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Interpellé à nouveau sur la question de la dette intérieure, le ministre de l’Economie rassure. Selon Amadou Bâ, « le budget du Sénégal est correctement exécuté ». A la date d’aujourd’hui, dit-il, le budget est exécuté à 48%. « L’année dernière à la même date, il était à 47% ; en 2016, à 49%. Nous sommes à six mois de l’exercice budgétaire, et que l’on tourne autour de 50%, cela montre une gestion prudente et rigoureuse des finances publiques », a-t-il fait savoir. Amadou Bâ soutient que « si l’on en juge par les liquidités dans l’économie, nous pouvons dire à la date du 20 juin que 1.626 milliards de FCfa ont été injectés par le trésor contre 1.517 milliards de FCfa à la même date de l’année dernière ; soit 109 milliards de FCfa de plus ». Les salaires pour 345 milliards contre 331 milliards de FCfa, la dette publique pour 457 milliards contre 437 milliards de FCfa, les entreprises et fournisseurs (Btp) pour 694 milliards contre 570 milliards, soit 123 milliards de FCfa de plus, explique le ministre tout en insistant sur le fait que « le budget s’exécute correctement, même s’il peut y avoir des retards çà et là ».

S. Diam SY

 

La « Coalition Plus » et l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs) travaillent main dans la main pour aider les pays africains à mettre fin à l’épidémie du Vih. Une visite de terrain a été organisée au Centre Jacques Chirac, au Siège Aides Sénégal, pour montrer la pertinence du dépistage démédicalisé.   

La « Coalition Plus », une union internationale d’Ong de lutte contre le Sida (cofondée par Aides en France), et l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs) ont organisé, le mardi 19 juin, une visite de terrain à l’intention des journalistes sénégalais et étrangers. Cette activité entre dans le cadre de la célébration des 10 ans de la « Coalition Plus ».

Cette visite a servi de prétexte à Magatte Mbodj de l’Ancs et Aliou Sylla, directeur de « Coalition plus » Afrique, de faire le point sur la lutte au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Le convoi a d’abord fait un tour au Centre Jacques Chirac de Thiaroye. Ici, l’interlocutrice des professionnels des médias a levé un coin du voile sur le travail de persuasion des usagers de drogues à faire le dépistage. Le schéma est clair. Les agents procèdent à un counselling, une méthode de communication interpersonnelle. Après, place à un face-à-face de plusieurs minutes. Au bout, les quatre sujets acceptent de faire le dépistage. L’un d’eux entre dans le labo où officie Abdoul Lakhate Faye. Il ressort soupirant après quelques minutes. Son résultat est négatif. Agé de 56 ans, l’homme est dépendant de la drogue dure depuis plusieurs décennies. Il a revu à la baisse sa consommation de drogue suite à une séance de sensibilisation des médiateurs. « Je peux même dire que j’ai arrêté de prendre de la drogue. Aujourd’hui, je me contente de la méthadone pour être un peu équilibré », a confié  notre interlocuteur.  Les yeux fixés sur le sol, l’homme nourrit des regrets. La drogue a détruit sa vie. Aujourd’hui, après ce test négatif, il retrousse les manches pour se faire une nouvelle vie.

Système classique du dépistage dépassé
Agé de 54 ans, son cousin Mohamadou Thiam est, par contre, père de trois enfants. L’aîné est à l’université. Après son test, il  a décidé de tourner le dos à la consommation de la drogue. « Je suis en train de vieillir. Je veux me concentrer sur l’éducation de mes enfants »,  a confessé M. Thiam devant la médiatrice. Le sentiment de satisfaction se lit sur le visage de la  médiatrice. Son souhait le plus ardent, c’est d’amener cette population cible à cultiver le réflexe du dépistage. 

Après le Centre Jacques Chirac, cap sur le  siège de l’Association Aide Sénégal (Aides). Cette organisation défend les droits de l’Homme, en particulier les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes,  les professionnelles du sexe et les consommateurs de drogues injectables. Sur place, les visiteurs ont eu droit à une séance de dépistage démédicalisé. Il s’agit d’un dépistage réalisé grâce à  l’utilisation de test rapide sans l’assistance d’un personnel médical.  Dans ses explications, le président d’Aides Sénégal, Diadji Diouf, a soutenu que le système classique de dépistage a montré ses limites.  La réalisation de l’un des trois  90 passe par un dépistage de masse des Sénégalais. D’après le directeur technique de l’Ancs, Massogui Thiandoum, le taux de dépistage au Sénégal est encore loin de cet objectif fixé. Le concept de dépistage médicalisé marche puisqu’il  permet de dépister certaines populations clés qui ont plus confiance en leurs pairs qu’à d’autres personnes. Dans le cas du dépistage médicalisé, la personne qui souhaite connaître son statut sérologie n’a pas besoin de se rendre dans une structure sanitaire.  « L’objectif est de faire en sorte que chaque Sénégalais puisse connaître son statut dans la pure confidentialité et l’anonymat », a fait avoir Diadj Diouf. Le groupe des journalistes s’est rendu aussi  chez les médiateurs  pour partager avec eux le repas communautaire.  Après la restauration, le médiateur Moussa Mal, de son prénom d’emprunt, a affirmé que c’est du riz à la viande amélioré  avec du « niébé ». « C’est ce genre  de nourriture qui est recommandé aux personnes infectées par le Vih puisque contenant beaucoup de fer qui est conseillé aux personnes qui prennent régulièrement des médicaments. C’est un plat riche », a-t-il signifié.  

