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Actualités (2815)

Le renforcement de la gouvernance des Aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire (Apac) a été au centre d’une rencontre organisée à Djilor Djidiack. A l'occasion, les bases de la mise en place d’un réseau national ont été jetées par les acteurs bénéficiaires venus des différentes zones d’intervention du projet.

A l’issue de l’atelier d’auto-évaluation participative de l’initiative Icca-Gsi au Sénégal, il est envisagé la mise en place d’un réseau national par les acteurs bénéficiaires venus des différentes zones d’intervention du projet. L’Icca-Gsi est exécuté par le Programme de micro financements du Fonds pour l’environnement mondial (Pmf/Fem), administré par le Pnud pour le compte du bureau des Nations unies pour les Services d’appui aux projets (Unops). Ce programme, selon Khatary Mbaye, coordonnateur national sénégalais, « a pour mission de soutenir les actions communautaires initiées par les populations locales en vue de contribuer à la lutte contre la dégradation de l’environnement local et mondial ».

Il a indiqué que, « pour la circonstance, plusieurs sites ou espaces naturels ont été identifiés dans certaines zones du Sénégal, à savoir en Casamance, au Sine-Saloum, dans les régions de Tambacounda, Saint-Louis, Kédougou, entre autres, et dénommés Aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire (Apac) ». Ces dernières, a ajouté M. Mbaye, sont conservées, depuis plusieurs décennies, par les populations locales, donnant ainsi l'exemple du bois sacré en Casamance et tant d’autres forêts. L’atelier de Djilor Djidiack a été également un prétexte pour voir l’état d’avancement des activités réalisées par les bénéficiaires. Il a réuni une trentaine d’acteurs qui ont saisi l’occasion pour identifier et échanger sur les bonnes pratiques et leçons tirées de l’exécution des projets arrivés à termes ou en cours. Un partage a aussi été fait sur l’objectif visé pour un renforcement de la gouvernance des Apac et en perspective de la création d’un réseau national des Apac. Selon Alexandre Hyacinthe Coly, président de l’association « Kamaloor be kafankanté » (Kabeka), le réseau qui sera mis en place leur permettra de mettre en synergie leurs forces et de mutualiser les moyens pour une plus grande efficacité. Pour le Pr Assane Goudiaby, membre du Comité de pilotage du programme, les populations sont toujours motivées pour la conservation et à la restauration de la réserve communautaire de Djilor Djidiack, appelée « Kholou ndik », à travers des actions de reboisement. Par ailleurs, le succès qu’a connu le projet et l’importance des superficies d’anciens sites de mangroves ainsi que des terres dégradées non encore réhabilitées ont motivé le groupement Sédar Diaga Senghor, regroupant uniquement des femmes, d’y entreprendre une nouvelle phase pour venir en appoint au Comité inter-villageois de surveillance.

Mouhamadou SAGNE

Les résultats de l’Inspection d’académie de Pikine-Guédiawaye aux différents examens et concours de 2015 à 2017 sont jugés globalement satisfaisants. Cependant, les responsables comptent sur le respect des engagements du Contrat de performance et l’appui des partenaires pour les améliorer.

L’Inspection d’académie (Ia) de Pikine-Guédiawaye a enregistré, à la dernière session du Cfee, un taux de réussite 56,92% : légèrement au-dessus de la moyenne nationale (56,74%). Entre les sessions de 2016 et de 2017, les écarts sont négatifs dans l’ensemble des Inspections de l’éducation et de la formation (Ief). A la session de la même année du Bfem, l’Ia fait partie du peloton de derrière au niveau national comme en 2016.

Cette année, le taux de réussite (34,59%) a connu une baisse de 10,52 points par rapport au taux national (45,11%). En dehors de Pikine, toutes les Ief ont enregistré des écarts négatifs.

Durant les sessions de 2016 et de 2017, l’Ia a obtenu des taux de réussite assez satisfaisants au baccalauréat technique. Toutefois, il y a lieu de développer des stratégies pour améliorer les performances de l’académie qui ont connu une baisse de 6,85 points.

Au Concours général, l’Ia de Pikine-Guédiawaye s’est distinguée avec 7 premiers prix, 6 deuxièmes prix et 22 accessits. Ce qui porte le total à 35 distinctions. Il faut souligner que le lycée Seydina Limamou Laye s’est le plus illustré avec 21 distinctions (4 premiers prix, 5 deuxièmes prix et 12 accessits). A noter également la percée des établissements privés comme Daroul Imane (1 premier prix, 1 deuxième prix et 2 accessits), Groupe scolaire Educazur (2 accessits) et le groupe scolaire David Diop Mendès (1 accessit). Pour le concours d’entrée au lycée d’excellence de Diourbel, l’Ia a enregistré 17 admis sur les 59 sélectionnés au niveau national, soit un taux de 28,81 %. Le candidat classé 3ème est élève aux cours privés Aïnoumady Excellence de l’Ief de Keur Massar.

S’agissant du concours d’entrée à la Maison d’éducation Mariama Bâ de Gorée, la seule candidate admise vient de l’école Martyrs A de l’Ief de Thiaroye. Concernant le concours d’entrée au Prytanée militaire, l’Ia a enregistré un candidat admis venant de l’école Lgi Mbao de l’Ief de Thiaroye. Au concours de dictée Paul Gérin Lajoie (Pgl), l’Ia a remporté les deux premières places. Les lauréats viennent des écoles Saint-Louis Marie Grignion de l’Ief de Keur Massar et Lgi Mbao de l’Ief de Thiaroye. Quant au concours Sciences, technologies, mathématiques (Stem), la 2ème lauréate est élève en classe de 1ère S au lycée El Hadji Ibrahima Diop de Yeumbeul. L’Inspecteur de l’Ia de Pikine-Guédiawaye, Seyni Wade, a estimé que, globalement, l’académie a enregistré des résultats assez satisfaisants aux examens et concours.

Toutefois, il est convaincu qu’il y a lieu de travailler à l’amélioration des résultats au Bfem (34,59 %) où les scores sont en deçà du taux national (45,11%). « Le respect des engagements, déclinés dans les Contrats de performance, et l’appui des partenaires combinés aux efforts des divers acteurs pourraient aider à améliorer les résultats de l’académie », a soutenu M. Wade.

Abdou DIOP

Les exploitants forestiers de Kolda demandent au président Macky Sall de surseoir à la suspension des autorisations de coupe de bois prise suite à la tuerie de Boffa.

Les exploitants forestiers de la région de Kolda affiliés à l’Union nationale des coopératives des exploitants forestiers du Sénégal (Uncefs) saluent la décision du président de la République, Macky Sall, de suspendre les autorisations de coupe de bois suite aux douloureux évènements survenus récemment dans la région de Ziguinchor. Ils se sont réunis, mercredi, à Kolda, pour se prononcer sur cette décision qui vise à préserver les derniers massifs forestiers du Sénégal fortement menacés par l’exploitation abusive du bois. A cette occasion, ils ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes de cette tuerie qui a coûté la vie à 14 de nos compatriotes. Poursuivant la réunion, ils ont demandé au chef de l’Etat de renforcer le contrôle de l’exploitation de nos ressources naturelles pour mettre un terme au pillage de nos forêts et se sont dit prêts à l’accompagner dans ce sens. Toutefois, les exploitants forestiers ont estimé que l’application de cette mesure aura des conséquences désastreuses sur leurs activités dans la mesure où ils doivent de l’argent aux institutions financières locales qu’ils doivent absolument rembourser. Ils ont également des employés sénégalais à payer et des familles à nourrir en tant qu’employeurs et pères de famille.

Au regard de toutes ces considérations, ils ont sollicité la compréhension du chef de l’Etat et lui ont demandé de surseoir à cette mesure. « Nous demandons au président de la République d’avoir le sentiment que c’est des Sénégalais qui risquent d’être privés de leur pain. Nous avons emprunté de l’argent au niveau des banques que nous avons investi dans l’exploitation du bois. Si nous ne parvenons pas à finaliser cela, c’est un sérieux problème. Nous demandons au président de la République de renforcer les moyens de surveillance de la forêt, mais aussi de ré-autoriser l’exploitation forestière dans les meilleurs délais », a déclaré Mamadou Salif Mballo, secrétaire national des exploitants forestiers du Sénégal, parlant au nom du président de l’Uncefs, Abdoulaye Sow.

Les exploitants forestiers ont été pris de court par la mesure de suspension des autorisations d’exploitation de la forêt qui doit, en principe, entrer en vigueur le 15 février prochain, si l’on en croit M. Mballo.

Mamadou Aliou DIALLO

« Les stratégies mises en œuvre au Sénégal depuis plusieurs années ont connu un niveau de saturation faisant qu’on ne pouvait pas aller au-delà », déclare le Dr Oumar Sarr, directeur de la Santé de la mère et de l’enfant au ministère de la Santé et de l’Action sociale. Cet élément justifie, entre autres, les raisons du ralentissement des progrès en planification enregistrés ces dernières années.

Le Sénégal fait désormais partie du lot des pays ralentissant les progrès en planification familiale en Afrique de l’Ouest francophone. Pourtant, il avait attiré tous les regards lors de la première phase d’exécution (2011-2015) du Partenariat de Ouagadougou. Un mouvement lancé en 2011 pour permettre aux femmes qui le désirent d’accéder librement aux services et méthodes de contraception dans les neuf pays francophones de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo). Surtout que ces derniers affichent les prévalences contraceptives les plus basses dans le monde. En effet, entre 2012 et 2014, le Sénégal a enregistré successivement des gains de 4 points. Le taux de prévalence est ainsi passé de 12 % à 20 % durant cette période. Cette performance exceptionnelle lui a valu son statut de leader parmi les Etats ouest-africains qui tentent de faire en sorte que chaque femme puisse accéder, sans contrainte aucune, et de façon volontaire, à la planification familiale.

Malheureusement, le Sénégal n’a pas pu atteindre, les années suivantes, les objectifs qui lui sont assignés dans le cadre du Partenariat de Ouagadougou. Surtout en 2016 et 2017 où des gaps importants ont été enregistrés. A titre illustratif, un écart de 10.645 femmes à enrôler dans les programmes de planification familiale a été noté en 2016. Car sur un objectif de 43.412 nouvelles femmes à recruter, il n’a réussi à en avoir que 32.767. L’année 2017 n’a pas été meilleure, le Sénégal n’étant pas en mesure de toucher les 86.800 femmes à intégrer dans les programmes de planification familiale. Avec 75.377 nouvelles femmes additionnelles recrutées, il lui manque un effectif de 11.423 femmes.

