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Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement et de l’Apr : « L’appel au dialogue enjambe les partis »

31 Jan 2018
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Réponse du berger à la bergère. Seydou Guèye, ministre secrétaire général du Gouvernement dont il porte la parole en même temps que celle du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), dépeint un Sénégal en déphasage avec le visage d’un pays en difficulté que Mamadou Diop Decroix a décrit dans notre précédente édition. Dans cet entretien avec Le Soleil, il souligne que nos institutions fonctionnent et que le Plan Sénégal Emergent a donné des résultats satisfaisants. C’est pourquoi, tout en réaffirmant la volonté du Président Macky Sall de dialoguer avec toute la classe politique, Seydou Guèye ne se prive pas de jeter la pierre à l’opposition gourmande, à ses yeux, d’«une perspective de Gouvernement d’union nationale ou ce qui pourrait ressembler à de l’entrisme politique». Au-delà, le secrétaire général du Gouvernement a investi d’autres sujets, tels que Khalifa Sall, Karim Wade, l’Apr, «Benno Bokk Yakaar».

Monsieur le ministre, des experts internationaux sont à Dakar pour auditer le fichier électoral. Pourquoi ce choix ?
Vous savez, dans notre pays, la question électorale est une passion nationale et fait l’objet d’une suspicion permanente de la part de l’opposition, malgré les qualités de fiabilité, de sécurité et de transparence de notre système qui sont reconnues par les Sénégalais et par nos partenaires. Si l’opposition estime que, depuis 2012, elle perd régulièrement les élections parce que la majorité organise la fraude, cela me semble procéder d’un manque de sérénité, mais surtout d’un manque de respect aux suffrages exprimés en toute conscience par les électeurs sénégalais.

Elle doit chercher les raisons de son infortune ailleurs que dans des supputations insoutenables. La réalité est toute autre. Au Sénégal, la fraude aux élections est quasi impossible au regard des responsabilités légales reconnues aux différents acteurs, en attestent les deux alternances réalisées pacifiquement.

Maintenant il convient de se féliciter de la mise en œuvre de l’audit du fichier électoral sous la conduite d’un groupe d’experts. Je m’associe, par conséquent, aux positions dégagées par le Sep (Secrétariat exécutif politique) de « Benno Bokk Yakaar » (coalition des partis de la majorité présidentielle) qui s’est félicité de la conduite des travaux par un groupe d’experts dont certains ont déjà effectué la même mission pour les mêmes besoins en 2010 au Sénégal. Je pense qu’il est essentiel de poursuivre, en toute responsabilité, les concertations sur le processus électoral, la modernisation des partis politiques, le statut du chef de l’opposition pour promouvoir un espace d’expression politique rationalisé et des élections démocratiques, libres et transparentes, à contestation nulle sinon marginale.

Quelle est la mission assignée à ces experts ?
J’imagine, comme pour toute mission d’audit, qu’il s’agira d’une évaluation des processus et des procédures, de la vérification, du contrôle du respect des prescriptions et des modes opératoires, pour attester de la qualité des normes et de la fiabilité du système. De mon point de vue, ce sont des aspects techniques qui seront complétés, au besoin, par des recommandations en termes de points de progrès. Mais, cet audit indique, avec éloquence, la sérénité de la majorité présidentielle qui reste convaincue que nous avons un système électoral éprouvé qui s’est régulièrement renforcé en rapport avec les conquêtes démocratiques et l’épanouissement de la citoyenneté dans notre pays.

Est-ce que l’opposition sera mise à contribution dans les travaux ?
L’opposition y a sa place et son rôle conformément aux prescriptions légales et à une tradition bien établie dans notre pays en la matière. Pour ce que je sais de l’architecture organisationnelle de la mission d’audit, la présidence du Comité de pilotage est assurée par le président de la Céna (Commission électorale nationale autonome), et la mission qui est composée de trois pôles politiques – majorité, opposition et non-alignés –, en plus de la société civile, de l’Administration et des représentants de la communauté internationale qui y participent comme observateurs.

Cela me semble constituer des garanties fortes pour rassurer l’opposition. Et là, je voudrais insister sur un fait important : c’est notre responsabilité de contribuer tous ensemble, sans subjectivité, à la consolidation de notre système démocratique.