Eugène KALY

Vih/sida et tuberculose
Des parlementaires africains formés pour porter le plaidoyer

Après Abidjan, en mai 2017, Saly-Portudal accueille, depuis mardi, un atelier régional des parlementaires africains pour une réponse au Vih et à la tuberculose basée sur les droits humains. Une rencontre à l’initiative d’ « Enda santé » qui compte s’appuyer sur les députés des pays représentés pour défendre la cause des malades.

Faciliter les échanges entre parlementaires, société civile, représentants des populations vulnérables, institutions étatiques, partenaires techniques et financiers ainsi que les autres parties prenantes de la lutte contre le Sida, tel est le but principal de l’atelier régional des parlementaires africains pour une réponse au Vih basée sur les droits humains.

Pour l’occasion, l’Ong Enda Santé a convié, pour quatre jours, 70 participants issus de dix pays d’Afrique (Botswana, Côte d’Ivoire, Kenya, Malawi, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Seychelles, Tanzanie et Zambie) à une réflexion. Le concours des différentes parties prenantes, en particulier les parlementaires, est primordial pour mener à bien la lutte contre l’épidémie. « Nous sommes à un tournant dans la riposte au Vih/Sida qui exige la mobilisation d’importantes ressources humaines, techniques et financières, ainsi que l’identification et la réduction de tous les obstacles pouvant empêcher l’élimination de l’épidémie », a déclaré le directeur exécutif d’Enda Santé, Daouda Diouf.  Il a également constaté que des freins majeurs à l’utilisation des services de prévention, de dépistage et de traitement du Vih sont notés dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Toutefois, il a reconnu que des progrès ont été accomplis dans la croisade contre l’épidémie au cours de ces dernières décennies. «  Pour la première fois dans l’histoire de la santé publique, on a eu des traitements efficaces avec des actions de prévention qui ont été menées, avec la maîtrise de la prévalence du Vih, dans des pays comme le Sénégal, à des niveaux très bas », a rapporté Daouda Diouf.  Pour sa part, la présidente de la Commission santé de l’Assemblée nationale du Sénégal, Aminata Guèye, espère qu’au sortir de la rencontre, ses collègues seront mieux armés pour mener le plaidoyer. « Nous attendons, au sortir de cet atelier, que les députés puissent être assez outillés pour développer des stratégies de plaidoyer assez efficaces pour renforcer les droits humains, agir au niveau des populations afin de réduire ou même supprimer la stigmatisation des personnes infectées par le Vih », a-t-elle dit. Ajoutant qu’en tant que parlementaires, ils serviront de relais pour Enda Santé afin d’être plus proches des populations, pour une meilleure prise en charge des malades.

Ousseynou POUYE

 

Jeune chercheur, responsable d’unité, puis directeur scientifique, Dr Amadou Sall a gravi les échelons en devenant le premier Sénégalais, voire Africain, directeur de l’Institut Pasteur de Dakar. Il compte s’appuyer sur ses 25 ans d’expérience pour en faire une institution incontournable dans la recherche, la production de vaccins et la gestion des épidémies au Sénégal et dans la sous-région. Dans cet entretien, Dr Sall avertit qu’aucun pays n’est à l’abri d’une épidémie. D’où l’importance de s’entraîner régulièrement pour ne pas être surpris.

Vous êtes le premier directeur africain de l’Institut de Pasteur de Dakar. Expliquez-nous comment vous êtes arrivé à occuper ce poste ?
Je travaille à l’Institut Pasteur de Dakar depuis 25 ans comme jeune chercheur. J’ai naturellement progressé, parce que dès le début, je me suis intéressé à une spécialité de l’Institut que l’on appelle Arbovirose fièvre hémorragique. Au bout d’un moment, tout le monde sentait que mon utilité était plus dans le leadership plutôt que dans la partie purement scientifique. Avec ce statut de leadership, je peux, d’une manière ou d’une autre, contribuer à la vision stratégique de l’Institut Pasteur de Dakar où j’ai été chercheur, responsable d’unité et directeur scientifique. Et au moment où il s’est posé la question de la nécessité d’avoir un directeur, je me suis permis de postuler. Heureusement, le choix s’est porté sur ma modeste personne.

En termes de management, qu’est-ce que vous avez apporté de plus ?
J’essaye de porter l’Institut Pasteur de Dakar à un niveau d’excellence. C’est mon travail quotidien. Je m’investis dans cette quête d’excellence. Il y a eu, dans ce sens, quelques éléments intéressants, car lorsqu’on est originaire d’un pays, on a une meilleure compréhension de certains besoins et une grande facilité vis-à-vis de certains problèmes, notamment nos sensibilités locales.

Maintenant, c’est un travail qui se fait en partenariat. Je me suis appuyé sur les réalités du Sénégal pour mieux servir les populations. Une des grandes priorités de l’Institut Pasteur de Dakar, c’est de se focaliser aussi sur les priorités locales. Si on comprend ces priorités, il devient beaucoup plus simple de travailler dans la structure. L’avantage, c’est aussi d’avoir eu un meilleur échange avec les autorités et un meilleur partenariat avec certaines personnes parce qu’on connaît bien le pays. C’est cette connaissance du pays qui nous aide à mieux cerner les besoins.

Beaucoup d’examens et d’analyses se font à l’Institut Pasteur de Dakar. Comment faites-vous pour satisfaire cette forte demande ?
Effectivement, il y a une grosse demande. Mais, c’est cela un peu notre mission, soulager les populations au point de vue de la santé, parce que c’est le mandat que nous a donné le gouvernement et l’Institut Pasteur de Paris qui sont nos deux membres fondateurs. Nous devons satisfaire la demande, que ce soit dans les domaines de la santé publique, de la formation ou de la recherche. Il y a beaucoup de demandes. C’est pour cette raison que nous  continuons à mobiliser les autorités, les partenariats et surtout à développer une vision orientée à long terme.

