercié les partenaires et les enseignants, ainsi que la marraine. Il a, en outre, exhorté tous les acteurs à redoubler d’efforts pour la réussite de leurs enfants. Le responsable de la communauté scolaire de la région de Kaolack a convié les récipiendaires à prendre exemple sur la marraine de l’édition de l’année académique 2015-2016 qui a fait une partie de son cursus scolaire à l’ancien lycée Gaston Berger de la capitale du Saloum.

Le thème de cette année portait sur  « L’enseignement des sciences et de la technologie ». Les meilleures élèves en mathématiques et en sciences ont été aussi distinguées au cours de cette cérémonie solennelle.

Elimane FALL

« Soyez créatifs, osez rêver, n’ayez pas peur de l’échec ». Une formule de réussite proposée aux jeunes entrepreneurs sociaux. Le concours de projets et plaidoyers Uhodari (excellence en swahili) entend aider les jeunes à participer au développement de leur pays par la promotion de l’innovation. Les organisations Fahamu et Social change factory ont remis les prix aux meilleurs projets dans l’enceinte de l’Ecole supérieure polytechnique (Esp) de Dakar.

Le suspense jusqu’au bout. Mais à la fin, c’est le projet High-Tech challenge qui a été classé premier. L’innovation est basée sur la réduction de la consommation d’électricité et la prévention de la surfacturation dans des foyers. Son système électromagnétique à l’aide de petits appareils intégrés dans des prises interrompt l’alimentation à partir de la source. Avec son projet, Stéphane François Kadiona occupe la première place parmi les cinq gagnants au concours Uhodari. Ils ont reçu chacun une bourse de 2.000 dollars. Les trois premiers seront accompagnés alors que les dix autres participants ont aussi reçu des récompenses.

Le concours s’est déroulé dans 6 pays (Botswana, Congo, Ethiopie, Kenya, Nigéria et Sénégal). C’est une initiative de l’Ong Fahamu (connaissance en swahili) basée à Nairobi. Social change factory a organisé le concours au Sénégal avec les étudiants de l’Ucad et de l’Esp qui a accueilli la formation durant une semaine. Chaque projet doit résoudre un problème social qui affecte une communauté.

Yves Niyiragira, directeur exécutif de Fahamu, explique que l’objectif de ce concours est de donner une opportunité aux jeunes universitaires de présenter leurs innovations. Pendant une semaine, les 15 porteurs de projet individuel ou collectif sélectionnés sur les 63 présentés ont suivi des formations en leadership, activisme et rédaction de projets. « Vous êtes une élite qui change les choses », a laissé entendre Sobel Aziz Ngom, directeur de Social change factory. Pour sa part, Mame Yauto Faye, présidente du jury, a rappelé les critères retenus dans la sélection des projets. Il s’agit, entre autres, de la faisabilité, de la pertinence, de l’innovation et de la viabilité. « Nous avons essayé de voir l’impact social, sa capacité à solutionner un problème et à créer des richesses », a-t-elle précisé. Le docteur en administration des affaires se dit agréablement « surpris » par ces projets dont la majorité est déjà en phase de réalisation. Toutefois, Mme Faye a invité à « prendre chaque étape comme une bataille ».

Ibrahima NDIAYE (stagiaire)

Le ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, Mamadou Talla, revient, dans cette entretien, sur les faiblesses de l’enseignement technique et professionnel, les innovations en cours pour rendre attractives les filières, les réalisations et les projets. A l’en croire, l’enseignement technique est devenu très attractif. La preuve, les effectifs ont plus que doublé en 4 ans. Ils sont passés de 29.000 à 55.000 apprenants.

Nous avons l’impression que les filières professionnelles n’attirent pas beaucoup les élèves. Pourquoi ?
Dans l’enseignement technique, il faut des équipements, des professeurs particuliers, etc. Nous enregistrons plus d’élèves dans l’enseignement général, parce que c’est le côté le plus facile. Nous sommes en train d’inverser la tendance en augmentant le nombre d’élèves dans l’enseignement technique et scientifique et dans les filières professionnelles. Ceci exige plus d’équipements et des postes de travail. Dans l’enseignement technique et professionnel, les élèves ont besoin de postes de travail. Ce n’est pas comme dans l’enseignement général où on peut retrouver entre 40 et 50 élèves par classe. Ici, c’est 16 ou 32 élèves au maximum par cours.

Qu’est-ce qui est fait pour rendre attractives ces filières techniques et professionnelles ?
Nous sommes en train de réformer la formation technique et professionnelle au Sénégal. Nous avons établi de nouveaux programmes qu’on appelle les Stidd (Sciences, techniques industrielles et développement durable). En 2012, lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons remarqué que la différence nette entre l’enseignement technique et celui professionnel n’était pas bien perçue. Il fallait réexpliquer ce qu’est l’enseignement technique et définir le type d’enseignement qu’il faut y mener. Cela nous a amenés à revoir le programme de l’enseignement technique. Nous avions le Bac T1, T2 et G. Ces programmes ont été revus.

Nous avons aussi apporté d’autres changements en termes d’équipements. J’ai été formé au lycée Limamou Laye et j’ai été professeur au lycée Ahmadou Bamba de Diourbel. 15 ans après, lorsque je suis revenu, j’ai trouvé les mêmes machines, le même matériel pédagogique et didactique, alors que l’enseignement technique dans le monde est, aujourd’hui, totalement différent. C’est une bonne dose de science à l’intérieur avec beaucoup de mathématiques et de sciences physiques. C’est ce qui nous a poussés, avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), à réviser le programme pour attirer les jeunes, afin que l’enseignement technique soit considéré comme les autres types d’enseignement. En ce qui concerne la partie technique, nous ne sommes plus à l’ancienne époque. Deux machines à commande numérique, deux mini tours suffisent largement. Le reste, c’est des projets, des systèmes qui correspondent à l’environnement.

Quels sont les changements en cours ?
Ce que nous voulons faire, c’est amener très tôt l’élève qui est dans l’enseignement technique vers les sciences de l’ingénierie.

L’élève sera très tôt dans la conception et la réalisation de systèmes. Nous n’avons plus besoin de grosses machines. Tous les enseignements peuvent être faits avec de petits systèmes didactiques qui peuvent, après, être rangés dans des armoires. Nous sommes dans cette dynamique, et c’est ce qui va attirer les jeunes. Tout élève, à partir de la seconde, peut dire : « Je suis un scientifique, parce que je fais la série T1 ou T2 où il y a beaucoup de mathématiques et de sciences physiques comme dans les séries S1 ou S2 ». Beaucoup d’industries utilisent, aujourd’hui, le mode de fonctionnement expliqué plus haut. C’est ce que nous voulons installer dans nos lycées. Nous avons un important financement qui peut nous permettre de revoir tout ce que nous avions en termes de bâtiments et d’équipements dans les lycées Limamou Laye, Delafosse et André Peytavin.

A quoi servira cet important financement ?
C’est dans le cadre du projet Fpec (Formation professionnelle pour l’emploi et la compétitivité). Les élèves qui sortiront de ces lycées pourront aller à l’Université ou directement dans l’industrie pour y travailler. Cela donne beaucoup d’ouverture. A Diamniadio, où nous avons lancé le pôle des métiers, nous avons trouvé des jeunes sortis de l’université avec des Licences et Masters qui sont en train d’être formés en même temps que des élèves qui ont le Cfee dans la plomberie et autres. A leur sortie, ils vont aller créer leurs propres entreprises. Nous sommes, aujourd’hui, en train de répondre aux besoins des entreprises.

D’ailleurs, pourquoi devons-nous ouvrir l’année scolaire en octobre et la fermer au mois de juin ? Nous avons des lycées dans lesquels nous formons des jeunes dans l’agriculture et dans l’agro-alimentaire. C’est même absurde que ces lycées soient fermés pendant l’hivernage. Nous sommes ouverts aux secteurs productifs et c’est ce qui détermine les filières et les types de formation.

Aujourd’hui, il y a même un engouement, parce que sur un concours où nous n’avions besoin que de 20 personnes, 1.200 jeunes se sont présentés.

Le Sénégal est devenu un pays minier. On y a aussi découvert du pétrole et du gaz. Tout cela nécessite des compétences nouvelles. Avez-vous pris les dispositions pour qu’il n’y ait pas un déficit de compétences lorsque les exploitations vont démarrer ?
Depuis plus de deux ans, le ministère est sur tous les fronts. Nous avons trouvé au Sénégal une situation inexplicable. Au moment où il y avait 1,8 million d’élèves dans l’école élémentaire, 300.000 nouveaux inscrits chaque année au Cp, 40.000 bacheliers qui tapent à la porte de l’université tous les ans, il n’y avait que 29.000 apprenants dans tout l’enseignement technique. Il fallait changer cela. Et du coup, nous sommes passés de 29.000 apprenants en 2012 à 55.000 à nos jours. C’est pour vous montrer que nous sommes en train de faire face. Parallèlement à cela, pour répondre aux besoins de l’économie en réalité, dans l’axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse), nous avons le capital humain en termes d’offres de compétences. Ainsi, nous avons des formations de courte durée et des formations continues pour ceux qui sont déjà dans l’entreprise. Nous avons donné des réponses positives à des entreprises qui voulaient employer des jeunes qui n’avaient pas les compétences. A Diogo, par exemple, nous avons formé des jeunes sur neuf nouveaux métiers pour pouvoir travailler dans l’exploitation du zircon.

De façon concrète comment les nouveaux corps de métiers seront pris en compte ?
Nous devons, en termes d’offres de formations et de compétences, être en avant sur tout ce qui se passe au Sénégal. C’est pourquoi le président de la République nous a donné comme mission d’élargir notre champ d’activités. Nous n’avions qu’un seul lycée technique et minier à Kédougou. Aujourd’hui, nous allons y rajouter tout ce qui est mine, pétrole, gaz, chimie et pétrochimie.

Nous allons développer ces nouveaux métiers, pas au niveau ingénieur, mais intermédiaire. Nous sommes en train de finaliser ces curricula avant que le gaz n’arrive, pour ne pas aller chercher ces compétences ailleurs. Nous sommes aussi en train de mailler le pays en centres de formation technique et professionnelle. C’est pour vous dire que l’adéquation emploi-formation tant vantée n’était jusque-là qu’un slogan. Maintenant, elle est devenue une réalité. Il y a des mécanismes pour arriver à l’adéquation emploi-formation. D’autres pays l’ont réussie, pourquoi pas nous ? C’est ce qui nous a poussés à identifier trois secteurs prioritaires où nous n’avions presque rien : le tourisme, l’horticulture et l’aviculture. Nous allons créer des centres d’excellence pour ces métiers.