Malgré l’arrivée de ces experts, le Parti démocratique sénégalais et ses alliés ont maintenu leur marche du 09 février prochain…
Sans manquer de respect à mes amis du Pds, j’estime qu’ils font totalement dans l’incohérence. Je voudrais également leur rappeler que c’est sous le régime du Pds que le Sénégal a connu le 23 juin 2011 et qu’avec eux, nous avons frôlé la ruine économique.

Je reste convaincu que les Sénégalais attendent, aujourd’hui, des acteurs politiques un autre mode de présence en politique et pas le populisme de mauvais aloi ou la bravade de témoignage. Quand des citoyens s’élèvent à ce niveau de maturité, cela veut dire qu’on ne peut plus les manipuler. Et chercher à le faire, c’est perdre son temps.

Pour ma part, cela m’inquiète de me rendre compte que le Pds, parti majeur de notre vie politique nationale depuis bientôt cinquante ans, n’a rien appris ni rien oublié. Maintenant s’ils veulent marcher pour prouver qu’ils sont des « jambaars » (preux en wolof), libre à eux de le faire ; la Constitution leur en garantit le droit. En tout état de cause, nous poursuivons inlassablement le travail, pour continuer à apporter les solutions aux demandes multiformes des Sénégalais que le Président Macky Sall a érigées en priorité absolue. Ce jour-là, si Dieu nous prête vie, nous irons travailler pour nos compatriotes.

Ils exigent toujours des concertations en dépit de l’ouverture du dialogue avec une frange de l’opposition ?
Réclamer des concertations alors que le dialogue est ouvert et libre, c’est ajouter de la schizophrénie à l’incohérence. Cela démontre toute la difficulté du Pds face aux appels au dialogue lancés par le Président Macky Sall. Dès lors que nous considérons que les partis politiques sont d’égale dignité, si des séquences de concertations sont ouvertes, comme c’est le cas actuellement, celui qui entend y participer le fait sans chercher d’alibi. C’est une question de responsabilité et de conviction. Cela vaut mieux que d’invoquer des alibis sur la crise de confiance, la suspicion ou de déclarer que le Président appelle au dialogue, mais n’y croit pas. Quand on veut dialoguer, on n’y va pas pour n’entendre que l’écho de sa propre voix. Ceux qui veulent dialoguer sont autour de la table et ne font point dans les enfantillages ou les procès en sorcellerie. Ils assument leur responsabilité devant l’Histoire et devant les Hommes.

La porte du dialogue leur est-elle fermée ?
Non, absolument pas ! Mais, il y a le temps du consensus et le temps de la décision. Entre les deux, il y a le temps de la responsabilité. Le Président Macky Sall est un homme de dialogue et d’ouverture, qui sait aussi prendre les décisions au regard des exigences de notre démocratie et de la conscience qu’il a de ses hautes charges. Le dialogue entre acteurs de la classe politique, contrairement à ce que pensent certains, comme le doyen Mamadou Diop Decroix, au regard de notre contexte, ne peut pas porter sur une perspective de Gouvernement d’union nationale ou ce qui pourrait ressembler à de l’entrisme politique, encore moins d’une sortie de crise.

Les questions institutionnelles sont stabilisées, le Pse (Plan Sénégal Emergent), qui doit construire notre développement par des politiques publiques hardies, en est à l’élaboration du deuxième Pap (Programme d’actions prioritaires) avec les résultats que vous savez.

Il n’y a, à mon sens, aucune crise dans notre pays, sinon celle d’une opposition en mal de projet alternatif et de leadership. Quoiqu’il en soit, il nous faut aussi nous accorder sur les enjeux des prochaines échéances électorales, les modalités de leur organisation. C’est cela qui est en discussion dans le cadre du dialogue en cours.

L’appel au dialogue du Chef de l’Etat enjambe les partis politiques puisqu’il s’agit d’un dialogue national qui a commencé avec les syndicats, les secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la santé et du secteur privé. Ce dialogue avec les forces vives de la Nation comprend, bien évidemment, le dialogue entre politiques, surtout autour du processus électoral et de la modernisation de notre vie publique, mais il n’épuise pas le dialogue national dont il est certes une composante majeure. La balle est dans le camp de l’opposition qui doit faire preuve de plus d’ouverture et de responsabilité, pour que le Sénégal continue dans sa trajectoire de pays référence en matière de démocratie.