Alors, au moment où il est demandé aux pays du Po d’accélérer les progrès afin d’atteindre les objectifs fixés en 2020 et consistant à enrôler, dans les neuf Etats concernés, 2,2 millions de nouvelles femmes additionnelles, pourquoi un ralentissement au Sénégal ? « Cette baisse peut s’expliquer à plusieurs niveaux », avance le Dr Oumar Sarr, directeur de la Santé de la mère et de l’enfant au ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Saturation
Interrogé à Conakry, lors de la 6ème Réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (12-14 décembre 2017), il a d’abord évoqué le contexte du Sénégal qui était en train d’élaborer son deuxième Plan d’actions national de planification familiale. « Cela a mobilisé toutes les énergies, faisant qu’au niveau opérationnel les choses ne se sont pas déroulées comme souhaité », explique le Dr Sarr, admettant que la deuxième raison pouvant justifier cette contre performance vient du fait que « les stratégies mises en œuvre depuis plusieurs années ont connu un niveau de saturation faisant qu’on ne pouvait pas aller au-delà ».

Le même constat est fait par Safiétou Diop Fall, du Réseau « Siggil Jigèen » et présidente de la Coalition des Organisations de la société civile pour la planification familiale (Osc/Pf) au Sénégal.

« Il y a une saturation au niveau des localités où l’on avait enregistré les meilleurs résultats », soutient-elle, estimant qu’il faut, aujourd’hui, « aller vers d’autres localités pour recruter de nouvelles femmes ».

Par Maïmouna GUEYE

AMELIORATION DE L’OFFRE DE SERVICES : LA SEGMENTATION DE LA DEMANDE, LA GÉNÉRALISATION DE LA PFPP ET DE L’AUTO-INJECTION POUR ACCÉLÉRER EN 2018
Dr Oumar SarrL’élargissement de la gamme d’offre de services de planification familiale sera au cœur des stratégies pour combler les écarts notés au Sénégal. Dans ce cadre, il sera élaboré un « plan de communication adapté qui cadre avec la segmentation », soutient le Dr Oumar Sarr, parlant ainsi de l’identification des femmes qui veulent espacer et de celles qui veulent arrêter pour des messages plus adaptés.

« Nous allons le dérouler en 2018 pour combler les retards constatés en 2016 et 2017 », indique le directeur de la Santé de la mère et de l’enfant. Le Dr Oumar Sarr pense particulièrement à l’élargissement de la gamme d’offre de services de planification familiale. « Nous allons aussi susciter la demande », informe-t-il, soulignant qu’un « plan de communication adapté qui cadre avec la segmentation sera élaboré » à cet effet. Selon lui, une telle stratégie va consister « à voir, du point de vue de la demande, quelles sont les femmes qui veulent espacer et celles qui veulent arrêter. Cela permettra à chacune de ces cibles de pouvoir comprendre le message qui lui sera adressé », argumente le Dr Sarr.

Poursuivant, il avance que les jeunes filles mariées ou non seront aussi dans la segmentation de la cible. « Il nous faut leur parler et leur faire des propositions en phase avec leur situation », ajoute le directeur de la Santé de la mère et de l’enfant qui informe qu’un accent particulier sera aussi mis sur l’approche multisectorielle. « Nous allons aussi travailler avec les secteurs ministériels : jeunesse, éducation, femme, famille… C’est une collaboration qu’il faut améliorer et nous allons nous y mettre avec les points focaux pour toucher les cibles spécifiques », étaye-t-il.

Estimant que l’objectif final sera mesuré en 2020, le Dr Sarr indique qu’ils sont dans cette dynamique. Dans ce cadre, il souligne : « Nous allons progresser en relançant les activités. C’est ainsi que nous allons introduire, en 2018, de nouvelles stratégies, notamment la Planification familiale post-partum (Pfpp) que nous allons généraliser. Il y aura aussi l’auto-injection chez les femmes avec le Sayanapress ». Ce dernier est une méthode de contraception que les femmes peuvent, elles-mêmes, appliquer si on leur montre comment se fait l’injection.

Pour Safiétou Diop, du Réseau « Siggil Jigèen », « les outils nécessaires » et la « volonté » pour aller très vite dans cette phase d’accélération sont bien présents au Sénégal. Pour cette raison, il estime que 2018 sera une année d’accélération. « Nous allons mettre en place une feuille de route sur les actions à cibler dans le Cadre stratégique de planification familiale. Nous allons aussi mettre toutes les ressources humaines et financières pour pouvoir accélérer », annonce-t-elle.

FIN DE CERTAINS PROJETS
Parmi les raisons pouvant justifier la baisse de performance au Sénégal, le Dr Oumar Sarr ajoute « la fin de certains projets » dont le programme Santé de l’Usaid et le projet Issu (Initiatives sénégalaises de santé urbaine). De ce fait, des actions d’envergure n’ont pas pu être menées, relève-t-il. Entre autres raisons évoquées par Safiétou Diop, du Réseau « Siggil Jigèen », l’entrée du Sénégal dans le Global financing facilities (Gff) ou Mécanisme mondial de financement de la santé. « Nous devions préparer notre candidature ; ce qui nous a pris beaucoup de temps. Cela a d’ailleurs ralenti les progrès au niveau national », confie la présidente des Osc/Pf du Sénégal et vice-présidente de la Coalition régionale des Osc/Pf. Mme Diop cite aussi « l’élan de révision des textes ». Notamment entre 2016 et 2017, période qu’elle considère également comme « une année d’élaboration de documents sur la santé de la reproduction ». Safiétou Diop fait notamment allusion au plaidoyer pour la signature du décret d’application de la loi sur la santé de la reproduction votée en 2005 au Sénégal et à la revue du Plan d’action national budgétisé (Panb) de planification familiale.

UN OUTIL DE SUIVI ET DE CONTRÔLE CITOYEN À METTRE EN PLACE
Au-delà de l’accompagnement des collectivités locales et des entreprises, la présidente de la Coalition des Osc/Pf au Sénégal estime que la société civile doit se doter « d’un outil de suivi et de contrôle citoyen des engagements de l’Etat sur la Srpf (Santé de la reproduction et la planification familiale ». Safiétou Diop est d’avis que cela va aussi concerner les partenaires qui doivent, comme les pays, respecter les engagements pris. « J’estime que le contrôle ne doit pas seulement concerner les Etats. Toutes les parties prenantes doivent être suivies », avance-t-elle, invitant également « la société civile à s’auto-évaluer », « à se remettre en cause en cas de besoin et à se remettre au travail ». Mme Diop est, en effet, convaincue « qu’il faut que chaque partie prenne ses responsabilités ».

APPUI DES OSC/PF : PLUS DE 100 MAIRES SE SONT ENGAGÉS À FINANCER LA PLANIFICATION FAMILIALE
Pour atteindre les objectifs fixés en 2020 dans le cadre du Partenariat de Ouagadougou, l’Etat du Sénégal collabore aussi avec les Organisations de la société civile actives dans la promotion de la planification familiale. C’est ainsi que la société civile, révèle Safiétou Diop Fall, du Réseau « Siggil Jigèen », « de retour du Sommet Londres sur la planification familiale de 2017, a mis en place des stratégies pour accompagner l’Etat ». Dans ce cadre, un plaidoyer est en train d’être mené pour la mobilisation d’un financement local. « Plus de 100 maires se sont engagés à financer la planification familiale par l’organisation de consultations foraines. Ce financement direct nous a permis de disposer de plus de 90 millions de FCfa et d’enrôler plus de 1000 femmes dans la planification familiale de 2015 à nos jours », confie la présidente de la Coalition des Osc sénégalaises pour la planification familiale.

Elle précise aussi qu’un plan de mobilisation des ressources locales est élaboré pour toutes les localités. Il est déroulé à Dakar, Saint-Louis, Fatick, Diourbel et Kaolack. « Nous allons l’étendre vers les autres régions. Ces premières régions sont ciblées pour prendre en compte des actions stratégiques. Nous allons continuer à planifier la prise en charge des régions jusqu’à leur intégralité », explique Mme Diop. Selon, ils envisagent également « d’enrôler le secteur privé dans le financement de la planification familiale en ciblant des entreprises pour les emmener à assumer leur mission de Responsabilité sociétale ». Et à l’en croire, ce travail a déjà commencé avec l’entreprise Grande côte opération, qui exporte du zircon dans la région de Thiès, mais aussi avec la Sonatel à Mbour.

Par Maïmouna GUEYE

L’ingénieur Abdoul Khadre Diallo a rendu possible l’initiation à Internet, y compris en mode hors-connexion, grâce à une application qu’il a mise au point. L’usager peut, à l’heure de son choix et à son lieu de convenance, apprendre l’informatique. Cette innovation a été récompensée au concours « eGovLab ».

Le directeur de la startup Volkeno, Abdoul Khadre Diallo, a introduit une grande innovation dans l’initiation des jeunes aux technologies de l’information et de la communication (Tic). Ce Sénégalais, diplômé des prestigieuses écoles françaises, est l’auteur d’une application permettant d’enseigner l’informatique, y compris dans des zones hors connexion. « Nous avons développé un outil dénommé « Andu » qui permet aux gens d’apprendre les technologies sans Internet. Par technologies, nous faisons référence à la programmation web et mobile, au marketing digital et design graphique », a-t-il expliqué.

L’outil est un support d’auto-apprentissage. Les vidéos et les services, ainsi que les Questions à choix multiples (Qcm) créent un espace d’interaction. L’avantage est que ceux qui le désirent peuvent apprendre selon l’heure de convenance et à n’importe quel lieu. « Avec le logiciel « Andu », vous avez accès à des contenus de formation sous forme de vidéos, d’exercices et de Qcm qui vous permettent d’apprendre de façon autonome et sans dépendre de l’Internet. Si vous voulez mettre à jour les contenus, vous avez deux options : utiliser Internet ou notre box wifi dénommée «Andu Box» qui fonctionne comme un modem wifi, mais hors-ligne », a révélé Abdoul Khadre Diallo.

L’auteur est formel : les tests ont produit les résultats attendus. Les membres du jury interprètent cette application comme une avancée remarquable dans la réduction de la fracture numérique. Dans des pays où l’accès à Internet reste localisé dans certaines zones et réservé à des ménages aisés, « Andu » vient lever une contrainte à une initiation de masse. « Oui, il est possible de former des personnes qui sont dans des zones où il n’y a pas l’internet. En y déployant des « Box Andu », les gens auront la possibilité, via une application mobile ou une application sur ordinateur, de télécharger des contenus issus de la box », a défendu l’ingénieur.

