Des récifs artificiels, qui vont servir de lieux d’habitations aux espèces de poissons dits nobles, sont installés sur les côtes maritimes de Saint-Louis. Cela, après une phase d’expérimentation réussie à Yoff et Soumbédioune à Dakar. L’implantation d’un seul récif artificiel coûte jusqu’à 100 millions de francs Cfa.
Les pêcheurs et professionnels de la pêche de la langue de Barbarie, à Saint-Louis (nord du Sénégal) ont accueilli avec enthousiasme l’immersion des deux premiers récifs artificiels au large des côtes maritimes de Saint-Louis.
Il s’agit d’implanter, progressivement, d’ici à la fin de l’année 2007, 10 régimes de récifs artificiels pour récupérer des poissons dits d’espèces nobles sur toute la côte sénégalaise, dans le cadre du plan stratégique national initié par le ministère de l’Economie maritime.
L’opération d’implantation de ces récifs artificiels est pilotée par la Fédération sénégalaise de pêche sportive conduite par son président Abdou Ngott. Il était accompagné de Abdou Kébé, champion du monde de pêche sportive, des experts de la pêche Sidy Cyr, Ariti Makhtar Diop et autres pour poser l’acte d’immersion des récifs avec des épaves de voitures, de bateaux et autres matériaux. Et après informer et sensibiliser les pêcheurs de Guet-Ndar sur la nécessité de sauvegarder et de protéger ces récifs, tout à fait à leurs bénéfices, dans les activités de la pêche artisanale.
C’est pourquoi, une rencontre présidée par l’adjoint du gouverneur chargé du Développement, Amadou Matar Cissé, s’est tenue à la gouvernance mardi dernier et en présence de toutes les organisations des professionnels de la pêche, d’une forte délégation des pêcheurs de Guet-Ndar et Gokhou Mbathie, qui n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction quant à l’implantation de ces récifs artificiels tant attendu. Parce que cela peut permettre de booster l’activité de la pêche à Saint-Louis.
En effet, depuis plus d’une décennie, la rareté des poissons dits d’espèces nobles s’est fait sentir sur les côtes saint-louisiennes, au point que les pêcheurs de Guet-Ndar étaient obligés d’aller vers les eaux maritimes de la Mauritanie, un pays voisin. Mais, cette attitude des pêcheurs a souvent eu des conséquences fâcheuses, ayant conduit pour la plupart du temps à des conflits, à l’arraisonnement de pirogues et matériels de pêche à la recherche de poissons logés dans les grottes sur la côte mauritanienne.
Pour que tout soit respecté, un vaste programme de sensibilisation des pêcheurs de Saint-Louis est planifié. Car, tout est question, selon le président de la Fédération sénégalaise de pêche sportive, Abdou Ngot, d’une grande responsabilité des pêcheurs tout au long de la côte maritime sénégalaise.
Ces récifs artificiels vont constituer des habitations pour loger toutes les espèces de poissons nobles après une expérimentation fructueuse à Yoff et Soumbédioune à Dakar. Le large de Saint-Louis a été la phase de concrétisation de ce projet de régime récifs artificiels dont une seule implantation peut coûter à l’État 100 millions de francs Cfa. Dès lors, ont averti les techniciens de la Pêche, il appartient aux pêcheurs artisanaux de les gérer à leur profit, en n’utilisant plus les grands filets de pêche autour de ces récifs artificiels qu’ils détruisent pour libérer tous les poissons en régénération dans les eaux maritimes de Saint-Louis, où la pêche constitue la première mamelle dans l’économie régionale.
B. MAURICE NDIAYE |