Seydou Gueye Apr Itw 2Le Président de la République, par ailleurs président de l’Apr, a entamé, depuis quelques jours, une série de rencontres avec les responsables de son parti. Pourquoi de tels échanges ?
C’est la remise en mouvement des bases du parti et de la majorité présidentielle qui s’est élargie. Nous faisons cap vers une échéance importante (Ndlr : la présidentielle de février 2019) où, fort d’un bilan élogieux, le Président est dans son rôle et à sa place lorsqu’il décide, sous le format que vous évoquez, de remobiliser les troupes et d’indiquer la voie, à savoir celle de l’unité et de l’ouverture, de l’engagement et de la détermination, pour la victoire au premier tour en 2019.

Quel message adresse-t-il aux militants ?
Naturellement, un message éminemment politique en de telles circonstances. Il faut consolider les acquis des dernières consultations électorales, élargir les bases de son électorat et tendre toutes les énergies vers la victoire au premier tour en 2019. Les mots d’ordre sont l’unité, la mobilisation, l’animation, la solidarité et l’ouverture. L’indication centrale à ce niveau, c’est la mise en place, dans les Communes et à l’échelon du département, des cadres de concertation inclusifs où chaque composante de la majorité présidentielle – organisations politiques, structures de la société civile, mouvements de soutien – pourra trouver sa place, dans la perspective de synergie gagnante autour de «Benno».

Ces rencontres permettront-elles de redynamiser le parti et de mettre fin aux querelles de leadership souvent notées ?
J’en suis convaincu. Tous les militants de l’Apr ont une claire conscience que nous sommes dans « le temps du Président » et qu’il faut taire toutes les querelles, suspendre tous les conflits.

Aussi, nous devons tous tendre vers le même objectif : la réélection triomphale du Président Macky Sall dès le premier tour en 2019. Pour cela, il faut de l’unité dans les rangs, de la solidarité entre camarades et de l’ouverture envers les alliés du Président et de l’Apr.

Au même moment, des tournées sont organisées à l’intérieur du pays. Quel sont les buts visés ?
Ils restent les mêmes. Il s’agit de délivrer le message de confiance du Président, qui aidera incontestablement à la pacification dans les bases, là où nous en avons besoin, et à la fraternisation entre camarades pour construire les synergies conquérantes. Nous avons les moyens de ce défi qui s’impose à nous et que nous avons toujours relevé par le passé. Pour le Président Macky Sall, nous devons tous faire preuve d’ouverture, d’intelligence et, par la concertation, faire les choses en commun et ensemble.

Quel message est porté à l’endroit des populations ?
Au-delà du bilan, visible dans leur vie de tous les jours dont elles apprécient le sens et la portée, il s’agit de partager avec elles, pour la plupart, convaincues des bienfaits de l’action du Président Macky Sall, les perspectives d’un Sénégal encore meilleur dont les fondements reconstruits avec le Pse permettront tous les possibles. Une recommandation forte sera surtout donnée dans le cadre de la nécessaire mobilisation en vue de la révision des listes électorales.

Pour l’opposition, ces tournées ne sauveront pas l’Apr d’une défaite en 2019…
L’opposition devrait plutôt chercher les moyens de sortir de sa crise organisationnelle, de sa crise de projet, de sa crise de méthode et de sa crise de leadership. En un mot, comme en mille, elle devrait d’abord balayer devant sa porte. Elle aura ses propres difficultés pour s’entendre sur des candidatures, recueillir les parrainages et se faire entendre par un électorat qui ne sera pas tenté par l’aventure. L’offre politique du Président Macky Sall est un horizon indépassable pour l’opposition. La pensée du Président Sall et son action de tous les jours au profit des populations lui confèrent une avance politique que les Sénégalais n’hypothèqueront pas pour choisir des hommes fortement marqués par l’inconstance, la prégnance de leur agenda pour eux-mêmes, leur orgueil personnel, la faiblesse de leur vision ou l’indigence de leurs programmes économiques. S’il y a quelqu’un à sauver, je crois que c’est chez eux qu’il faut aller le chercher. Déjà, le Président Macky Sall a fini de les faire douter sur leurs capacités à engager le débat sur le Sénégal émergent. Son action bénéfique aux populations lui a valu leur adhésion et au Sénégal d’inspirer d’autres pays dans le cadre du Pudc ( Programme d’urgence de développement communautaire) et des Dac (Domaines agricoles communautaires) par exemple.

Le bilan de Macky Sall sera au cœur de la présidentielle. L’Apr sera-t-elle à l’aise pour le défendre ?
Rassurez-vous. C’est avec fierté et détermination que l’Apr et tous les alliés de la majorité présidentielle défendront le bilan élogieux du Président Macky Sall. Je voudrais faire remarquer que, pour une très large majorité de nos compatriotes, ce bilan parle de lui-même et ils y adhèrent.

