Kinshasa - Une violente manifestation de partisans de l’opposant congolais Etienne Tshisekedi, hostiles à la tenue des élections prévues dimanche en République démocratique du Congo (Rdc), a été dispersée hier dans les quartiers est de Kinshasa, a constaté un journaliste de l’Afp.
Quelque 500 militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) ont violemment frappé plusieurs passants et journalistes, lancé des pierres contre les forces de l’ordre et systématiquement arraché et brûlé les banderoles de candidats à la présidentielle et aux législatives.
Avant même le début de la marche, qui avait été autorisée par le gouvernorat de Kinshasa, les jeunes manifestants avaient commencé à détruire les posters électoraux, scandant « Pas d’élections au Congo le 30 juillet sans Tshisekedi », « aucun bureau de vote ne sera ouvert le 30 juillet ! ».
L’Udps de Etienne Tshisekedi boycotte le processus électoral depuis son lancement en juin 2005 et n’a présenté aucun candidat aux élections. Partis de Kingasani vers 10h 30 Gmt, un quartier populaire bordé par la grande route menant à l’aéroport international de la capitale, les manifestants ont été dispersés en fin de matinée par la police, à moins d’un kilomètre du point de départ de la marche.
Pendant plus de deux heures, les jeunes militants de l’Udps ont crié des slogans hostiles aux étrangers et traité le président Joseph Kabila et le vice-président Azarias Ruberwa de « Rwandais » et le vice-président Jean-Pierre Bemba de « traître ». Tous trois sont candidats à la présidence.
La nationalité congolaise du président Kabila, qui a vécu longtemps en exil en Tanzanie et en Ouganda, a été plusieurs fois mise en doute par certains de ses adversaires.
Azarias Ruberwa, Tutsi congolais et chef d’une ex-rébellion soutenue par le Rwanda pendant la dernière guerre en Rdc (1998-2003), est considéré par de nombreux Congolais comme un étranger. Quant à Jean-Pierre Bemba, homme d’affaires devenu chef d’une rébellion soutenue par l’Ouganda, il est accusé d’être « un traître » par les militants de l’Udps « parce qu’il travaille avec des étrangers ». « Si Kabila est proclamé président de la République, tous les étrangers seront brûlés à Kinshasa », a lancé un jeune militant à des journalistes étrangers.
Après un premier jet de grenades lacrymogènes, les manifestants ont commencé à caillasser les voitures de particuliers et ont tenté d’ériger des barricades en travers du boulevard. Les agents de la Police d’intervention rapide (Pir), qui encadraient la marche, ont reçu le renfort d’une unité de la garde présidentielle qui a tiré en l’air à plusieurs reprises, dispersant définitivement la marche. En début d’après-midi, la situation était de nouveau calme et la circulation avait repris normalement.
MAURITANIE : L’ex-président Taya aurait « trempé » dans une tentative de putsch
Nouakchott - Cinq proches de l’ex-président mauritanien Maaouya Ould Taya inculpés pour « complot contre l’ordre constitutionnel » auraient reconnu « l’implication directe » de ce dernier dans la préparation d’un putsch, ont rapporté hier des sources sécuritaires et judiciaires.
Selon ces sources, qui confirment le contenu de procès verbaux de police publiés hier par la presse locale, les cinq inculpés auraient « explicitement reconnu l’implication directe » de M. Ould Taya, destitué en août 2005 et en exil au Qatar depuis. D’après les procès-verbaux, ces derniers envisageaient de perpétrer un coup d’Etat en l’absence de l’actuel président Ely Ould Mohamed Vall, de préférence entre les 25 et 30 juin.
Les mêmes sources affirment que les cinq prévenus ont reconnu avoir planifié le recrutement de mercenaires dans le nord du Mali pour lancer un assaut sur les centres névralgiques de la capitale. Ces sources précisent qu’un groupe de militaires et de civils devait alors annoncer le rétablissement de la « légalité constitutionnelle » et proclamer le retour de l’ancien président aux affaires.
Ces cinq membres de l’entourage de l’ancien président (trois militaires et deux civils) avaient été arrêtés les 19 et 29 juin par les autorités militaires au pouvoir depuis le renversement de M. Taya le 3 août 2005.
Inculpés le 18 juillet, ils encourent des peines pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité.
Selon la presse locale, le « coordinateur » présumé du putsch, Bamba Ould Saleck (civil) serait encore recherché par la police. Aucune de ces informations n’a pu être confirmée hier de source officielle..
AFP |