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Lutte contre les inondations : Des opérations de curage lancées pour consolider les acquis

19 Mai 2018
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Des opérations de curage des canalisations et d’entretien des stations de pompage sont en cours dans plusieurs zones de la banlieue et à Dakar. L’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) et les autorités administratives ont effectué une visite pour évaluer le niveau de mise en œuvre des mesures.

L’eau a coulé à Tally Mame Diarra, au cœur de Diamaguène Sicap Mbao. Le convoi de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) a emprunté cette rue sans flaque, ni mare, ni bourbier. Les rues secondaires sont couvertes de sable. C’est l’indicateur de la baisse de la nappe phréatique. Cette agglomération est revenue de loin. La rue Mame Diarra n’est plus un ruisseau intérieur qui donnait sur les maisons. Pour comprendre cette transformation physique, il faut descendre la rue jusqu’à son bout. Ici, se trouve la station de Gouye Sappotti avec ses pompes de grande puissance. Elle symbolise les gros moyens dégagés par le gouvernement, en 2012 et 2013, pour libérer les riverains de la longue colonisation. Il fallait alors s’attendre à entendre des voix retraçant le long chemin parcouru. « Les ouvrages construits dans notre commune ont eu des impacts réels sur l’atténuation des inondations. Nous devons remercier les autorités, le président de la République, Macky Sall », reconnaît l’adjoint au maire de Diamaguène Sicap Mbao, Alphouseyni Tamba.

Sur la voie de Ndiawar Diagne, on voit certes des maisons abandonnées dans des coins où poussent des typhas, mais d’autres sont en reconstruction. La mairie a pu récupérer une zone inondable où elle a érigé le centre d’état civil. Les nouvelles constructions et les rues, jadis boueuses et aujourd’hui bordées de lame de sable, sont à nouveau ouvertes à la circulation. Ce  sont les signes de changements. « Après la pluie, c’est le beau temps depuis 2013 dans la commune de Diamaguène Sicap Mbao. Et ce, grâce aux infrastructures réalisées dans le cadre du Plan décennal de lutte contre les inondations. Nous avons même construit un centre d’état civil », confie Abdou Diop, président de la Fédération des délégués de quartier de ladite commune.

Après quelques détours dans le quartier Aïnoumady, nous voici à la station de Ndiawar Diagne. Une voiture d’inspection et des ouvriers sont à pied d’œuvre. Les opérations pré-hivernages sont en cours sur le site, comme si l’ordre a été donné de ne pas dormir sur ses lauriers. Les paroles sentent la rédemption, la reconnaissance… « Je répète la même chose que j’avais dit l’année dernière : les inondations sont vaincues à Ndiawar Diagne. Nous remercions le Président Macky Sall », glisse Awa Diop. Les propos  de cette dame illustrent les efforts et les énergies déployés par les techniciens et les investissements consentis par les autorités pour sortir des milliers d’habitants de Dakar des eaux. Sans les ouvrages, le flux de déplacés aller continuer à se gonfler. La preuve : en face de la station, on compte encore deux maisons abandonnées.

De la responsabilité des populations
Loin de Ndiawar Diagne, à la cité Diounkhom, l’imposante station a fait envoler le spectre des inondations. Sinon, sur le flanc gauche, un bailleur n’allait pas construire une maison à étage. « Regardez ! Vous avez à votre droite une personne qui a vendu sa maison à cause des inondations, sur votre gauche une autre a acheté une parcelle. Il est en train d’édifier un étage », compare le responsable de la lutte contre les inondations à la Cité Diounkhom, Serigne Saliou Sarr.