Ils l’ont exprimé, de façon nette, à chaque consultation électorale depuis 2012. Il est visible, réel et convaincant. Ce bilan, inédit sur la durée d’un mandat depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, permet de maintenir l’espoir lucide et objectif d’un pays qui fait cap, sans complexe et d’un pas ferme, vers l’émergence.

Un pays qui se transforme du point de vue des structures économiques, à la faveur du renouveau productif et du renforcement de ses capacités productives.

Un pays qui est en train de construire l’inclusion sociale de tous ses ressortissants, qu’ils vivent ici ou dans la diaspora.

Un pays qui est en train de faire de la bonne gouvernance la matrice et une donnée fondamentale des politiques publiques.

Le Sénégal, sous le Président Macky Sall, c’est essentiellement de l’inclusion sociale, du sérieux en économie, la suppression des niches de gaspillage des ressources publiques, au profit des dépenses d’investissement, qui augmentent d’année en année en faveur des populations ; c’est une crédibilité renforcée auprès des partenaires.

Ce sont la bonne santé de notre économie et les performances réalisées qui ont permis de financer des programmes importants à fort impact social comme le Pudc, les Bourses de sécurité familiale, le Pracas (Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise), ainsi que des infrastructures routières et autres.

Maintenant dans le débat, nous mettrons naturellement l’accent sur les perspectives, avec l’objectif de consolidation et d’amplification des premiers fruits de l’émergence, tirée par une croissance enrichie en contenu social, parce que assise sur des stratégies hardies et innovantes de création d’emplois. C’est cela notre défi, construire une émergence à visage humain, pour tous et de tous. Nous serons très à l’aise, quelle que soit l’offre politique, d’ailleurs improbable, de nos adversaires.

Quels sont les principaux secteurs où le régime a enregistré des succès ?
L’énumération nous prendrait toute la journée, sinon beaucoup plus. Je pourrais, peut-être, illustrer ma réponse en choisissant quelques secteurs importants à fort impact social et où les progrès sont incontestables et les performances inédites.

Entre 2012 et aujourd’hui, nous sommes passés des émeutes de l’électricité à la baisse des prix de l’électricité : de près mille heures de délestage à moins de cinquante heures. Et cela, grâce à la vision du Président Macky Sall, à savoir construite autour du mix énergétique. Je ne citerai pas, ici, des secteurs comme celui des énergies renouvelables où le Sénégal se positionne comme un pays leader dans la sous-région, voire l’Afrique, avec les centrales solaires de Bohol, Malicounda, Médina Dakhar et toutes les autres réalisations qui ont permis à la Sénélec (Société nationale d’électricité du Sénégal) de produire suffisamment d’électricité pour satisfaire les besoins locaux et vendre à des pays voisins.

Plus globalement, depuis 2012, il y a une reprise progressive et consolidée de l’activité économique, avec un taux de croissance qui a dépassé, pendant trois années consécutives, la barre des 6,5%. Dans tous les secteurs de la vie socioéconomique, on enregistre des avancées considérables et les perspectives sont plus que prometteuses avec les chantiers qui sont ouverts un peu partout, et Diamniadio en constitue l’exemple le plus éloquent.

Avec le Pracas, notre agriculture s’est diversifiée ; et ce, de plus en plus. Dans toutes les spéculations, des productions record sont obtenues. Pour l’arachide, c’est plus de 1,4 million de tonnes en 2017 ; la production rizicole a franchi la barre du million de tonnes contre trois cent mille tonnes en 2012 ; les exportations de l’horticulture ont dépassé cent mille tonnes. Il me semble important de rappeler qu’en la matière, en 2012, le Sénégal n’exportait pas trente mille tonnes et la production rizicole tournait autour de trois cent mille tonnes.

Il faut bien comprendre que le Pse est un changement d’échelle et un changement de paradigme pour construire un Sénégal performant et inclusif, bâti sur un Etat de droit. La modernisation des services de transport, le renouveau infrastructurel ont permis au Président Macky Sall de redessiner les routes du développement et de restaurer l’équité territoriale avec le programme autoroutier de plus de cinquante kilomètres par an ou celui des pistes de désenclavement, sans compter l’autoroute Ila Touba, les sections 2 et 3 de la Vdn, la Grande route des Niayes, la route Keur Waly Ndiaye-Passy-Sokone, le tronçon Tamba-Dialocoto, la route Dahra-Linguère, etc.