Pour lui, c’est par l’appropriation des opportunités offertes par les nouvelles technologies que des pays comme les nôtres peuvent rattraper leur retard et donner aux jeunes la chance d’une insertion socioprofessionnelle ou de création d’emplois. « Dans le monde d’aujourd’hui (Afrique, Europe, Amérique, Asie), la technologie est en train de prendre une ampleur jamais vue. Cela amène des problèmes et donc, des opportunités sont souvent saisies par des startups technologiques. Et l’une de leurs caractéristiques réside dans le fait d’avoir besoin de développeurs, d’infographistes ou encore de personnes qualifiées en communication et marketing en ligne. Par exemple, en France, il y a un manque de plus de 40.000 développeurs », a fait savoir ce Sénégalais qui a eu son baccalauréat S1 au Sénégal en 2008 avant de s’envoler pour la France, précisément à l’Université de Compiègne, où il est diplômé dans la filière Génie informatique.

« Je me suis spécialisé dans la conception et la réalisation d’applications mobiles. Et j’ai travaillé dans une startup parisienne pendant six mois en tant que Lead developer mobile (Android & iOS) », a détaillé Abdoul Kadre Diallo.

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) classe cette startup dans la catégorie des innovations capables de moderniser l’administration sénégalaise. C’est pour cette raison que l’équipe a reçu le deuxième Prix au concours eGovLab-Challenge.

« Les jeunes ont bien compris qu’ils doivent s’impliquer dans la mise en œuvre du Pse. Les projets présentés durant ce concours apportent tous des solutions à des problématiques des secteurs porteurs du Plan Sénégal émergent (Pse) », a noté le directeur général de l’Adie, Cheikh Bakhoum.

Idrissa SANE

Happy coders academy (Hca) a été lancée le 26 janvier 2018 à Dakar. Cette école vise à booster l’intelligence des enfants.

L’école de « coding » et de robotique permet aux enfants de 4 à 15 ans de découvrir, puis de maîtriser le langage et les outils du digital. Mieux, ce système est un moyen pour booster l’intelligence de l’enfant qui, à travers cet apprentissage, comprend les appareils de son environnement. « Nous préparons votre enfant à comprendre le langage du futur », a précisé Alioune Guèye, directeur général de Happy coders academy (Hca), invitant à une réinvention de la pédagogie des enfants.

Selon lui, cette académie veut contribuer à l’évolution de l’écosystème du numérique dans le but de pousser les enfants à apprendre autrement. Dès lors, ces derniers seront habilités à travailler en groupe. « A l’école, ils réfléchiront différemment. Le « coding » est une autre grammaire de la scolarité », a ajouté M. Guèye. A l’en croire, les pensionnaires seront d’abord scolarisés dans le système normal (français, américain ou autre) et les mercredis, samedis après-midi ou les dimanches, ils viendront suivre une heure de cours par semaine. « C’est une activité parascolaire.

L’enfant apprend en s’amusant, car nous allons « didactiser » le contenu », a-t-il. Alioune Guèye à pour ambition de s’étendre sur le territoire sénégalais. « Nous devons occuper notre jeunesse. Il faut qu’on arrive à monétiser nos valeurs culturelles et savoir-faire », a-t-il laisser entendre, estimant d’ailleurs que les médias du futur sont sans conteste le numérique. « Ainsi, nous devons nous y conformer, si l’on veut être entendu. Cet établissement, une première au Sénégal, peut accueillir jusqu’à 150 enfants en permanence chaque année, car les sessions sont calées sur 6 à 8 enfants afin de pouvoir respecter l’encadrement qu’il faut. Et il faut un trimestre pour maitriser le processus d’initiation », a expliqué le Dg de Hca.

Abordant les frais de scolarité, le Pdg du Groupe Afrique challenge a signalé que chaque enfant paie en moyenne 30.000 FCfa par an. Des cours spéciaux seront aussi organisés durant les vacances.

Serigne Mansour Sy CISSE

Dans la dynamique de la Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme), la 8ème édition de l’It Forum s’est tenue à l’Institut français de Dakar. Lors de cette activité, plusieurs applications technologiques au service de l’école ont été présentées.

Dans le cadre du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme), la 8ème édition de l’It Forum, organisée à l’Institut français de Dakar, a rassemblé plusieurs spécialistes de l’éducation et des Tic. Compte tenu du fait que 94 millions d’enfants africains sont hors du système éducatif, les participants aux panels sont convaincus qu’avec la technologie on pourrait réduire ce nombre.

Gael Le Dréau, délégué international du réseau Canopé qui produit des ouvrages pédagogiques et du contenu audio pour l’enseignement, a indiqué que leur structure peut aider l’Afrique, car accompagnant aussi les enseignants dans l’utilisation des outils technologiques. A son avis « le numérique doit se transmettre sur la façon de travailler et peut permettre aux enseignants de mieux accomplir leur tâche ».

Pour cela, le directeur de E-éducation d’Orange, Thierry Coilhac, a informé que cette structure va équiper un collègue de Kaolack grâce une boite appelée « Aid 4 free », pour un meilleur accès des enseignants et des élèves au savoir sans une connexion Internet. Ce processus permet la mise en place d’une base de données où il y aura 4.000 vidéos sur des cours de mathématiques, 5.000 livres à télécharger gratuitement, des vidéos éducatives qui peuvent y être ajoutées par les enseignants pour un usage pédagogique, etc. « Cela rend un service immense à des élèves qui n’ont pas les moyens d’accéder à Internet. Cette boite leur permettra d’avoir accès à des milliers de supports pédagogiques », a-t-il soutenu.

Une autre plateforme appelée Youscribe a été aussi présentée lors de ce panel autour du thème : « Ces applications à la conquête de l’école ». Selon le spécialiste Juan Pilot De Cordbion, à l’image de Youtube, il s’agit d’une bibliothèque numérique ouverte à tous « et qui donne le pouvoir de publication et de recherche à chacun, en recueillant les écrits des étudiants, les cours des professeurs, etc. ».

Le tableau numérique du Repta
Pour inclure les enfants qui sont en dehors du système éducatif, le Réseau éducation pour tous en Afrique (Repta) a créé un tableau numérique interactif. Selon l’ancien ministre de l’Education, Mamadou Ndoye, responsable de cet organe panafricain, « le tableau est en relation avec un ordinateur qui a des ressources pédagogiques en sons, en images ou en textes ; ce qui peut permettre à chaque enseignant de pouvoir illustrer ce qu’il est en train de dire ou faire sur le tableau numérique à distance des apprenants. Ces ressources pédagogiques sont au service de l’enseignement de la lecture et de l’écriture en langue africaine d’abord, puis pour l’apprentissage du français à l’oral et à l'écrit ».

M. Ndoye a insisté sur l’importance de commencer par la langue maternelle, car, à son avis, c’est absurde de vouloir apprendre quelque chose qu’on ne connait pas dans une langue qu’on ne connait pas. « C’est évident pour tout le monde, sauf pour nous, Africains ». Poursuivant, il a expliqué que « les expériences montrent que les élèves sont deux ou trois fois mieux performants que les autres quand ils commencent par leur langue maternelle ».

Oumar KANDE

Le ministère de l’Education nationale bat en brèche le sureffectif des salles de classe, une idée véhiculée à travers les réseaux sociaux suite à la visite des Présidents Macky Sall et Emmanuel Macron au collège de Hann Bel-Air. « L’interprétation qui est faite de cette idée est complètement fausse et dénuée de tout fondement. Aussi bien les faits que le contexte de préparation de la visite peuvent l’attester », lit-on dans le communiqué parvenu à la rédaction. Le ministère renseigne que le collège de Hann Bel-Air a été réhabilité et a bénéficié d’une extension dans le cadre du Projet d’appui au développement de l’enseignement moyen dans la région de Dakar (Adem/Dakar). Outre Hann Bel-air, seize collèges ont été réhabilités grâce à ce projet. Idem pour la réhabilitation et l’extension de 9 autres existants ainsi que la construction de huit nouveaux établissements. « Ces nouvelles constructions et ces extensions ont justement pour finalité de faire baisser le nombre moyen d’élèves par classe dans les établissements scolaires et zones concernés », informent les rédacteurs du communiqué.

Pour le ministère de l’Education, l’augmentation de la capacité d’accueil aura forcément pour effet la réduction du nombre d’élèves par salle de classe. « Il est donc normal et compréhensible que le collège de Hann Bel-Air, qui a vu sa réhabilitation-extension le faire passer de 10 à 30 salles de classe, voit son ratio moyen d’élèves par classe baisser de manière significative. Et il est donc tout aussi normal et compréhensible que cette baisse intervienne au moment de l’inauguration, donc de l’occupation, par les élèves, des nouvelles salles de classe », précise le communiqué.

Idrissa SANE

Les populations du Gandiolais attirent encore l’attention des pouvoirs publics et des partenaires de l’État, sur l’urgence et la nécessité de mobiliser toutes les énergies, en vue d’une protection côtière durable de cette localité du département de Saint-Louis qui, à travers l’avancée de la mer, a subi une forte dégradation de son environnement avec la perte d’espace d’habitat et de zones d’agriculture.

Le député et maire de Ndiébéne Gandiole, Arona Sow, les responsables de l’association pour le développement du Gandiolais, les éco gardes mobilisés derrière leur président Moussa Niang de Mouit Gandiole et plusieurs autres notables de la commune de Ndiébéne Gandiole, se sont adressés à la presse pour rappeler que la brèche est passée de 4 m de large en 2003, à 7 km en 2017.
Ces Gandiolais ont mis à profit la visite d’Emmanuel Macron à Saint-Louis, pour attirer l’attention des chefs d’État français et sénégalais sur cette situation. Et, du fait même de cette situation, l’île de Doune Baba Dièye, Keur Bernard et des campements touristiques, ont disparu.

Selon l’ancien chef de village de Doune Baba Dièye, cette île est un village de plus de 400 ans, dénommé à l’époque coloniale, l’île de Bocost. Avec une population de 610 habitants, cette île se remarquait par la présence d’une biodiversité qui abritait une flore sahélienne en régénération et une faune très diversifiée (lapins, varans du Nil, tortues sulcate, tortues marines vertes migratrices, singes rouges, oiseaux, etc.).