Aujourd’hui, l’Institut Pasteur de Dakar a un grand programme pour augmenter sa capacité de production de vaccins dans un site qui sera implanté à Diamniadio. Ce sera en partenariat avec le gouvernement du Sénégal, l’Agence française de développement (Afd), la Banque islamique de développement (Bid) et la Fondation Bill et Melinda Gates. C’est un  partenariat assez large qui permettra au Sénégal de se  doter d’un outil qui sera la seule unité en Afrique à produire un vaccin reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Ce sera un vaccin pré-qualifié. C’est dans ce type de défi que l’Institut Pasteur s’inscrit afin de répondre aux besoins des populations. Et ce, en associant l’excellence à la recherche mais aussi à la  santé, à la formation et à l’expertise. Chaque année, nous essayons d’aller un plus loin pour satisfaire la demande des populations.
 
Ce vaccin concerne quel type de maladie ?   
C’est un vaccin contre la fièvre jaune. Il est important d’augmenter les capacités de production parce qu’il y a un déficit annuel de 42 millions de doses de ce vaccin dans le monde. Nous allons travailler à réduire ce gap de manière à ce que les populations sénégalaises d’abord, africaines et mondiales ensuite, puissent pouvoir faire face à ce fléau.  

En 2014, avec l’épidémie de la maladie à virus Ebola, l’un de vos collaborateurs a été infecté en Guinée, puis envoyé en Allemagne pour les soins. Le même jour, le Sénégal enregistre son premier cas importé. Comment l’Institut Pasteur de Dakar a-t-il géré tout cela à cette période ?
C’était une semaine très difficile pour l’Institut Pasteur de Dakar. Cela montre aussi que les agents de cette institution sont exposés à toutes sortes de risques surtout dans l’exercice de leur travail. Nos équipes mettent leur vie en danger en se rendant dans les zones d’épidémies. Certes, nous avons de l’expertise pour éviter que cela soit dramatique. Pour ce qui est du cas de la maladie à virus Ebola, nous avions l’assistance des autorités sénégalaises. Nos partenaires allemands et étrangers nous ont aidés à sauver notre collègue qui est, aujourd’hui, l’un des responsables les plus importants de l’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre les épidémies.

Cela veut dire que, même si parfois on vit des situations dramatiques, le cœur est toujours à l’ouvrage, parce que c’est une vocation pour nous de sauver des vies. C’est notre credo. Je rappelle que le Sénégal a résisté à l’épidémie d’Ebola grâce à la mobilisation et au leadership du ministre de la Santé de l’époque, le Pr Awa Marie Coll Seck. En tant que médecin, elle a permis au Sénégal de faire face à ce cas importé. Il faut aussi rendre hommage à l’équipe de l’Institut Pasteur de Dakar pour son expertise et sa mobilisation contre l’épidémie à virus Ebola qui est à l’origine de centaines de morts dans des pays de la sous-région.

Le Sénégal est-il toujours sous la menace des épidémies comme Ebola qui fait actuellement des ravages au Congo ?
Le Sénégal est, aujourd’hui, mieux préparé qu’il ne l’était il y a quelques années pour ce qui concerne les épidémies. Le gouvernement a investi énormément d’argent pour mieux faire face sans compter l’implication du président de la République, des partenaires et de l’Institut Pasteur de Dakar. La mobilisation de ce beau monde fait que le Sénégal est bien préparé pour faire face à d’autres épidémies. En matière d’épidémie, ce que 25 ans d’expérience m’ont appris, c’est qu’il faut être vigilant. Nous devons nous entraîner régulièrement, car aucun pays n’est à l’abri. Même si le Sénégal est mieux préparé en matière d’épidémie que la plupart des pays que j’ai eu à visiter, cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas sous la menace. Cependant, nous avons des moyens d’y faire face.

Le Sénégal est donc en avance sur les autres pays dans la lutte contre les épidémies. Est-ce dû à l’Institut Pasteur, la seule institution qui s’occupe de ces questions dans toute la sous-région ?  
L’Institut Pasteur de Dakar joue un rôle important dans la gestion des épidémies. C’est l’une de nos spécialités. Je ne vais pas vous dire le contraire, car nous jouons un rôle central et important dans ce domaine. Bien que nous jouions un rôle important du côté du laboratoire, de l’expertise en épidémiologie, en entomologie et dans les secteurs qui sont importants, il faut reconnaître que c’est un travail qu’aucune institution ne peut faire seule. Nous le faisons avec le soutien du ministère de la Santé, des experts en épidémiologie, le Centre de coordination des urgences sanitaires et des experts travaillant dans les domaines de l’assainissement, de la lutte anti-vectorielle...

La gestion des épidémies nécessite une approche multidisciplinaire parce qu’il faut avoir une excellente coordination avec les autorités de la santé. Ces dernières mettent en disposition un volet logistique de prise en charge des malades qui sont envoyés dans des structures d’excellence comme les hôpitaux de Fann, Principal et Aristide Le Dantec. Il y a aussi un volet laboratoire investigation auquel les agents de l’Institut Pasteur de Dakar ont beaucoup investi. C’est pour cette raison que je vous disais, au début, que le Sénégal est mieux préparé que les autres pays en gestion des épidémies.