C’est à ce niveau également qu’il faut inscrire les réalisations du Pudc, de Promovilles (Programme de Modernisation des Villes) et du Puma (Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et territoires frontaliers) qui a ouvert ses chantiers le long des axes frontaliers.

Dans le domaine de la santé et de l’action sociale, des bonds qualitatifs ont été réalisés surtout en ce qui concerne la santé de la mère et de l’enfant et la protection des groupes vulnérables.

Aujourd’hui, sur toute l’étendue du territoire, les Sénégalais ont accès à une structure de santé et à la Cmu (Couverture maladie universelle). Le relèvement du plateau technique, la dotation exceptionnelle d’ambulances médicalisées et l’ambitieux programme d’infrastructures sanitaires ont permis d’améliorer considérablement la prise en charge des patients. La Cmu, initiée par le Président Macky Sall, a aussi joué un grand rôle dans la facilitation de l’accès aux soins aux Sénégalais, la prise en charge de la dialyse, de la césarienne, la gratuité pour les enfants de zéros à cinq ans et les Sénégalais de plus de soixante ans. Toujours dans le domaine social, le programme des Bourses de sécurité familiale a permis de soulager plus de trois cent mille bénéficiaires qui sont des groupes vulnérables et commencent à sortir de leur situation de précarité.

Pourtant l’opposition conteste l’effectivité d’un impact positif de toutes ces réalisations sur le quotidien des populations ?
Sous le Président Macky Sall, tout a progressé et les prix ont significativement baissé. Le pouvoir d’achat s’est apprécié. Les inondations restent un vieux souvenir. Notre économie est en train de se transformer structurellement, l’inclusion sociale est une réalité incontestable, la gouvernance s’améliore et la démocratie se renforce encore plus, malgré les cris d’orfraie de ceux qui pensent le contraire, faute de pouvoir proposer une alternative crédible.

La Délégation générale pour l’entreprenariat rapide est la dernière illustration de l’ambition du Président Macky Sall en matière de création de richesses pour les jeunes et les femmes. La diminution du train de vie de l’Etat, la lutte contre la corruption et la prévarication des ressources publiques, des réformes qui se font sentir dans le panier de la ménagère à travers une série de baisses sur le coût de la vie. Cette redistribution des richesses intègre aussi les programmes à forte incidence sociale, tels que les Bourses de sécurité familiale, la Cmu...

Il n’empêche, l’opposition dénonce des effets d’annonce dans les réalisations annoncées, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé.
Vous savez, je ne voudrais pas me laisser distraire par cette rationalité de l’opposition qui fait dans le crypto personnel. Sa critique ne porte jamais sur la vision du Président Macky Sall qui est une pensée autonome, authentique, tournée vers l’action et capable d’anticipation. Les contestations de l’opposition ne portent jamais sur les faits ou les chiffres. Ce sont souvent des déclarations où la mauvaise foi le dispute à la surenchère radicale. Mes chers amis, rappelez-vous, il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut entendre ou pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. L’un dans l’autre, nos compatriotes qui accèdent plus facilement à la santé depuis 2012 apprécieront.

Dans le secteur de l’éducation, qui absorbe à lui tout seul plus de 25 % de nos ressources, c’est la résorption des abris provisoires pour cent milliards de FCfa cette année. C’est trente-deux milliards de FCfa pour la dématérialisation des actes administratifs. C’est l’intégration des vacataires, qu’on appelait « ailes de dindes », avec une prise en compte de l’ancienneté au deux tiers.

C’est douze milliards de FCfa pour la revalorisation de l’indemnité de logement, etc.

Quelle place est accordée aux alliés dans la bataille de l’Apr en direction de la présidentielle ?
La place qui est la leur depuis le début du compagnonnage. Vous savez, le Président Macky Sall est un homme doté d’un sens élevé des valeurs, notamment la fidélité, la loyauté et le respect. Il croit très fortement au «Benno», car étant convaincu que seul un creuset inter organisations peut nous permettre de relever les défis de l’émergence. Il est également convaincu que chaque citoyen a son mot à dire sur le projet de modernité de notre société auquel chacun doit apporter sa pierre.