L’écosystème de ce milieu, qui était fortement marqué par la sécheresse des années 80, avec une végétation fortement dégradée, surtout son tapis herbacé et sa population de mangrove, a subi, au fil du temps, une forte perturbation du fait des phénomènes de changement climatique avec la montée des eaux de mer.

A en croire le président de l’association des éco gardes du Gandiolais, ce village a toujours vécu grâce à l’élevage, l’agriculture et la pêche. L’agriculture et l’élevage se pratiquaient sur une bande de terre de 34 kms appelée “Langue de Barbarie”, qui relie l’hydrobase de Saint-Louis à l’embouchure du fleuve Sénégal. Cette bande de terre cultivable comprenait 144 jardins pour les 610 habitants de ce village. Dans ces périmètres, des cultures maraîchères de rue qui rapportaient des revenus substantiels par an aux habitants, y étaient pratiquées. Grâce à un tapis herbacé présent toute l’année et des points d’eau douce, l’élevage était aussi pratiqué.

La pêche maritime et la pêche continentale (fluviale), a-t-il enfin rappelé, permettaient aussi aux populations de survivre et d’exploiter une ressource crevettière abondante. Cette activité constitue, à elle seule, une source de revenus substantiels car pratiquée par tous les foyers du village. Jadis riche et prospère, le village de Doune Baba Dièye a disparu et ses habitants ont été finalement relogés à Diel-Mbam.

Mbagnick Karachi DIAGNE et Amadou Maguette NDAW

Selon certains experts du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui ont accompagné, samedi dernier, cette forte délégation des présidents Sall et Macron, la Langue de Barbarie est un écosystème fragilisé par les effets des changements climatiques.

C’est une bande de terre variant entre 20 à 400 mètres de largeur. Elle compte 50.000 habitants et enregistre la densité la plus élevée de la région de Saint-Louis (300 habitants au km2). Déjà menacée entre 1927 et 1930, un mur a été érigé pour protéger les populations contre les phénomènes d’érosion côtière. Avec l’ouverture de la brèche en 2003, combinée au rehaussement du niveau de la mer et à l’agressivité des houles, l’érosion côtière est devenue intense et s’est traduite par des effondrements des habitations le long de la Langue de Barbarie. Ces experts ont laissé entendre que des travaux d’urgence et de grande envergure sont en cours. Ils sont exécutés par le Groupe Eiffage/Sénégal. Il s’agit de la réalisation de la digue de 4 kms sur le littoral entre Guet-Ndar et Gokhou-Mbathie, constituée de trois éléments : les geobags, les gabions et les matelas Reno, de la stabilisation de l’ouvrage par des contreforts en gabions.
Le coût global des travaux est évalué à 4 milliards de FCfa. Ce projet est financé par l’État du Sénégal.

D’autres travaux permettront une meilleure protection de la zone de Guet-Ndar. L’objectif majeur est de protéger les populations de cette partie de la Langue de Barbarie contre l’érosion côtière et l’avancée de la mer. Ces travaux permettront de réaliser une digue frontale et d’aménager une zone d’accès. Ils coûteront globalement 16,5 millions d’euros et seront financés par la France.

Mbagnick Karachi DIAGNE et Amadou Maguette NDAW

L’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn) a conduit les opérations techniques de mise en eau et de renforcement des capacités des acteurs pour le retrait de la réserve du Ndiaël sur la liste des sites en danger. Le deuxième site de station des oiseaux retrouvera ses fonctions. 

Les zones humides sont d’une importance capitale pour la préservation et la conservation de la biodiversité. La restauration de la réserve d’avifaune du Ndiaël, dans le cadre du Projet de restauration des fonctions écologiques et économiques du Lac de Guiers (Prefelag), mis en œuvre par l’Office des lacs et cours d’eau (Olac), répond à un besoin de sauver des écosystèmes d’une zone humide. « Les opérations techniques de remise en eau, de renforcement des capacités des acteurs et d’amélioration de la gouvernance du site, en vue de son retrait du registre de Montreux, ont été confiées à l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn) », indique un communiqué parvenu à la rédaction.

Ce projet, financé par la Banque africaine de développement (Bad) et le Fonds pour l’environnement mondial, a revitalisé les voies d’eau et les écosystèmes. Les rédacteurs du document rappellent que, depuis 50 ans, la réserve du Ndiaël a été coupée de ses sources d’alimentation d’eau naturelle et se trouve ainsi partiellement asséchée. Elle figurait sur le registre de Montreux des sites d’importance internationale en danger. « Il s’agit donc d’un site qui était considéré d’une importance comparable à celle du Parc national des oiseaux du Djoudj, dans le Delta du fleuve Sénégal. Le parc du Djoudj accueille l’essentiel des oiseaux d’eau utilisant le Delta du fleuve pour y séjourner le temps de l’hiver européen. La remise en eau de la cuvette du Ndiaël va permettre de disposer d’un deuxième grand site de stationnement des oiseaux », indique le communiqué.

La réserve sera alimentée à partir de Yeti Yone, un chenal qui connecte la cuvette du Ndiaël au Lac de Guiers. « Le Yeti Yone ne pouvait plus remplir convenablement son rôle d’alimentation de la cuvette du Ndiaël. Aujourd’hui, les travaux de curage du Yeti Yone et de construction/réhabilitation d’ouvrages de prise et de régulation, réalisés par l’Olac, permettent désormais de disposer des ressources en eau suffisantes pour laisser ce bien précieux couler jusqu’à la cuvette du Ndiaël », présentent les défenseurs de l’environnement.

Idrissa SANE

Le projet de dépollution de la Baie de Hann permettra à 500.000 personnes de bénéficier d’un assainissement collectif. Cela, en plus d’augmenter, de manière considérable, l’assiette foncière des localités concernées. Selon le directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), les travaux devraient démarrer au courant de l’année.

En marge de la cérémonie de remise d’équipements sportifs, le 1er février 2018, aux six Asc des localités riveraines de la Baie de Hann, Lansana Gagny Sakho, directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), a indiqué que le projet de dépollution de ladite baie devrait démarrer cette année 2018. « Notre souhait était que les travaux commencent en octobre dernier. Mais, à cause des procédures, le démarrage a dû être retardé », a-t-il expliqué.

Selon lui, la réalisation de ce projet va impacter environ 500.000 personnes qui bénéficieront désormais d’un assainissement collectif ; « ces personnes n’auront plus besoin de vider les fosses septiques. De même, le problème de la santé publique devrait être réglé ». Autre retombée importante, a-t-il ajouté, l’assiette foncière de la baie va augmenter de manière considérable. « Cela permettra de développer d’autres activités en faveur des jeunes qui ne devraient plus se contenter seulement de la pêche », a renchéri M. Sakho, soulignant que la démarche de l’Onas, dans l’accompagnement des Asc de la zone de la Baie de Hann, s’inscrit dans la politique de proximité du Chef de l’Etat.

Il a toutefois souhaité une mutualisation des efforts en vue de mieux appuyer les jeunes de Hann, Mbao, Thiaroye, etc., espérant que d’autres entreprises qui rejettent leurs effluents à la baie se joindront aux initiatives de l’Onas en vue de dépolluer cette plage qui fut l’une des plus belles au monde.

Le Dg de l’Onas n’a pas manqué de rappeler l’importance de la communication dans la mise en œuvre du projet de dépollution de la Baie de Hann. A en croire les différents responsables d’Asc qui se sont exprimés, il n’existe plus de réticences sur le projet. « Aujourd’hui, les populations sont disposées à accompagner l’Onas ; elles se sont appropriées le projet parce qu’elles se sont rendu compte que celui-ci a une haute rentabilité sociale », s’est réjoui Assane Diop. A son avis, l’appui de l’Onas en faveur du mouvement sportif de la localité est déjà un grand pas vers une mise en œuvre réussie du projet.

Leader d’opinion à Yarakh et très connu dans le combat pour la restauration de la Baie de Hann, Mbacké Seck a invité Lansana Gagny Sakho à rendre visite aux notabilités, maires et autorités coutumières et religieuses des localités riveraines pour mieux les sensibiliser sur la portée du projet. Selon lui, le contact physique est important afin d’aplanir les divergences avec les populations. Il a aussi demandé aux responsables sportifs de s’approprier davantage le projet, d’autant plus que l’Onas a une mission de service public. « On ne peut pas continuer à recevoir sans rien donner », a-t-il laissé entendre.

Diégane SARR

Brigitte Macron et Marième Sall ont inauguré, hier, le Centre cardio-pédiatrique Cuomo et la Maison des enfants du Centre hospitalier national universitaire de Fann (Chnu). Les deux infrastructures ont été financées à hauteur de cinq milliards FCfa par la Fondation Cuomo et l’entreprise Engie.

Brigitte Macron, en visite au Sénégal avec son époux, et Marième Sall ont procédé, hier, à l’inauguration du Centre cardio-pédiatrique Cuomo et de la Maison des enfants du Centre hospitalier national universitaire de Fann (Chnu). Les deux Premières dames, accompagnées de fortes délégations, ont visité les installations du premier Centre cardio-pédiatrique de l’Afrique de l’Ouest dédié aux enfants souffrant de maladies du cœur. L’infrastructure a coûté quatre milliards de FCfa entièrement donnés par Maria Helena Cuomo, présidente de la Fondation éponyme.

A côté de ce centre, est érigée la Maison des enfants, fonctionnelle et moderne, d’un coût d’un milliard de FCfa supporté par la société française Engie. Le Pavillon des enfants, mitoyen du Centre Cuomo, garantira le suivi post-opératoire et la convalescence des enfants cardiaques de la sous-région et du Sénégal qui seront opérés au Centre cardio-pédiatrique. Le directeur de la Fondation Cuomo, M. Franceso, a indiqué, lors d’une visite du centre avec la presse, que l’enjeu est maintenant de rendre durable ce centre et faire de telle sorte qu’il soit accessible à l’ensemble de la population, notamment aux enfants d’origine modeste.

Objectif de 500 opérations chirurgicales par an
D’une surface de 2.200 m2, le Centre cardio-pédiatrique Cuomo (Ccpc) est composé d’un plateau technique avec deux salles d’opération et des services de réanimation, d’hospitalisation et de consultation. C’est un modèle de coopération multipartite entre le Chnu Fann, la Fondation Cuomo et la Chaîne de l’espoir.