La nouveauté est que nous ne gérons pas seuls ces centres, nous les avons organisés sous forme de clusters, c'est-à-dire des groupes de centres. Ce sont les privés qui se sont organisés en Conseil d’administration. Ils travaillent avec nous sur les filières, le nombre d’apprenants, les niveaux de qualification requis, etc., parce que ce sont les professionnels de ces secteurs qui connaissent les besoins en termes de compétences et de création de petites et moyennes entreprises (Pme).

Avez-vous les moyens de votre ambition ?
Le financement est déjà disponible, toujours dans le cadre du projet Fpec, avec l’Agence française de développement (Afd) et la Banque mondiale. C’est un gros projet de 37 milliards de FCfa. Nous avions aussi remarqué que les niveaux de formation au Sénégal commençaient du Cap au Bts dans la formation professionnelle. Pourtant, nous avons des milliers de jeunes qui sont dans nos « daaras », d’autres qui n’ont jamais été à l’école, etc. Ces jeunes ne peuvent pas directement aspirer à un Cap. C’est la raison pour laquelle nous avons inventé un nouveau diplôme appelé Certificat de spécialité. C’est une formation qualifiante de courte durée et accessible à tous. Lors des examens du Bts/industrie, j’ai fait le tour de quelques centres et j’ai constaté que dans la filière froid et climatisation, nous ne pouvons même pas satisfaire la demande. Nous sommes en train de former, mais avant que les jeunes ne sortent de l’école, on leur propose des emplois. Cela veut dire que c’est nous qui avons la marge. Je vous ai dit que nous sommes à 55.000 apprenants. Notre objectif est d’aller à 200.000 pour faire face à ce déficit. Concernant les Certificats de spécialisation, nous avons l’ambition de former 10.000 jeunes. Le projet dure quatre ans. Ce sont ces 10.000 jeunes, plus les sortants de nos lycées avec le Cap, le Bep ou le Bts, qui seront les artisans de demain. En plus, dans le pôle des métiers de Diamniadio, 54 nouveaux métiers seront créés. Cela veut dire que les compétences qui nous manquaient vont être trouvées.

Concernant l’artisanat, qu’en est-il du projet sur le mobilier national ?
L’artisanat est un secteur essentiel pour développer l’économie du Sénégal. Dans certains pays, on dit que le premier employeur, c’est l’artisanat. Quand nous avons fait l’état des lieux avec nos artisans, nous sommes arrivés à la problématique des quatre F (Formation, Financement, Foncier, Formalisation). Du coup, nous avons voulu remettre au goût du jour un décret qui date de 1997 et qui parlait de mobilier national. Ce décret a existé de 1997 à 1999 avant d’être rangé. L’objectif était de créer le mobilier national, mais en pensant uniquement à la dimension culturelle. Le président de la République a décidé qu’on ressorte ce décret en y rajoutant l’accès à la commande publique dans la mécanique, la menuiserie, la couture, etc. C’est un budget extrêmement important. Nous avons alloué à nos artisans environ 15 % de ce budget. Jusque-là, c’est devenu une réalité. Les artisans ont eu accès à la commande publique. Dans la loi de finances rectificative qui vient de passer, le président de la République a décidé d’allouer deux milliards de FCfa de plus à l’artisanat. Une partie de cette somme concerne l’accès au mobilier national. L’autre est consacrée au financement en fonction des projets que nous allons valider. Donc, en dehors du budget, le président a voulu remettre encore deux milliards de FCfa à l’artisanat. Mais la nouveauté est plutôt l’organisation de l’apprentissage. Pour cela, nous avons créé, dans chaque région, un Comité régional de l’apprentissage, sous la supervision du gouverneur. Nous avons identifié 2.100 ateliers qui travaillent avec nous. Et dans chaque atelier, il y a cinq apprentis. Cela fait plus de 10.000 jeunes qui sont en train d’être formés. Ces ateliers ont été équipés et les maîtres artisans ont été certifiés. Ces jeunes peuvent, demain, créer leurs propres entreprises.

Propos recueillis par Ndiol Maka SECK

L'épidémiologiste américain Donald Henderson qui a dirigé les travaux de l'Organisation mondiale de la santé (Oms) ayant permis d'éradiquer la variole, une maladie qui a fait plusieurs centaines de millions de morts, est décédé, vendredi dernier, à 87 ans, des complications d'une fracture de la hanche. Le Dr Henderson, souvent désigné par ses initiales « D.A. », était « un géant de la santé publique qui (...) a mené pendant 10 ans les efforts couronnés de succès de l'Oms pour éradiquer la variole (...), la seule maladie humaine à avoir jamais été éradiquée », a souligné, dans un communiqué, Michael J. Klag, le doyen de l'Ecole de santé publique de l'Université Johns Hopkins à Baltimore. Donald Henderson, qui fut lui-même doyen de cette école de 1977 à 1990, rejoignit, dans les années 1950, les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies américains (Cdc) avant de diriger la campagne de l'Oms contre la variole, qui permit l'éradication définitive de la maladie à la fin des années 1970. La variole est une maladie infectieuse d'origine virale, extrêmement contagieuse et qui peut être mortelle. Elle était caractérisée par une éruption de taches rouges devenant des vésicules, puis des pustules. Des symptômes qui avaient conduit le Dr Henderson à évoquer « une des maladies les plus détestables qui soient », dans une interview avec le Washington Post, en 1979. « Je sais que quel que soit le nombre de visites que j'ai effectuées auprès de patients sérieusement atteints et en train de mourir de la variole, j'en suis toujours revenu ébranlé », avait expliqué le spécialiste au quotidien américain. La variole a fait des centaines de millions de morts et est responsable de la disparition de populations autochtones en Amérique, en Afrique et en Asie. Le dernier cas aux Etats-Unis remonte à 1949 et le dernier cas dans le monde a été repéré en Somalie en 1977. Donald Henderson, qui a raconté son combat contre la variole dans un livre paru en 2009, a « véritablement fait évoluer le monde positivement », a remarqué Tom Inglesby, directeur du Centre pour la sécurité sanitaire de l'Université de Pittsburgh au sein de laquelle enseignait M. Henderson. A l'issue de son travail avec l'Oms, D.A. Henderson fut conseiller de trois présidents américains, George H.W. Bush, Bill Clinton et George W. Bush. Il conseilla notamment ce dernier sur les questions de bioterrorisme après les attentats du 11-Septembre. Né dans l'Ohio et décédé dans le Maryland, Donald Henderson a été décoré, en 2002, de la Médaille présidentielle de la liberté, plus haute distinction civile américaine.

(AFP)

Les requins contribuent à l’équilibre de la biodiversité dans les océans. Pourtant, ces grands prédateurs disparaissent à une vitesse inquiétante. C’est ce que confirme Maximiliano Bello, le principal responsable de la politique des océans à l’organisation Pew.

Qu’est-ce qui peut expliquer le regain d’intérêt pour la protection des raies et des requins ?
Ces dernières années, nous avons pu comprendre davantage l’importance des requins, en créant un paradigme avec la peur suscitée par Hollywood sur la question. Ce sont de grands prédateurs qui sont en train de disparaître à une grande vitesse dans tous les océans.

Quel rôle les raies et les requins peuvent-ils jouer dans la préservation de la biodiversité ?
Les requins constituent les principaux prédateurs dans les écosystèmes marins. Il est nécessaire de maîtriser leurs populations, afin qu’elles n’explosent pas. Certains requins se nourrissent d’oiseaux qui plongent pour attraper les jeunes thons. C’est pourquoi, quand les requins commencent à disparaître, ces oiseaux se multiplient en plus grand nombre en mangeant les thons ; ce qui aura une répercussion sur la prise des pêcheurs. Donc, les requins contribuent à l’équilibre de la biodiversité.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour enrayer l’exploitation abusive des requins ?
Il ne peut y avoir une seule réponse à ce problème. Toutes les solutions sont complémentaires. Il est important de reconnaître que la consommation d’ailerons, qui se traduit par des prises importantes de requins, est insoutenable. C’est pourquoi il nous faut plus de réglementations nationales, plus de contrôle et avoir des données fiables. Nous avons également besoin de plus de contrôle international concernant le commerce des requins. Il nous faut protéger les espèces les plus vulnérables et interdire leur surpêche pour qu’elles puissent avoir la possibilité de se renouveler. Il est nécessaire de trouver de nouvelles possibilités pour les pêcheurs et d’autres acteurs de la filière. Nous devons valoriser d’autres activités, telles que la plongée avec les requins. Il nous faut aménager des aires de protection dans les zones à forte concentration de requins. Nous avons besoin de recherches supplémentaires pour montrer l’importance des requins.

Quelles sont les mesures à prendre pour stopper l’exploitation abusive des raies et des requins ?
Il est nécessaire de valoriser d’autres activités génératrices de revenus. Nous avons besoin d’accorder plus d’attention à l’exploitation des requins dans leur ensemble. Nous ne devons pas nous focaliser sur le commerce des ailerons. Il est nécessaire d’interdire l’exportation quand les espèces s’exposent à trop de dangers, quand les mesures n’ont pas été efficaces. Et nous devons nous assurer que le commerce soit durable et légal. Nous devons aussi envisager des mesures plus importantes pour la conservation des ressources.

Propos recueillis par Idrissa SANE

Les bons points du projet « Saemaul » (un institut sud-coréen aménagé à l’Université Gaston Berger) ont été salués, samedi dernier, par le recteur Baydallaye Kane, au cours d’un atelier.

Le recteur de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, le Pr Baydallaye Kane, a plaidé pour la mise en place d’un réseau de partenariat et d’accompagnement des activités de formation et d’encadrement de l’institut sud-coréen aménagé à l’Ugb (Saemaul). C’était samedi dernier, en présence du directeur du Bureau « Saemaul » au Sénégal, Kim Hyung Chul, du directeur de l’Institut « Saemaul » de l’Ugb, le Pr Badara Sall.

