banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Epuration des eaux usées : Ababacar Mbaye obtient de bons résultats avec une technologie accessible

06 Nov 2017
463 times

La décantation suivie d’une filtration des eaux usées donne un bon rendement épuratoire. La démonstration a été faite par le chercheur Ababacar Mbaye qui a travaillé sous la bannière de l’Ecole doctorale des Sciences de la vie, de la santé et de l’environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). C’est une technologie plus simple et moins coûteuse pour les pays en développement comme le Sénégal.

La gestion des eaux usées reste un casse-tête dans certains pays africains. Leur rejet dans la nature pollue les nappes et les eaux de sources. Ces eaux peuvent aussi être à l’origine de la contamination des cultures. Les producteurs agricoles qui s’en servent pour l’arrosage s’exposent à d’autres maladies comme les dermatoses, les infections cutanées... Ce sont autant de facteurs qui ont conduit Ababacar Mbaye à rédiger une thèse sur « Assainissement liquide au Sénégal : évaluation des risques dus à l’usage des pesticides et contribution au développement durable ».

Cette étude, réalisée sous la supervision des professeurs Alphonse Tine et Cheikh Diop de la Faculté des Sciences et Technique de l’Ucad, a abouti à des résultats prometteurs pour les pays en développement. Dans ce contexte de rareté des ressources financières, ces Etats n’ont pas d’autres alternatives que d’explorer des technologies moins coûteuses pour l’épuration de leurs eaux usées avant leur rejet dans la nature ou leur réutilisation.

Elimination de résidus de pesticides
Ababacar Mbaye a démontré qu’en utilisant la filtration lente des eaux usées domestiques, on réduit de 26 % les Matières en suspension (Mes), de 55 % la Demande chimique en oxygène (Dco), de 57 % la demande biochimique en oxygène, de 35 % d’azote Kjeldhal total et de 20 % de phosphore total. « Hormis les défaillances techniques, il apparaît que la décantation suivie de filtration lente sur sable donne des effluents de qualité pour un rejet dans un milieu naturel, même si le temps de décantation est court », a conclu le chercheur. L’étude a aussi indexé d’autres produits. Il s’agit du Diuron utilisé contre la végétation sur les surfaces non cultivées (fosses d’irrigation et de drainage des eaux usées), le Maneb qui sert à lutter contre les maladies des végétaux supérieurs, ou encore le Carbofurane qui est prôné contre les ravageurs terrestres et foliaires des champs, des fruits et légumes. « Les résultats montrent que la concentration du pesticide est réduite d’entrée avec un taux de rétention allant de 5 % à 15 % pour le Diuron et environ 19 % pour le Maneb », a soutenu le chimiste-environnementaliste qui lie cette faible capacité de rétention à une vitesse élevée dans le sol. La vitesse d’infiltration du Diuron est de 76,2 cm/heure, alors pour le Maneb, elle est de 1,22 cm/heure.

L’étude s’est aussi intéressée aux coûts et avantages de l’assainissement. Le chercheur a pris l’exemple sur un projet d’assainissement mis en œuvre dans le cadre du Programme d’eau potable et d’assainissement du millénaire (Pepam) en zone rurale. A part les retombées sur le plan de la préservation de la santé et de l’agriculture, il est difficile de « valoriser monétairement ses effets positifs », a-t-il dit. Par contre, il est possible de tirer des avantages par rapport à la santé, l’agriculture, l’éducation et l’environnement. « Dans la partie recherche-développement du rapport, l’analyse économique par la méthode coûts-avantages (Aca) des projets d’assainissement, avec le cas d’un projet d’assainissement rural, donne un taux de rendement interne économique de 58,23 % et un ratio avantages/coûts égal à 13,97, montrant ainsi la rentabilité économique très importante de l’assainissement. Par conséquent, la finalité de l’approche processus de valorisation des sous-produits de l’assainissement peut être représentée en termes de rentabilité socioéconomique très favorable pour le développement durable », a renseigné Ababacar Mbaye. Ce travail de recherche a été validé par un jury composé des professeurs Bienvenu Sambou (président du jury), Athanase Coly et Abou Thiam (rapporteurs), des examinateurs (Lamine Cissé, Amadou Traoré), du co-directeur, Cheikh Diop, et du directeur, Alphonse Tine. Les exigences en matière de rejet et l’augmentation des eaux usées à traiter constituent des problèmes pour des pays en développement. Le recours à des technologies moins coûteuses s’impose dans ce contexte de rareté des ressources financières pour les pays du sud.

Idrissa SANE

Rate this item
(0 votes)

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.