L’acteur est formel : « Si la station n’avait pas d’impacts, il n’y aurait pas de nouvelles constructions dans ce quartier », affirme M. Sarr. Dans la banlieue dakaroise, le bassin des quartiers inondables se rétrécit au fil des années. Cette avancée incite le sous-préfet de Guédiawaye, Abdoul Aziz Diagne, à la prudence. « Nous sommes rassurés par les opérations pré-hivernages. L’Etat a beaucoup investi dans la banlieue pour réduire les inondations. Aujourd’hui, ces opérations s’inscrivent dans la consolidation des acquis », a-t-il laissé entendre.
A la Zone de captage, le vaste bassin est débarrassé des déchets solides et des plantes envahissantes. Non loin de là, à la mosquée de Missirah, un sous-quartier de Grand-Yoff, une pelle mécanique racle le fond du grand bassin. Les sédiments et les détritus sont remontés à la surface par une grue. C’est une sorte de répétition qui a son importance. « Chaque année, l’Etat dépense entre 1,5 à 2 milliards de FCfa pour les opérations pré-hivernages. Cela veut dire qu’il y a un problème quelque part. Il ne faudra pas que les populations transforment les canalisations et les stations en réceptacles d’ordures. Elles doivent accompagner les efforts des autorités », prêche le directeur général de l’Onas, Lansana Gagny Sakho.

Par Idrissa SANE et Abdou DIOP (textes),
Ndèye Seyni SAMB (photo)

TROIS QUESTTIONS À… LANSANA GAGNY SAKHO, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ONAS : « L’IMPLICATION DES POPULATIONS EST FONDAMENTALE POUR OPTIMISER LE FONCTIONNEMENT DES OUVRAGES »
Le directeur de l’Onas, Lansana Gagny Sakho, a visité, le 17 mai 2018, les ouvrages de drainage des eaux usées de la région de Dakar. Il décline la place que les populations doivent occuper dans la lutte contre les inondations.
 
Vous venez d’effectuer une visite dans le cadre du lancement des opérations pré-hivernages. Quel est leur enjeu ?
Il faut rappeler que les travaux de curage et d'entretien des réseaux, prévus dans le cadre des opérations pré-hivernage 2018, sont en train d'être menés dans toute la région de Dakar. Elles visent à remédier à l'ensablement du réseau et à faciliter l'écoulement dans les collecteurs. Aussi, il est attendu la réduction des risques de débordement et de bouchon. Nous voulons avoir un fonctionnement optimal des appareils électromécaniques et des motopompes. De la station de Yeumbeul à celle de la Zone de captage, nous avons visité beaucoup d’ouvrages. Nous sommes dans l’anticipation. Notre objectif, c’est de permettre aux populations de passer un hivernage avec moins de problèmes.  Il y a eu des améliorations significatives qui découlent de la mise en place du Programme décennal de lutte contre les inondations et de lourds investissements qui s’élèvent à plus de 45 milliards de FCfa.
 
Vous avez dénoncé les comportements irresponsables des populations…
Les inondations, ce n’est pas un déficit d’investissements. C’est plutôt un problème de comportements. On ne peut pas transformer des stations en poubelles et s’attendre à ce qu’il n’y ait pas d’inondations demain. J’invite certains habitants à incarner des comportements responsables. Si les infrastructures n’étaient pas agressées, on n’aurait pas besoin de dépenser, chaque année, 2 milliards de FCfa pour le curage et l’entretien des stations. On aurait pu utiliser cet argent pour autre chose, notamment faciliter l’accès à l’assainissement à d’autres Sénégalais.
 
Est-ce que ces opérations concernent aussi les villes de l’intérieur ?
Le gouvernement est en train de mettre en œuvre d’importants projets à Kaffrine, à Sédhiou, à Touba. Cette dernière ville est confrontée à beaucoup de problèmes d’inondations. L’Etat ne peut pas tout faire. Nous devons avoir des comportements qui préservent les ouvrages. Donc, l’implication des populations est essentielle pour optimiser leur fonctionnement.

Par Idrissa SANE et Abdou DIOP (textes),
Ndèye Seyni SAMB (photo)

 

Last modified on dimanche, 20 mai 2018 15:56
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