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Omar Pène, ambassadeur de bonne volonté auprès de la communauté estudiantine : « Notre souhait est de voir les jeunes reprendre les cours et étudier dans de très bonnes conditions »

04 Jui 2018
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Nouvellement nommé ambassadeur de bonne volonté auprès de la communauté estudiantine, le leader du Super Diamono cache mal sa peine après les derniers événements survenus à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Dans ses nouveaux habits d’ambassadeur de bonne volonté, Omar Pène compte porter la bonne parole afin que la paix revienne dans les campus universitaires et amphis, non sans demander à l’Etat de tout faire pour que ces derniers événements, avec la mort de l’étudiant Fallou Sène, ne se reproduisent plus. Ce qui passe, selon lui, par une prise en compte effective de la question des bourses.

Vous venez d’être nommé par le président de la République ambassadeur de bonne volonté suite aux événements qui ont secoué dernièrement le monde universitaire. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle charge ?
Tout d’abord, je remercie le Président Macky Sall pour m’avoir confié cette mission, surtout par rapport à mes relations avec les étudiants qui datent de longtemps. Ce qui fait que j’ai toujours eu de bons rapports avec eux. Je vais donc continuer à leur parler, à discuter avec eux pour faire de telle sorte que ce qui s’est passé ne puisse plus se reproduire. J’étais toujours du côté des étudiants par le fait que j’ai créé beaucoup de chansons les concernant, en y traduisant les difficultés qu’ils rencontrent dans les universités. C’est cette proximité qui a, peut-être, amené le Président Macky Sall à me confier le rôle d’ambassadeur de bonne volonté et, éventuellement, pour aider, être utile et surtout porter la bonne parole. C’est une décision très noble que j’ai acceptée volontiers parce que cela a toujours été le cas. J’espère être à la hauteur, pour apporter ma modeste contribution à ce qui pourrait amener à trouver une solution durable et permettre aux jeunes d’étudier tranquillement.

Comment avez-vous vécu ces derniers événements survenus à l’université de Saint-Louis, avec la mort de l’étudiant Fallou Sène ?
Je l’ai vécue avec beaucoup de peine, sans faire de jeu de mots. Franchement, cela m’a beaucoup touché. C’est un événement malheureux, parce qu’il y a eu mort d’homme. Le jeune Fallou Sène a perdu la vie. Les causes de sa mort ont révolté plus d’un. Si les conditions étaient réunies et les bourses payées à temps, pareille chose n’allait peut-être pas arriver. C’est ce qui a amené les étudiants à réagir et à poser certaines conditions. Il fallait, dès lors, très vite trouver des solutions pour que pareille chose ne se reproduise plus et aussi donner l’occasion d’améliorer les conditions d’études de ces jeunes-là. C’est ce que le Président Macky Sall a fait lundi dernier. Il a pris des engagements très forts et des mesures très fortes. Une certaine partie des étudiants l’a compris. Mais il faut aller dans le sens du respect des engagements. Le Président Macky Sall a pris la mesure d’instruire son gouvernement pour que ses engagements soient respectés et que pareille chose ne se reproduise plus. C’est déjà une avancée. Néanmoins, il faut continuer à discuter parce qu’il y a une partie des étudiants qui maintient ses revendications et qui demande un peu plus. Aujourd’hui, tout le monde est conscient de cela et il faut des solutions. C’est ce qu’il faut et nous voulons que les étudiants reprennent les cours et rejoignent les amphis. C’est de leur avenir qu’il s’agit. C’est cela le problème. Nous sommes presque en fin d’année. Il faut la terminer et continuer à discuter pour qu’une solution durable soit trouvée.

Il y a toujours des étudiants qui refusent de rejoindre les amphis. Est-ce que vous allez faire des démarches dans ce sens ?
Cela fait partie de mes prérogatives. Si le Président m’a nommé ambassadeur de bonne volonté, c’est pour aller à la rencontre des étudiants et apporter ma modeste contribution. J’ai décidé de faire le tour de toutes les universités, de rencontrer les étudiants et de les écouter. Il ne faut pas se lasser de porter la médiation qu’il faut, tout en comprenant les moments difficiles qu’ils sont en train de traverser. Toute chose finit par se régler autour d’une table. Il faut que chacun comprenne qu’il faut trouver des solutions à ce problème. Des efforts sont en train d’être faits, même si ce n’est pas encore suffisant, disons qu’il y a une volonté de trouver des solutions. Dans la vie, il ne faudrait pas rester figé, mais être ouvert. Notre souhait, c’est que les jeunes reprennent les cours et aillent étudier dans de très bonnes conditions.