Depuis le début des activités médicales, en janvier 2017, près de 150 enfants y ont déjà été opérés. Ces interventions ont été dirigées, tour à tour, par des équipes sénégalaises et internationales. Au Sénégal, on estime, aujourd’hui, à plus de 30.000 le nombre d’enfants atteints de cardiopathies graves. Chaque année, entre 800 et 1.000 enfants naissent dans le pays avec une cardiopathie congénitale et, faute de soins spécialisés, 80 % d’entre eux meurent avant l’âge de 5 ans.

Ce premier centre de soins en Afrique de l’Ouest est capable de pratiquer des opérations à cœur ouvert. Le Centre Cuomo ambitionne de pratiquer 500 interventions chirurgicales par an. Centre de diagnostic et de soins qui répond aux normes internationales, il est aussi une structure pédagogique capable de former son propre personnel médical et les médecins des pays avoisinants. D’ailleurs, les médecins du centre ont bénéficié d’une formation au Vietnam avant leur prise de fonction.

Oumar KANDE

Le Centre cardio-pédiatrique Cuomo du Centre hospitalier national universitaire (Chnu) de Fann, qui sera inauguré aujourd’hui, a coûté 4 milliards de FCfa. La construction et l’équipement de ce premier centre du genre, destiné à toute l’Afrique de l’Ouest, sont entièrement supportés par la Fondation Cuomo.

Le Sénégal et le Centre hospitalier national universitaire (Chnu) de Fann vont étrenner, à partir d’aujourd’hui, le premier Centre cardio-pédiatrique destiné aux enfants de l’Afrique de l’Ouest. Ce centre d’excellence a pu voir le jour grâce à l’implication de Maria Helena Cuomo, présidente de la Fondation Cuomo qui a entièrement pris en charge, et de manière gratuite, les frais de construction et d’équipement pour 4 milliards de FCfa. Il dispose de deux salles d’intervention, d’un service de consultation, d’un service de réanimation avec 10 lits, en plus des 8 lits d’hospitalisation.

L’inauguration étant prévue aujourd’hui par les Premières dames du Sénégal et de la France, Marième Faye Sall et Brigitte Macron, les trois partenaires (le Chnu de Fann, la Fondation Cuomo et la Chaîne de l’espoir) ont invité le Pr Gilles Dreyfus, directeur médical du Centre Cardio-thoracique de Monaco, à opérer plusieurs enfants atteints de maladies valvulaires rhumatismales. A la suite de ces opérations, M. Dreyfus a indiqué que ce centre a les meilleurs équipements du moment ; ce qui en fait le premier en Afrique de l’Ouest permettant la chirurgie cardiaque pour les enfants. Opérationnel depuis janvier 2017, près de 150 enfants y ont déjà été opérés grâce aux interventions des équipes sénégalaises et internationales.

A côté du plateau technique, il y a la maison des enfants qui sera aussi inaugurée aujourd’hui. D’un coût de plus d’un milliard de FCfa, elle a été construite grâce au financement de l’entreprise française Engie et permettra de loger les enfants venant des pays de la sous-région mais aussi des régions du Sénégal avant leur opération et pendant la convalescence.

La présidente de la Fondation Cuomo, présente au Sénégal, a remercié les responsables de l’hôpital de Fann qui ont permis à sa fondation d’y construire un établissement de grande qualité. Même avis chez le Pr Alain Deloche de la Chaine de l’espoir qui est d’avis que ce centre de référence en Afrique est à reproduire pour le bien-être des enfants. Le Pr Mamadou Ndiaye, chef du Service cardiologie du Chun de Fann, a remercié Maria Helena Cuomo pour ce centre, car, selon lui, « la cardio-pédiatrie est orpheline et les enfants en souffrent ».

Au Sénégal, on estime à 30.000 le nombre d’enfants atteints de cardiopathie grave. Chaque année, entre 800 et 100 enfants naissent dans le pays avec une cardiopathie congénitale. Et faute de soins spécialisés, 80 % d’entre eux meurent avant l’âge de 5 ans.

Oumar KANDE

L’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (Alma), dont l’objectif est de mettre fin à cette maladie en 2030, a récompensé, à Addis-Abeba, les six pays qui ont enregistré les meilleurs résultats.

L’Alma a récompensé, lors du 30e Sommet de l’Union africaine, les six pays africains qui ont enregistré de bons résultats dans la lutte contre le paludisme. Il s’agit de l’Algérie, des Comores, de Madagascar, de la Gambie, du Sénégal et du Zimbabwe. Selon un communiqué parvenu à la rédaction, ces Etats ont enregistré de fortes baisses des cas de paludisme. Ils se sont aussi distingués par leur leadership exemplaire dans la réduction des cas de paludisme, même si le progrès mondial et régional risque de perdre son élan.

Le document a souligné que les Prix d’excellence Alma 2018 ont été remis aux Chefs d’État de Madagascar, de la Gambie, du Sénégal et du Zimbabwe, des pays où le paludisme n’est plus l’une des premières causes de consultations. Le Président Macky Sall a, à ce titre, reçu le trophée décerné au Sénégal.

Par contre, le communiqué a relevé que, « même si les décès dus au paludisme ont chuté de plus de 60 % depuis 2000, le nombre de cas de paludisme a augmenté dans beaucoup de pays africains en 2016. Pour cette raison, « les progrès accomplis ces dernières années risquent de stagner », a-t-on averti, invitant à renforcer les efforts pour mieux « contrôler la maladie ». Mieux, « il est temps de consacrer des ressources aux programmes de lutte contre le paludisme », a déclaré le Premier ministre du Royaume du Swaziland, Dr Barnabas Sibusiso Dlamini.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a invité les Etats et les partenaires à accorder plus de financements à la lutte contre le paludisme. Les intervenants à la cérémonie de remise des prix ont exhorté les pays africains à « faire du financement de la lutte contre le paludisme une priorité en s’assurant que des outils qui sauvent des vies, tels que des médicaments, des moustiquaires imprégnées et des campagnes de pulvérisation, sont à la portée des familles ». Ils ont également demandé que l’on investisse dans la surveillance de cette maladie en renforçant des systèmes de santé. Pour le secrétaire général de l’Alma, Joy Phumaphi, « il faut faire ce travail de manière intelligente pour avoir une longueur d’avance sur les moustiques et le parasite responsable du paludisme ».

Eugène KALY

Pour aider le Sénégal à mieux adopter le mécanisme de financement de la santé mondiale dit Gff (Global financing facility), une plateforme de la société civile a été mise en place. Cette dernière, dirigée par Safiétou Diop, du Réseau « Siggil Jiggèn », veut aider le Sénégal dans la préparation des dossiers d’accès au financement.

Il a été mis en place, le 30 janvier 2018, la gouvernance de la société civile dans le cadre du « Global financing facility » (Gff), nouveau mécanisme de financement mondial de la santé que les pays devront respecter pour bénéficier des fonds à partir de 2030. Lors de cet atelier, les organisations de la société civile, intervenant dans le secteur de la santé, se sont regroupées pour voir comment élaborer leur cahier des charges pour apporter leur contribution à l’Etat du Sénégal.

Safiétou Diop, présidente du Réseau « Siggil Jiggèn », a été portée à la tête de cette plateforme. Revenant sur l’importance de cette initiative, elle a rappelé que le Sénégal vient de rentrer dans le processus du Gff comme pays enrôlé. « Le Gff est le mécanisme de financement de la santé que les Partenaires techniques et financiers ont mis en place depuis 2015 pour le financement de la santé sur le plan mondial. Ce mécanisme veut que les pays soient candidats pour recevoir le financement et continuer à travailler. A partir de 2030, le financement de la santé à l’échelle mondiale sera assujetti à ce mécanisme de Gff », a expliqué Mme Diop, soulignant que, depuis lors, la société civile sénégalaise s’est organisée pour préparer l’entrée dans ce mécanisme et pour l’élaboration des dossiers d’investissement que notre pays doit déposer sur la table de la Banque mondiale.

Selon elle, les Etats ont une responsabilité pour l’élaboration de la politique de santé, mais la société civile a un devoir d’appui, de contrôle et de veille. « Ce mécanisme de financement, qui vient d’être adopté sur le plan mondial, veut qu’il y ait, dans chaque pays, une société civile organisée qui puisse prendre ses responsabilités à côté de l’Etat, pour que les engagements pris soient respectés. C’est dans ce sens que nous avons débuté le processus d’organisation et de mobilisation de la société civile sénégalaise », a affirmé la présidente de la plateforme. Doudou Sonko, du ministère de la Santé et de l’Action sociale, a bien apprécié cette initiative de la société civile sénégalaise. Pour lui, les interventions des Ong permettent au ministère de la Santé de mieux définir sa stratégie. Même constat chez Arame Ndiaye, représentante du directeur de la Santé de la reproduction, qui a estimé que ce nouveau mécanisme de financement du Gff est une opportunité pour le Sénégal dans le cadre de l’amélioration de sa politique de santé. Pour elle, ces acteurs de la société civile contribueront à la facilitation de l’accès au financement pour le Sénégal.

O. KANDE

L’Agence française de développement (Afd) veut être l’Agent partenaire du Sénégal pour se voir déléguer la gestion des fonds à lever au niveau de la troisième rencontre internationale de financement du Partenariat mondial pour l’éducation. L’Afd, qui fête, cette année, ses 75 ans, a actuellement, au Sénégal, un portefeuille de projets de 64 millions d’euros (plus de 40 milliards de FCfa) dans le domaine de l’éducation.

Rencontre phare de ce début d’année 2018 au Sénégal, la troisième Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme) a pour but de mobiliser 3,1 milliards de dollars, soit plus de 1.550 milliards de FCfa. Cette enveloppe financière permettra de prendre en charge les besoins de l’éducation mondiale de 2018 à 2020. Chaque pays bénéficiaire d’une partie de cet argent, qu’il devra investir dans ses politiques publiques, sera accompagné par une agence ou un partenaire technique.

L’Agence française de développement (Afd) veut ainsi être l’Agent partenaire du Sénégal pour se voir déléguer la gestion des fonds à lever au niveau de la troisième rencontre internationale de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme) prévue le 2 février prochain à Diamniadio, en présence des présidents Macky Sall et Emmanuel Macron. « Une fois les fonds levés, c’est le pays qui choisit le partenaire technique et financier avec lequel il compte travailler », a assuré Marie-Pierre Nicollet, directrice Transition démographique et sociale de l’Afd.

