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Edition du Jeudi 02 Septembre 2010
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STATUT DU JOURNALISTE, FINANCEMENT DES MÉDIATS,CADRE JURIDIQUE, PRESSE EN LIGNE : Comprendre le nouveau Code de la Presse
Jusqu’à présent, c’est la loi 96-04 qui régule la presse sénégalaise. Etat, journalistes, techniciens, patrons de presse, juristes, société civile et parlementaires sont maintenant conscients du caractère désuet de ce texte. Celui-ci ne prend pas en compte toutes les préoccupations des journalistes et des entreprises de presse, de manière générale.
 
MONUMENT DE LA RENAISSANCE : Voyage dans la Mamelle du Souvenir
Du pied au sommet de l’une des Mamelles de Ouakam, le Monument de la Renaissance se nourrit du bon lait du souvenir. Un homme, son épouse et son enfant tendent la main à la postérité, les pieds bien ancrés dans un passé portant la douleur de leur condition mais qui est une merveilleuse ouverture vers la postérité et un monde nouveau.
 
CÉRÉMONIE DE LANCEMENT DE L’INITIATIVE UN ÉTUDIANT-UN LIVRE - DISCOURS DE LA CONSTRUCTION : Réunir les États généraux des BTP
« Autour de la problématique de la construction », c’est ainsi que le présentateur de l’émission « Le Débat » à la Rts, M. Oumar Seck, a campé le riche plateau qui s’est penché sur le livre de l’ingénieur en génie civil.
 
CÉRÉMONIE DE LANCEMENT DE L’INITIATIVE UN ÉTUDIANT-UN LIVRE - AMADOU WILLIER, PDG DE WILLIER-INGÉNIERIE : « L’auteur est un symbole pour la construction »
Etabli en France, ce chef d’entreprise né à Diourbel a rencontré Allé Diouf alors qu’ils fréquentaient l’Ecole supérieure de technologie (Ensut) ex-Iut. Ancien chef de service construction au Bureau de Contrôle APAVE, il revient ici sur l’attachement de l’auteur à la compétence, à la qualité et à l’organisation du secteur, pour une durabilité des ouvrages.
 
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Notre supplément sur les régions du Sénégal.

POINT LOCAL * MAMADOU LAMINE DIALLO, CANDIDAT À LA PRÉSIDENTIELLE : Un technocrate en politique
 

Son livre, « Le Sénégal, un lion économique ? » Essai sur la compétitivité d’un pays du Sahel, publié en juin 2006, l’a fait connaître du public. Mamadou Lamine Diallo, économiste et haut fonctionnaire international, a déposé sa candidature pour la Présidentielle 2007. Une entrée en politique pour un homme qui n’est pas tout à fait en terrain inconnu.

Le déclic est à chercher du côté du livre. 217 pages d’un essai économique sur la compétitivité d’un pays du Sahel. Mamadou Lamine Diallo tente d’apporter des réponses à l’interrogation qu’il soulève « Le Sénégal, un lion économique ? ». La cérémonie de dédicace, organisée en juin dernier, a drainé du monde. Entre ses condisciples, ses amis, ses proches, ses anciens collègues et les autres, se détachaient l’élite et les « people », férus de ce genre d’événement. Sept mois plus tard, une dizaine d’interviews dans les médiats, quelques conférences et plusieurs dizaines d’exemplaires du livre écoulés, Mamadou Lamine Diallo fait son entrée en politique.

Parcours linéaire d’un fort en thème qui se lance dans l’arène ? Pas tout à fait. Lui révèle avoir répondu positivement à la demande de personnes qui l’ont sollicité pour qu’il se porte candidat. Parmi elles, beaucoup ont lu son livre et ont trouvé qu’il était porteur d’une vision et d’idées à mettre en pratique pour l’émergence du pays. « Il est vrai que si j’avais trouvé des leaders politiques déjà sur le terrain qui avaient estimé qu’il y avait de bonnes idées et qu’ils pouvaient les mettre en application, je crois que je ne me serais pas lancé en politique », indique Mamadou Lamine Diallo. Dans le salon de sa maison à Mermoz, il explique ainsi sa décision d’entrer en politique. Mais ses propos nuancés ne masquent pourtant pas sa détermination. Sa responsabilité prise, l’homme se prépare à battre campagne à sa manière. Faisant déjà appel à un certain sens de la méthode qui lui a sans doute servi durant ses brillantes études.

Études et expérience professionnelle

C’est d’abord à l’école des garçons de la Zone B, à Dakar, qu’il effectue ses études primaires. Il intègre le lycée Lamine Guèye, qui s’appelait encore Van Vollenhoven où il obtient son Baccalauréat scientifique en 1977. Polytechnicien, ingénieur des Mines et Docteur en économie, Mamadou Lamine Diallo est le premier Sénégalais diplômé de l’École des Mines de Paris. C’était en 1984. Après une première expérience professionnelle de deux ans au Charbonnage de France, il retourne dans cet établissement pour décrocher son Doctorat en économie en 88. S’ensuit un parcours sans faute, d’abord dans un bureau d’études à Paris, spécialisé en énergie, environnement et développement. Trois ans plus tard, le voilà à la Banque mondiale qu’il quitte en 93, pour rentrer au Sénégal et rejoindre une autre institution financière, la Bceao.

Il y fait juste une année avant d’être détaché à la Primature, comme conseiller technique au cabinet du Premier ministre. Mamadou Lamine Diallo collabore successivement, de 94 à 2001, avec Habib Thiam, Lamine Loum, Moustapha Niasse et Mame Madior Boye. Il retourne par la suite à la Bceao et il est à nouveau détaché comme Directeur de cabinet du président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Omar Konaré, à Addis-Abeba, jusqu’en février 2006. À présent, aux côtés de ce dernier, il pilote le projet des États-Unis d’Afrique à l’Ua.

