Il est parti comme l’ont connu ses proches. Dans la sobriété. Un mot qui résume l’homme : le Pr. Saliou Kandji.
La nouvelle de sa mort a surpris la communauté intellectuelle du pays, notamment l’université, les milieux journalistique, diplomatique ; différentes corporations auxquelles il a appartenu. C’est que Saliou est un homme de culture, un engagé de la cause africaine, une passion partagée avec Cheikh Anta Diop. Linguistique hors pair, il a été, comme Cheikh Anta Diop, ardent défenseur de nos langues nationales. Pour lui, toute langue véhicule des connaissances, des savoirs. C’est dans ce cadre que se situe la publication de son dernier ouvrage « Sénégal n’est pas Sunugaal ou l’étymologie du toponyme du Sénégal ». Une étude préfacée par le Pr. Assane Seck et qui est une invite à la relecture de l’évolution historique du nom du Sénégal.
Dans son témoignage, le Pr. Assane Seck souligne que le Pr. Kandji fut un « professeur émérite, un homme très cultivé qui s’est fait lui-même et qui a travaillé dans le même domaine que Cheikh Anta Diop. Il a une culture affirmée, une culture internationale, parlant à la fois le français, l’anglais et l’arabe ». Diplomate ayant servi en Irak, « il a rendu de grands services au Sénégal », ajoute le Pr. Seck. Effectivement, il aura joué un rôle prépondérant pour que le Sénégal abrite la première conférence islamique.
Cet homme frêle, rongé par le temps mais toujours résistant, a été avide de savoir. Ne ratant aucune rencontre à caractère culturel, scientifique, bref, intellectuel. Malgré le poids de l’âge (il est décédé à l’âge de 82 ans), il n’a jamais tourné le dos au savoir. En témoignent son dernier livre et ses multiples projets comme « Moïse, le non juif », « Religion et culture », « Le Coran, traduction et commentaire en wolof ».
Islamologue avéré, le Pr. Saliou Kandji savait manier la langue du Coran, l’Arabe. Engagé dans la cause musulmane, il a toujours plaidé pour l’unité de la communauté sénégalaise notamment à l’occasion de la Korité (l’Aïd El Fitr). « Il est possible d’avoir une seule Korité au Sénégal », disait-il. Ndiaya Diop, journaliste à Sud FM, ayant collaboré avec lui de 1998 à 2006 se souvient de « l’importance de la religion dans la vie de l’homme ». Mieux, dira Ndiaye Diop, le Pr. Kandji était un homme « simple, humaniste qui a le sens élevé de la République ».
C’est cet érudit qui a aujourd’hui tiré sa révérence. Comme Cheikh Anta Diop, sa disparition est une grande perte pour le monde culturel sénégalais, africain, international. Le Groupe SSPP Le Soleil présente à sa famille, ses proches, amis, au Sénégal, à l’Afrique, au monde, ses vives condoléances.
Qu’il repose en paix et que la terre de Yoff lui soit légère. Mais surtout que le Tout Puissant l’accueille dans son Paradis. Amen !
DAOUDA MANE |