Parlant de cet atelier de lancement et de partage du concept « Saemaul » au Sénégal, il a rappelé que l’objectif est d’informer et de sensibiliser les participants sur ce projet sud-coréen qui a permis à la Corée du Sud de devenir, en un quart de siècle, un pays émergent. Le Sénégal compte tirer profit de cette expérience à travers la coopération entre les deux pays ayant débouché sur l’érection d’un institut « Saemaul » au sein de l’Ugb. De jeunes agriculteurs, a-t-il souligné, issus de villages pilotes, seront formés dans cet institut à des techniques culturales et à l’utilisation de machines légères. Ils démultiplieront leurs connaissances au sein de leurs communautés. Le Pr Badara Sall, conseiller spécial du recteur, a rappelé que les populations des localités de Taal Bakhlé et de Ndombo Alarba ont pu bénéficier de l’expérience de des partenaires coréens pour contribuer efficacement au développement économique et social de ces deux communes. Les Coréens ont ainsi réalisé dans ces deux villages deux rizeries, des unités de transformation de céréales, deux centres polyvalents de formation des enfants, des jeunes et des femmes dotés de salles de réunion, de conférence (pour divers ateliers ou sessions de formation sur la santé, l’agriculture, la formation professionnelle, etc.), de salles de soins de santé primaires, d’aires de jeux et autres équipements modernes qui permettront aux populations de tirer largement profit de l’utilisation de ces établissements publics. Kim Hyung Chul et Samba Gaye, titulaire d’un Master au « Saemaul » et conseiller technique du ministre de la Jeunesse, ont précisé que le « Saemaul Undong », basé sur le concept « Aides-toi et Dieu t’aidera », consiste à aider les populations vulnérables, à partir de leur propre créativité, pour prendre en charge leur propre développement.

A Ndombo Alarba, Mansour Tall, Abdourahmane Mbodj, Rokhaya Thiam et plusieurs autres jeunes du village ont pu aménager, avec l’appui des volontaires coréens, une superficie de 4 ha destinée à la riziculture.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Pour la 11ème édition du camp de reboisement de l’association Sukyo Mahikari, les jeunes seront aidés par des participants venus de divers pays d’Afrique. Ils vont reboiser 200 hectares dans la localité de Tagar, dans le département de Louga.

Ce sont 201 membres de l’association Sukyo Mahikari qui vont participer au 11ème camp de reboisement de la Grande muraille verte. Pour le président de cette structure spirituelle, Pape Boubacar Soumaré, ce 11ème rassemblement international des jeunes participe, comme par le passé, à la protection de l’environnement et à la lutte contre la désertification. Face aux autorités du ministère de l’Environnement et du stade Léopold Sédar Senghor qui a abrité, samedi dernier, la cérémonie de lancement du camp de reboisement, il a réaffirmé l’engagement et la détermination des jeunes de son association à œuvrer à l’édification de la Grande muraille verte. Le directeur régional adjoint pour l’Afrique, Ody-marc Duclos, a salué l’action des jeunes de plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie qui, durant une dizaine d’années, ont, en moyenne, planté annuellement 100.000 arbres en quatre, voire cinq jours. Un effort qui a valu le prix de l’Ange de la paix pour le film documentaire réalisé sur la Grande muraille verte lors d’un festival, en 2015, à Monaco, et qui doit pousser les jeunes à persévérer dans leur action.

Au-delà des recommandations des différentes conférences sur les changements climatiques, M. Duclos a souligné que Sukyo Mahikari a abordé la problématique sous l’angle spirituel et existentiel. « Un changement radical de nos rapports avec la nature s’impose à nous », a-t-il noté, avant de souligner que cette attitude pourrait nous apporter un comportement citoyen plus juste. Selon lui, Sukyo Mahikari va capitaliser ses dix années d’intervention dans la Grande muraille verte afin de mobiliser les autres jeunes à s’engager dans le camp international de reboisement.

Mme Diao Baldé, qui a représenté le directeur des Eaux et Forêts, a magnifié les résultats encourageants enregistrés en dix années de participation dans l’édification de la Grande muraille verte.

Cet engagement des jeunes s’est aussi traduit par la réalisation, en trois ans, de 500.000 plants sur un objectif initial de 200.000 plants. Elle a noté la parfaite synergie d’actions entre Sukyo Mahikari et les autorités du ministère de l’Environnement ; ce qui a permis la création de zones de fourrage qui ont facilité la lutte contre la transhumance.

Babacar Bachir SANE

L’unification du mouvement syndical enseignant doit se faire par niveau et fédération pour aller vers une Union générale des syndicats d’enseignants, selon l’ancien ministre de l’Education nationale Kalidou Diallo. Il intervenait, samedi dernier, lors de l’ouverture officielle du 5ème congrès du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels).

Une unification du mouvement syndical enseignant par niveau et fédération. C’est ce que préconise Kalidou Diallo, ancien ministre de l’Education nationale. Présent lors de l’ouverture officielle du 5ème congrès du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), il demande aux syndicats d’enseignants d’aller vers une unité qui passera par des fédérations. « L’unité syndicale des enseignants, si elle devrait se faire, doit passer par branche et niveau. Les syndicats de l’enseignement élémentaire, ceux du moyen et ceux du secondaire, ensuite dans le supérieur. Ces syndicats vont s’unir en fédération de l’élémentaire, du secondaire et du supérieur, et ensuite, vers une union générale des syndicats d’enseignants », explique celui qui a été ministre de l’Education nationale entre 2008 et 2012.

« Mais, il faut d’abord passer par des élections de représentativité. A partir de là, l’Etat va les obliger à s’unir. Je ne comprends pas qu’il y ait un seul ou deux syndicats de l’enseignement au Nigeria ou en Afrique du Sud, et une cinquantaine au Sénégal », poursuit-il.

Lors de ce 5ème Congrès du Sels, le maître mot dans les discours était une unité du mouvement syndical enseignant, avec comme thème : « Repenser l’action syndicale pour relever les défis du monde du travail ». Le Sels, né en 2000, veut ainsi, avec ses seize ans d’existence, s’adapter au nouveau contexte national et international. Son secrétaire général, Souleymane Diallo, parle de défis sur l’autonomie et aussi l’expertise syndicale. « L’autonomie des syndicats, ce n’est pas seulement par rapport aux partis politiques, mais surtout sur le plan financier. Les syndicats ne vivent que de cotisations. Ils devront essayer de chercher d’autres sources de revenus pour se prémunir du pouvoir politique qui utilise, dès fois, le versement des cotisations comme moyen de pression », avance-t-il. M. Diallo souligne que l’autre défi, c’est la  solidarité entre travailleurs. « Nous sommes  dispersés sur le plan des organisations. Nous  sommes très nombreux, mais également nous ne  sommes pas solidaires entre le secteur  public et privé. On ne peut  pas être  fort  sans la  solidarité », ajoute-t-il. Sur les préoccupations syndicales, Souleymane Diallo dit avoir rappelé au gouvernement ses engagements et le respect des échéanciers concernant les mesures annoncées par le président Macky Sall. « La question de l’indemnité de logement, qui est une des préoccupations centrales du mouvement syndical enseignant, demeure, jusqu’à présent, sans réponse claire de la  part du gouvernement », indique-t-il.

 Oumar NDIAYE

Des étudiants de l’Ecole supérieure polytechnique de Dakar apportent une réponse concrète aux germes qui catalysent la décomposition du poisson fumé, notamment le « kong ». L’équipe pluridisciplinaire a exploité les principes actifs du « never die) (nébédaye en wolof) qui annihilent l’activité des halophiles, responsables de la dégradation des mâchoirons appelés aussi poissons chats.

Il est souvent difficile de passer de la conception à la concrétisation d’une idée innovante. Les étudiants de l’Ecole supérieure polytechnique (Esp) de Dakar ont franchi ce pas. C’est en quelque sorte le prolongement de leurs cours théoriques. L’une des nombreuses innovations, c’est la technique qui prolonge la durée de conservation du poisson fumé, notamment le « kong » ou poisson chat pour rester dans le lexique académique.

Le groupe Enactus a donc fait renaître l’espoir dans le domaine de la transformation des produits halieutiques. L’équipe pluridisciplinaire, composée de Malick Demba Kidda, Alioune Badara Kamara, Yaye Fama Dieng, Ousseynou Sylla et Lissoune Ndiaye, a conçu une technique qui prolonge la durée de conservation du mâchoiron ou poisson chat, appelé « kong » en wolof. En quoi cette technique est-elle une innovation ? C’est la première fois, en effet, que des étudiants ont élaboré le procédé, avant de le mettre au service des acteurs de la filière de transformation des produits halieutiques. Jusqu’ici, ces acteurs n’ont pas soupçonné que le moringa ou never die (nébédaye en wolof) est le siège des principes actifs capables d’étouffer les activités des germes pouvant accélérer la dégradation du « kong ». En quoi consiste le procédé ? Les étudiants ont d’abord commencé par broyer les graines du moringa ou never die. Ensuite, ils ont composé une solution avec la poudre des graines. Enfin, cette solution est laissée au repos durant 15 mn. Il ne reste qu’à la transformatrice ou au transformateur à plonger les poissons chats qu’elle ou qu’il retirera au bout de 10 à 15 mn. C’est cette technique simple et accessible à tous que les étudiants ont laissé à la postériorité, alors qu’ils n’ont pas encore fini leur formation.

Des économies pour les transformateurs
A la vérité, en plus du prérequis en chimie, c’est la connaissance des principes actifs du never die qui a été déterminante dans la mise au point de cette technique. « Cette solution permet de lutter contre les halophiles qui sont responsables de la décomposition des poissons chats. Nous avons augmenté la durée de conservation de 5 à 6 jours », a révélé Malick Demba Kidda. Actuellement, à Mbour comme à Yoff, la filière de transformation fait recours à cette technique. Comme retombées, les acteurs dépensent moins pour leur production. Du coup, ils ont amélioré leurs revenus. Ce sont les pertes énormes subies par les transformatrices qui ont conduit les étudiants à se pencher sur l’équation de la conservation. « Les transformatrices étaient à 50 % de leur capacité de production. Dans ces 50 %, elles ont enregistré une perte de 15 %. Elles travaillaient presque à perte. Or, c’est une filière très intéressante. C’est à partir de là qu’est née l’idée de recherche d’une solution », a rapporté Malick Demba Kidda. Cette idée a aussi comme toile de fond de minimiser des pertes liées aux coûts de production et d’optimiser les revenus de ces femmes et hommes qui ont investi ce créneau. La technique a permis de ramener la fréquence de production de 4 à une seule fois par semaine. Les femmes, comme les hommes, ne sont pas moins exposées à la fumée. Maintenant, ils économisent tous pour le transport et aussi pour l’achat du bois de chauffe. Les impacts socio-économiques, voire sanitaires, sont mesurables dans les sites ciblés par des étudiants. « Nous avons formé 31 personnes à Yoff ; ces dernières ont augmenté leurs revenus. Cette technique offre plus de conditions d’exportation du « kong » vers les pays de la sous-région qui n’ont pas de façade marine. Il y a des possibilités de donner un coup de fouet à la filière de transformation du poisson », a argumenté l’un des étudiants.

