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Daouda Sène, enseignant-formateur : « Nous devons introduire progressivement la formation duale »

11 Juil 2016
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L’architecte Daouda Sène, formateur en Btp, déconseille une adoption précipitée du modèle de formation duale avec une alternance entre l’acquisition des connaissances dans les établissements et les centres de formation et l’immersion dans le monde du travail. Il soutient que l’encadrement des apprenants doit se poursuivre après la formation.

La résolution de l’insertion des jeunes passe par l’adoption de la formation duale par les établissements. C’est la conviction de Daouda Sène, lauréat du Grand prix du président de la République pour les inventions. L’architecte a reçu une formation dans ce domaine en Allemagne. Il a déroulé ce modèle dans le cadre d’un programme allemand d’emplois des jeunes en milieu urbain. Pour lui, ce modèle doit être adapté aux réalités de chaque pays. Le vocable employabilité, a-t-il dit, mérite d’être explicité. « Le terme se rapporte aux compétences transférables qui renforcent la capacité d’un individu à tirer parti des possibilités d’éducation et de formation qui se présentent à lui, pour trouver un travail décent et améliorer ses propres capacités d’adaptation aux évolutions technologiques et progresser qualitativement dans l’entreprise et aux conditions de travail du marché », a soutenu Daouda Sène. Il s’est félicité de l’option prise par les autorités, notamment le ministère de la Formation professionnelle et de l’Artisanat, d’expérimenter son modèle de formation dans les pays comme les nôtres. «  Il est d’ailleurs intéressant d’informer que l’approche « duale » est aussi valable du « jardin d’enfants à l’université », a préconisé le formateur.

Cette approche met l’apprenant dans une posture où il est appelé à surmonter la contradiction entre l’impératif de formation et celui de production dans une logique de complémentarité où « savoir, savoir-faire, savoir-être et savoir-produire se sanctionnent positivement. La formation de « type dual » est à même de fournir les outils capables de booster notre économie dans un système organisé, même à vocation informelle ». L’adaptation de ce modèle doit se faire en respectant les étapes. En réalité, dans les pays où la formation duale a fait ses preuves, comme l’Allemagne et la Suisse, les étapes n’ont pas été brûlées. « Le système n’a pas été créé d’un seul coup, mais progressivement, et constitue l’aboutissement d’un long processus historique où les « écoles de dimanche » s’efforçaient peu à peu à satisfaire les exigences de la production industrielle naissante (ouvriers qualifiés) où le principe de la formation dans l’atelier « Learning by doing » était le principe de la formation qualifiante », a conseillé le spécialiste. Les relations entre le maître et l’apprenant ne se limitent pas après l’obtention du diplôme. Le formateur est appelé à jouer un rôle de tuteur afin d’aider l’apprenant à prendre conscience de l’intérêt général et avoir confiance de ses compétences à apporter des solutions aux problèmes techniques qui l’interpellent dans son domaine d’activités. « A l’issue de cette formation, où le formateur joue pleinement un rôle de tuteur, les bénéficiaires prendront conscience et confiance en eux-mêmes : de leur habilité manuelle et technique, de leurs compétences ayant trait aux matériaux, aux outils et aux opérations techniques élémentaires, d’ordre méthodologique, organisationnel et social », a évoqué Daouda Sène.

La réorganisation du système
Le lauréat du Grand prix du président de la République pour les innovations a proposé une réorganisation de notre système éducatif. Surtout que celui-ci est calqué du modèle français, éloigné de nos réalités socio-économiques. L’obtention du diplôme, a-t-il dit, a toujours été mise en avant au détriment de l’acquisition des compétences. « C’est dire que l’instauration d’un système éducatif de base ou complémentaire passe nécessairement par l’organisation d’un système de formation et d’apprentissage qui prend en charge la couche la plus vulnérable de la population, sans qualification, sans emploi, parfois analphabète et vivant dans une précarité sociale et parfois une pauvreté visible », a indiqué Daouda Sène. L’Etat du Sénégal, a-t-il renchéri, doit procéder à une refonte et à une réadaptation de ses programmes de formation et miser sur des stratégies de qualifications adaptées aux exigences d’un développement durable, en s’appuyant sur les toutes énergies vivantes et endormies de notre société jeune et réactive.

Idrissa SANE

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