L’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS), tout en lançant un appel pressant aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux du système éducatif à rétablir le dialogue, afin de trouver une issue heureuse au conflit que traverse l’école sénégalaise, menace de s’impliquer dans la lutte pour soutenir l’intersyndicale dirigée par Mamadou Diop Castro.
L’Unsas a décidé de s’impliquer dans la résolution de la crise scolaire, mais surtout d’apporter son soutien à l’Uden, membre de la centrale. Selon Mballo Dia Thiam, secrétaire général adjoint de l’Unsas, cette position de sa structure s’explique par « la grave situation » dans laquelle se trouve « le secteur sensible » de l’éducation. Une condition « regrettable » qui, estime de Mballo Thiam, découle d’une « mauvaise appréciation du gouvernement en laissant pourrir une crise dont l’ampleur risque de porter un grave préjudice au système éducatif ». Notant que le seul point d’achoppement concerne l’indemnité de logement, le porte-parole de l’Unsas défend l’intransigeance de l’intersyndicale qui, à son avis, a « fait d’énormes concessions notamment sur le point indiciaire en espérant trouver une oreille attentive du gouvernement sur la question relative à l’indemnité de logement » même s’il reconnaît les efforts de l’Etat. Le secrétaire général adjoint de l’Unsas accuse l’Etat de vouloir « installer le pays dans un climat de suspicion, d’affrontement verbal et faire monter la tension ».
Menaces sur le bac
Mieux, « le gouvernement ne jauge pas l’impact de la lutte sur les résultats des examens au regard des corrections et le taux d’admission fantaisiste qui risque de rabaisser le niveau des étudiants dans l’enseignement supérieur ». Mballo Dia Thiam de noter qu’actuellement, seuls 4 sur 10 professeurs en moyenne corrigent les copies des élèves. Des jurys sont bloqués à Ziguinchor, Kolda, Kaolack, Thiès et Dakar. L’office du Bac ne trouve pas mieux que de « faire migrer des copies de Thiès à Dakar » avec toutes les conséquences qui en découlent du point de vue de la fiabilité et de la sécurisation, « l’anonymat ayant été levé pour les copies déjà corrigées ». « La voie de la tricherie est très ouverte », ajoute Mamadou Diop « Castro » qui s’insurge contre ce qu’il appelle « l’attitude de fuite en avant du gouvernement et une campagne pour rassurer les parents ». De l’avis de M. Diop, « il faut arrêter cette spirale », rappelant la situation similaire vécue dans les années 80 et qui ont conduit aux états généraux de l’éducation. Il pense que le travail de l’office devrait consister à sensibiliser les autorités sur les dangers plutôt que vouloir faire croire que le bac peut se faire dans de telles conditions. Car, « les questions ne sont pas que techniques mais politique, psychologique, social », déclare « Castro ». Très en verve, Mballo Dia Thiam invite le chef de l’Etat à trancher et le gouvernement à renouer le fil du dialogue avec les partenaires sociaux du système éducatif afin de sauver ce qui reste de l’année scolaire, sinon, par devoir de solidarité, « l’Unsas n’hésitera pas à mettre sa force dans la lutte si cela s’avère nécessaire ». Déjà, l’Unsas s’engage à saisir le président de la République pour « une rencontre autour de la question dans le but de trouver une solution négociée à la crise », sonne la mobilisation de ses troupes et prévoit une assemblée générale en vue de définir un plan d’action. « Tous les moyens légaux seront utilisés », précise Mballo Thiam. Et Mamadou Diémé Sg adjoint du Sutelec de noter que l’Unsas est « une centrale composite ».
DAOUDA MANE |