L’éventualité d’une candidature d’Ousmane Tanor Dieng est souvent invoquée. Cela ne constitue-t-il pas une menace pour la mouvance présidentielle ?
Pour moi, c’est un épouvantail qu’agitent l’opposition et certains adversaires du Sénégal pour dessouder notre belle alliance bâtie sur des principes et des valeurs. Et vous savez, « Benno Bokk Yakaar » ressemble comme une sœur jumelle à notre devise : Un Peuple, un But, une Foi.

Que faut-il faire pour renforcer l’unité au sein de « Benno Bokk Yakaar » ?
Rester dans le temps du Sénégal, avoir toujours en vue le drapeau national, élargir et renforcer la concertation, construire et consolider «Benno» à la base, comme indiqué par le Président Macky Sall, à travers des cadres de concertations et des plans d’actions inclusifs et unifiés qui ont été le socle de la victoire aux dernières élections législatives, comme celui de toutes nos victoires depuis 2012.

Une candidature unique ou plurielle de l’opposition. Laquelle des deux options préférez-vous affronter en 2019 ?
C’est un débat qui ne nous concerne pas. Dans les deux cas, il leur faudra des candidats de valeur face au nôtre. Il faudra certainement beaucoup de générosité et d’honnêteté. Mais, peut-être que face à la difficulté de la tâche, mes amis pourront se satisfaire d’un ou de plusieurs candidats sans illusion.

Dans tous les deux cas, le but de l’opposition est d’amener le Président Macky Sall au second tour. Cette éventualité est-elle prise en compte par la majorité ?
Dans le monde des illusions, tout est possible, mais nous resterons vigilants et concentrés sur nos objectifs avec la sagesse que requiert toute élection, qui n’est jamais gagnée d’avance. Ils peuvent parler du deuxième tour, mais nous restons sur notre détermination pour la victoire triomphale au premier tour.

Macky Sall a-t-il les atouts pour gagner au premier tour ? Qu’est-ce qui pourrait expliquer une telle donne ?
Seydou Gueye Apr Itw 3Je le crois sincèrement, et c’est cela qui hante le sommeil de ses potentiels adversaires. Rien que son rôle historique dans la sortie de crise de la Gambie et ses effets sur le processus de paix en Casamance, conjugués aux réalisations que je viens d’évoquer (la sortie de la crise de l’électricité, les réussites dans l’agriculture, l’enrichissement de la carte universitaire, son engagement au profit de l’école, sa lutte contre les inégalités sociales ou territoriales, sa capacité régulièrement démontrée de mettre notre société en mouvement au profit de tous), plaident comme un avantage distinctif pour une éclatante victoire au premier tour.

Notre souhait est de lui donner un pourcentage égal à son année de naissance : 61, en hommage au premier Président de la République né après notre Indépendance, et qui a réussi, en un mandat, à transformer notre pays.

Parmi les leaders de l’opposition, il y a Khalifa Sall qui fait face à la justice. Quel regard portez-vous sur son procès qui s’est ouvert récemment ?
Malgré tout le bruit fait autour de ce problème de gestion financière de la mairie de Ville de Dakar, c’est une affaire de droit commun dont le procès en cours édifiera les Sénégalais et la communauté internationale via les décisions que le tribunal prendra en toute souveraineté.

Bénéficiera-t-il d’un procès équitable ?
Nous faisons entièrement confiance à notre justice qui garantit, en toutes circonstances, les droits de la défense à tout citoyen conformément à l’Etat de droit et au principe de la présomption d’innocence.

Même si Karim Wade est toujours absent du pays, le Pds maintient sa candidature. Quel commentaire en faites-vous ?
Le Pds est libre de choisir celui qui portera les couleurs fanées de son camp.

Karim Wade a récemment déclaré qu’il lui est presque interdit de rentrer au pays. Le Gouvernement dresse-t-il un obstacle à son retour ?
Le Gouvernement a autre chose à faire que d’entraver un citoyen. Pour ce qui le concerne, la vérité judiciaire le concernant, c’est qu’il a été condamné à une peine de prison définitive et à une amende de plus de cent milliards de FCfa dont il doit s’acquitter. Idem pour ses co-inculpés. La réponse que j’attends de lui, c’est pourquoi depuis qu’il a recouvré la liberté, à la faveur d’une grâce présidentielle pour raison humanitaire, il ne s’est pas encore rendu en France ou en Allemagne où ses amis, dans le cadre de l’affaire Fraport, sont mis en examen par la justice allemande pour une affaire de corruption où il serait même question de l’Aibd.