Préservation des ressources halieutiques
L’appropriation de cette technique par les transformateurs a réconforté ces étudiants à se mettre davantage au service de leur communauté. C’est après le constat sur le terrain des problèmes rencontrés par les Sénégalais que cette équipe s’est mis à la recherche de réponses aux questions de développement. Cette technique contribuera à la préservation des ressources halieutiques par la réduction des pertes des prises. En pratique, des pertes post-captures sont constatées de temps en temps, alors que les ressources halieutiques se raréfient. La filière de transformation artisanale est une niche d’emplois. Cette activité offre une autonomie financière à des milliers de Sénégalais. Ces jeunes, par des techniques simples, ont apporté des réponses concrètes à un problème de conservation. L’interdisciplinarité du groupe a généré des solutions. L’équipe travaille à préserver ses création et innovations. « Nous sommes en train de travailler pour protéger nos œuvres », a laissé entendre Alioune Badara Kamara. Les inventeurs et les innovateurs sont tenus de penser à la protection de leurs œuvres, s’ils ne veulent pas voir le fruit de leur labeur profiter aux hackers des temps modernes.

Idrissa SANE

Changer de dénomination et trouver de nouvelles stratégies innovantes dans la mobilisation des ressources. L’Alliance nationale contre le Sida (Ancs), qui prépare sa prochaine assemblée générale, veut relever ces défis.

De l’Alliance nationale contre le Sida à l’Alliance nationale des communautés pour la santé. Un changement de dénomination pour l’Ancs qui prépare activement son assemblée générale prévue le 26 novembre prochain. Vieille de 22 ans, cette structure veut ainsi élargir ses activités au-delà même du Sida, selon Rokhaya Nguer, présidente du conseil d’administration (Pca). « Nous voulons avoir une orientation sur les problématiques de la santé en général et aussi nous aligner sur les Objectifs de développement durable (Odd) », explique-t-elle, soulignant que le Sida n’est plus une priorité majeure sur le plan international. « Donc, nous devons élargir nos champs d’actions. Notre expérience et notre ancrage communautaire vont nous aider en cela », ajoute Mme Nguer lors de la rencontre d’échanges entre l’Ancs et ses membres afin de consolider leur appartenance et de renforcer la dynamique communautaire de cette structure.

Cette rencontre fait suite à une tournée nationale pour préparer la dixième assemblée générale de l’Ancs. L’objectif est d’améliorer la dynamique associative au sein des membres actifs et de renforcer la solidarité dans la famille de l’Ancs.

Le changement de dénomination sera au cœur des discussions lors de la prochaine assemblée générale. L’autre défi que l’Ancs compte relever, c’est celui de la mobilisation des ressources.  Une préoccupation qui fait suite à un éventuel retrait des bailleurs de fonds du fait de la compétition entre les problématiques du Sida et des autres menaces pour capter les ressources disponibles sur le plan international. L’Ancs compte ainsi développer de nouvelles stratégies dites « innovantes », selon les mots de la Pca, pour mobiliser les ressources. « Il nous faut trouver de nouvelles stratégies qui permettent de mobiliser des ressources endogènes. Nous nous sommes inscrits dans ce cadre, en ayant déjà élaboré un document stratégique de mobilisation des ressources que nous sommes en train de mettre en œuvre, en le combinant avec d’autres stratégies, pour pouvoir mobiliser les ressources », déclare-t-elle. Comme exemple, Rokhaya Nguer cite l’instauration, après concertation, d’une taxe santé sur les salaires et la participation du secteur privé local au financement de la lutte contre le Sida, mais aussi pour prendre en charge les problématiques de santé.

Oumar NDIAYE

La formation diplômante des 4.800 instituteurs et institutrices adjoints, débutée il y a une semaine, risque d’être perturbée par la grève des formateurs. Ces derniers réclament, en effet, leurs émoluments de l’année dernière.

La quatrième génération de la formation diplômante des instituteurs et institutrices adjoints est entamée depuis le début du mois d’août. Les sessions se déroulent dans les Centres régionaux de formation du personnel de l’éducation (Crfpe). 4.800 enseignants déjà opérationnels sont concernés par cette formation visant à renforcer leurs capacités.

Malheureusement, elle risque d’être hypothéquée par le mouvement de grève des inspecteurs et professeurs qui assurent les enseignements. Après une semaine de cours, les formateurs ont décrété deux jours de grève (17 et 18 août 2016). Ils réclament le paiement des heures supplémentaires de l’année passée. Mais, selon le Directeur de la formation et de la communication (Dfc), le ministre leur avait proposé un moratoire de paiement des indemnités. Il s’agit, pour le ministère de l’Education nationale, de payer la moitié, en attendant de voir comment solder le montant restant. Une proposition que les formateurs ne souhaitent pas accepter.

De commun accord avec le Syndicat des inspecteurs de l’éducation nationale, le pool des formateurs a pris acte de la proposition du ministre pour rendre compte à la base. A la date de leur dernière rencontre, les formateurs ont élaboré un plan d’actions qui a abouti à une grève de deux jours. Les professeurs et inspecteurs intervenant dans la formation diplômante des instituteurs et institutrices adjoints comptent reprendre les cours aujourd’hui.

Toutefois, ils se retrouveront, demain samedi, pour évaluer le premier plan d’actions avant de dérouler le second. Mais, souligne Samba Diakhaté, secrétaire général du Syndicat des inspecteurs, la corporation reste ouverte aux négociations.

Pape Coly NGOME

En prélude à la Journée mondiale de l’aide humanitaire, la représentante-résidente du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), Andrea Wojnar Diagne, a plaidé en faveur de la priorisation des besoins en santé sexuelle et reproductive dans les situations d’urgence.

Dans les situations d’urgence (catastrophes, conflits et vulnérabilités aiguës), la santé sexuelle et reproductive est généralement laissée en rade au profit des besoins primaires. Pourtant, « l’accès aux services de santé de la reproduction, la prévention des grossesses non désirées et du Vih en situation de crise sont tout aussi cruciaux que la nourriture, l’eau et l’abri ». C’est tout le sens du plaidoyer du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), qui appelle à une solidarité mondiale avec les personnes touchées par la crise.

En prélude à la Journée mondiale de l’aide humanitaire sur la santé sexuelle et reproductive en situation d’urgence, prévue aujourd’hui, Andrea Wojnar Diagne, représentante-résidente de l’Unfpa au Sénégal, a plaidé pour la priorisation, à côté des autres besoins classiques, des besoins en santé reproductive et sexuelle. Lesquels, a-t-elle expliqué, sont « si intimes et si importants à la dignité et au bien-être humain ».

Les crises humanitaires, avec leur lot de désastres, contribuent à aggraver le nombre de cas de mortalité maternelle. « Chaque jour, 830 femmes et adolescentes meurent de complications liées à leur grossesse ou à leur accouchement. 500 de ces décès se passent dans des situations d’urgence ou dans des Etats fragiles », a avancé Mme Diagne. Selon elle, cette fin tragique est liée au manque de matériel nécessaire ou à l’accès à des soins compétents ou par la vulnérabilité créée par une nutrition insuffisante.

Pour Cheikh Bamba Diop de la Direction de la Santé de la reproduction et de la Survie de l’enfant (Dsr/Se), dans les situations d’urgence, il y a toujours des oubliés en ce qui concerne la maternité. Pis, a-t-il ajouté, les soins dont devaient bénéficier les populations sont parfois en dehors des structures de santé. Toutefois, M. Diop a rappelé les priorités de l’Etat du Sénégal pour l’amélioration de la santé des groupes les plus vulnérables.

Réduction des risques
Aujourd’hui, même si notre pays ne vit pas une situation d’urgence humanitaire, il fait face quand même à des risques. Le rapport 2015 de l’Unfpa sur la santé sexuelle et reproductive en situation d’urgence fait état des facteurs d’insécurité alimentaire et de vulnérabilité affectant le Sénégal. Parmi ceux-ci, a soutenu Ahmidou Thiam, point focal humanitaire, figure la situation géographique- pays voisins avec systèmes de santé insuffisants pour faire face aux épidémies, la recrudescence des inondations affectant plusieurs localités du pays et provoquant jusqu’à 250.000 sinistrés. Il y a également des cycles de sécheresse et une forte prévalence de la malnutrition aiguë dans certaines zones (Saint-Louis, Matam, Louga, Tambacounda…). En effet, a souligné M. Thiam, « plus de 2,5 millions de personnes sont en insécurité alimentaire (soit 17 % de la population), dont 220.000 en crise pendant la période de soudure 2016 ».

Face à cette situation, il a invité à classer la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles en priorité, au même titre que les autres besoins essentiels dans les stratégies de prévention et de riposte, et de renforcer les capacités des communautés à travers des sessions de formation en amont de la catastrophe.

Ibrahima BA

De la fierté sur le visage des parents, des cadeaux pleins les mains des lauréats. Le temps d’une matinée, la ville de Dakar prime les meilleurs élèves de ses 37 collèges et 17 lycées dans l’ambiance festive colorée des jardins de l’hôtel de ville. Des prix qui récompensent et encouragent les efforts consentis par les potaches durant l’année scolaire 2015-2016.

Le lycée Seydou Nourou Tall se distingue de belle manière. Samba Diouldé Alpha Sall et Anta Ndiaye sont les deux meilleurs élèves au baccalauréat du département de Dakar. Tous deux ont obtenu la mention « Très Bien ». La ville de Dakar leur octroie une bourse étrangère. Ces deux nouveaux bacheliers « sont le fruit du travail des proviseurs qui nous envoient leurs meilleurs élèves », reconnaît Annie Coly, proviseur du lycée Seydou Nourou Tall. Son établissement reçoit au passage le prix du meilleur lycée de Dakar pour ses meilleurs résultats au baccalauréat. En seconde position, l’établissement Martin Luther King s’adjuge le prix du meilleur collège d’enseignement moyen (Cem). De la Sixième à la Terminale, les 220 meilleurs élèves de la capitale ont reçu, hier, des distinctions dans les jardins de l’hôtel de ville de Dakar dans une ambiance festive.

Cette fête de l’excellence prime « la qualité qui est le pivot du système éducatif », déclare le directeur de l’enseignement moyen général, Omar Bâ, représentant du ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam. Il poursuit en invitant les acteurs à « une mobilisation sans faille » au service de l’école. Cette école qui connaît, depuis deux ans, une évolution après la crise des dernières années, selon Ngary Faye, l’inspecteur d’académie de Dakar.