Il y a souvent des épidémies dans des pays lointains comme le Brésil, le Mexique, la République démocratique du Congo... Malgré cette distance, est-ce qu’on peut dire que notre pays est sous la menace de ces épidémies ?
C’est important que vous preniez l’exemple du Brésil ou du Mexique. Quand l’épidémie du Zika a commencé dans ce pays, les Brésiliens se sont rendus compte très vite qu’un des groupes les plus experts au monde dans ce domaine était l’Institut Pasteur de Dakar. Notre institution a une tradition de travail dans ce champ. Le Brésil a fait appel au Sénégal dont les experts sont partis, pendant trois semaines, former des chercheurs brésiliens de l’Etat de Sao Paulo en diagnostic et dans certaines techniques que les experts de ce pays ne maîtrisaient pas pour mieux gérer ce genre d’épidémie. Cette invitation à un pays comme le Sénégal a été une fierté mais aussi une opportunité pour nos experts d’améliorer leurs connaissances, car cela nous a permis d’aider le Brésil et, en retour, d’apprendre.

C’est comme les militaires qui sont forts dans le domaine de la guerre. C’est parce qu’ils n’arrêtent pas de s’entraîner. En matière d’épidémie, il ne faut jamais dire qu’on n’est prêt. On peut se préparer pour des choses que l’on connaît, mais les épidémies peuvent être des choses que l’on ne connaît pas. C’est pour cela qu’il faut, sans arrêt, se préparer en développant une expertise. A l’Institut Pasteur de Dakar, nous faisons de la recherche sur les virus rares. Nous faisons aussi de la recherche en technologies rares en travaillant beaucoup sur la santé publique et la surveillance, en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Nous faisons également un travail de formation, car aujourd’hui, il faut des compétences variées en s’ouvrant aux nouvelles disciplines que sont la Bioinformatique et la Biomathématique. C’est ce travail permanent d’amélioration continue qui permet à nos équipes d’être, au fur et à mesure, parmi les meilleures dans le monde. Actuellement, l’Institut Pasteur de Dakar est la première institution africaine à être sollicitée par l’Oms lorsqu’il s’agit de déploiement.

Au moment où je vous parle, nous avons une équipe qui se trouve en République démocratique du Congo (Rdc). Elle va d’ailleurs être renforcée. De la même manière, nous pouvons être sollicités au Brésil, au Mexique, comme ce fut le cas avec l’épidémie de Zika. Nous avons fait une bonne partie des pays de l’Afrique où nous avons apporté notre expertise. Cela montre qu’il y a un travail continu d’amélioration qui se fait sur le terrain. Il faut travailler, sans arrêt, pour s’améliorer parce que les nouvelles technologies de l’information et de la communication évoluent très vite.
 
La recherche est le parent pauvre des politiques des dirigeants africains. Comment avez-vous fait pour être sollicité un peu partout ?
C’est vrai que la recherche reste le parent pauvre des politiques des chefs d’Etat africains. Vous avez raison. Il y a, en effet, très peu d’investissements qui se fait dans ce domaine même si des pays comme le Sénégal ont fait beaucoup d’efforts ces dernières années en y consacrant plus de ressources financières et humaines. J’ai moi-même eu l’occasion de participer à des concertations nationales où  l’enseignement supérieur et la recherche étaient au cœur de la question. Il y a un appui qui est donné par le gouvernement du Sénégal. Mais, il est important d’insister sur le fait que la recherche ne peut pas se faire sans le partenariat.

Aujourd’hui, l’Institut Pasteur de Dakar est soutenu par sa maison mère qui est l’institut Pasteur de Paris et un certain nombre de partenaires comme l’Agence française développement (Afd) qui nous appuie sur le vaccin, la Banque islamique de développement (Bid), la Fondation Bill et Melinda Gates. Tous ces partenaires nous donnent de l’argent pour la recherche et des activités génératrices de revenus comme la production de vaccins. Il faut aussi aller vers la recherche des fonds compétitifs.
    
L’Institut Pasteur de Dakar est-il impliqué dans le travail de recherche des vaccins contre certaines maladies chroniques comme le diabète ?
Nous travaillons sur le diabète, mais pas dans le domaine du vaccin. A ma connaissance, je ne suis pas au courant de la production d’un vaccin contre le diabète. Il se peut que cela existe, mais nous travaillons à freiner cette maladie en faisant du dépistage. Nous suivons énormément de diabétiques qui viennent solliciter nos plateformes. Pour les autres maladies chroniques comme les cancers, nous sommes aussi très sollicités.

Nous avons commencé un travail avec des collègues cliniciens et ce sont des choses qui vont se développer de plus en plus. En Afrique, il y a des maladies infectieuses mais aussi chroniques, telles que l’hypertension artérielle, le diabète, le cancer, entre autres, qu’il faut prendre en charge parce que ce sont des doubles fardeaux. Nous ne pouvons pas nous débarrasser de ces maladies sans faire de l’investissement.

Beaucoup de Sénégalais estiment que les services d’analyses et d’examens de l’Institut Pasteur de Dakar sont chers. Pensez-vous que vos tarifs sont accessibles aux populations ?
C’est une question qui revient souvent, car certaines personnes pensent que nos analyses et examens sont chers. Je donne souvent la même réponse en leur rappelant que les analyses sont chères non pas parce que l’Institut Pasteur veut qu’elles le soient. Je peux vous assurer que si vous faites le point par rapport à la qualité que nous offrons, vous ne trouverez pas moins cher que nous sur le marché sénégalais. Je peux comprendre qu’il y ait un niveau élevé par rapport aux prix vu que cela dépend souvent d’intrants dont nous ne maîtrisons pas les coûts.  

Mais, nous travaillons sans arrêt pour que ces coûts baissent et que l’Institut Pasteur soit plus accessible aux Sénégalais, car notre objectif est que les prix des analyses et autres examens soient à la portée de tout le monde. Pour une certaine catégorie de populations, l’Institut Pasteur de Dakar a un tarif spécial surtout dans les endroits où nous savons qu’il y a des problèmes financiers. Pour le reste de la population, nous travaillons à réduire les coûts. Il faut comprendre que l’ensemble des ressources qui sont générées et gagnées à travers les laboratoires d’analyses ou le vaccin sont réinjectées soit dans l’activité de l’institut ou dans les populations puisque nous faisons aussi un travail de santé publique.  