En 2014, quand il y a eu le décès de l’étudiant Bassirou Faye de l’Ucad, vous aviez dit : plus jamais ça ! Aujourd’hui encore, c’est la même situation. La question des bourses a toujours été source de tensions et de revendications dans les universités. L’Etat n’a-t-il pas intérêt à trouver des solutions structurelles à ce problème ?
Le Président Macky Sall l’a dit lundi dernier quand il a reçu les étudiants. Non seulement il a pris des engagements très fermes mais il a aussi augmenté le montant des bourses. Il a dit que le 5 de chaque mois, les bourses seront payées. Maintenant, il faut aussi trouver des conditions plus simples pour que les jeunes puissent les percevoir dans de bonnes conditions. Il a promis d’installer des Gab un peu partout pour que cela soit fait avec moins de difficultés. Ce sont des mesures très fortes, mais il faut les accompagner encore une fois. Il ne faudrait pas que des choses soient annoncées et que rien ne suive. C’est pour cela que le Président a instruit son Premier ministre de mettre tout en œuvre pour que les bourses soient payées à temps. Nous allons tous y veiller, parce que cette question est source de problème. Les jeunes ont toujours eu ces genres de problèmes à l’université. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Par rapport à ce qui s’est passé, les gens comprendront que dorénavant, il faut prendre toutes les dispositions pour que les boursiers soient payés à temps. Cela va régler pas mal de problèmes. Les étudiants n’ont que leurs bourses pour subvenir à certains de leurs besoins. C’est un facteur important pour que les étudiants puissent penser à leurs études. Ce sont des conditions qu’il faut réunir pour qu’ils puissent, sereinement, se concentrer sur leurs études. On ne peut pas étudier avec le ventre vide. Je suis sûr et certain qu’en ce qui concerne le Président Macky Sall, il fera le nécessaire. Il a été étudiant et il est très bien placé pour savoir les problèmes auxquels ces jeunes sont confrontés. Maintenant, il faudrait bien appliquer ces mesures et qu’on en parle plus. Cela ne sert à rien de prendre des mesures et de ne pas les appliquer. Sinon le problème va demeurer.

Vous suivez, depuis des années, l’évolution de l’Enseignement supérieur au Sénégal. Quel regard jetez-vous sur ce secteur ? Est-ce que les choses ont évolué ?
Il faut d’abord comprendre l’importance de l’Enseignement supérieur. Tout ce qui est important mérite une attention particulière, parce que nous parlons de relève. Le Président Macky Sall, lors de la rencontre avec les étudiants, leur a dit que, peut-être, quelqu’un d’entre eux sera assis à sa place dans quelques années. Qui parle d’avenir, parle de bien gérer cette situation-là. J’avais créé une chanson qui s’appelait « Métier », parce que pour moi, il faut multiplier les centres de formation professionnelle pour que les jeunes qui ne parviennent pas à réussir à l’université puissent y apprendre un métier. Nous sommes dans un pays en pleine construction. Donc nous avons besoin de bras pour cela. Pour construire une maison, nous avons besoin d’architecte et d’autres pour le plan. Mais tout le reste, c’est une main d’œuvre qui le fait avec les maçons, carreleurs, menuisiers et autres. Ce sont des métiers qui peuvent nourrir leurs hommes. Il faut, à un certain niveau, essayer de multiplier ces centres de formation et donner la chance aux autres. L’Enseignement supérieur a une grande importance dans la société et dans la vie d’une nation. Il faut mettre donc tous les atouts de ce côté-là et, éventuellement, inciter les jeunes à aller dans ce sens, tout en créant les conditions idoines afin qu’ils puissent en sortir et être utiles à leur pays. C’est un système qu’il faut améliorer. Nous avons besoin que les choses évoluent et s’améliorent d’année en année. Cela passe d’abord par l’amélioration des conditions. L’enseignement est un facteur très important pour un pays qui vise l’émergence. Donc il faut y prêter une grande attention.