L’éventualité d’un rejet de sa candidature est de plus en plus agitée. Est-ce que, sur le plan juridique, Karim Wade peut briguer les suffrages des Sénégalais ?
C’est une question qu’il faut étudier à la lumière de la loi électorale. Ce sera certainement l’affaire de l’institution habilitée à recevoir les candidatures, à les valider et reconnue comme juge en matière électorale conformément à la Constitution et à la loi électorale. Ce n’est pas l’affaire du Gouvernement encore moins de la spéculation démagogique.

Après quelques années d’accalmie, la Casamance a renoué avec la violence. Une menace sur le processus de paix ?
Je voudrais m’incliner très respectueusement devant la mémoire des personnes assassinées, souhaiter un prompt rétablissement aux blessés et exprimer ma compassion aux familles. Vous avez raison de parler d’accalmie, car en 2012, des soldats étaient pris en otage et le Président Macky Sall, en prenant l’affaire en charge, a réussi à les faire libérer. Je reste convaincu que nous allons vers la paix définitive et durable. Je voudrais saluer, ici, l’engagement, la détermination et la méthode du Président Macky Sall dans la gestion du processus de paix en Casamance avec des programmes pour de développement économique de la région. Il est vrai que ce sont des événements tragiques qui, cependant, n’obéreront pas la volonté du Président Macky Sall et celle de tous les acteurs engagés pour la paix. Naturellement, face à ces événements, force restera à la loi et la sécurité sera garantie.

Pourquoi le Gouvernement a suspendu les autorisations d’exploitation de bois en Casamance ? Comment entend-il mettre un terme à ce conflit de plus de trente ans ?
Le Gouvernement a pris la décision de réviser le Code forestier en vue de mieux réglementer et réguler le secteur. De nouveaux défis environnementaux se posent à nous et qu’il convient de prendre en compte pour préserver le patrimoine que constitue la forêt. Il y a également l’impératif de réglementer la coupe de bois qui est une activité économique qui dépasse même nos frontières.

Maintenant mettre un terme au conflit, je crois que c’est poursuivre son action discrète et efficace, à la manière des bâtisseurs de nos grandes mosquées ou de nos cathédrales. La fin du conflit, c’est le Sénégal dont nous rêvons tous, toutes ethnies et toutes confessions confondues.

Entretien réalisé par Babacar Dione
et Yakham C. N. Mbaye

LE BOURLINGUEUR
Seydou Gueye PortraitSeydou Guèye apparaît tel un paradoxe : la sociabilité qui gît en l’homme se retrouve très rarement chez un sachant de sa trempe, genre généralement réputé distant ou imbu de sa personne.

Intellectuel intégral doté d’une formation académique aussi solide que variée, ce presque sexagénaire définit « son engagement politique comme une obligation d’être toujours à côté des plus pauvres, des plus faibles et des plus précarisés depuis [sa] plus tendre enfance » débutée à la Rue 9x6 où il a vu le jour à l’aube de l’indépendance.

Un Médinois pure souche, très tôt piqué par le virus du foot ; une passion qu’il vit pleinement au sein de l’équipe navétane de son quartier, l’Asc Kussum, dont il deviendra joueur, vice-président et président. Auparavant, à quelques encablures de sa maison natale, à la frontière de la Médina et de Rebeuss, il se scolarisa à l’école primaire Clémenceau, aujourd’hui Ibrahima Diop, ensuite le lycée Blaise Diagne, enfin l’Université de Dakar d’où il sort avec une licence en Droit des affaires.

Déjà au lycée, en ces années 70, Seydou Guèye est politiquement engagé. Très à Gauche. Courant maoïste aux côtés de Mansour Elimane Kane, actuel ministre du Pétrole et des Energies, Mamadou Oumar Ndiaye, Directeur de publication du quotidien « Le Témoin », et autres Hawa Dia Thiam, ancien ministre et député. Une idéologie à laquelle il s’est très tôt dégagé en exprimant sa préférence pour le marxisme « du fait de la rigueur et de la pertinence de l’analyse sociale de cette idéologie : un matérialisme historique et dialectique, qui reste toujours d’actualité pour bien comprendre les questions économiques et sociales », argue-t-il.

Aujourd’hui encore, Seydou Guèye se dit être à l’aise dans cette pensée qu’il perçoit comme étant la social-démocratie ou le libéralisme social du Président Macky Sall où il retrouve les éléments structurant du rocardisme : « le penser clair, le parler vrai, l’agir concret ».