Chaque fois que nous nous déplaçons pour des épidémies, une partie des frais que nous dépensons provient des bénéfices que nous avons eus dans les laboratoires d’analyses et de nos différentes activités.  Nous sommes une fondation à but non lucratif. L’objectif de l’Institut Pasteur de Dakar, ce n’est pas de faire de l’argent, mais de servir les populations. C’est pour cela que l’argent que nous gagnons est injecté dans l’activité de l’Institut Pasteur pour soulager nos clients. Je rappelle que toutes les prestations que nous donnons en cas d’épidémie sont gratuites.

Nous sommes le seul laboratoire qui investit l’argent gagné dans les activités de santé publique au profit de la population parce que l’Institut Pasteur de Dakar est une institution de référence. Nous sommes en train de travailler pour le rester. Il faut que les populations comprennent que l’Institut Pasteur est à leur service. C’est le mandat que nous ont donné nos fondateurs, l’Institut Pasteur de Paris et le gouvernement du Sénégal.

L’Institut Pasteur de Dakar compte aussi sur le partenariat. Vous avez d’ailleurs reçu le premier camion mobile laboratoire. Pouvez-vous revenir sur ses fonctionnalités ?  
Il s’agit effectivement d’un camion laboratoire que l’on appelle camion mobile. En gros, il permet de faire la quasi-totalité de tout le travail qui se fait dans un laboratoire. Les fonctionnalités techniques du camion permettent de travailler sur des agents très pathogènes comme le virus Ebola ou de ce type de dangerosité qui a un système de confinement extérieur permettant de faire le diagnostic. Ce camion dispose, à l’intérieur, d’une technologie de dernière génération qui permet de faire la détection des agents pathogènes. Il est constitué d’une plateforme technologique qui est une grande innovation.

La deuxième innovation est qu’il a des caractéristiques qui lui permettent d’aller sur tous les terrains. Il est équipé de verrats et est en format 6X6. Toujours à l’intérieur, on a tout le confort pour travailler dans de bonnes conditions puisqu’il y a la climatisation, la connectivité qui permet d’envoyer des résultats, de communiquer, de faire des téléconférences ou vidéoconférences… Quand il n’y a pas de réseau dans la localité où vous vous trouvez, il y a un téléphone satellitaire disponible qui vous aide à faire le travail. Donc, les caractéristiques de confort, de capacité de déploiement en font un outil exceptionnel. Il est exceptionnel aussi par le fait qu’il a été conçu et pensé après l’épisode du virus Ebola. Il prend en compte la gestion de toutes les épidémies.

Le dernier plus est que ce camion a une autonomie énergétique qui permet, pendant une semaine, de tourner et de pouvoir avoir un système d’électricité. Le camion dispose également, à l’intérieur, d’une chaîne de froid qui permet de faire, au-delà du laboratoire, de la vaccination et un certain nombre de choses. Son système est conçu pour permettre d’embarquer d’autres équipements comme l’échographie, la radiologie et l’ophtalmologie. C’est cette flexibilité qui en fait un outil exceptionnel. Ce qui est important à noter, c’est un outil développé dans le monde et l’on a recherché où il faut l’utiliser en Afrique. On est arrivé à la conclusion de venir l’utiliser au Sénégal parce qu’il y a une grosse expertise à l’Institut Pasteur de Dakar qui a été impliqué dans des épidémies : deux ans de lutte contre le virus Ebola en Guinée, sans compter notre contribution au Brésil, au Mexique pour  aider ces pays à mettre fin aux épidémies comme le Zika.

Propos recueillis par Eugène KALY

Le Sénégal pèse en matière de diplomatie. La preuve, le Conseil intergouvernemental du  Programme hydrologique international de l’Unesco sera dirigé par le Sénégalais Thierno Hamet Baba Ly. Ce dernier est le Secrétaire général du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Il a été porté à la tête de cette instance lors de la 23ème session de l’Unesco tenue à Paris du 11 au 15 juin 2018. Rappelons que le Programme hydrologique international est une organisation des Nations unies qui a comme axes d’interventions la recherche, l’éducation et le renforcement des capacités des acteurs. Le Sénégal va assurer la présidence pour une durée de deux ans.     I. S.

 

Amadou Moustapha Gaye, président de la Ligue sénégalaise contre le tabac (Listab), et son camp, face à la presse, mercredi dernier, ont indiqué, par rapport à la division notée dans leur structure, qu’ils sont les seuls légitimes et légaux. Ils indiquent qu’ils détiennent le récépissé de la Listab et appelle l’autre camp à respecter la légalité.

La Ligue sénégalaise contre le tabac (Listab), après son assemblée générale du 27 janvier 2018 qui a abouti à l’élection d’un Conseil d’administration et d’un nouveau bureau, connait une dissidence. Au sortir de cette Ag ordinaire, des associations membres de la Listab « ont attiré l’attention sur des irrégularités, des vices de forme et procédure multiples qui remettent totalement en cause toutes les décisions prises lors de l’assemblée générale », a indiqué Amadou Moustapha Gaye, président de la Listab, lors d’un point de presse. Ce dernier a, entre autres, listé des « irrégularités », le non-respect des critères d’adhésion au Conseil d’administration de la Listab et de la composition de ses membres, la non désignation des deux commissaires aux comptes qui devaient obligatoirement être présents pour certifier et valider le rapport financier présenté par la trésorière. C’est ainsi, a soutenu M. Gaye, qu’une vingtaine d’associations membres de la Listab ont engagé une pétition accompagnée de leurs signatures et cachets et réclamant la tenue d’une assemblée générale extraordinaire fixée le 14 avril 2018 dernier. Cette Ag a installé un nouveau bureau dirigé par Amadou Moustapha Gaye, membre fondateur de la Listab. Djibril Wélé, secrétaire général sortant de la Listab, a été choisi comme secrétaire exécutif. D’ailleurs, il a assuré qu’ils détiennent le récépissé de la Listab et ont avec eux la majorité des associations qui composent cette fédération de structures œuvrant dans la lutte contre le tabac.