Après, c’est tout un processus de validation de ce choix au niveau du Pme ainsi que des autres partenaires. « Comme nous avons accompagné le Sénégal auparavant à lever des fonds au niveau du Pme et à en gérer une partie, nous sommes aussi candidat cette fois-ci », a-t-elle réitéré.

Bras technique de la coopération française, l’Afd intervient au Sénégal depuis une dizaine d’années dans l’éducation. Ainsi, en marge de l’organisation de cette troisième Conférence mondiale du Pme, la directrice de l’Afd au Sénégal, Laurence Hart, en compagnie de Marie-Pierre Nicollet, a tenu à faire une rencontre de partage sur leurs activités au Sénégal. C’est tout le long du continuum de l’éducation, du préscolaire à l’enseignement supérieur en passant par l’éducation de base et la formation professionnelle, que l’Afd apporte son soutien.

Parmi les projets phares soutenus au Sénégal dans le domaine de l’éducation, il y a le programme Appui à l’enseignement moyen (Adem). Un programme de construction et de réhabilitation de 17 Collèges d’enseignement moyen (Cem) à Dakar et dans sa banlieue. « Un programme qui sera arrimé à la nouvelle orientation vers les sciences et techniques voulue par le ministère de l’Education nationale », selon son coordonnateur, Pape Sène.

A côté de l’Adem, il y a le Programme d’appui à l’éducation de base en Casamance (Paebca). Il vise, selon son coordonnateur, à résorber le taux des abris provisoires dans les régions de Sédhiou et de Ziguinchor, ainsi que le renforcement des compétences techniques du personnel enseignant de cette zone.

Oumar NDIAYE

...LA SOCIÉTÉ CIVILE POUR UNE AUGMENTATION DES RESSOURCES DOMESTIQUES
La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), la Campagne mondiale pour l’éducation (Gce) et le Réseau africain de campagne pour l’éducation pour tous (Ancefa) préparent activement la 3ème Conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme). Ces organisations ont tenu, hier, la Journée internationale de la société civile pour affiner une position commune sur l’orientation du financement dans le secteur de l’éducation.

Selon le coordonnateur national de la Cosydep, Cheikh Mbow, certains Etats ont fait des efforts importants dans le domaine de l’éducation. « Mais, nous estimons qu’ils peuvent mieux faire, s’ils veulent faire de l’éducation une réalité », a-t-il indiqué, demandant aussi aux bailleurs de respecter leurs engagements.

« De manière générale, nous pensons que la solution la plus durable qui permet de faire de l’éducation une question de souveraineté, c’est d’augmenter les ressources domestiques », a dit M. Mbow. Il a expliqué que certains pays comme le Sénégal injectent des sommes importantes dans l’éducation. « Cependant, il y a des défis à relever, parce que cette enveloppe doit permettre, entre autres, de résoudre les questions des enseignants et de la qualité des enseignements. Ce qui n’est pas souvent le cas », a soutenu le coordonnateur de la Cosydep qui a précisé qu’une chose est d’avoir des financements et une autre de « pouvoir garantir l’orientation équitable de ces ressources dans la perspective de résoudre tous les problèmes qui peuvent plomber la qualité du système éducatif ».

Pour la présidente du Conseil d’administration de la Campagne mondiale pour l’éducation, Monique Fouilhoux, cette rencontre sera une belle opportunité de mettre la pression sur les Etats et les bailleurs de fonds, pour qu’ils financent davantage l’éducation. Elle a assuré que le partenariat aidera les pays qui acceptent de mettre plus de moyens dans le système éducatif mais surtout respectent le critère d’égalité, c’est-à-dire faire en sorte que les filles bénéficient des mêmes enseignements que les garçons.

La présidente de la Campagne mondiale pour l’éducation, Camilla Crojo, a, pour sa part, estimé que la Conférence de reconstitution des ressources du Pme sera un tournant dans le secteur de l’éducation. A l’en croire, c’est une occasion offerte aux acteurs de la société de différents pays du monde de faire le plaidoyer, afin qu’il y ait plus de moyens pour un système éducatif équitable. « Nous allons, dans ce sens, faire en sorte que les décideurs mettent beaucoup plus de ressources dans l’éducation pour permettre à tous les enfants d’étudier dans des conditions adéquates », a-t-elle souligné.

Cheikh Mbow a rappelé que l’Agenda 2030 recommande aux Etats de consacrer entre 15 et 20% de leur budget national à l’éducation.

Eugène KALY

Dans le but de disposer de données sur l’impact de ses interventions, le Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose a lancé, le 29 janvier 2018, l’évaluation prospective pays pour le Sénégal.

Pour une meilleure intervention dans le financement des programmes sanitaires, le Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose a décidé d’évaluer l’impact des projets dans les pays. Le Sénégal est le seul d’Afrique francophone des huit Etats concernés par le projet « Evaluation prospective pays ». Ce dernier repose sur l’utilisation d’une grande variété de données et de méthodes qui vont permettre de générer des données probantes sur l’implémentation, l’efficacité et l’impact des programmes.

Chargé de mener cette étude, Sindy Carlson, du Groupe technique de référence en évaluation (Terg), a soutenu que le Fonds mondial va utiliser cette évaluation pour améliorer les programmes de 2017-2020. Elle dit penser que cette évaluation prospective permettra de donner les bonnes informations au Fonds mondial mais aussi aux décideurs des pays.

Dr Abdoulaye Hann, président de la Coordination nationale du programme, est revenu sur les bons résultats du Sénégal qui est un pays référence en matière d’absorption des fonds de l’institution avec un taux de 96%. Il a toutefois estimé qu’ « il ne faut pas dormir sur nos lauriers », suggérant d'améliorer les performances d’ici à 2020.

Appréciant cette nouvelle méthode d’évaluation, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a confirmé que « le Fonds mondial de lutte contre le Vih, la tuberculose et le paludisme constitue un partenaire de premier rang ».

Pour lui, le choix du Sénégal parmi les huit pays devant tester cette approche traduit la confiance de cette institution aux programmes chargés de mener ces interventions, plus particulièrement aux autorités sénégalaises. « L’évaluation des interventions en santé constitue une priorité pour les autorités sanitaires et permet d’identifier les interventions les plus efficaces mais aussi les facteurs qui entravent ces interventions. L’évaluation ne doit pas être considérée comme une contrainte, mais une opportunité pour améliorer les pratiques », a-t-il laissé entendre. Le ministre a, dès lors, exhorté tous les acteurs de la santé, particulièrement les coordonnateurs de programmes, à se soumettre à cet exercice qui doit être dans nos pratiques.

Poursuivant, Abdoulaye Diouf Sarr a soutenu que, depuis 2003, date de la première subvention, le Fonds mondial a beaucoup accompagné le Sénégal dans sa lutte contre les trois maladies (paludisme, Sida et tuberculose) avec des succès éclatants.

Oumar KANDE

L’ISED CHARGÉ DE L’ÉVALUATION
Pour la mise en œuvre de l’évaluation prospective du Fonds mondial de lutte contre le paludisme, le Sida et la tuberculose, un consortium comprenant des chercheurs de l’Université Johns Hopkins et de l’Ucad a été choisi. Au Sénégal, l’évaluation sera effectuée par l’Institut de santé et de développement (Ised) de l’Ucad. Sa directrice, le Pr Anta Tal Dia, a révélé que l’Ised se chargera de ce travail en toute impartialité, car il est important que l’évaluateur soit indépendant. « Nous sommes à équidistance et les résultats de l’évaluation vont aider aussi bien le Fonds mondial que le ministère de la Santé », a-t-elle expliqué, soulignant que le Service parasitologie de la Faculté de Médecine et le Département de Sociologie seront chargés directement de cette évaluation qui permettra l’amélioration des interventions du Fonds mondial au Sénégal.

O. KANDE

Les syndicats d’enseignants et les médecins de Kolda observent, depuis mardi, une grève pour réclamer le respect des accords signés avec le Gouvernement.

Le système éducatif est paralysé, depuis mardi, à Kolda, par un mouvement de grève décrété par les syndicats d’enseignants. Ils protestent contre ce qu’ils considèrent comme un non-respect des engagements pris par le Gouvernement et la ponction de leurs salaires.

« Dans l’ensemble, le mot d’ordre de grève est bien respecté à l’exception des classes de Cm2 où certains enseignants ont préféré donner les cours. Cela se comprend parce que la grève est une question personnelle », a déclaré Saloum Sonko, responsable du Sels authentique/section Kolda.

Et comme si cela ne suffisait pas, les médecins observent également un mouvement de grève de 72 heures, depuis mardi, pour des motifs similaires. Au centre de santé de Kolda, le mouvement semble bien suivi au grand dam des populations.

Les différents services sont paralysés à l’exception des urgences. Les quelques rares patients rencontrés dans la cour se plaignent des désagréments subis à la suite de ce mouvement de grève et demandent à l’Etat et aux syndicalistes de trouver une solution pour mettre fin à ces perturbations. Au Centre hospitalier régional de Kolda, les patients, venus pour la plupart des zones rurales, subissent également les contrecoups de ce mouvement d’humeur.

« Je suis-là depuis dimanche pour soigner mon enfant qui est gravement malade. Mais jusqu’au moment où je vous parle, nous n’avons pas pu rencontrer le médecin. Nous sommes-là depuis 6 heures. J’ai acheté le ticket, mais on nous dit d’attendre », déclare Bailo Baldé, originaire de Pakour Maoundé, un village situé dans la commune du même nom, dans le département de Vélingara. Il a demandé aux grévistes de penser aux souffrances des malades venus des zones rurales qui n’ont ni tuteur ni parent à Kolda pour les loger.

Les services d’urgence comme la maternité ne sont pas affectés par ce mouvement de grève. Une situation saluée par Aliou Baldé, un originaire de Boki Sinthiang, village situé à une vingtaine de km de Kolda. Il est venu accompagner sa femme en état de grossesse qui a finalement subi une césarienne. « L’opération s’est bien déroulée, mais les médicaments sont extrêmement chers », s’est-il plaint, l’air fatigué et le visage marqué par la faim et le manque de sommeil.

Mamadou Aliou DIALLO

De 13.152 candidats à 1.452 retenus. Après sa première phase, le Programme sénégalais pour l'entrepreneuriat des jeunes (Pse-J) a engagé sa deuxième cohorte avec ce millier de jeunes retenus pour suivre ce programme qui veut s’inscrire dans la réforme « Alignement de l’offre de formation supérieure aux besoins économiques » du Plan Sénégal émergent (Pse).