Ainsi, Dakar enregistre, entre les deux années scolaires précédentes, une nette progression aux résultats des examens. Le département est premier au Cfee au classement national avec 68 % d’admis. Au bac, le taux de réussite passe de 38 à 51 %. Au Bfem, il passe de 40 à 57 %. D’ailleurs, l’inspecteur d’académie prépare une rencontre pour faire le bilan des résultats, et par la suite, voir comment consolider les acquis.

Cet acte entre en droite ligne de la vision du maire de Dakar, Khalifa Sall, qui entend « construire le Dakar de demain avec les enfants », en les mettant dans de bonnes conditions d’études. D’où le programme en gestation de réhabilitation des lycées de Dakar.

Ibrahima NDIAYE (stagiaire)

Neuf proviseurs et principaux à la retraite décorés
Au cours de la cérémonie de remise des prix aux meilleurs élèves, la ville de Dakar a aussi décoré neuf proviseurs et principaux admis à faire valoir leurs droits à une pension de retraite. Des hommes et femmes que le sous-préfet de Dakar, Djiby Diallo, a invités à une « retraite active ». Celle-ci leur permet de transmettre leur savoir et leur expérience à la jeune génération. « Ce sont des modèles de citoyens et de manageurs », témoigne le maire de Dakar.

Par ailleurs, cet ancien enseignant tient à remercier les parents d’élèves qui consentent beaucoup d’efforts pour la réussite de leurs enfants. Il pense que « l’école est une chaîne dont le premier maillon est la maison ». C’est pourquoi Khalifa Sall s’engage à venir en aide à ces pères et mères de famille. Un appui qui passe par le retour des attributions de bourses dans le primaire et le secondaire.

I. NDIAYE (stagiaire)

Au cours de la cérémonie de remise des prix aux meilleurs élèves, la ville de Dakar a aussi décoré neuf proviseurs et principaux admis à faire valoir leurs droits à une pension de retraite. Des hommes et femmes que le sous-préfet de Dakar, Djiby Diallo, a invités à une « retraite active ». Celle-ci leur permet de transmettre leur savoir et leur expérience à la jeune génération. « Ce sont des modèles de citoyens et de manageurs », témoigne le maire de Dakar.

Par ailleurs, cet ancien enseignant tient à remercier les parents d’élèves qui consentent beaucoup d’efforts pour la réussite de leurs enfants. Il pense que « l’école est une chaîne dont le premier maillon est la maison ». C’est pourquoi Khalifa Sall s’engage à venir en aide à ces pères et mères de famille. Un appui qui passe par le retour des attributions de bourses dans le primaire et le secondaire.

I. NDIAYE (stagiaire)

La croisade contre la mortalité maternelle et néonatale est loin d’être gagnée dans les zones reculées des régions de Louga, Saint-Louis et Matam. Les femmes enceintes continuent de perdre la vie lors des évacuations ou durant l’accouchement. Certaines localités trainent un déficit en ressources humaines et en logistique roulante. Pourtant, le tableau n’est pas noir comparé à la moyenne nationale. Le taux d’accouchement assisté par un personnel qualifié est de 59,6 % dans ces 3 régions contre 53 % au niveau national. Les accouchements à domicile sont en net recul dans au moins 300 villages sans case de santé.

Louga prépare une offensive ciblée
Motalite LougaLa région médicale de Louga est sur le pied de guerre contre la mortalité maternelle et la malnutrition. Le colonel Mame Demba Sy, médecin-chef de la région médicale de Louga, a indiqué que des actions concertées sont en cours de préparation. Il a donné les assurances à la mission conjointe de suivi de trois agences du Système des Nations unies (Unfpa/Oms/Unicef) qui a sillonné les régions de Louga, Saint-Louis et Matam au mois de mai dernier.

La maîtresse sage-femme, enveloppée dans une blouse rose, apparaît très détendue. Avec une certaine aise, elle se livre aux jeux de questions-réponses des membres de la mission conjointe de trois agences du Système des Nations unies (Unfpa/Oms/Unicef).

Combien coûte un accouchement ? demande un membre de la délégation. « 5.000 FCfa, mais nous allons passer à 7.500 FCfa », répond la maîtresse sage-femme. Les membres de la mission se regardent dans les yeux. La sage-femme est impassible, précisant que « les femmes ne sont pas confrontées aux problèmes de paiement pour s’acquitter de ce montant, parce qu’elles sont membres des mutuelles de santé ».

Le colonel Mame Demba Sy, médecin-chef de la région médicale de Louga, prend la parole pour nuancer et rassurer les hôtes.

L’orientation, précise-t-il, c’est d’aller vers une baisse des tarifs. L’équipement des centres a fait chuter la mortalité maternelle et néonatale. Cette baisse ne reflète pas le tableau de la lutte contre la mortalité maternelle et infanto-juvénile dans la région. Dans d’autres structures sanitaires, en dépit de la baisse, des spécialistes estiment qu’elle est encore très élevée. « La mortalité maternelle et infantile est encore supérieure à la moyenne nationale », décline M. Sadio, chef de service des soins infirmiers de Louga, qui faisait une présentation. Le taux d’accouchement assisté y est de 59 %. Le mot d’ordre des agents, c’est d’inverser la tendance. Dans les couloirs des centres de santé et des hôpitaux, la planification des actions est à un stade avancé. Le refus de la fatalité est un sentiment partagé. « Il ne sert à rien de faire les audits des décès maternels et néonataux et de s’en limiter là. Il faut aller au-delà. Je pense que des actions ciblées et spécifiques sont nécessaires pour chaque décès », préconise le responsable de la région médicale, le colonel Mame Demba Sy.

La mortalité n’est pas le seul sujet de préoccupation. L’enquête smart avait révélé que la malnutrition affectait beaucoup d’enfants dans la zone de Linguère en dépit des bonnes récoltes. Le taux de malnutrition aiguë global était de 9,9 %, alors que la proportion de la malnutrition aiguë sévère grave était de 1,4 %. « Le taux de malnutrition a atteint un seuil critique selon la dernière enquête », rapporte Gustave Manel de la Direction de la santé de la reproduction et de la Survie de l’enfant (Dsr/Se). C’est un peu paradoxal. Les intervenants ne se bornent pas de mettre la pauvreté au banc des accusés. Le gouverneur de Louga indexe l’abandon des solutions qui sont à la portée de toutes les bourses. « Nous ne pouvons pas expliquer cette malnutrition par la pauvreté des populations. Nous sommes dans une zone de production de niébé et d’arachide par excellence. Nous abandonnons de plus en plus nos habitudes alimentaires et nos recettes culinaires », tente de comprendre le gouverneur de la région de Louga.

Comme pour la mortalité maternelle et néonatale, la région médicale planifie des interventions. Des partenaires s’engagent dans la croisade. Ce n’était qu’une question de temps pour lancer une offensive contre la malnutrition. « Il y a une riposte qui se prépare contre la malnutrition. Nous avons organisé un atelier inter-région pour peaufiner la riposte. Il y a des acteurs qui ont pris des engagements, à l’image d’Action contre la faim. Nous avons déroulé des interventions spécifiques à Linguère. Il y a également le ministère de la Santé, à travers la Division de l’alimentation et de la nutrition et celle de la santé de la reproduction et du suivi de l’enfant, qui va renforcer son intervention », dévoile le colonel Sy.

Aussi, il a été recommandé de réaliser des enquêtes par département pour identifier, de manière profonde, les causes et affiner les stratégies. La région médicale de Louga se trouve, à nouveau, sur le pied de guerre contre la mortalité maternelle et infantile et la malnutrition.

Dr Marième Sylla Diène, spécialiste des questions de santé à l’Unicef : « Il est possible de réanimer le nouveau-né au niveau le plus périphérique »
Mortalite Dr Sylla UnicefLa chargée des questions de santé à l’Unicef, Dr Marième Sylla Diène, insiste sur le recours des pratiques simples pour récupérer des nouveau-nés. Pour cette spécialiste en santé, la pratique de la réanimation peut contribuer à sauver la vie de nombreux nouveau-nés juste après l’accouchement. Le sous-équipement n’est pas un frein à l’usage des gestes simples qui sauvent des vies.

« Il y a des techniques simples pour réanimer les nouveau-nés. Dans 99 % des cas, il suffit de sécher l’enfant pour maintenir la température en l’essuyant et en le maintenant dans un linge sec et propre, le stimuler et au besoin aspirer les sécrétions dans la bouche et dans le nez pour libérer les voies ariennes. Ces gestes arrivent à ressusciter la plupart des bébés qui naissent et qui n’ont pas crié », conseille le Dr Diène.

Au cas où le nouveau-né n’a pas crié après la stimulation, le praticien passe à l’étape suivante, c’est-à-dire la ventilation. Cet acte, affirme la spécialiste, a non seulement l’avantage de récupérer plus de bébés, mais aussi d’offrir les conditions d’un éventuel transfert vers un centre plus équipé. « Après la ventilation, il y a une faible marge qui a besoin de soins spécifiques nécessitant un transfert vers un centre beaucoup plus équipé », renseigne-t-elle.

Changement de comportements  : Baisse des accouchements à domicile dans 300 villages sans case de santé
L’engagement communautaire a fait tomber les barrières socioculturelles et économiques dans 300 villages sans poste de santé dans les régions de Louga, Matam et Saint-Louis. Les accouchements à domicile reculent. Par conséquent, la mortalité maternelle et infantile baisse.

Pour se rendre à Wandé, en venant de Dahra, c’est à partir de la commune de Déaly qu’il faut emprunter une piste sableuse et sinueuse sur une dizaine de kilomètres de la route nationale. Les véhicules roulent à vive allure. Elles bondissent au niveau des dénivellations. La plaine est austère. Une chaleur d’étuve l’enveloppe. La localité n’est pas facile d’accès. Au bout d’une trentaine de minutes, voici Wandé. Le village n’a pas de case de santé. « La distance moyenne qui sépare les villages dans cette zone est d’au moins 40 km. Il faut entre 2 et 3 heures pour évacuer un malade. Si ce sont des cas graves comme des femmes enceintes, c’est compliqué », s’alarme le médecin-chef de Dahra, Mamadou Thioro Mbaye.

Isolé dans une vaste plaine, Wandé n’est pas ouvert à l’évolution de la prise médicale, notamment la gestion des grossesses.

L’accouchement à domicile a une charge sociale positive dans ce milieu où les Sérères et les Peulhs cohabitent harmonieusement.