Oumar KANDE

 

L’avenir de la planète dépend en grande partie des écosystèmes forestiers. La disparition des forêts pourrait plonger des millions de personnes dans la pauvreté et augmenter la prévalence des maladies virales. C’est le tableau peint à l’ouverture d’une importante portant sur les forêts.

La 21ème session de la Commission des forêts et de la faune sauvage pour l’Afrique se tient à Dakar du 19 au 23 juin. Elle a pour thème : « Restaurer les forêts, les paysages et la faune sauvage : libérer les opportunités pour un développement durable en Afrique ». Les intervenants ont vanté les fonctions écologiques des écosystèmes forestiers. En effet, les formations forestières fournissent des biens et des services aux populations et jouent un rôle majeur dans l’atténuation des effets du changement climatique… « La forêt nous fournit l’essentiel de l’énergie domestique : le bois de chauffe, le charbon de bois, le bois d’œuvre », a indiqué le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mame Thierno Dieng. C’est pour cela que la Banque mondiale va financer un programme régional de sauvegarde des forêts au Sénégal, en Guinée-Bissau et en Gambie. Mais, les actions de préservation doivent être menées aussi bien au niveau institutionnel que communautaire. En somme, la sauvegarde des forêts doit être l’affaire de tous.  «Notre rôle, c’est d’alerter les décideurs et de sensibiliser les populations », a déclaré le ministre qui a déploré l’exploitation irrationnelle et illicite des ressources forestières. L’universitaire, en se fondant sur les arguments bien connus, a établi les liens de cause à effet entre la dégradation des habitats dans les forêts et la propagation des maladies. « Si on est aujourd’hui en bonne santé, c’est parce que nous avons respecté la forêt. Si nous la détruisons, beaucoup d’agents pathogènes vont nous envahir », a prévenu ce praticien de santé. Une autre spécialiste de la Fao a embouché la même trompette. Il s’agit de Nora Berrahmouni qui a soutenu que sans la forêt et la faune, il ne saurait avoir de développement durable, ni de sécurité alimentaire, ni de prospérité à l’échelle communautaire. Le discours du ministre ougandais de l’Eau et de l’Environnement Sam Cheptoris est aussi alarmiste. A juste raison.  « Si l’environnement n’est pas bien protégé, nos pays seront transformés en désert », a averti Sam Cheptoris.  

Commerce illicite des ressources forestieres  
Les pertes estimées à 120 milliards de dollars par an

L'impact économique du commerce illicite des ressources naturelles est énorme pour l'Afrique. Cette activité induit des pertes directes de revenus, d’opportunités,  selon Almani Dampha, agent principal des politiques forestières de l’Union africaine. « Les pertes pour l'ensemble de l'économie sont estimées à 120 milliards de dollars américains par an. En plus, on dénombre 24 millions d’emplois perdus, soit environ 6 % du total des emplois en Afrique », s’est alarmé Almani Dampha.  A l’inverse, si les pays africains s’investissement dans la restauration, la conservation des écosystèmes forestiers, la préservation de la faune, les experts tablent sur la création de millions d’emplois par an. « En limitant les activités illicites dans les secteurs de la foresterie et de la faune sauvage, l'Afrique pourrait générer 25 millions d'emplois supplémentaires par an », a affirmé M. Dampha.

Serigne Mansour Sy CISSE

 

 

Le projet d’amélioration de la santé et du bien-être des femmes et adolescentes du sud du Sénégal a été lancé hier. Il est financé à hauteur de 19,9 millions de dollars canadiens, environ 8,5 milliards de F Cfa, par le Canada. L’objectif  visé reste  l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive de plus de 630.000 femmes dans les régions de Kédougou, Tambacounda, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor.

Les régions du sud qui possèdent des indicateurs de santé en deçà de la moyenne nationale bénéficieront d’un important investissement. Le projet d’amélioration de la santé et du bien-être des femmes et des adolescentes du sud du Sénégal (Sdafss) a été lancé officiellement hier. Il est financé par le gouvernement du Canada, à travers  « Affaires mondiales Canada », pour un montant de 19,9 millions de dollars canadiens, soit 8,5 milliards de F Cfa. D’une durée de cinq ans (2018-2022), Sdafss a comme objectif principal  l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive de plus de 630.000 femmes âgées de 15 à 49 ans parmi lesquelles 320.000 adolescentes âgées de 15 à 24 ans, dans les cinq régions de Kédougou, Kolda, Sédhiou, Tambacounda et  Ziguinchor. Le choix de ces zones d’intervention a été justifié par le Directeur de la santé de la mère et de l’enfant, Dr Oumar Sarr. Il a énuméré, entre autres, les taux de mortalité maternelle et infantile supérieurs à la moyenne nationale. À titre illustratif, cette proportion est de 921 décès pour 100.000 naissances vivantes à Kédougou. A cet indicateur, Dr Sarr a ajouté le taux élevé de la prévalence de l’excision chez les filles âgées de moins 15 ans avec les pourcentages respectifs de 53 % pour Sédhiou et 45 % pour Kolda. Ce n’est pas tout. La prévalence contraceptive est plus faible dans les régions précitées où persistent les Violences basées sur le genre (Vbg).  Selon le Directeur de la santé de la mère et de l’enfant, ce projet relèvera le niveau de performance des centres de santé. En plus, il est prévu l’augmentation des prestataires afin de couvrir les besoins de prise en charge des femmes souffrant de fistule obstétricale et d’autres pathologies. Pour sa part, l’ambassadeur du Canada au Sénégal, Lise Filiatrault, a établi une corrélation entre l’accès aux soins pour les filles et leur performance scolaire et leur autonomie financière dans le long terme. Ce sont autant de raisons qui ont poussé le Canada à financer ce projet qui sera exécuté par le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa). Ce financement de près de 20 millions de dollars canadiens contribuera, selon l’ambassadeur du Canada au Sénégal, à changer la situation des femmes au sud du Sénégal. « Il s’agit d’être là où les besoins en santé de la reproduction sont le plus élevés », a laissé entendre Mme Filiatrault, convaincue de la réalisation des objectifs  avec l’engagement de tous les acteurs.

