Plusieurs acteurs de la protection des requins de la sous-région reçoivent une formation. L’objectif est de les outiller pour fournir des informations indispensables pour l’élaboration des meilleures stratégies de protection de ces espèces menacées.
Le constat se passe de commentaire. Les populations de requins sont en nette diminution. Les prises de requins sont passées de 10.000 tonnes en 2001 à 4.700 tonnes en 2002 au Sénégal. La baisse des prises atteste de la rareté de l’espèce.
Plusieurs facteurs expliquent la diminution des requins dans la région ouest africaine. « Les populations de requins sont menacées à cause des prises importantes. C’est une situation préoccupante. Les requins ont un régime biologique particulier. Ils ont une croissance lente et un faible taux de fécondité », explique le coordonnateur de la commission sous-régionale de pêche, Mika Diop. C’est pour ces raisons que l’intensification de la pêche des requins a pour effet immédiat leur diminution. Que faire devant cette inquiétante situation ? Les spécialistes mettent en avant la formation des acteurs. Une condition essentielle pour développer des stratégies de conservation et de protection. ` « Ce séminaire a pour but d’outiller les acteurs. Il faut les former afin qu’ils puissent fournir la bonne information pour la gestion durable de ces espèces menacées », souligne Mika Diop. La commission sous-régionale a réussi à interdire le « fining » au Cap-Vert jusqu’en 2004, l’instauration d’une licence de pêche en Guinée, en Sierra Léone et la mise à niveau des acteurs entre autres. Aujourd’hui, le challenge des protecteurs de ces espèces marines, c’est d’arriver à la mise sur pied d’une réglementation harmonisée. La structure, si elle venait de voir le jour, va sans doute, apporter des résultats concluants dans la conservation des requins. D’autant plus que toutes les interventions des usagers seront coordonnées. « Nous allons poursuivre nos efforts pour la mise en place d’un plan d’actions, avec comme objectif l’harmonisation de la réglementation », avance Mika Diop. La reconversion des acteurs figure aussi en bonne place dans le plan d’actions ainsi que la conduite de pêche expérimentale. La sensibilisation et la capitalisation des résultats seront au cœur des stratégies. Mais, le grand défi à relever pour les spécialistes, c’est de contrôler tous les usagers et surtout les gros navires de pêche européens. « Il y a une réglementation. La difficulté, c’est comment la faire respecter, comment contrôler les bateaux de pêche dans la sous-région », s’interroge Bernard Séret, un spécialiste de l’Institut de recherche pour le développement de France. Ce séminaire a vu la participation de spécialistes de la Mauritanie, de la Gambie, du Cap-Vert, de la Sierra-Leonne, et de la République de Guinée. Les acteurs se pencheront sur la diversité des requins et des raies, leur biologie et leur conservation.
IDRISSA SANE |