Son expérience de haut fonctionnaire auprès d’institutions financières internationales a été marquée par une certaine éthique personnelle. « J’ai quitté la Banque mondiale parce que je me posais des questions à l’époque sur la pertinence des politiques d’ajustement structurel », confie Mamadou Lamine Diallo. « Il me fallait faire autre chose », ajoute l’homme qui opte ainsi pour la Banque centrale. « J’ai des points de vue assez hétérodoxes sur un certain nombre de questions que ne partagent pas forcément la hiérarchie », révèle cet économiste. Et là encore, selon lui « je suis bien loin d’être gouverneur, mais il s’agit de ma carrière et je préfère être clair avec ma conscience », poursuit-il.

Une option pour rester fidèle à lui-même adoptée comme viatique. « De toute façon, j’ai beaucoup travaillé dans ma vie. Je ne dois rien à personne, je ne vois pas pourquoi je vais taire ce que je pense pour des raisons opportunistes », ajoute Mamadou Lamine Diallo. Alors, contrairement aux administrations financières où la politique est prédéterminée par un conseil d’administration au pouvoir absolu, dans l’administration sénégalaise, l’homme a pu mettre en pratique ses idées pour influencer le cours de la politique à appliquer. C’est le cas pour le projet des vallées fossiles, alors que Moustapha Niasse était Pm, qui a fini par être abandonné. À force d’argumentation et de conviction, les conseillers peuvent ainsi être écoutés. « Rien n’est gratuit et, quand on est convaincu, persévérant, on peut arriver à faire bouger les choses », souligne l’homme.

La solution économique

En 1996, Mamadou Lamine Diallo avait publié, aux éditions Karthala, « Les Africains sauveront l’Afrique ? ». Un autre questionnement qui semble tenir à cœur cet adhérent au panafricanisme. La théorie économique est faite par des acteurs individualistes qui ont des comportements bien encadrés de recherche de richesses matérielles maximales, qui font la séparation entre les aspects de la vie matérielle et les autres, soutient cet économiste. Tandis que les Africains ont des comportements différents, hors de la compétition négative avec des comportements et des valeurs qui s’opposent aux valeurs d’efficacité et de productivité qui demeurent au cœur du système économique capitaliste moderne et dominant. Ses réflexions, menées au fil des années, il a voulu les mettre à la disposition du public et les rendre moins théoriques et beaucoup plus concrètes. D’où ses livres publiés.

Les problèmes d’émergence économique sont devenus importants et préoccupent les Sénégalais, estime Mamadou Lamine Diallo. « Avec l’arrivée de la Chine et de l’Inde sur la scène économique mondiale, avec des pôles économiques qui s’y développent, tout comme aux États-Unis ou en Europe, c’est l’Afrique qui sera le parent pauvre, encore plus pauvre de ce monde ». La solution passera par l’éveil des consciences, les États-Unis d’Afrique, semble soutenir l’homme dont le prochain ouvrage va traiter des questions théoriques liées aux problèmes de l’intégration africaine. Pour démontrer que dans certaines conditions, contrairement à une vision afro-pessimiste, « un pauvre plus un pauvre peuvent donner deux riches ».

Face à des pays continents ou à des continents pays, comment l’Afrique peut-elle participer à un certain nombre de décisions stratégiques au niveau mondial si elle n’est pas unie ? Parce qu’il faut voir que le marché mondial n’est pas « un marché qui est », mais un « marché qui se construit ». « C’est un marché où il y a des tensions, des conflits, des rapports de force », poursuit cet économiste.

Rattrapé par le destin

Marié, père de trois enfants, Mamadou Lamine Diallo se définit comme un halpulaar de culture mandingue. Son père et son grand-père sont nés à Sédhiou où ils ont été enterrés. Lui est né à Dakar et a grandi entre Fass, Zone B, Grand Dakar et Point E. Il parle wolof « évidemment », pulaar et mandingue, une richesse culturelle qu’il revendique. Hormis le français, il parle également l’anglais et l’allemand. Cet homme de 47 ans, qui ne rechigne pas à révéler son âge, a élu le yassa, comme étant son plat préféré. Il fait du sport, avec une préférence pour la marche et la natation. Durant ses moments de détente, il aime écouter de la musique classique ou de la musique traditionnelle mandingue. « J’adore le son de la kora », souligne-t-il. Musulman pratiquant, une fois par mois, il se ressource en lisant le Coran.

À l’annonce de sa candidature à la Présidentielle, son entourage n’a peut être pas été surpris. Surtout pas sa mère qui, pourtant, ne voulait pas que son fils se lance dans cette voie. Elle, qui a vu son époux, Adama Diallo, député maire de Sédhiou et ancien ministre dans le gouvernement de Léopold Sédar Senghor, consacrer sa vie à la politique. Jusqu’à cet accident tragique, survenu en 1978, où il a perdu la vie. Son fils, Mamadou Lamine Diallo, était alors admis en classe préparatoire au lycée Louis Le Grand, à Paris.

Lui évoque ce souvenir douloureux, dont il se souviendra toujours du jour, de l’heure et de la date, avec précision. « Je pense qu’il allait, comme tous les week-ends, à Sédhiou, pour assister à une réunion. C’était sur la route, après Kaolack, en allant vers la Casamance », confie-t-il. Surmontant sa réticence de voir son fils emprunter le chemin de son père, sa mère lui a dit que c’était certainement un signe du destin. « Moi non plus, je n’avais pas souhaité faire de la politique. J’ai tout fait pour éviter cela », indique Mamadou Lamine Diallo. « Mais », ajoute-t-il, « le destin est ce qu’il est. Il est plus fort que le choix des hommes ».

Karo DIAGNE

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