Le thème retenu pour le « baptême » de ces journées scientifiques est : « Réduction de la mortalité maternelle et néonatale : Quelles approches pour la sage-femme ? » Et la marraine n’est autre que Mme Viviane Wade qui a accepté de présider la cérémonie d’ouverture.
Durant trois jours, sages-femmes, médecins, infirmiers, partenaires au développement sont invités à se pencher au cours de quatre sessions sur différents sujets et l’invitation dépasse les frontières : « Le Mali et la Mauritanie préparent leur voyage », précise Marième Fall, présidente de l’Association nationale des sages-femmes d’état du Sénégal (Ansfes).
Les débats axés sur des sujets précis à savoir : le renforcement de l’information pour les cancers génitaux et mammaires de la femme, la formation des sages-femmes d’état au Sénégal, le repositionnement de la Planification familiale au Sénégal et les stratégies de réduction de la morbi-mortalité maternelle et néonatale seront menés par les sages-femmes. « C’est ce qui fait l’originalité de ces journées, 2/3 des communications orales sont faites par elles, à la suite de recherche. Jusqu’à présent ce sont surtout les universitaires qui avaient la parole », souligne le professeur Jean-Charles Moreau, chef de service de la gynécologie du Chu de Dantec.
Et les thèmes choisis trouvent leurs raisons dans les indicatifs de santé « la prévenance contraceptive n’est seulement que de 10 % et le taux de fécondité reste important, il est de 5,2 points », rappelle la présidente de l’Ansfes. Un exemple cité parmi tant d’autres.
Les objectifs sont remplis d’espoir et souhaitent assurer le renforcement des compétences des sages-femmes à travers un enseignement post universitaire, veiller à la qualité de l’offre des services fournis par la sage-femme, faire le plaidoyer en faveur de la prise de décision des femmes dans la prise en charge de leurs problèmes de santé, veiller, en relation avec l’ordre à l’exercice légal de la profession de sage-femme et enfin d’assurer l’accompagnement global humain de la femme. Car la profession traverse une crise. Plusieurs facteurs y contribuent, on parle de manque d’implication, le métier est devenu une nécessité, non une vocation. « Les attentes des populations sont très grandes, mais les débouchés pour ce travail ainsi que les conditions de travail ne suivent pas. L’environnement de travail joue sur la motivation », explique Marienne Fall. «
Il manque de sage-femme même à Dakar qui comprend 1/3 de la population et pas seulement dans les régions. Il faut que le gouvernement recrute pour répondre à la demande des populations », rétorque l’une des sages-femmes présentes hier.
Pour le Pr Moreau, il faut privilégier la qualité. « C’est anormal qu’une jeune maman accouche et reparte avec le virus du Sida ». Et pour aller dans ce sens le dernier jour des premières journées scientifiques de la sage-femme effectuent des consultations, des dépistages de cancers et du virus du Sida et une distribution de médicaments gratuits.
Ces journées ne manqueront pas de débats pertinents et doivent intéresser toute la communauté car : « Chacun d’entre nous à une dette envers une sage-femme, car il a crié la première fois dans ces bras », rappelle le professeur Moreau.
FANNY FONTAN (Stagiaire) |