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Résolution de la crise universitaire : Le Comité « Mai 68 » va jouer sa partition

12 Juil 2018
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Huit ans seulement après son accession à la souveraineté internationale, le Sénégal faisait face à un premier mouvement d’humeur à l’université. C’était en mai 1968. 50 ans après, les acteurs de ces événements revisitent et promettent de s’investir dans la résolution de la crise universitaire.

Premiers étudiants à avoir mené des mouvements d’humeur dans l’espace universitaire sénégalais, les membres du Comité Mai 68 restent très attachés au temple du savoir. Selon le président du Comité de pilotage de la commémoration du cinquantenaire de Mai 68, Abdoulaye Makhtar Diop, « la crise qui secoue l’université et le milieu scolaire ne les laisse pas indifférents ». Il s’exprimait à l’occasion d’une table ronde célébrant les 50 ans de ces évènements autour du thème « Quelle trajectoire pour le Sénégal, l’Afrique et le monde ? » Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces acteurs ne comptent pas rester les bras croisés. « Nous sommes d’horizons différents. Ce que nous avons décidé, c’est d’avoir une association avec les étudiants de la génération 1988 pour voir, avec toute l’expérience que nous avons accumulée, nos carnets d’adresse, etc., ce que nous pouvons faire pour intervenir en milieu scolaire et universitaire pour d’abord prévenir les conflits et ensuite aider à leur résolution. J’estime que nous avons un lot de personnalités qui peuvent avoir l’oreille des autorités et aider à la résolution des problèmes », a-t-il révélé.

Revenant sur le sens de ces évènements et leurs impacts sur le système éducatif, M. Diop a estimé que c’est à partir de mai 1968 que tout le cursus académique a été modifié. « Avant 68, tous les bacheliers avaient automatiquement une bourse entière et une chambre et avaient droit au transport via une navette entre le centre-ville et l’université. Après la grève, il y a eu une modification des programmes académiques. Parce que jusqu’en 1968 un étudiant pouvait s’inscrire dans trois Facultés. Aussi, il n’y avait pas de cartouchards. L’étudiant pouvait donc rester dans un même niveau pendant trois années sans être exclu. L’on avait également introduit la notion des partielles. Ce sont des choses qui ont beaucoup changé l’université. Cependant, la consigne était : soyons de bons étudiants mais aussi de très bons syndicalistes », a-t-il rappelé.

Abdoulaye Makhtar Diop, ancien pensionnaire du pavillon A, a toutefois gardé quelques regrets. Selon lui, l’ampleur de la grève avait fait que des étudiants, pourtant brillants, n’avaient pas pu finir leurs études. « C’est un message pour les jeunes. Ils doivent savoir que la principale bataille à gagner, c’est d’abord de réussir ses études », a-t-il conseillé.

Oumar FEDIOR

MOUSTAPHA NIASSE, PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE : « MAI 68 A ÉTÉ UN JALON IMPORTANT DE L’HISTOIRE POLITIQUE DU SÉNÉGAL »
Directeur de l’information dans le gouvernement de Senghor, l’actuel président de l’Assemblée nationale est un témoin oculaire des évènements de Mai 68. Dans un discours lu par son Directeur de cabinet, M. Niasse est largement revenu sur les péripéties. « Il faut préciser que, dès 1966, la chute de Nkrumah avait déjà donné une idée de la capacité d’indignation des étudiants. Plus tard, la décision du gouvernement de fractionner les bourses était une pilule difficile à avaler. Par la radio, le gouvernement a même essayé de mettre le mouvement en mal avec le peuple. Ça n’a pas marché. Les évènements étaient spectaculaires, mais le président Senghor les avait très bien gérés », a-t-il narré. Pour lui, « ces évènements sont un jalon important de l’histoire politique de notre pays ». « Ils ont inspiré un changement politique pour la révision de la situation du travailleur et de l’étudiant. Le génie sénégalais s’est illustré. C’est ce culte de l’essentiel qu’il faut préserver et pérenniser », a souhaité le président Niasse.

O. FEDIOR

MBAYE DIACK, ANCIEN SG DE L’UDES : « LE FRACTIONNEMENT DES BOURSES A ÉTÉ L’UNE DES PRINCIPALES CAUSES DU DÉCLENCHEMENT DU MOUVEMENT »
Acteur de premier plan du mouvement d’humeur de Mai 68, Mbaye Diack, ancien président de l’Udes, est revenu, avec nostalgie, sur les origines de cette grève. Selon lui, « la suppression de la première partie du baccalauréat a créé une surpopulation à l’université. Les autorités étaient obligées de fractionner les bourses qui étaient de 24000 FCfa pour introduire les demies et tiers de bourse. Le mouvement était tellement fort que le président Senghor craignait même pour son fauteuil. Parce que nous avions décrété une grève illimitée avec le soutien de presque tous les syndicats. Mais, nous n’avions qu’une seule cause, celle estudiantine. Et la bataille se faisait simultanément dans beaucoup d’autres pays. Certains pensaient même que nous étions sous la conduite des étudiants français ; ce qui n’était pas le cas », s’est-il remémoré.

Pour M. Diack, ces évènements méritent d’être expliqués à toutes les générations, parce que, a-t-il affirmé, « c’est ce qui a changé la marche sociopolitique du Sénégal ».

O. FEDIOR

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