La prise en charge des défis de scolarisation, la définition des choix, le partage des bonnes pratiques, et l’élaboration d’une voie à suivre en matière d’enseignement secondaire en Afrique subsaharienne sont des axes importants autour desquels, environ 280 participants, dont des ministres de l’Education, des experts, des partenaires au développement et des membres de la société civile ont discuté à côté des médias à Accra au Ghana, du 1er au 4 avril dernier.
(ACCRA) - Les portes des classes sont ouvertes à plusieurs jeunes africains pour jouir d’un de leurs droits les plus fondamentaux. Le droit à l’éducation, fortement appuyé et vulgarisé par la communauté internationale s’est donc matérialisé grâce aux progrès réalisés dans le cadre de l’Education pour tous (EPT) ces dernières années. Par vagues, ces jeunes Africains, notamment au Sud du Sahara, ont passé 6 ou 7 années dans le cycle primaire avec un taux d’achèvement satisfaisant qui leur ouvre les portes de l’enseignement secondaire. Ce type d’enseignement renvoie, selon une définition admise, au niveau qui suit le primaire et précède le tertiaire. Il s’adresse ainsi aux jeunes de 12 à 18 ans, et comprend deux cycles d’enseignement secondaire auxquels s’appliquent des stratégies spécifiques selon les pays.
Des années plus tard après la mise en ?uvre des politiques d’Education pour tous, la demande en enseignement secondaire est devenue forte en Afrique. Mais son élargissement ne semble pas être chose facile. La prise en charge des défis de scolarisation, la définition des choix, le partage des bonnes pratiques, et l’élaboration d’une voie à suivre en matière d’enseignement secondaire en Afrique subsaharienne sont des axes importants autour desquels environ 280 participants, dont des ministres de l’Education, des experts, des partenaires au développement et des membres de la société civile ont discuté à Accra au Ghana, du 1er au 4 avril dernier. C’est à l’occasion de la troisième Conférence régionale sur l’enseignement secondaire en Afrique dont le sigle en anglais est SEIA. Il faut comprendre qu’au début du processus, que le département du Développement humain de la Région Afrique (AFTHD) de la Banque mondiale a mené à bien une étude pluriannuelle sur l’enseignement secondaire et la formation en Afrique qui a été dirigé par un spécialiste principal en Éducation, Jacob Bregman. L’une des idées maîtresses consiste à associer les principales parties prenantes en jouant la carte de la concertation. Ce choix a abouti à l’organisation d’une première conférence en 2003 à Kampala en Ouganda, d’une deuxième à Dakar au Sénégal en 2005 et d’une troisième à Accra au Ghana au début de ce mois.
De Kampala à Accra, l’Afrique au Sud du Sahara se rend compte que son enseignement secondaire se pose en termes de nouveauté, d’ampleur et d’urgence. En effet, après plusieurs années d’efforts focalisés sur la réalisation de l’enseignement primaire universel, la balance des priorités de l’éducation se tourne aujourd’hui vers l’enseignement secondaire. Il y a aussi le défi de l’ampleur comme le souligne fort justement Mamadou Ndoye, secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), dont le siège est à Paris. « Ce qui est en jeu, c’est l’éducation et la formation des 93 millions d’enfants africains, futurs travailleurs et citoyens du continent et du monde, en âge d’être dans le secondaire », explique-t-il. Il n’y a donc pas de doute que ce chiffre aille exploser dans les prochaines dix années puisque le nombre des jeunes africains qui termineront le primaire doublera dans certains pays où la participation dans le primaire est la plus faible. D’ailleurs l’urgence, aujourd’hui, est de prendre en charge tous les jeunes Africains qui achèvent le primaire, et frappent aux portes du secondaire sans qu’il ne soit possible de répondre à leur demande. Les chiffres de l’exclusion sont éloquents à ce propos : « Sur les 93 millions d’enfants africains en âge d’être dans le secondaire, seuls 25 millions sont inscrits dans une école du secondaire ».
Autre constat : L’Afrique au Sud du Sahara a non seulement les taux les plus bas du monde en matière d’enseignement secondaire, mais l’écart avec les autres régions en développement s’accentue. Aujourd’hui, en effet, 35 pays d’Afrique ont un taux brut de scolarisation du secondaire en dessous de 40 %, et 15 ont un taux en dessous de 20 %. Or, l’urgence, pour l’Afrique, consiste également à renforcer les fondations de son capital de ressources humaines pour combattre la pauvreté et être à la hauteur des aspirations économiques et sociales de sa population. C’est devenu une question de bien être économique et social des populations africaines et de la compétitivité du continent dans le monde.
Sadibou Marone (Envoyé Spécial) |