Six cents trente minutes qu’on attendait ça ! Sept matches de représentants africains à cette XVIII ème Coupe du monde qu’on attendait la première victoire ! Mais, que des défaites (dont les deux de la Côte d’Ivoire qui l’éliminaient du coup) et deux nuls (celui concédé par la Tunisie qui nous a laissés un goût amer à la bouche et celui arraché de haute lutte par l’Angola qui eut le don de nous remettre à rêver, à espérer) ! Et puis, soudain, samedi, le top ! Le Ghana qui se paie la République tchèque, au huitième match mettant en lice une équipe africaine.
Superbe victoire en ce qu’elle met fin à une très longue attente. Elle aurait certes pu être bien plus confortable, tant les Ghanéens ont dominé leurs vis-à-vis. Mais, on l’a déjà dit, les attaquants, le premier pays à décrocher quatre titres de champion d’Afrique (1963, 65, 78 et 82) en a produit de bien plus performants que ceux chargés, en Allemagne, de mettre le feu aux défenses adverses. En fait, Asamoah plus Amoah n’égalent même pas Anthony Yeboah, sans parler des Opake Afrye et Opuku N’ti. La victoire n’en est que plus belle à savourer, puisque décrochée avec les tripes, grâce à un bel esprit de corps et d’équipe.
Ce premier succès, le Ghana l’a voulu, l’a cherché d’entrée (avec le but le plus rapide de la compétition) et l’a consolidé en fin de partie (avec ce deuxième but–assommoir). Ratomir Dujkovic, l’entraîneur serbe des « Black stars » avait averti que son équipe ne craignait personne et qu’elle jouait toujours pour gagner. Il a joint l’acte à la parole. Tous les techniciens ne peuvent pas en dire autant ; et certains s’en mordent déjà les doigts avant d’en faire les frais, tout prochainement.
En fait, le Mondial est un événement tellement fort, une occasion tellement rare et précieuse qu’on ne peut se permettre de remettre ses ambitions à plus tard. On n’y vient pas pour apprendre, mais bien pour saisir à fond chaque minute. Qui, en effet, joueur, équipe ou technicien, est sûr d’être encore là dans quatre ans, lors du prochain Mondial pour faire prévaloir son expérience ? Le Ghana a compris le topo qui a mordu dans tous ses matches comme un mort de faim ou plutôt un assoiffé de victoire. Et il a été récompensé, puisque le voici désormais plus sérieux porteur des espoirs africains dans ce Mondial.
Peut-on en espérer autant du Togo, aujourd’hui, face à la Suisse, voire de la Tunisie contre l’Espagne ? Pourquoi pas ! Vous souvenez-vous d’un certain 18 juin 2005 ? Ce jour-là, sans avoir été bons, les « Eperviers » s’en étaient repartis à tire-d’aile de Dakar avec le point inespéré et inattendu du nul qui leur balisait la route vers ce Mondial. Un an et un jour plus tard, les voici aujourd’hui face à un défi encore plus ardu : vaincre les Helvètes et s’entrouvrir les portes de l’espoir. Nul doute que ce sera tout sauf facile. Pensez-vous que ce le fut pour le Ghana qui a décroché samedi son … tchèque ? Ça l’est rarement à ce niveau. Et c’est pour cela justement qu’on doit être à la hauteur. Pour ne pas donner l’impression de s’être égaré à la table des grands. Le Ghana a montré le chemin à prendre…
B. KHALIFA NDIAYE |