Ainsi, après la première vague qui a vu des résultats satisfaisants, selon l’administratrice du Pse-J, le Pr Aminata Sall Diallo, ce programme veut jouer sa partition dans la lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes. « La mission fixée au Pse-J est de contribuer à la formation des jeunes sur le plan de l’entreprenariat. Il y a une formation initiale et continue avec un encadrement et accompagnement des jeunes qui suivent le programme. Durant la première vague, nous avons eu des résultats satisfaisants avec 80% de réussite aux examens.

Sur les 99 entreprises qui ont été créées dans la première phase, 66 d’entre elles ont bénéficié d’encadrement avec les mécanismes de financement », a-t-elle expliqué. Mme Diallo a soutenu que, pour la deuxième cohorte, tout comme pour la première, l’accent a été mis sur l’équité territoriale pour que le programme puisse atteindre tout le pays. Ces 1452 étudiants retenus vont suivre 400 heures de formation en entreprenariat. Une formation technique et professionnelle leur sera dispensée ainsi qu’un atccompagnement individuel partant de leurs projets.

Disposant d’une couveuse ou incubateur « aux standards internationaux », selon les mots de l'administratrice, le Pse-J va aussi les encadrer dans la mise en place de leurs entreprises. Le directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Plan Sénégal émergent, Ibrahima Wade, s’est félicité des résultats de ce programme qui, selon lui, pour une première fois, est une initiative répondant à l’alignement de l’offre de formation supérieure aux besoins économiques.

Dernièrement, le Pse-J avait signé une convention avec la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) pour accompagner, en termes de mentorat, les jeunes issus de son programme.

O. NDIAYE

« La situation des jeunes en Afrique n’est pas tout à fait reluisante, même si d’importants progrès sont notés ». Telle est la conviction de Mabingué Ngom, directeur régional de l’Unfpa pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Le directeur régional du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingué Ngom, a prononcé, le 29 janvier 2018, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le discours de la conférence inaugurale du colloque international de la Chaire Unesco éducation et santé (Dakar, 29-30 janvier 2018).

Le thème de cette conférence a porté sur « Les jeunes, la santé et le dividende démographique dans le Sahel ». A cette occasion, Mabingué Ngom a peint un tableau presque sombre de la jeunesse africaine, en particulier les adolescents et jeunes filles. Il a ainsi fourni à un parterre d’universitaires, d’étudiants et d’acteurs de la société civile un certain nombre d’informations sur la situation actuelle des jeunes. Il se dit amer et triste de voir que la majorité des cas de mortalité maternelle frappe des jeunes filles, souvent victimes de grossesses précoces. Lesquelles engendrent des risques de complications.

« A cela s’ajoute la fistule obstétricale qui aboutit à des conséquences sociales et des séquelles terribles. Ces grossesses font souvent suite à un mariage précoce qu’elles n’ont d’ailleurs pas voulu », a précisé M. Ngom. Il a informé que la région africaine a l’un des taux de grossesse chez les adolescentes les plus élevés au monde. « Il est de deux fois supérieur à la moyenne mondiale avec plus d’une fille sur dix âgées de 15 à 19 ans qui donne naissance ». Ces grossesses précoces sont liées à la non maîtrise de l’information des victimes à cause du bas niveau d’éducation en Afrique au Sud du Sahara.

Pour aider les jeunes, en particulier les filles, le Sénégal, avec l’appui de l’Unfpa, a mis en place une ligne appelée « Gindima ». Il s’agit d’une plateforme d’informations gratuites sur la santé sexuelle et reproductive. « Plus de 200.000 appels ont été reçus en une année, preuve que les besoins d’information sont immenses », a soutenu Mabingué Ngom. D’après le conférencier, les évidences montrent que si les jeunes filles bénéficient d’un programme d’éducation complète à la sexualité, elles seront en possession d’une information juste qui leur permettra de réduire les risques.

Eugène KALY

Le directeur régional du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingué Ngom, a annoncé la visite, au Sénégal, de l’envoyée de la jeunesse du secrétaire général de l’Onu, Mme Jayathma Wickramanayake. Elle sera à Dakar dans la semaine et se rendra au quartier Fass qui abrite un projet pilote holistique visant à capturer le dividende démographique à travers l’amélioration des conditions de vie et l’investissement dans les secteurs sociaux, avec une attention particulière pour les femmes et les jeunes.

Selon Mabingué Ngom, ces initiatives prometteuses sont en cours et doivent être soutenues et mises à l’échelle. Après le Sénégal, Mme Wickramanayake se rendra au Nigeria, au Ghana, puis au Togo.

E. KALY

Le Pr Jean Charles Moreau, gynécologue-obstétricien et chef du Service de la clinique gynécologique et obstétricale du Centre hospitalier universitaire (Chu) Aristide Le Dantec a, à maintes reprises, dénoncé la fermeture de la maternité dudit hôpital. Fermée en 2005, cette dernière va bientôt reprendre ses activités. Même s’il n’a pas donné une date exacte de l’inauguration, tout semble fin prêt. Cependant, il dit attendre l’affectation d’un personnel pour le fonctionnement correct de la « Mère des maternités ».

Nous sommes dans les locaux de la maternité de l’hôpital Aristide Le Dantec et nous avons l’impression que tout est fin prêt pour le démarrage des activités. Ou y a-t-il encore des détails à régler ?
Nous sommes effectivement dans la maternité de l’hôpital Aristide Le Dantec. C’est la plus ancienne des maternités du pays. Elle est abritée par l’hôpital Aristide Le Dantec qui vient de souffler ses 105 bougies. Il s’agit également d’une maternité-école d’où sont sortis pas mal de responsables au niveau du continent africain et ailleurs. Comme vous le savez, le Sénégal n’est pas seulement une porte d’entrée géographique, il est aussi une porte d’entrée scientifique pour les meilleures pratiques de la profession de la santé. Je donne l’exemple des implants contraceptifs : ils sont partis de Dakar, en décembre 1986, et cela a fait tache d’huile sur tout le continent. C’est valable pour la technique simplifiée de césarienne avec ses nombreux avantages. Elle a eu aussi pour point de départ le Sénégal, plus particulièrement dans cette maternité de l’hôpital Aristide Le Dantec en décembre 1999. Ladite technique est pratiquée, aujourd’hui, sur tout le continent africain, jusqu’à Madagascar et partout dans le monde.

On voit un imposant bâtiment. Quelle est réellement la capacité d’accueil de cette maternité ?
C’est vrai que c’est une grosse maternité qui vaut trois hôpitaux régionaux en termes de volume d’activités de soins, de nombre de lits et d’équipements haut de gamme. Elle est immense en termes de capacité d’accueil des patients, mais aussi des apprenants, c’est-à-dire des étudiants en Médecine, des élèves-infirmiers et sages-femmes, etc. Cependant, nous avons réduit la capacité en lits parce que la maternité en comptait 121 pour les mères, 35 berceaux et une capacité d’accueil pour 10 couveuses. Elle recevait pratiquement la plupart des prématurés de Dakar, des régions et même des pays de la sous-région. Le nombre de lits a été réduit de moitié pour une meilleure humanisation des soins. Nous voulons accorder plus d’attention à des soins à visage humain, en évitant d’avoir de très grandes salles. Nous avons des salles plus spacieuses avec moins de lits d’hospitalisation, mais avec plus de points d’eau pour des soins de meilleure qualité. Cette maternité assure, aujourd’hui, avec 61 lits de mères, une plus grande diversification de l’offre. Je veux nommer le traitement des cancers du col de l’utérus et du sein. Dans les années 1980 et 1990, c’étaient près de 12.000 accouchements par an. A l’époque, faute de places, des accouchements se déroulaient à même le sol pendant des périodes de pic comme l’hivernage. Nous avons, aujourd’hui, de grosses maternités qui ne demandent qu’à reprendre leurs activités. Il s’agit de celle de l’Institut d’hygiène sociale (Polyclinique) de la Médina, qui est passée d’une capacité d’accueil de 8 à 70 lits avec l’appui de la coopération japonaise, mais le personnel est encore très insuffisant là-bas. Il en est de même de l’hôpital “Dalal Jamm” où il est prévu des services de gynécologie et de pédiatrie, mais il n’y a pas encore suffisamment de personnel. La fermeture et la réhabilitation de cette maternité qui a duré 12 ans nous a permis de mieux contrôler la banlieue dakaroise et de maîtriser l’ensemble du pays.

Aujourd’hui, la césarienne est accessible dans les coins les plus reculés du pays, notamment dans les régions de Tambacounda et de Kédougou. Le nombre de gynécologues-obstétriciens sénégalais dépasse 200, dont malheureusement les 85 % sont à Dakar. Ceci constitue une grosse difficulté, et nous attirons l’attention des autorités, afin que le pays soit entièrement couvert, puisque les populations des régions de Tambacounda, Kédougou et Matam bénéficient des mêmes droits que celles vivant à Dakar. Ce manque de personnel est valable aussi pour cette maternité. Avant sa fermeture et sa réhabilitation, le personnel, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, tournait autour de 160.

Aujourd’hui, nous n’avons même pas la moitié des effectifs. Il y a seulement un anesthésiste-réanimateur affecté à l’hôpital Aristide Le Dantec qui, déjà, avait une pénurie à ce niveau, puisqu’il n’en disposait que de trois, ainsi que de cinq techniciens-supérieurs d’anesthésie. Ce qui est insuffisant aussi bien pour la maternité que pour l’hôpital Aristide Le Dantec parce qu’il s’agit d’un service à Haute intensité de mains d’œuvre (Himo) avec les rotations des équipes qui se font toutes les 12 heures. Il nous faut aujourd’hui suffisamment de personnel.

Cela veut-il dire que les autorités n’ont pas encore affecté du personnel dans cette maternité qui s’apprête à ouvrir ses portes ?
Pour le moment, il n’y a pas un seul infirmier diplômé d’Etat affecté dans notre service où nous avons augmenté le nombre de salles d’opération qui est désormais porté à quatre. Il faut rappeler que l’infrastructure a été reprise et rénovée à l’identique. C’est, pour nous, l’occasion de rendre hommage aux autorités qui se sont engagées à améliorer les choses. L’infrastructure des infrastructures est représentée par le capital humain qui est un passage obligé si l’on veut faire des soins de qualité. C’est pour cette raison qu’il faut du personnel puisque les équipements sont en place.