Rocard ! Le mot est lâché ! Il est peu probable d’appréhender Seydou Guèye dans sa plénitude et sa totalité sans jeter un faisceau de lumières sur son link avec le défunt Premier ministre français. Rétrospective.

Au milieu des années 80, le jeune médinois débarque à Paris, à l’Université Assas Panthéon Sorbonne d’où il sortira diplômé de l’Institut des hautes études internationales, non sans se signaler comme un meneur de grève, militant et syndicaliste dans le cadre de l’Union nationale des étudiants de France – Indépendante et démocratique (Unef-Id) composée de l’essentiel des courants de la Gauche, sauf ceux liés au Parti communiste français (Pcf). Là, avec des compagnons qui se révèleront de grandes figures politiques françaises – l’ancien Premier ministre Emmanuel Valls, l’ancien ministre Benoit Hamon –, il tape à l’œil de Michel Rocard qui l’adoube.

Militant de la Deuxième Gauche (Courant rocardien), Seydou Guèye est fait Délégué général des « Clubs Convaincre » fondés par l’éternel rival de François Mitterrand. « Les Clubs Convaincre » deviennent des usines où s’élaborent les positions du Courant rocardien dans la bataille des lignes qui fait rage au Ps. Et c’est lors d’une de ses rencontres qu’il fait, en 1998, une autre connaissance qui va déterminer la suite de son existence : Abdourahim Agne. L’alors cacique du Ps sénégalais est frappé et séduit par l’éloquence, la force argumentaire et l’attention dont jouit auprès des socialistes rocardiens ce frêle et pugnace débatteur. Il faudra plusieurs années à l’aîné pour convaincre le cadet de rentrer au bercail. Mais, Seydou Guèye n’en est pas encore là.

Pour le moment, c’est la cause de Michel Rocard qui l’engage. Un homme qu’il évoque encore avec beaucoup d’émotion : « Mon contact avec Michel Rocard permit la transformation de ma dimension protestataire vers l’engagement pour la citoyenneté active en prenant appui sur la création d’un courant de pensée qu’on a appelé la Gauche moderne et inventive. Une Gauche décomplexée qui a réglé son rapport avec le marché, une Gauche qui accepte la société de marché, mais travaille pour la transformation sociale. Il n’est plus question de révolution prolétarienne à l’avènement d’une société juste et solidaire par les ressorts d’une économie solidaire et de la réforme ».

Cependant, en dépit de son engagement, Seydou Guèye n’oublie pas le principal. Il enchaîne et décroche le diplôme de l’Ecole nationale d’assurances de Paris et un Dess en Sciences des organisations et de la production à l’Université d’Evry Val d’Essonne. Maintenant, le marché du travail l’attend. En moins de cinq ans, il passe par Eagle Star France, une société d’assurance, filiale de la British american tobacco, comme Assistant Marketing et Communication ; Macif, la première compagnie d’assurance auto et habitation de France, où il est Chef du Département Audit et Organisation ; Lda Consulting, un cabinet où il est fait Consultant Senior.

Mais, la déliquescence du Courant rocardien et le mal du pays finissent par avoir raison de Seydou Guèye qui se souvient de sa discussion engagée avec Abdourahim Agne, quelques années auparavant, notamment autour de la nécessité de « donner de l’actualité à la pensée de Gauche qui oblige de se convertir à la réforme ». Et pour réformer, pourquoi ne pas créer un Parti de la Réforme. Il en devient membre-fondateur en 2001 et Porte-parole cinq ans durant, avant le clash et la séparation, en 2008, avec Abdourahim Agne dont il a été, entretemps, Directeur de Cabinet au ministère de la Microfinance, de la Coopération décentralisée, de l’Aménagement du Territoire et du Commerce.

Il n’éprouvera que quelques mois d’une relative oisiveté qu’il met à profit pour s’adonner pleinement à ses passions : le foot, la musique et ses lectures préférées : Platon, Nietzsche, Socrate, Hannah Arendt, Etty Hilsum. Avant de faire la connaissance, le 14 mai 2008, grâce à l’entregent de Mahmoud Saleh, d’une autre figure politique marquante : Macky Sall.

En somme, dire de Seydou Guèye qu’il est un bourlingueur relève de l’euphémisme, mais « si à vingt ans on n’est pas marxiste, c’est qu’on est bête ; mais si au-delà de 40 ans on demeure marxiste, c’est parce qu’on est bête » disait feu Jonas Savimbi.

Par Yakham C. N. Mbaye

Last modified on mercredi, 31 janvier 2018 08:44
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