Mortalite changement

« L’accouchement à domicile était perçu comme une réussite de la gestion d’une grossesse au sein d’une famille. Lorsqu’une femme s’apprête à accoucher, les hommes étaient obligés de quitter la concession », rapporte la porte-parole des femmes. Cette pratique n’a pas résisté aux causeries, aux séances de sensibilisation des relais et des comités de femmes. Le temps et la sensibilisation ont fait tomber les barrières socioculturelles. Elles ne donnent plus naissance à domicile. « Aucune femme n’a accouché à domicile en 2015. Les relais et les comités de femmes ont contribué à amener les femmes enceintes à faire des consultations prénatales, à se rendre au poste de santé en cas de saignements ou d’autres complications liées à la grossesse. Dans cette zone, les accouchements à domicile sont passés de 10,5 % à 8,9 % », se réjouit Ibra Pouye, l’infirmier chef de poste de Déaly.

La barrière financière surmontée
La barrière financière à l’accès aux soins s’est écroulée. Une caisse de solidarité a été créée. Elle est alimentée par les cotisations de la communauté. C’est une sorte de couverture maladie à l’échelle communautaire. « Actuellement, les femmes ne diffèrent plus les visites prénatales. En cas d’urgence, elles font des prêts pour leur évacuation ou leur accouchement. Il en est de même des hommes qui sont malades. Après, ces personnes remboursent. Nous avons actuellement 107.500 FCfa en caisse », confie le gestionnaire de la caisse de solidarité, Demba Faye.

Le non-respect de l’échéance de remboursement est négocié. Un moratoire est accordé au requérant. Tout le monde y trouve son compte. Toutes les couches de la population sont couvertes par cette mutuelle villageoise. Les visites prénatales et post-natales ne sont plus un luxe pour les femmes de Wandé. « Auparavant, lorsque vous dites que vous allez faire des consultations prénatales ou une échographie, d’autres femmes vous disent que vous avez de l’argent. Nous ne le faisions pas. Nous n’y pensions pas.

Aujourd’hui, nous faisons des analyses et des échographies grâce à la sensibilisation et aussi à notre caisse », compare Ndèye Diaw, la présidente du Comité des mamans.

L’effet d’entrainement est systémique. Les accouchements assistés et le respect du calendrier des vaccinations sont observés dans le poste de Santé de Déaly. « Les populations des 13 villages où se déroule le projet fréquentent de plus en plus le poste de santé.

Nous n’avions pas dénombré un seul cas d’accouchement à domicile dans ces 13 villages. La commune compte 70 villages. Donc, le travail reste à faire », évoque l’infirmier chef de poste de Déaly.

Wandé n’est qu’un village parmi les 300 répartis entre les régions de Louga, Matam et Saint-Louis où l’initiative communautaire a été au cœur du recul des accouchements à domicile. Le taux d’accouchement assisté par un personnel qualifié est de 59,6 % ; ce qui est supérieur à la moyenne nationale (53 %). Les retombées pèsent sur la survie des nourrissons et l’amélioration de la santé de la mère. Dans ces villages, les relais effectuent des visites à domicile, ils jettent un regard sur le calendrier de vaccination et rappellent au besoin les rendez-vous. Ils montrent comment tenir un nouveau-né qui tète. « Nous avons constaté une baisse des accouchements à domicile dans 300 villages où intervient le projet grâce à la coopération luxembourgeoise. Actuellement, les femmes vaccinent leurs enfants. Elles rejettent de moins en moins la planification familiale », se félicite M. Sow de Wepsha. Les acteurs réfléchissent sur les stratégies de capitalisation de cette initiative communautaire dans d’autres villages sans case de santé.

Dr Mamadou Thioro Mbaye, médecin-chef du district de Dahra : Un manager obsédé par l’obligation de résultats
mamadou thioro baLe district sanitaire de Dahra a son avocat. C’est le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Ce praticien est un serviteur dévoué du système sanitaire, ont témoigné les autorités administratives et les élus locaux. Il ne rate jamais l’occasion de poser sur la table le relèvement du plateau technique et l’augmentation des ressources humaines pour Dahra. Son district a obtenu de bons résultats en matière de lutte contre la mortalité maternelle et infantile.

Le médecin-chef du district sanitaire de Dahra, Mamadou Thioro Mbaye, n’est pas un partisan du service minimum. Ce n’est pas non plus le sous-équipement qui freinera son élan. Il ne se contente pas seulement de consulter et de soigner des malades. Ce praticien regorge d’énergie pour être à la fois dans des salles de consultation et sur le terrain de la sensibilisation. La bataille contre les pathologies se gagne sur ces deux fronts. La réduction de la mortalité et de la morbidité liées aux différentes maladies empêchent ce natif de Dahra de dormir. « C’est un médecin qui abat un excellent travail. Il est disponible et joignable à n’importe quel moment », témoigne le sous-préfet de Sagatta, Moussa Yatt, lors de l’échange avec les populations de Wandé.

Le maire de Déaly confirme les propos du sous-préfet. Le médecin-chef est plus qu’un serviteur du système de santé. L’obligation de résultats sous-tend son dévouement. « Il faut sortir, sinon les indicateurs seront au rouge », conseille le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Lui et ses collaborateurs sont dans une course sans fin pour la préservation des acquis. Il reconnaît les contributions de chacun à l’obtention des bons résultats. « Nous avons une réduction des accouchements à domicile dans la zone de Déaly. Cela s’explique, en partie, par le dévouement de l’infirmier chef de poste », reconnait le médecin-chef qui enfile, par moment, la robe d’avocat pour défendre son district.

Parfois aussi, il se fait le porte-parole de sa communauté. L’amélioration des conditions de travail des agents le pousse à faire des plaidoyers pour le renforcement de la logistique roulante. Le département de Dahra est une collectivité particulière. « Nous avons des problèmes de maillage du district. Vous pouvez faire 200 km tout en restant dans le district. Vous pouvez passer 2 à 3 heures pour évacuer un malade, une femme enceinte. Avec l’état des pistes, celle-ci a le temps de mourir. Nous avons besoin de la logistique roulante », plaide le Dr Mbaye.

Au bloc opératoire de la maternité et à la salle de réveil, son équipe fait bloc autour de lui. Les autres spécialistes échangent de façon cordiale. Il a laissé le soin au chef du service de fournir les informations lors du passage des membres de la mission des agences onusiennes. Dr Mbaye est courtois, il écoute ses interlocuteurs. Mais c’est aussi une personne qui sait défendre ses arguments. Il ne cède pas s’il sait qu’il a une part de vérité. La méthode de calcul sur les données avait soulevé une discussion entre Dr Mbaye et l’une des dames de la Direction des statistiques du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Sous sa direction, les indicateurs de la lutte contre la mortalité maternelle ont évolué. En 2015, seuls 8 cas de décès sont enregistrés à Dahra qui fait plus de 3 fois la région de Dakar. C’est une performance. Le praticien ne perd pas de vue que les défis sont énormes. « Beaucoup d’efforts sont réalisés en matière de lutte contre la malnutrition. Il reste beaucoup à faire en matière de lutte contre la malnutrition des enfants », admet le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Tous les jours, lui et son équipe s’attèlent à réduire au minimum les évacuations des femmes enceintes. C’est une question de crédibilité pour l’établissement. On comprend alors pourquoi il ne cesse de réclamer la modernisation du plateau technique dans un district très vaste. Les évacuations des femmes enceintes peuvent ne pas se terminer dans les meilleures conditions. « Toutes les complications obstétricales enregistrées sont prises en charge à moins que le médecin anesthésiste ne soit absent. Le temps perdu ne joue pas en faveur du malade », rappelle-t-il.

Hôpital de Ourossogui : Quête continue d’un bon système de référence et de contre-référence
Mortalite OurosoguiL’ancien centre de santé de Ourossogui a été construit dans une zone reculée et peu dotée en structures sanitaires. Au-delà de ses missions classiques, l’établissement est le réceptacle des malades des postes et cases de santé. Elle assure leurs évacuations en cas de besoin. Mais le système n’est pas encore huilé.

L’entrée du Centre hospitalier de Ourossogui n’est pas noire de monde en ce 25 mai 2016. Quelques patients sont au hall du nouveau bâtiment aéré et éclairé. Ce n’est pas le seul constat. L’ancien bâtiment se distingue par l’épaisseur de ses murs. Les fenêtres et les portes sont surmontées par des demi-cercles. Les lignes architecturales dessinent une sorte de voûte nubienne. Construit depuis 1976, le centre de santé, devenu hôpital de niveau 1, avait la vocation de recevoir les malades des rares postes et cases de santé à l’époque. Les années passent. La vocation ne change pas.

Par sa position géographique, l’hôpital de Ourossogui de niveau 1 est le plus équipé pour recevoir les cas compliqués et assurer leurs évacuations sanitaires vers Saint-Louis ou Louga qui sont à plusieurs centaines de kilomètres. Lors du passage de la mission des agences du Système des Nations unies (Unicef, Oms et Unfpa), cette vocation saute à l’œil. Les couloirs des compartiments d’hospitalisation et de la maternité bruissent de malades. « C’est une structure de référence. Nous recevons des malades des autres districts et des pays limitrophes comme la Mauritanie et la Guinée. Elle a aussi une mission d’évacuation des malades vers Saint-Louis ou Louga », explique le chef du service des soins infirmiers, Lamine Sall. En 2015, beaucoup de cas d’urgence d’enfants de 0 à 5 ans ont été pris en charge. Sauf que pour les observateurs avertis, ces cas ne sont pas suffisamment renseignés pour apprécier la qualité des références. « Il y a un challenge pour les références et les contre-références. Les cas de référence de 0 à 5 ans ne sont pas présents. J’attendais l’analyse de la qualité des références. C’est un chantier », objecte Dr Bocar Lô de la Fondation LuxDev.

Il n’est pas le seul à émettre cette réserve. Dr Lodi Evariste, assistant technique principal de la composante santé du 3ème programme de la coopération sénégalo-luxembourgeoise, abonde dans le même sens. « Il y a un problème de référence et de contre-référence dans la région. Je propose la création d’un centre d’accueil de référence », suggère-t-il. Pourtant, l’équipement de la maternité, dans le cadre du projet, a eu des incidences positives dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale dans la région. Les membres de la mission des Nations unies (Oms, Unfpa et Unicef) qui ont visité l’hôpital dans le cadre du Pic II (Sn/027) ont demandé aux responsables de l’établissement de travailler en étroite collaboration avec l’hôpital de Matam.


Cheikh Tidiane Bâ, coordonnateur national de l’Unfpa : « Il est nécessaire d’affecter des spécialistes dans des zones reculées »
cheikh tidiane baLa bataille contre la mortalité maternelle et néonatale ne peut pas être gagnée en laissant les zones reculées trainer un déficit structurel de ressources humaines qualifiées. C’est la conviction de Dr Cheikh Tidiane Bâ, coordonnateur national du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa).