Améliorer les conditions de vie
L’espoir de l’amélioration des conditions de vie des sujets  bénéficiaires a été au centre du discours de Cécile Compaoré Zoungrana, représentante-résidente de l’Unfpa au Sénégal, qui a pensé,  par rapport à la zone d’intervention, que « choix ne pouvait être plus avisé ». Pour elle, l’initiative s’inscrit en droite ligne avec le plan stratégique de l’Unfpa pour la période 2018-2021. « Au cours de ces dernières années, au Sénégal, des femmes qui meurent en donnant la vie ont fortement diminué avec la moyenne de 315 décès pour 100.000 naissances vivantes, soit environ 4 décès maternels par jour », a constaté Cécile Compaoré Zoungrana. Toutefois, elle a regretté que les adolescentes continuent de payer le plus lourd tribut avec 629 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes au Sénégal.  La cérémonie sied pour magnifier la contribution du pays donateur à la mise en œuvre de la politique de démocratisation d’accès aux soins, notamment aux services de la santé de la reproduction. Le Secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Action sociale, Alassane Mbengue, a confirmé que ce soutien du Canada vient en appoint à la réalisation des ambitions du Sénégal en matière de santé. Pour lui, la santé et le bien-être des femmes et des adolescentes est une composante essentielle de la politique de santé définie par le Sénégal. « Pour assurer la protection de cette cible très vulnérable, plusieurs lois, relatives notamment à la santé de la reproduction, à la prévention et à l’élimination des violences basées sur le genre, ont été adoptées », a indiqué  M. Mbengue. Reconnaissant que l’accès universel à des services de santé de la reproduction de qualité tarde à être optimisé, il est d’avis que ce projet sera d’un grand apport pour les régions du sud. Faudrait-il le rappeler, le Canada a dégagé une enveloppe globale de 650 millions de dollars canadiens pour toute l’Afrique.

Oumar KANDE et Fatoumata Sadio DIALLO (stagiaire)

 

La Conférence régionale sur la réduction des inégalités de genre dans le secteur Wash (assainissement, eau et hygiène) a été lancée hier à Dakar.
Depuis hier, des experts régionaux et internationaux se réunissent à Dakar, pour deux jours, dans le cadre de la Conférence régionale sur la réduction des inégalités de genre dans le secteur Wash (eau, assainissement et hygiène). Première du genre, cette conférence a pour objectif d’évaluer les avancées en ce qui concerne la réduction des inégalités de genre dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène tout en analysant les barrières et obstacles dont les femmes et les filles sont confrontées. Cette rencontre constitue donc la dernière étape du Programme conjoint genre, hygiène et assainissement mené en Afrique de l’Ouest et du Centre par le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc) et l’entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (Onu Femmes). Doté d’un budget de 2,6 millions de dollars Us, environ 1,5 milliard de FCfa, ce programme est mis en œuvre dans trois pays pilotes depuis 2014, à savoir le Cameroun, le Niger et le Sénégal. Il a pour objectif de renforcer les politiques d’hygiène et d’assainissement et d’améliorer les pratiques des femmes et des filles de la région.

Longtemps négligées, l’assainissement, l’eau et l’hygiène sont des problématiques qui occupent une place centrale dans les Objectifs de développement durable. « De la conception à la mise en œuvre des programmes et politiques, il existe d’importants écarts que les gouvernements tendent, aujourd’hui, à maîtriser et à diminuer », révèle un document parvenu à la rédaction. Il s’agit notamment du nombre de toilettes réservées uniquement aux femmes et aux filles, de la présence d’eau et d’équipements permettant une bonne gestion de l’hygiène menstruelle, de la qualité des infrastructures, de la gestion des eaux usées et du suivi et de la durabilité des programmes.

Rolf Luyendijk, directeur exécutif du Wsscc, qui s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture, a aussi souligné : « Nous avons également relevé l’absence de femmes dans des instances de prise de décision relative aux services d’eau et d’assainissement ».

Oumar KANDE

 

La première promotion de Sonatel Academy, l’école de codage gratuite, a déjà bouclé sa formation. Ils sont 48 futurs développeurs web à constituer cette promotion test.

Youssouf Coly affiche le sourire. Il vient de terminer, après 7 mois de cours très intenses, sa formation à Sonatel Academy. Il fait partie de la promotion test de la première école de codage gratuite au Sénégal. Depuis novembre 2017, ils ont commencé les apprentissages dans cet institut qui se trouve à l’intérieur du Centre d’incubateur des Tic (Ctic) de Dakar. Au départ, ils étaient 50 apprenants sélectionnés sur plus de 13 000 candidats suite à un appel à candidature.

