Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, le Dr Cheikh Tidiane Gadio, a rencontré hier les associations de femmes pour discuter avec elles sur la mise en place du futur gouvernement continental prévu à Accra (Ghana), au mois de juillet prochain.
La rencontre, hier, entre le Dr Gadio et les associations de femmes s’inscrit dans un cadre plus global d’échanges avec tous les segments de la société sénégalaise. “ Le chef de l’État avait souhaité que tous les segments de la population soient informés sur les enjeux du sommet d’Accra afin que vous apportiez votre soutien à cette initiative ”, a déclaré le ministre des Affaires étrangères. “ Nous voulons vous donner la bonne information sur la rencontre capitale d’Accra ”, a-t-il ajouté, poursuivant qu’aujourd’hui, l’Afrique traverse une phase cruciale de son histoire. Revisitant l’histoire, il déclare que l’idée de mise en place d’un gouvernement continental n’est pas nouvelle. Car, le 24 mai 1963, « un panafricaniste convaincu, Kwamé Nkrumah, premier président ghanéen, avait défendu un tel projet. Lui et ses pairs de l’époque nourrissaient l’ambition de mettre sur pied un État continental. Seulement, les différences d’approches avaient fait capoter le projet ”, a regretté Cheikh Tidiane Gadio. “ Dans le sillage des chefs d’État, il y avait aussi de grands intellectuels de la trempe de Cheikh Anta Diop qui, déjà, avaient réfléchi sur la question ”, a indiqué le ministre des Affaires étrangères. Mais, avant eux, souligne-t-il toujours, des Africains d’Afrique comme Lamine Senghor, dans les années 20 en France, Galandou Diouf, ancien député de l’Afrique occidentale française, des Africains de la diaspora comme Marcus Garvey avaient toujours milité pour la mise sur pied des États unis d’Afrique. Ainsi, pendant plus de quarante ans, les Africains ont tergiversé pour la mise en place de ce gouvernement continental. De l’avis de M. Gadio, il est temps que ce gouvernement voit le jour « pour rendre hommage à des hommes tels que Nkrumah ». « Que peut faire un pays comme le Sénégal, la Gambie, le Mozambique dans un contexte de mondialisation face à des États comme l’Inde, la Chine, les États-Unis d’Amérique, l’Europe ou le Brésil ”, s’est demandé Cheikh Tidiane Gadio. Devant une assistance nombreuse, Mme Aïda Mbodj, ministre de la Femme, de la Famille, du Développement social et de l’Entreprenariat féminin a indiqué que les femmes sont prêtes pour jouer pleinement leur rôle dans ce futur gouvernement continental
. “ La présence massive des femmes à cette rencontre signifie qu’elles sont prêtes ”, a déclaré Mme Mbodj. Elle souligne cependant qu’un tel gouvernement doit prendre en considération, comme il est de coutume dans les institutions de l’Union africaine, trois équités fondamentales : l’équité de genre, l’équité géographique et l’équité linguistique. “ Dans cette perspective, la parité homme-femme dans ce gouvernement comme dans la Commission de l’Union africaine doit être préservée comme un acquis stratégique révolutionnaire ”, a plaidé le ministre Aïda Mbodj.
Selon elle, le choix des hommes et des femmes devrait reposer sur des critères acceptés par tous prenant en compte la compétence technique, l’engagement politique, la conviction panafricaniste, les motivations personnelles et la caution institutionnelle des États ou régions.
MAMADOU GUÈYE |