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Pr Abdou Salam Fall, coordonnateur du Laboratoire Lartes : « Les élèves des ménages dirigés par une femme ont les meilleures performances »

02 Mar 2017
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Chaque année, le Laboratoire de recherche sur les transformations économiques et sociales (Lartes) publie les résultats de ses enquêtes sur le niveau des élèves dans certaines disciplines. Pour l’année 2016, des enfants âgés de 9 à 16 ans ont été évalués. Le coordonnateur du Lartes, Abdou Salam Fall, est largement revenu, dans cet entretien, sur les causes du faible niveau des élèves. Leur enquête a également révélé que les enfants issus des ménages dirigés par une femme ont les meilleures performances à l’école.

Le Laboratoire de recherche sur les transformations économiques et sociales (Lartes) vient de publier les résultats d’une enquête. Pouvez-vous nous faire l’économie de cette étude ?
Les résultats du baromètre « Jàngandoo 2016 » ont touché 16.199 ménages et 22.764 enfants âgés de 9 et 16 ans. Ils montrent qu’au niveau médian les performances des enfants de 9 à 16 ans restent faibles à l’échelle nationale. On note que les enfants de la cible de « Jàngandoo » ont réussi la lecture à hauteur de 16 %, 20 % pour les mathématiques et 22 % pour la culture générale. Il est aussi apparu que près d’un enfant sur 6 réussit le test de lecture et un enfant sur 5 réussit les tests de mathématiques et de culture générale. « Jàngandoo » indique que l’environnement où évoluent les enfants contribue à la qualité des apprentissages. Ainsi, des écarts de performance sont notés selon les lieux d’apprentissage des élèves. A titre illustratif, les écoles privées en français ont de meilleurs résultats : 42 % en lecture, 44 % pour les mathématiques et 46 % pour la culture générale.

Les enfants des ménages dirigés par des femmes ont de meilleures performances. Aussi, il y a un écart de performance d’environ 6 points en faveur des ménages dirigés par une femme quel que soit le domaine évalué. Les enfants qui ont fréquenté le préscolaire avant l’élémentaire ont eu de meilleures performances dans les trois disciplines. Si nous prenons la cible lecture, les performances s’élèvent à 35,6 % chez les enfants de l’école formelle qui ont fréquenté le préscolaire contre 15,1 % chez ceux qui n’ont jamais connu une éducation préscolaire. Au-delà de ces déterminants socio-économiques, les performances des enfants varient également en fonction de la situation géographique. Par contre, les écarts entre garçons et filles restent peu significatifs quels que soit le domaine évalué, les conditions matérielles, sociales et géographiques. Les garçons et filles réalisent le même taux de réussite en mathématiques (22 %) et en culture générale (23 %).

Est-ce que le pouvoir d’achat des parents a une influence sur le rendement scolaire d’un enfant ?
L’enquête a aussi révélé que les enfants issus des ménages avec un bon niveau de vie obtiennent les meilleures performances en lecture (32 %), en mathématiques (34 %) et en culture générale (37 %). Entre Dakar et les autres régions du pays, on note des écarts de performance avec des taux de réussite les plus élevés dans la capitale en lecture (28 %), en mathématiques (34 %) et en culture générale (38 %). Après Dakar, Ziguinchor enregistre la meilleure performance en lecture (22 %) et en culture générale (25 %), suivie de la région de Thiès avec 27 % en mathématiques. De manière spécifique, les élèves issus du milieu rural sont davantage en difficultés en lecture, les enfants de la région de Dakar ont réussi à hauteur de 30 %, 35 % en mathématiques et 39,4 % en culture générale. Les élèves des ménages dirigés par une personne instruite ont de meilleures performances. En lecture, les élèves vivant dans un ménage dont le chef a un niveau supérieur ont de meilleurs résultats (41 %) comparés aux élèves dont les parents n’ont aucun niveau (12 %), 11 % pour les alphabétisés et 31 % pour ceux du niveau secondaire et 13,4 % chez les parents avec un niveau coranique.

Quels sont les mécanismes mis en place pour améliorer les résultats des élèves ?
A l’heure actuelle, cinq collectivités locales mettent en œuvrent la remédiation. Il s’agit des communes de Médina, Ndiarème Limamoulaye, Rufisque-Est, Malicounda et Thiès pour le volet arabe. La remédiation a concerné 1.480 enfants. Aussi, 70 remédiateurs et 70 enseignants en arabe ont été renforcés et utilisent le guide en arabe dans les classes et les « daaras ».
De manière plus globale, « Jàngandoo » s’appuie sur les performances enregistrées selon les caractéristiques et les parcours des enfants pour décliner des pistes d’action. Il s’agit d’une meilleure structuration des enseignements dans toutes les offres d’apprentissage à envisager afin d’installer un socle minimal de compétences requises pour un enfant dans l’éducation de base. De même, il est utile de favoriser un enseignement pertinent, sur mesure et à partir de situations concrètes et réelles de vie courante visant l’autonomie des enfants dès les premières années d’apprentissage.

Propos recueillis par Sokhna Anta NDIAYE (stagiaire)

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