Nous venons de boucler une visite dans les régions de Louga, Matam et Saint-Louis. Est-ce que vous êtes satisfait des mesures qui sont mises en œuvre ?
C’est une mission conjointe du Système des Nations unies. Ce n’est pas toujours évident que les agences du Système des Nations unies (Unfpa, Oms et Unicef) l’organisent. Cette mission est organisée avec la coopération luxembourgeoise. Il faut aussi noter que c’est la deuxième fois que nous faisions une pareille mission. La première fois, c’était avec l’Usaid. A l’issue de la présente mission, qui nous a conduits à Matam, Louga et Saint-Louis, nous avons noté qu’il y a des avancées par rapport à la santé maternelle, à la planification familiale, au Programme élargi de vaccination (Pev) et aux accouchements assistés. Néanmoins, il reste des défis à relever.

Quels sont les défis à relever ?
Il y a une absence de spécialités dans les trois régions. Si nous prenons Matam, elle n’a pas de pédiatre pour le volet de la santé néonatale et infanto-juvénile. C’est préoccupant. Nous avons constaté que des centres de santé et des blocs (Sonu : Soins obstétricaux et néonataux d’urgence) construits, mais qui sont non fonctionnels. Cela ne date pas d’aujourd’hui. En conséquence, il y a un effort à faire en termes de plaidoyer auprès du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

En outre, nous avons aussi constaté l’importance des initiatives communautaires. Mais la couverture n’est pas importante.

Beaucoup de villages ne sont pas encore touchés. Aussi est-il apparu que les cadres de concertation fonctionnent plus ou moins dans des zones où interviennent l’Unicef et l’Unfpa. Les indicateurs de la bonne gouvernance sont bons dans ces zones. C’est le cas au poste de santé de Fanaye. Il y a un besoin que ces initiatives communautaires soient élargies à d’autres villes. Nous ne devons pas aussi perdre de vue que nous sommes dans une zone sylvo-pastorale. Il faut des stratégies avancées et novatrices pour toucher les populations. Maintenant il est nécessaire de passer à l’échelle. Il y a une nécessité de couvrir d’autres villages.

Globalement, nous sortons satisfaits de cette mission. Nous sortons de cette mission avec beaucoup de thématiques et de plaidoyer. Il n’y a aucune région où les cadres de concertation fonctionnent correctement. Nous allons porter le plaidoyer. Nous allons essayer, dans la limite de nos possibilités, d’appuyer ces cadres. En somme, il y a trois choses à faire. Il s’agit de poursuivre le plaidoyer, afin que des zones éloignées puissent être dotées de spécialités et de ressources humaines de qualité. La deuxième chose, c’est de faire la cartographie des initiatives communautaires pour couvrir d’autres villages avec des financements additionnels. Le troisième défi à relever, c’est la logistique roulante. Nous avons fait le district de Dahra qui est trois fois plus important que la région de Dakar en termes de superficie. Le médecin-chef l’a dit. Vous pouvez faire 200 km en restant dans le district. Il va falloir plus d’ambulances et de voitures. Nous allons voir ce qu’il faut faire.

Des blocs ne fonctionnent pas faute de spécialistes. Qu’est-ce qu’il faut faire ?
Nous devons faire en sorte que les blocs fonctionnent. L’année dernière, il n’y avait pas un gynécologue à Matam. Aujourd’hui, nous avons deux gynécologues dans cette région. Nous allons continuer le plaidoyer auprès de l’Etat, des communautés et des partenaires.

Est-ce que les initiatives communautaires sont une réponse au déficit en ressources humaines ?
L’initiative communautaire ne peut pas être une réponse au déficit en termes de ressources humaines. Ces initiatives ne sont pas déroulées dans des communes dotées de cases et de postes de santé. Elles sont développées dans les villages où il n’y a pas de case de santé. C’est surtout le volet prévention. Ces initiatives ont contribué à réduire les retards de consultation. Les accouchements à domicile diminuent à Déaly. Si dans tous les villages ces initiatives sont étendues, nous aurons réglé beaucoup de problèmes. Les accouchements à domicile diminuent dans les zones où il y a des initiatives communautaires. L’Information, l’éducation, et la communication (Iec) et les caisses de solidarité ont aidé à la prise en charge sanitaire des populations. Ces initiatives communautaires créent la demande. Elles sont une réponse au déficit en ressources humaines, surtout dans les zones reculées.

Dossier réalisé par Idrissa SANE

Les membres du projet « Initiatives femmes » de Fatick ont initié, mercredi dernier, une grande action de reboisement dans les communes de Fatick et Diouroup. C’était en collaboration avec l’inspecteur régional des Eaux et Forêts, le colonel Ousmane Fall. Selon la présidente de ce projet, notre consœur Véronique Diouf, le slogan  a été : «  Une femme, un arbre ». Aussi, a-t-elle annoncé qu’il y aura un prix vert pour récompenser les personnes qui auront bien entretenu ces arbres. Cette distinction sera remise le 8 mars 2017, Journée internationale de la femme.

Elle a expliqué que cette action de reboisement entre dans le cadre du plan d’actions annuel dudit projet. « Nous avons eu l’idée de mener une action de reboisement juste après la journée de l’arbre lancée à Birkelane le 7 août dernier », a soutenu Véronique Diouf, soulignant que dans les communes de Fatick et Diouroup, 420 plants de l’espèce «  ndoubali de Nioro » ou «  Fitus Polita » (nom scientifique) ont été distribués. Cette espèce qui vient de l’Egypte est très ombrageuse et verte toute l’année.

Véronique Diouf a rappelé que le projet « Initiatives femmes »  est né de la volonté du directeur général des Sénégalais de l’extérieur qui, le 8 mars 2013, a rassemblé les femmes pour fêter la Journée de la femme. « Nous avons comme objectif d’autonomiser les femmes en  les formant dans différentes filières pour qu’elles puissent mener des activités génératrices de revenus », a-t-elle conclu.

Oumar  Ngatty  BA

Mille cinq cents soldats ont participé à  l’opération de reboisement de 5.000 plants au niveau de la forêt classée de Pout sur une superficie de 95 hectares.

Le Centre d’entraînement tactique n°7 a reçu, hier, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général François Ndiaye, et le directeurs des Eaux, Forêts, Chasse et Conservations des sols, le colonel  Baïdy Bâ.  Et ce, le temps d’une opération de reboisement des terrains d’entraînement situés dans la forêt classée de Pout, en allant vers la commune de Mont Rolland. Cette opération a mobilisé le commandant de la zone militaire n°7, le colonel Amadou Anta Guèye, le commandant Mamadou Sarr, chef du Centre d’entraînement tactique  n°7, l’inspecteur régional des Eaux, Forêts, Chasse et Conservation des sols, le commandant Birame Dieng, et leurs éléments. Cette opération a mobilisé 1.500 soldats qui se sont chargés de la plantation de 5.000 arbustes sur une superficie de 95 hectares.

Dans son adresse, le chef d’état-major de l’armée de terre a salué la mutualisation des efforts entre les forces armées et la direction des Eaux et Forêts, Chasse et Conservation des sols qui a permis de matérialiser l’initiative. « Au-delà de ce geste de haute portée civique que nous posons ce matin, il est logique de reboiser les aires sur lesquelles se déroulent nos entraînements afin de pouvoir les garder dans les conditions optimales d’une bonne pratique tactique », a-t-il indiqué.

Le général Ndiaye a soutenu qu’il est du devoir des forces armées sénégalaises d’apporter sa pierre dans la construction du développement économique du pays. « L’armée participe à la construction de pistes de production, de ponts, entre autres tâches de haute utilité publique. Donc, cet acte d’aujourd’hui reste dans la tradition des armées au Sénégal », a-t-il ajouté.

Lui emboîtant le pas, le directeur national des Eaux et Forêts a magnifié le travail abattu par ses services, en synergie avec les forces armées dans la zone naturelle de la Casamance, pour faire face au trafic du bois. Enchainant sur l’opération de reboisement de la forêt classée de Pout qui les a réunis, le colonel Baïdy Bâ a précisé que les espèces choisis s’adaptent aux dures conditions climatiques de la zone. «  En ce qui concerne le suivi et la protection des arbustes, nous sommes rassurés, parce qu’ils se trouvent dans les sites du Centre d’entraînement tactique n°7 », a-t-il noté. Sur ce point, le commandant du centre, Mamadou Sarr, a donné des assurances concernant la sécurisation des arbustes, parce que, a-t-il dit, les patrouilles sont régulières et les postes d’observation veillent au grain.

Mbaye BA

Des acteurs de l’assainissement de la Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Mali veulent capitaliser l’expérience sénégalaise en matière de traitement et de stabilisation des boues de vidange, ainsi que de l’organisation de cette filière. Ils sont en mission de « Benchmarking » (partage de bonnes pratiques) du 16 au 18 août au Sénégal.

Les délégués de la Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Mali du secteur de l’assainissement ont visité, hier, la station d’épuration des Niayes. Sur ce site, l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) a démontré qu’il est possible de traiter les boues de vidange en ayant recours à une technologie simple et accessible. Il s’agit de l’omni processor qui a été la principale attraction lors de cette visite. Cette mini usine, mise à la disposition du Sénégal grâce à la Fondation Bill et Melinda Gates, a donné une nouvelle dimension à la valorisation des boues de vidange. En plus de l’énergie, les ingénieurs ont expliqué en détail le processus de production d’eau potable à partir des boues de vidange. « Il y a un processus qui permet de chauffer la boue. Ainsi, la vapeur se dégage pour être captée par un dispositif mécanique. Celui-ci permet de rabaisser la température pour qu’elle devienne liquide.

Nous faisons passer ce liquide dans un système de tamisage mécanique. Une fois ce traitement fait, nous passons au traitement électrostatique ou osmose qui permet d’éliminer les bactéries », explique l’ingénieur Abdoulaye Guèye de l’entreprise Delvic.

Après cette étape, suit la vérification du Potentiel hydrogène (Ph) et de tous les éléments qui entrent en compte dans l’appréciation de la potabilité de l’eau. Suite à ce contrôle, les techniciens peuvent ajouter des additifs en cas de besoin.

Le laboratoire national du Sénégal, qui assure le contrôle de toutes les denrées alimentaires consommées dans le pays, a attesté, il y a juste un mois, de la potabilité de cette eau issue des boues de vidange. Laquelle a été bue par des ingénieurs sénégalais et des hôtes venus des autres pays d’Afrique. Le défi, c’est de faire tomber les barrières socioculturelles pour espérer sa consommation ou son utilisation à grande échelle.

