Samedi dernier, la Commission nationale à la Francophonie a offert un important lot de matériel aux filles du centre polyvalent de Thiaroye. L’ambassadeur Mme Mame Fatim Guèye qui apporte un grand soutien à l’éducation surveillée, a appelé les Sénégalais à la solidarité notamment en direction des filles. Car, soutient-elle, éduquer une fille, c’est éduquer une nation.
Pourquoi la francophonie a choisi de s’investir dans le social et plus singulièrement dans l’éducation des jeunes filles ?
La divise de la francophonie pour commencer, est « l’égalité solidarité et complémentarité ». Donc cela fait partie des choses fondamentales et primordiales de la francophonie. Aujourd’hui, l’un des axes de coopération, c’est le développement social et la solidarité. Pour dire que c’est une francophonie économique pour un développement durable solidaire. C’est tout à fait normal qu’à l’échelle nationale que nous puissions valoriser ce que nous pouvons avoir comme potentiel au niveau de la jeunesse. Car il ne sert à rien d’avoir une élite totalement favorisée à côté d’une pauvreté permanente. Donc c’est une forme de solidarité qui permet d’aider les jeunes à faire face aux difficultés qu’ils rencontrent, particulièrement les jeunes filles qui doivent bénéficier d’une bonne éducation pour relever les défis. Comme le dit l’adage : « éduquer une fille, c’est éduquer une nation. » C’est sur cet aspect que nous travaillons.
Est-ce la raison pour laquelle vous avez porté votre choix sur le centre polyvalent de Thiaroye ?
Lors de la quinzaine de la francophonie au mois de mars dernier dont le thème portait sur la citoyenneté et la solidarité : « vivre ensemble différemment », j’avais choisi, avec mes collaborateurs, de travailler avec les enfants en difficulté. Et nous savions que la Direction de l’éducation surveillée et de la protection sociale avait des différents centres et structures encadrées. Nous avons travaillé sur les actions pertinentes à mener. Or, il s’est trouvé que ce centre avait la spécificité d’être le seul strictement féminin qui avait un internat et qui polarisait également les populations des quartiers environnants. Le centre était constitué d’un volet externe et un volet interne. Donc, c’est une approche qui permet non seulement de mieux valoriser l’éducation des jeunes filles, mais d’aider à la réinsertion et à la construction de ces jeunes filles. C’est ce qu’avait présidé à ce choix et à l’issu du cross solidarité où nous avions de généreux contributeurs, nous avons rassemblé près de 5 millions de francs Cfa ayant permis d’acheter ce matériel et procéder à une convention de partenariat. En dehors du matériel, nous souhaitons que ces filles retrouvent toutes les valeurs de citoyenneté.
Est-ce que la francophonie compte étendre ses activités dans d’autres domaines ?
Au niveau de la francophonie, nous avons des activités dans le domaine de l’éducation, des droits de l’homme et de la démocratie. Nous avons aussi un important programme dans le domaine de la langue française, de l’économie, de l’énergie. Donc les activités de la francophonie sont assez vastes, et ce que nous sommes en train de faire pour l’éducation des jeunes filles en situation difficile n’est qu’un rayon de nos activités. La francophonie a aussi un programme qui s’appelle programme spécial de développement. Par exemple, aider les associations à monter des projets qui sont bénéfiques aux populations rurales.
La quinzaine nationale de la francophonie se poursuit pouvez-nous faire un bilan à mis parcours ?
Un bilan a mis parcours est toujours difficile à faire. Mais pour ce qui est de la quinzaine nationale nos activités sont plus axées sur des thèmes de citoyenneté, puisque dans les prochaines années, nous allons nous focaliser sur ce thème qui est transversal. Donc au niveau des tout-petits et des jeunes, nous avons décidé de mettre un accent particulier sur les comportements du développement personnel. Pour cela, nous avons initié un certain nombre de rencontres citoyennes qui ont démarré dans les écoles. Des rencontres que nous allons poursuivre dans les quartiers pendant les vacances. Nous avons le résultat du cross pour lequel nous sommes déjà très satisfaits et nous allons continuer dans la lancée en insistant sur la sensibilisation. À côté de ces activités, nous avons nos activités classiques traditionnelles au niveau de l’appui aux institutions, de l’éducation, du développement économique et culturel. Pour ce qui concerne le volet culturel, la francophonie vient de gagner une bataille avec la convention sur la diversité culturelle. D’ailleurs, nous sommes en train de mener des activités sur le thème.
Propos recueillis par Eugène Kaly |