Combien faut-il d’infirmiers et de sages-femmes pour satisfaire les besoins en personnel ?
Une maternité universitaire, ce n’est pas seulement le nombre de sages-femmes. Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a fait des efforts en ce qui concerne le nombre de sages-femmes recrutées. Mais, nous sommes loin d’avoir le nombre demandé, car à côté de ces sages-femmes, il faudrait des infirmiers, des aides-infirmiers et du personnel de surface, parce que si les salles ne sont pas propres, bonjour à l’infection, aux épidémies de crèche, entre autres. Les autorités n’ont pas encore affecté de techniciens supérieurs en anesthésie. En plus de cela, il faut des gynécologues-obstétriciens vu qu’il s’agit, ici, d’une maternité-école. C’est la « Mère des maternités ». Les apprenants viennent des quatre coins du monde. Sur les dix-neuf gynécologues-obstétriciens diplômés en 2017, quinze sont Sénégalais, dont huit messieurs et sept dames. Encore faudrait-il que l’Etat puisse les affecter dans les endroits qu’il faut et que ceux-ci rejoignent effectivement leurs postes. Il s’agit d’un problème de gouvernance sanitaire sur laquelle la communauté internationale insiste beaucoup. L’Etat, à travers les différents Gouvernements, a fait des efforts dans ce sens. Mais, il reste encore beaucoup à faire. Au moment où je vous parle, il y a au moins 200 médecins diplômés qui chôment dans ce pays et plus de 2.500 sages-femmes.

Il suffit seulement de faire un petit calcul avec le nombre de sortantes, de nouvelles diplômées, avec la pléthore d’écoles privées qui existent maintenant au Sénégal, pour savoir qu’il y a beaucoup de sages-femmes qui sont en quête d’emploi. Certaines d’entre elles ont leurs dossiers au ministère de la Santé et de l’Action sociale depuis plus de 10 ans. C’est également valable pour les infirmiers diplômés ; environ 3.000 sont en attente d’emploi.

Le Sénégal a besoin de toutes ses ressources humaines pour assurer l’accès aux soins de meilleure qualité aux citoyens. Je disais tantôt que la première césarienne simplifiée, avec tous les avantages que cela procure en termes de durée du séjour hospitalier et de coûts en dépenses de santé, est partie de cette maternité. Cette césarienne fait, aujourd’hui, le bonheur du continent africain grâce à ses nombreux avantages. Le rôle du Centre d’excellence africain pour la santé de la mère et de l’enfant, parmi d’autres Centres d’excellence qui travaillent dans d’autres domaines, est d’œuvrer à la promotion de la santé et de la recherche, gage de développement durable et d’émergence.

A quand l’inauguration de cette maternité dont la réhabilitation a duré une bonne douzaine d’années ?
Moralement, ce n’est pas seulement ce que nous attendons. Nous nous battons depuis une décennie maintenant pour que tout le pays et même toute la sous-région dispose d’une maternité de ce standing. Nous avons des challenges. Si cette maternité est ouverte et qu’à moins de trois kilomètres d’ici, c’est-à-dire à l’Institut d’hygiène sociale (Polyclinique de la Médina), il n’y a pas assez de personnel, cela ne va pas régler les problèmes. Cela est valable pour l’hôpital “Dalal Jamm”. Nous n’avons pas toutes les cartes en main. C’est pour cette raison que nous avons commencé à aménager dans ce bâtiment pour pouvoir au moins occuper l’espace et travailler. Mais, il n’y a pas de secret en médecine. Si les ressources humaines ne sont pas en place, nous ne pourrons pas travailler. Nous avons saisi les autorités que nous remercions encore pour ce beau joyau qui est « relooké », encore faudrait-il du personnel. Je ne peux pas donner de date d’inauguration. Nous attendons le complément de personnel. Maintenant ouvrir une maternité comme celle-ci sans travailler correctement n’est pas une bonne solution. Il nous faut du personnel pour servir les populations. Nous faisons des consultations de routine, nous n’avons jamais arrêté de faire ces consultations, bien au contraire. Car, en 12 ans, nous avons réussi à mailler le pays. Nous offrons de nouvelles prestations, des technologies de soins plus avancées comme la chirurgie par voie basse, eu égard à l’espérance de vie qui augmente. A cela s’ajoutent l’endoscopie qui consiste à « opérer sans ouvrir » et les diplômes interuniversitaires pour les maladies du sein et du col de l’utérus dont les enseignements ont démarré cette année. C’est pour la première fois en Afrique francophone de l’Ouest et du Centre que cela existe. Pour réussir tous ces défis, nous avons besoin de personnel. Je rappelle qu’il y a moins de deux semaines, la Faculté de Médecine, de pharmacie et d’odontologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a lancé son Plan stratégique 2018-2022. Nous avons parlé des soins, ceci est aussi valable pour l’éducation et l’enseignement. Il faut du personnel à tous les niveaux. L’Etat doit recruter davantage d’enseignants-chercheurs dans les universités du Sénégal, notamment au sein des Ufr (Unités de formation et de recherche) de santé parce que les étudiants qui y sont doivent être bien encadrés. Ils ont aussi besoin d’être accompagnés dans le cadre des innovations pédagogiques avec le matériel de simulation dont nous disposons ici, à l’hôpital Aristide Le Dantec.

Propos recueillis par Eugène KALY

La société civile africaine préconise la bonne gestion des ressources naturelles et la lutte contre l’amnistie fiscale accordée aux multinationales comme mécanisme de mobilisation de financements à l’interne. C’est ainsi que les pays africains financeront durablement leur système éducatif.

Les acteurs de la société civile des pays africains émettent sur la même longueur onde. L’Afrique ne peut pas assurer durablement une éducation de qualité en misant sur l’assistance extérieure.

C’est le point de convergence lors d’un panel organisé par Ancefa, le 30 janvier 2018, et qui a vu la participation de près de 47 pays du continent noir. « Nous pouvons avoir une éducation de qualité en ne comptant que sur nos ressources financières. La société civile doit veiller à ce que les engagements qui seront pris soient respectés et réalistes et qu’ils aboutissent à un financement durable de l’éducation », recommande le coordonnateur du Réseau africain de la campagne pour l’éducation pour tous (Ancefa), Samuel Dembélé, au cours d’un forum qui avait pour thème : « Le financement domestique : un mythe ou une réalité. Les acteurs ne se sont pas contentés de faire le constat. Ils ont dégagé des pistes de mobilisation des financements. L’Afrique peut puiser dans ses richesses naturelles pour supporter les coûts de l’éducation et de la formation de ses jeunes. « L’Afrique, notamment l’Afrique subsaharienne, a beaucoup de richesses naturelles et minières. La bonne gouvernance de ces richesses peut aider les pays à avoir des fonds propres », préconise Adelaide Sosseh de Think Tank.

A cette proposition, Monique Fouilloux, de la Campagne mondiale pour l’éducation, préconise la lutte contre l’évasion fiscale et l’amnistie fiscale accordée aux multinationales. « C’est bien possible de mobiliser des ressources domestiques. Mais, faudrait-il que les pays utilisent à bon escient les recettes générées par l’exploitation minière et que les multinationales payent des axes. Si les multinationales se déchargent de leurs charges fiscales, les Etats n’auront pas d’argent pour financer le système éducatif », argumente Monique Fouilloux.

La représentante de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), Elène Rama Ndiaye, plaide pour que la société civile exerce son rôle de contrôle dans une perspective d’inciter les bailleurs et les Etats à tenir leurs promesses. Le Partenariat mondial pour l’éducation apprécie cette mobilisation de la société civile africaine. Leur ligne d’actions, dit-il, cadrent avec leurs préoccupations. « Le Partenariat mondial pour l’éducation et la société civile peuvent travailler ensemble pour relever les défis du financement du système éducatif », lance Mohammad Muntasim Tanvir.

Idrissa SANE

La Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation (Gpe), qui se tiendra, au Cicad, les 1er et 2 février 2018, sera co-présidée par les présidents Macky Sall et Emmanuel Macron. Les experts échangeront sur le thème : « Un investissement pour l’avenir ».

Le Partenariat mondial pour l’éducation (Gpe) a apporté une innovation dans l’organisation de sa conférence. Pour la première fois, un pays donateur (La France) et un pays en développement (Le Sénégal) parraineront l’évènement. C’est une manière de magnifier l’esprit de partenariat du Gpe. Cette rencontre verra la participation de chefs d’État et ministres, de Julia Gillard, présidente du Conseil d’administration dudit Partenariat et ex-Premier ministre de l’Australie, et Alice Albright, Directrice générale du Gpe.

Le Partenariat mondial pour l’éducation (Gpe) œuvre aux côtés des pays en développement pour garantir à chaque enfant une éducation de base de qualité, et en priorité aux plus pauvres, aux plus vulnérables et à ceux qui vivent dans les pays touchés par les conflits. Actuellement, il y a 264 millions d’enfants et de jeunes non scolarisés à travers le monde. Toutefois, ces enfants ne bénéficient pas d’un apprentissage suffisant pour rompre le cycle de pauvreté, de mauvaise santé et d’inégalité sociale. Il s’agit, pour les dirigeants du monde, d’inverser la tendance, car la part d’aide internationale à l’éducation a baissé depuis six ans. Depuis sa création, en 2002, le Gpe a engagé plus de 4,7 milliards de dollars pour aider plus de 60 pays en développement.

La Conférence réunira des partenaires techniques et financiers, le secteur privé, les fondations philanthropiques, la société civile et les organisations internationales ainsi que des ambassadeurs de la cause de l’éducation. L’objectif, c’est de « mobiliser 3,1 milliards de dollars pour la période allant de 2018 à 2020 afin de soutenir l’éducation de 870 millions d’enfants dans 89 pays en développement et dans lesquels vivent 78 % des enfants non scolarisés dans le monde ».

Le président Macky Sall a apprécié le choix porté sur le Sénégal pour accueillir cette rencontre. « Nous sommes honorés d’accueillir la prochaine Conférence de financement du Gpe à Dakar. Et nous nous réjouissons de continuer notre étroite collaboration avec le Gpe », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le président français, Emmanuel Macron, a appelé la communauté internationale à la mobilisation lors de ce rendez-vous de l’éducation. Faudrait-il le rappeler, avec le soutien du Gpe depuis 2006, le Sénégal a réalisé d’énormes progrès en matière d’investissement dans l’éducation.

Mamadou Lamine DIEYE


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