Les techniciens (Dr Bécaye Diop et Dr Mbaye Mbéguéré) ont fourni des informations sur les différents outils en cours d’utilisation au Sénégal. « C’est une visite enrichissante. Je pense que nous devons exporter ces pratiques afin de tirer plus de profit du secteur de l’assainissement », a confié Siaka Coulibaly, un opérateur économique ivoirien évoluant dans le secteur de l’assainissement.

L’objectif de cette mission de « Benchmarking » est de donner aux pays la possibilité de capitaliser les méthodes en cours d’utilisation pour valoriser les boues de vidange et aussi fournir des informations aux hôtes sur le travail en cours pour la modernisation de la filière des boues de vidange au Sénégal. « L’Onas a développé des outils reconnus dans le monde. L’objectif, c’est d’amener les pays membres du Resop (Partenariat par les pairs pour le renforcement des capacités des opérateurs d’assainissement), à venir voir ces outils afin de mieux affiner leur système de gestion des boues de vidange », a expliqué Dr Mbaye Mbéguéré, coordonnateur du Resop.

Selon Bassirou Sow, de la cellule de communication de l’Onas, cette structure a reçu au cours des dernières années des techniciens de l’assainissement des pays de la sous-région qui viennent s’inspirer de l’expérience sénégalaise en matière d’assainissement. « L’Onas occupe une position de leader en matière de traitement des boues de vidange. C’est pour cela qu’il a été choisi pour accueillir le projet pilote de gestion de boues de la Fondation Bill et Melinda Gates. Ce programme est en train de produire de bons résultats », a relevé M. Sow.

Signalons que cette mission entre dans le cadre de la signature d’une convention entre l’Onas et l’Association africaine de l’eau (Aae).

Idrissa SANE

Le projet de décret portant application de la loi sur l’interdiction du tabac vient d’être signé par le président de la République. Cet acte est l’aboutissement d’un long combat, selon le Pr Awa Marie Coll Seck, ministre de la Santé et de l’Action sociale.

Messages écrits et iconographiques couvrant 70 % des paquets, interdiction de la publicité, de la promotion et du parrainage du tabac et des produits du tabac, interdiction de fumer dans les lieux publics et annexes. Ce sont, entre autres, les mesures fortes contenues dans le décret d’application de la loi relative à la fabrication, au conditionnement, à l’étiquetage, à la vente et à l’usage du tabac. Elle a été votée à l’Assemblée nationale en 2014 avec un processus de deux années jusqu’au projet de décret d’application signé le 26 juillet dernier par le président de la République, Macky Sall, et le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne.

Pour le Pr Awa Marie Coll Seck, ministre de la Santé et de l’Action sociale, « l’adoption de cette loi et son décret d’application constituent des étapes majeures dans la politique nationale de protection de la santé des populations ». Dans la mise en œuvre « efficace » de cette nouvelle loi, elle liste plusieurs actes déroulés avec l’installation du Comité national de lutte contre le tabac et de ses démembrements régionaux. Un Programme national de lutte contre le tabac a été aussi créé en juillet 2015. La loi anti-tabac, selon  le ministre de la Santé, a, en outre, bénéficié, en mai 2016, d’une convention de financement d’un montant de 800.000 dollars américains (400 millions de FCfa) de la part de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Dans le décret d’application, fort de 22 articles, il est dit que la publicité, le parrainage et la promotion sont désormais interdits au Sénégal. « Sont interdits, toutes activités nationales ou transfrontalières de publicité et de promotion directe ou indirecte, quel que soit le support en faveur du tabac, de ses produits (…), tous partenariats, protocoles d’accords dans le dessein de promouvoir notamment le tabac, les produits du tabac et dérivés avec les sociétés qui les fabriquent, commercialisent et distribuent », dit le texte.

Pour le conditionnement et l’étiquetage, le texte fixe des règles par « une combinaison de messages et d’images », informe Alphonse Ousmane Thiaw, chargé de la législation au ministère de la Santé et de l’Action sociale. « Sur chacune des faces principales du paquet, de la cartouche, du carton ou toute forme de conditionnement extérieur, doivent être imprimés une image en couleur et un message écrit associé », précise le texte.

Ces mises en garde doivent couvrir 70 % du paquet, selon la loi qui, sur cet aspect, veut avoir un niveau d’emballage qui « soit déconcertant pour le consommateur », affirme M. Thiaw.

Sur les lieux d’interdiction, la loi parle de lieux annexes et les parties communes. Les lieux concernés sont les couloirs, ascenseurs, cages d’escaliers, halls d’entrée, cafétérias, toilettes, salons, salles de repas, bâtiments extérieurs, comme abris et hangars, de même que tout véhicule qui constitue un lieu de travail.

L’interdiction concerne aussi la vente de cigarettes aux mineurs et par les mineurs à 200 mètres des établissements scolaires et des hôpitaux. « Tout ceci est fait pour protéger la couche jeune qui est vulnérable »,  explique le Pr Awa Marie Coll Seck.

Oumar NDIAYE

Période transitoire : 6 et 9 mois pour se conformer à la loi
« Les fabricants, les producteurs et les importateurs du tabac et des produits du tabac disposent d’un délai de neuf mois, à compter de l’entrée en vigueur du présent décret, pour s’y conformer. Toutefois, ce délai est de six mois pour les personnes visées par les dispositions relatives au conditionnement et à l’étiquetage », dit le décret d’application. Ce qui, d’après Alphonse Thiaw, permet aux industriels du tabac ainsi qu’aux gérants des lieux où le tabac est interdit de se conformer à la loi.

S’agissant des sanctions, elles sont de deux ordres, selon toujours M. Thiaw, c’est-à-dire la peine et l’amende. Pour les peines de prison, elles peuvent aller de 5 à 10 ans de prison pour les délits liés au non-respect des normes de fabrication et des amendes fixées de 50.000 à 500 millions de FCfa.  

O. NDIAYE

Chargé de centraliser et de coordonner les actions contre les risques d’urgence sanitaire (accidents, catastrophes et épidémies), le Centre des opérations d’urgence sanitaire dont la première pierre a été posée hier sera livré dans 7 mois.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, le Pr Awa Marie Coll Seck, a présidé, hier, la cérémonie de pose de la première pierre du futur siège du Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous), au Centre anti poison de l’hôpital Fann. C’était en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, James Zumwalt, et d’autres acteurs de la santé. La réception du bâtiment équipé est prévue dans sept mois.

Cette structure sera chargée de centraliser et de coordonner les actions contre les risques d’urgence sanitaire comme les accidents, les catastrophes, les épidémies, etc. La construction de ce centre constitue « une nouvelle étape cruciale » dans la lutte contre toute sorte de menaces, a déclaré le ministre de la Santé et de l’Action sociale. Cette structure de coordination permettra de « recueillir toutes les données sanitaires nécessaires » afin de donner une réponse adéquate à d’éventuels risques sanitaires. « Cette équipe a déjà travaillé sur Ebola, Zika et Chikungunya », a noté Awa Marie Coll Seck, saluant le soutien de la coopération américaine. Pour elle, « c’est un appui qui permet de faire face à des catastrophes » et de maintenir la santé à l’échelle non seulement nationale, mais aussi continentale et mondiale.

Le projet remonte à 2014, après le bilan de la gestion du cas importé de la maladie à virus Ebola au Sénégal. Un travail qui a mobilisé, jour et nuit, les acteurs de la santé, mais qu’il fallait pérenniser à travers une structure « à part », mais rattachée au ministère de la Santé et de l’Action sociale. C’est dans ce cadre qu’a été mis en place, en décembre 2014, par arrêté ministériel, le Cous.

Agir vite et bien
D’après le Dr Abdoulaye Bousso, coordonnateur du Cous, l’établissement aura pour mission principale de gérer des urgences sanitaires. Une tâche axée sur quatre points : la préparation, la prévention, la réponse et le rétablissement. Le médecin, qui dirige une équipe de 13 personnes, a précisé que ce centre entre dans le cadre d’une initiative sous-régionale de l’Organisation ouest africaine de la santé (Ooas). A terme, chaque Etat africain devra se doter d’une telle structure pour « travailler ensemble et échanger des informations ».

« Une fois achevé, ce centre sera un exemple concret de nos liens bilatéraux et servira de rempart contre d’autres épidémies qui pourraient survenir », a déclaré M. James Zumwalt, ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal. Le programme de coopération pour l’engagement biologique des Etats-Unis et le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies projettent de tenir des ateliers et des exercices de simulation pour renforcer l’expertise du personnel du Cous.

Le centre sera bâti sur une superficie de 1.000 m2. Ces nouveaux locaux permettront d’accueillir une cinquantaine de personnes en période de crise. Le projet est financé à hauteur d’un milliard de FCfa par l’Agence de réduction des menaces du département de défense américain. Un espace de repos sera aménagé afin d’accueillir les équipes 7j/7 et 24h/24.

Ibrahima NDIAYE (stagiaire)

Depuis quelques  années, les résultats enregistrés au baccalauréat ne cessent de chuter au centre du lycée Ibou Diallo de Sédhiou. Parmi la minorité ayant décroché le sésame figure un ancien militaire, Abdoulaye Biaye. Il a 50 ans et il était inscrit en série L2. Né dans la capitale du Pakao, il s’engagea dans l’armée il y a trente ans de cela. Après deux ans de service, il a eu la chance d’être rengagé. Il changera plusieurs fois de corps, passant de l’armée de l’air à la section commandos. Son cursus a connu plusieurs étapes après le Cat 1. Il bénéficiera ainsi de plusieurs formations et effectuera plusieurs missions onusiennes. Après 25 ans de loyaux services dans la grande muette, il la quitte, frappé par la limite d’âge. Il entame ainsi une vie civile pleine d’ambitions. Trouver un emploi fut impossible, surtout qu’il n’avait pas encore décroché le baccalauréat. Revenu à Sédhiou, l’ancien militaire, qui n’avait que le niveau de la Seconde,  s’inscrit directement en classe de Terminale. Il y a deux ans, il avait échoué. Point découragé, il a fait sien l’adage « la réussite est au bout de l’effort ». C’est ainsi que l’année dernière, il passe les épreuves du baccalauréat sans succès. « Cette année, la chance m’a souri et mon exemple doit être suivi par tous ceux qui ont échoué », conseille Abdoulaye Biaye, fier.

A ceux qui ont échoué aux examens, il demande de bien se préparer pour les joutes à venir. D’ailleurs, notre bachelier de 50 ans ne manque pas d’ambition. Il veut être administrateur civil.

Malamine KAMARA


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