Vous êtes un habitué du campus universitaire de Dakar. Aujourd’hui que des universités sont implantées dans beaucoup de régions, peut-on s’attendre à une tournée d’Omar Pène dans ces nouveaux campus ?
Il le faut. C’est aussi une façon de communier avec mes amis étudiants et cela a toujours été le cas. Il n’y a pas longtemps, j’étais à l’Ucad pour faire un concert. Je le fais périodiquement à l’Ucad et un peu moins dans les autres universités. Mais après cela, nous allons essayer, avec les étudiants qui sont dans les autres régions, de trouver comment nous pourrions joindre l’utile à l’agréable. Et les étudiants en ont grandement besoin.

Votre relation et proximité avec les étudiants datent de longtemps. Comment vous est venue cette grande affection pour les étudiants ?
Quand j’étais jeune, je fréquentais la bibliothèque de l’Université de Dakar. Mon père y travaillait et j’étudiais en ce moment à l’école primaire de Fann Hock qui était à proximité. Quand je descendais à midi, je rejoignais mon père à la bibliothèque et j’y restais toute la journée. Je voyais les étudiants venir à la salle d’études de la bibliothèque où il y avait une seule lampe et des livres. Ce qui m’avait frappé à l’époque, c’est le silence qu’il y avait. Vous pouviez entendre une mouche voler. Les étudiants étaient concentrés. Moi, j’étais un petit enfant et j’étais frappé par le sérieux de ces gens-là. Je me posais toutes sortes de questions et je me disais chaque fois qu’ils étaient sérieux les étudiants. J’en étais vraiment fan et me disais que ce n’était pas facile d’être étudiant. Comme je fréquentais la bibliothèque, les employés qui étaient à la banque du livre me donnaient des fiches pour que j’aille chercher des livres dans les rayons. Donc je connaissais l’endroit où se trouvaient les rayons des livres de sciences juridiques, économiques et autres. On m’appelait là-bas « Petit Pène » et j’étais, en quelque sorte, une mascotte de la bibliothèque.

C’est cela qui m’habitait très sincèrement. Quand je suis devenu chanteur, je me suis rappelé ces moments-là, en me disant que ce n’est pas facile d’être étudiant. Que ces gens-là éprouvent d’énormes difficultés pour réussir, devenir quelqu’un. J’ai, par la suite, eu des amis étudiants avec qui je discutais beaucoup autour du thé. Nous passions toute une nuit à discuter. Comme j’étais un chanteur engagé, avec des thèmes révolutionnaires dans mes chansons comme « Mandela », et que les étudiants à l’époque, jusqu’à aujourd’hui d’ailleurs, étaient versés dans ces créneaux-là dans les campus, le courant est donc vite passé. J’ai créé, par la suite, la chanson « Etudiant », sur Cheikh Anta Diop. C’est comme cela que s’est tissée une certaine relation d’amitié et d’estime entre Omar Pène et les étudiants. La chanson « Etudiant », c’était dans les années 1980-90. Avant même de l’enregistrer, je commençais à la chanter dans les espaces universitaires. La chanson a été très bien accueillie par les étudiants. Je me rappelle quand nous avons tourné le clip dans l’enceinte de l’université, il y avait presque tous les étudiants qui venaient danser et nous avions fait la fête. Compte tenu du fait que j’avais un fan club au sein de l’Ucad, qui fait partie de l’Amicale des fans club du Super Diamono (Afsud), ils venaient assister à mes spectacles et nous discutions beaucoup.

Quel est votre dernier message à l’endroit des étudiants ?
Malgré leur peine et leurs difficultés que je comprends et que je déplore, il ne faut pas qu’ils restent figés. Je profite de l’occasion pour leur présenter mes condoléances. Mon vœu le plus cher est que les étudiants puissent rejoindre les amphis, faire cours tout en continuant à discuter. Je suis sûr et certain que des solutions durables seront trouvées pour permettre aux étudiants d’étudier dans de très bonnes conditions. Ce que je souhaite aux étudiants est qu’ils réussissent parce qu’ils sont l’avenir du pays et le pays a aussi besoin d’eux.

Entretien réalisé par Oumar NDIAYE (texte) et Pape SEYDI (photo)

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