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Construction de diguette, de grillage… : Les grandes réalisations du Prca dans la Langue de Barbarie

04 Jan 2016
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Le Programme de renforcement et de consolidation des acquis (Prca) du ministère de l’Environnement et du Développement durable, clôturé en juin dernier, a eu des résultats satisfaisants. Il a permis la réalisation d’une diguette dans l’îlot aux oiseaux (Parc national de la Langue de Barbarie à Saint-Louis) et a doté la réserve spéciale de faune de Gueumbeul de 7,8 Km de grillage.
Après les régions de Thiès et Kaffrine, celles de Saint-Louis et Louga ont accueilli au début du mois de novembre, la délégation du ministère de l’Environnement et du Développement durable venue voir les réalisations du Programme de renforcement et de consolidation des acquis (Prca). La première étape a été l’îlot aux oiseaux situé dans la Langue de Barbarie au milieu du fleuve Sénégal. Il fait face aux villages de Dégou Niayes et de Mboumbaye dans la commune de Ndiébène Gandiol (département de Saint-Louis). L’îlot fait partie du Parc national de la Langue de Barbarie.
Selon le lieutenant Cheikh Amadou Diallo, l’îlot de reproduction des oiseaux constitue une grande attraction touristique. Colonisé par des graminées, des herbacées rampantes et des arbustes, il est entièrement dédié à la reproduction des oiseaux migrateurs. « Avant l’ouverture de la brèche, l’ilot faisait deux hectares. Maintenant, il s’est beaucoup rétréci. Une bonne partie est perdue», a confié M. Diallo, adjoint au conservateur du Parc national de la Langue de Barbarie. Chaque année, il accueille des milliers d’oiseaux migrateurs qui se relaient pour y construire leurs nids et s’y reproduire. Les pourpiers de mer recouvrent une bonne partie du couvert végétal particulièrement recherché par les nombreuses espèces nidificatrices d’oiseaux migrateurs constitués principalement de pélicans gris et blancs en nombre impressionnant, de mouettes à tête grise, de goélands railleurs, de sternes (royale, caspienne, fuligineuse).
Avec sa faune ailée abondante et diversifiée, son milieu paradisiaque, l’îlot de reproduction offre aux visiteurs un spectacle exceptionnel et mémorable. Selon M. Diallo, près de 99% des touristes qui visitent le parc sont attirés par l’îlot aux oiseaux. Cependant, ce site touristique est menacé par la brèche ouverte sur la Langue de Barbarie en 2003. C’est dans ce cadre que le Fonds mondial pour l’environnement (Fem) y a construit une diguette de 166 mètres linéaires pour faire face à l’érosion. En 2014, le Prca a, à son tour, réalisé 180 mètres linéaires. Seulement, l’ilot n’est pas entièrement protégé puisqu’il reste encore 150 mètres à réaliser pour qu’il soit à l’abri. «Avec la diguette, nous voulons récupérer ce qui était perdu et protéger ainsi l’îlot», explique M. Diallo. Il soutient que la brèche qui migre vers le sud représente une véritable menace pour l’îlot. «La brèche constitue une réelle menace pour l’îlot. Je ne pense pas que la diguette pourra le protéger pour une longue période», alerte M. Diallo.
La réserve spéciale de faune de Gueumbeul a également reçu l’appui du Prca. Une clôture en grillage de 7,8 Km a été réalisée par le programme. Il a permis aussi le dessouchage des cactus sur une superficie de 400 ha. Une moto Squad et une radio de transmission complètent la dotation du Prca à la réserve. « Le Prca a impacté positivement sur la réserve. Nous regrettons sa clôture. Nous souhaitons l’arrivée d’un autre projet pour pérenniser les acquis surtout pour le dessouchage qui est une activité permanente », a souligné le commandant Thialao Sarr, conservateur  de la réserve.

SOULEYMANE DIALLO, DIRECTEUR DE CABINET DU MEDD : «Le Prca a atteint ses objectifs avec un taux d’exécution de près de 98% »
Directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo a conduit une mission dans les régions de Thiès, Kaffrine, Saint-Louis et Louga pour voir l’état des réalisations du Prca. Il tire un bilan satisfaisant.

Vous venez de boucler une mission dans quatre régions où intervenait le Prca. Que retenez-vous de cette visite ?
Le Prca nous a légué un patrimoine assez important. Il nous a permis de relever les infrastructures en matière de biodiversité. Nous avons été récemment dans la Petite côte où le Prca a mis l’accent sur la préservation de la biodiversité marine. Il en est de même à Saint-Louis où le programme a aidé à la préservation de la faune et de la flore  dans la Langue de Barbarie et la réserve de Gueumbeul. Nous avons pu équiper cette réserve de miradors, de moto Squad, d’une grille de protection et d’une radio de transmission. Au niveau de la Grande muraille verte, le Prca a permis la création d’une réserve communautaire à Koyli Alpha qui va bientôt démarrer. La clôture a déjà été posée. A Widou Thingoly, les réalisations sont visibles puisqu’il y a l’équipement de la base vie de l’Agence nationale de la Grande muraille verte avec des bâtiments, des  éco-loges, un jardin polyvalent et des pare-feux. Avec le Prca, la biodiversité reprend et la population se fixe avec la création de revenu.

