Ouagadougou - Une cinquantaine de femmes vêtues de noir se sont rendues hier à Ouagadougou sur la tombe du journaliste Norbert Zongo pour protester contre le non-lieu accordé par la justice burkinabé à un adjudant inculpé de son assassinat, a rapporté un journaliste de l’Afp.
Vêtues de pagnes et de foulards noirs, ces femmes, regroupées au sein du groupe "Femmes en noir du Burkina Faso", ont prié durant une heure sur la tombe de M. Zongo, assassiné en décembre 1998. "Nous sommes venues ici pour prier et dire non à l’impunité dans l’affaire Zongo", a déclaré à la presse Georgette Rouamba, porte-parole de ces femmes. Le groupe des "femmes en noir" est principalement composé de militantes de mouvements pour la défense des droits de l’Homme, de partis politiques et du "Collectif contre l’impunité" créé au lendemain de la mort de Norbert Zongo.
Le 19 juillet, la justice burkinabé a prononcé un non-lieu pour l’adjudant Marcel Kafando, seul inculpé dans l’assassinat de Norbert Zongo, journaliste d’investigation et directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant. Il avait été tué avec trois de ses compagnons sur la route de Sapouy à 100 km au sud de Ouagadougou. Il enquêtait à l’époque sur la mort de David Ouédraogo, le chauffeur du frère cadet du président burkinabé Blaise Compaoré.
Six "suspects sérieux" avaient été identifiés par une Commission d’enquête indépendante (Cei) mise en place par le pouvoir. Mais seul l’adjudant Marcel Kafando, ancien chef de la garde rapprochée du président burkinabé avait été inculpé avant de bénéficier du non-lieu.
La Cour d’appel de Ouagadougou a fixé au 16 août l’examen de l’appel interjeté par la partie civile sur le non-lieu.
AFP |