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Projet de loi portant statut du daara : Unanimité des acteurs et partenaires de l’enseignement coranique

06 Jui 2018
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Le projet de loi portant statut du « daara » a eu le consensus des acteurs et partenaires de ce secteur. C’est ainsi qu’il sera présenté au Conseil des ministres, aujourd’hui, avant son adoption par l’Assemblée nationale et la signature des décrets d’application. Les « daaras » seront ainsi reconnus par l’Etat et pourront bénéficier de subventions et de primes.


Une unanimité entre acteurs et partenaires sur le projet de loi portant statut des « daaras » ou écoles coraniques. C’est ce qui s’est dégagé, hier, lors de la rencontre présidée par le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne portant sur le statut des « daaras » et ses décrets d’application. Une unanimité qui, selon Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Education nationale, a poussé le Premier ministre à demander que ce projet de loi portant statut des « daaras » soit programmé pour la réunion du Conseil des ministres de ce mercredi 6 juin. Une phase qui précède celle de son adoption par l’Assemblée nationale avant les cinq décrets d’application qui vont accompagner cette loi. Une loi qui a connu plusieurs péripéties avec des réserves de la part des acteurs des « daaras » et aussi des familles religieuses.

In fine, c’est un grand pas qui vient d’être franchi pour ces institutions d’éducation coranique et religieuse. « Lorsqu’il s’est agi de définir un cadre institutionnel portant statut du « daara », le président Macky Sall  a tenu à ce qu’il y ait un consensus le plus large possible des acteurs et partenaires des « daaras ». Des concertations ont été conduites depuis plus de 4 ans. Elles ont conduit à consulter les chefs religieux de notre pays et à leur remettre le projet sur les « daaras », à consulter les associations de maîtres des écoles, les associations islamiques », a expliqué Serigne Mbaye Thiam.

Ces concertations ont permis l’élaboration d’un projet de loi portant statut du « daara » et de cinq décrets d’applications. Selon Serigne Mbaye Thiam, la dernière rencontre de ces concertations s’est tenue au mois de décembre 2017. C’est pourquoi, il a souligné que lorsque ce travail a été achevé, le chef de l’Etat a tenu à ce que le Premier ministre préside une rencontre de validation institutionnelle et sociale de ces projets de textes. Cette réunion a ainsi regroupé les représentants des familles religieuses, des associations islamiques, d’imams et de prédicateurs, d’organisations de la société civile qui interviennent dans l’éducation, d’associations des maîtres coraniques et d’écoles coraniques pour exprimer leur point de vue sur le projet de loi sur les « daaras ».

 Qu’est-ce qui va changer pour les « daaras » après l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale et la signature de ces cinq décrets d’applications ? D’abord, selon Serigne Mbaye Thiam, c’est la reconnaissance du « daara » comme institution d’éducation. « Le « daara » est d’abord institution islamique qui s’occupe de la scolarisation des enfants pour la mémorisation du Coran et l’éducation religieuse. C’est la mission première du « daara ». En sus de cette mission, des « daaras » peuvent opter pour intégrer les compétences de bases du cycle élémentaire dans la formation », a-t-il informé.

Intégration dans le secteur éducatif
Pour lui, quand le taux brut de scolarisation est calculé, c’est seulement l’enseignement formel dans les écoles qui est pris en compte. « Pourtant, il y a des écoles coraniques qui ont produit de grandes personnalités de ce pays qui ont été scolarisées dans ces « daaras ». Ce sont des intellectuels qui ne sont pas pourtant pris en compte dans le taux brut de scolarisation. Cette loi permet au « daara » d’être rattaché au secteur éducatif et de bénéficier, sous le contrôle des Inspecteurs d’académie et Inspecteurs d’éducation et de formation, de la procédure déclarative pour l’ouverture des « daaras » et c’est placé sous l’autorité du ministère de l’Education nationale, mais en y associant les acteurs et partenaires des « daaras », a-t-il poursuivi. Par exemple, quand il s’agira de certifier qu’un enfant a mémorisé le Coran, ce n’est pas l’Inspecteur d’académie lui-même qui va le déterminer, selon Serigne Mbaye Thiam. « Mais une commission comprenant des maîtres coraniques, des sachants dans le domaine qu’il va convoquer, pour que ces gens puissent certifier que l’enfant a mémorisé le Coran. Comme pour l’école privée, le « daara » aura une phase d’autorisation d’ouverture et de reconnaissance. Les « daaras » pourront bénéficier de primes et de subventions comme pour les autres écoles reconnues par l’Etat du Sénégal. En contrepartie, il y a des obligations à respecter », a précisé le ministre.

Oumar NDIAYE

CHEIKH TAHIR FALL, INSTITUT ISLAMIQUE SERIGNE PIRE KHALY AMAR FALL : « LE PROCESSUS A PRIS QUATRE ANNÉES »
Parlant au nom des maîtres coraniques, Cheikh Tahir Fall, de l’Institut islamique Serigne Pire Khaly Amar Fall, a affirmé que c’est un grand jour pour les « daaras » avec ce consensus sur le projet de loi. « Aujourd’hui, c’est un grand jour. Un jour que nous attendons depuis longtemps parce que nous avons beaucoup travaillé pour arriver à convaincre les acteurs de ce secteur des « daaras ». C’était très difficile. C’est un processus qui a pris quatre années », s’est-il réjoui. Anciennement président de l’association des maîtres coraniques, Cheikh Tahir Fall dirige actuellement l’association des amis des « daaras ». « Nous avons fait le tour du Sénégal pour rencontrer les chefs religieux, les associations islamiques. C’était très difficile, parce que les gens ne comprenaient pas, mais Dieu merci, si aujourd’hui, nous avons trouvé un consensus autour de ce projet de loi, c’est un grand jour ».

O. NDIAYE

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