Avez-vous le sentiment que le Prca a atteint ses objectifs ?
Globalement, le Prca a atteint ses objectifs avec un taux d’exécution de près de 98%. Mais il faut dire que le Prca n’a pas pu faire tout ce  qui était prévu. Par exemple dans la réserve de Koyli Alpha, c’est la Fao qui va terminer la suite des travaux. Elle va s’atteler à l’introduction des espèces et la construction et l’équipement du forage. D’une manière générale, on peut dire que le Prca a changé la donne en matière d’environnement au Sénégal. A Saint-Louis, sur l’ilot aux oiseaux, la construction de la diguette a permis le retour des espèces et a eu un impact sur le tourisme.

Comment faire pour pérenniser les acquis surtout pour l’ilot aux oiseaux menacé par la brèche ?
Une diguette a été construite pour protéger cet ilot qui était victime de l’avancée de la mer. Tous les travaux ont été faits de manière participative  avec l’implication des communautés. Ce qui va favoriser sa  pérennité. Nous avons remarqué qu’avec le Prca, les communautés adhèrent à tous les projets et participent à la préservation des ouvrages. Ce qui est très important.

KOYLI ALPHA : Une réserve communautaire en cours de réalisation
Koyli Alpha dans, la commune de Mboula, arrondissement de Yang Yang (département de Linguère), est l’un des villages bénéficiaires des financements du Prca. Une réserve communautaire est en cours de réalisation dans cette zone où intervient l’Agence nationale de la grande muraille verte.
A l’image de Bandia (département de Mbour), Maka Yope (département de Koungheul), le village de Koyli Alpha (commune de Mboula, arrondissement de Yang Yang, département de Linguère) aura bientôt sa réserve communautaire. Les travaux sont avancés et l’ouverture est prévue avant fin 2016. C’est une initiative du Prca qui appuie ainsi l’Agence nationale de la grande muraille verte (Angmv) qui intervient dans la zone. Déjà, la réserve d’une superficie de 600 ha soit dix Km, est clôturée grâce au financement du Prca.
Selon le colonel Pape Sarr, directeur technique de l’Angmv, le forage sera construit bientôt puisque le marché a été déjà attribué. Quatre échantillons de miradors sont entreposés dans le village en attendant leur montage. Avant le démarrage des activités de l’Angmv, explique-t-il, l’écosystème de la zone était complètement dégradé. Avec cette réserve, il y aura le développement de l’écotourisme et la reconstitution de la faune et de la flore. «Nous allons introduire des animaux (oryx et impalas) adaptés au milieu. Ce serait également intéressant d’avoir des girafes», a précisé le colonel Pape Sarr qui recevait une délégation du ministère de l’Environnement et du Développement durable.
Il a précisé que la Fao va poursuivre la mise en œuvre de la réserve par la construction des infrastructures restantes et l’introduction des animaux qui se fera avant la fin de l’année 2016. Les populations de ce village seront les grands bénéficiaires de cette réserve. Le forage desservira le village. «Nous espérons avoir beaucoup plus de retombées avec le démarrage des activités de la réserve. Les jeunes y trouvent déjà leurs comptes et parviennent à prendre en charge les besoins de leurs familles. Maintenant, ils n’ont plus besoin d’aller chercher du travail ailleurs», s’est félicité Abass Bâ, le chef du village. Widou Thingoly, un autre village de la commune de Tessékéré (arrondissement de Yang Yang), a eu à bénéficier des financements du Prca. Il a construit un bâtiment à usage de bureau, cinq éco-loges et un restaurant pour la base vie de l’Angmv.
«Avec le Prca, c’est du concret. En dehors des éco-loges et du bâtiment administratif, la clôture de la réserve de Koyli Alpha, son forage et les quatre miradors, il a permis l’ouverture de près de 100 km de pare-feux à Mbar Toubab. Il nous a apporté un plus. Il a été fondamentalement important et a permis d’étendre la grande muraille verte », s’est félicité le colonel Pape Sarr. Dans les régions de Thiès et Kaffrine, le Prca a contribué à la reconstitution de la biodiversité notamment à Joal et Maka Yope et à la lutte contre les feux de brousse.

Dossier réalisé par Aliou KANDE


Last modified on lundi, 04 janvier 2016 12:09
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