A l’arrivée, 48 apprenants ont suivi la formation en Développement web, d’applications sur mobile et de logiciels. Ils vont recevoir leur parchemin à la fin de leur stage. Youssouf Coly s’est dit prêt à utiliser les connaissances acquises. Dès la fin de ce mois de juin, il va démarrer son stage en entreprise. Donc, pendant 3 à 6 mois, il continuera son apprentissage, cette fois-ci dans le milieu professionnel. « En 7 mois, on a pu acquérir les compétences qu’il faut, la technologie qu’il faut », se réjouit-il.

Dans la cour de l’institut, les apprenants discutent. L’air joyeux, ils sont heureux d’avoir suivi cette formation qui leur ouvre les portes du monde professionnel. Après 6 mois passés ensemble, ils se sépareront bientôt pour démarrer leur parcours. Cependant, Youssouf Coly, lui, retient toujours cet « esprit de groupe et la cohésion sociale » qui ont régné dans le centre pendant la formation. Ces apprenants qui ne se connaissaient pas à leur arrivée à Sonatel Academy ont, aujourd’hui, tissé des relations fortes. Dans quelques mois, ils vont laisser la place à d’autres.

Mariama Diallo, une autre bénéficiaire, estime que « la formation a été riche en enseignements ». En seulement 6 mois, l’apprenante qui, par le passé, avait déjà fait une formation en informatique, a « appris à apprendre n’importe quel langage de programmation ». « La Sonatel ne m’a pas appris tel ou tel langage. Elle m’a remis les outils nécessaires pour pouvoir développer n’importe quelles solutions. Ils nous ont enseigné avec les dernières technologies », se félicite-t-elle. « Nous avons appris à apprendre tout seul d’abord. Nous n’avions pas des professeurs, mais des accompagnateurs qui étaient là pour nous diriger sur certaines choses. Mais, la majeure partie de la formation se faisait entre apprenants », renchérit son camarade Diafar Guèye.

Ce dernier a déjà commencé son stage en entreprise depuis le début de ce mois. Il informe que lui et trois de ses promotionnaires ont déjà une « idée de projet qui porte sur l’élevage ». Lequel est même en liste pour le Prix entrepreneuriat club de la Sonatel de cette année. « Au début de la formation, je ne m’attendais pas à tout cela. Aujourd’hui, j’ai toutes ces opportunités qui consistent à faire un stage et une formation très différente de la méthode classique et j’aspire à réaliser des choses au sein de cette entreprise », ajoute Diafar Guèye.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

L’échec fait partie de l’entrepreneuriat. Cette assertion a été reprise comme un refrain par les intervenants lors de la 6ème édition des Fuck up nights organisée, à Dakar, par la Fondation Friedrich Naumann.

La Fondation Friedrich Naumann poursuit son œuvre de promotion et d’encadrement des jeunes pousses. L’institution a, à cet effet, organisé, jeudi dernier, à l’Institut africain de management (Iam), sa 8ème édition de la Fuck up nights. Les jeunes entrepreneurs comme les anciens qui ont connu des échecs et sont encore debout ont partagé une partie de leur expérience. Les échecs répétitifs n’ont pas découragé les invités du jour dont Ibrahima Fall, le fondateur du journal « le Petit railleurs sénégalais », Alimatou Diagne, ingénieure des travaux statistiques, fondatrice de Carvi writer, aujourd’hui promotrice de l’autoédition des jeunes auteurs, Adama Kane qui a lancé la startup « Jokko santé », Dr Labaly Touré, fondateur de Geomatica... « Il faut du courage lorsqu’on s’engage en entrepreneuriat. Il faut combattre la peur de l’échec », a prêché la directrice de l’Afrique de l’Ouest de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, Inge Herbert. A son avis, l’échec ne doit être ni une fatalité ni un motif de renoncement d’une aventure entrepreneuriale. De nos jours, a-t-elle ajouté, en matière d’entrepreneuriat, les managers préfèrent plutôt parler d’erreur que d’échec.

Le Fuck up night est une plateforme de partage de bonnes pratiques. Elle a été popularisée au Sénégal par la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté. L’institution travaille avec une organisation dénommée Makesense et l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme).  

L’auto-emploi est, selon ces organisations, l’alternative au chômage des diplômés. Surtout que les Etats ne peuvent pas toujours trouver du travail pour tous les jeunes qui sortent des universités et des écoles de formation. « Nous savons que peu de jeunes diplômés sont employés par l’Etat. C’est pour cela qu’il faudra promouvoir et soutenir l’entrepreneuriat. C’est la voie de résolution de l’insertion des jeunes », a suggéré Pape Bâ de Makesense.

Les Fuck up nights font de plus en plus courir les responsables des pousses. Au fil des éditions, la Fondation Naumann a créé un espace d’échanges d’expériences et d’apprentissage pour tous les anciens et nouveaux entrepreneurs. « Parfois, le meilleur business plan, c’est d’essayer. Et en cas d’échec, vous tirez des leçons. Si je disais qu’il fallait concevoir un business, je n’allais jamais me lancer dans l’importation de la viande séchée », a affirmé l’ingénieure Alimatou Diagne, la première sénégalaise qui a exploré cette filière. Pour sa part, Dr Labaly Touré a souligné qu’il avait monté une entreprise avec comme principal objectif d’aider les jeunes à trouver du travail. « Aujourd’hui, des entreprises étrangères veulent acheter ma start-up. Je n’ai pas accepté les démarches qu’ils veulent intégrer dans le capital », a révélé le fondateur de l’entreprise Geomatica.

L’univers des start-up est en effervescence au Sénégal et dans plusieurs pays. C’est l’un des secteurs qui génèrent plus d’emplois, notamment dans les pays développés. Le désir d’autonomie et l’obsession de se soustraire de la monotonie bureaucratique expliquent la tendance à la création des start-up.    

Idrissa SANE

 


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