Suite aux attaques perpétrées contre les journaux « L’As » et « 24 heures Chrono » ce dimanche 17 août 2008, des personnes dont El Malick Seck, Directeur de Publication de « 24 heures Chrono », ont vite fait de désigner le ministre Farba Senghor comme l’instigateur de ces actes.
Le ministre Farba Senghor, qui se trouve actuellement en Turquie pour les besoins du Sommet Afrique-Turquie et la signature de l’accord aérien entre la Turquie et le Sénégal, tient à signaler qu’il n’est mêlé ni de près ni de loin à la commission de ces actes.
L’indice selon lequel les nervis seraient à bord d’une voiture immatriculée AD disculpe M. Farba Senghor dans la mesure où il ne dispose d’aucune voiture 4X4.
S’il a récemment fait état de son droit à la légitime défense face à l’acharnement d’une certaine presse en mettant en garde contre le silence de l’opinion, notamment des organisations professionnelles et de droits de l’homme devant les dérives croissantes de certains journalistes, c’était justement pour prévenir des actes de cette nature et rappeler l’esprit de responsabilité qui doit guider le comportement de chacun de nous, de quelque bord qu’il soit.
Ce ressaisissement est d’autant plus nécessaire que M. El Malick Seck s’est permis de jeter le discrédit sur la Justice de notre pays en qualifiant les magistrats de corrompus.
Le ministre Farba Senghor s’offusque de constater la promptitude avec Iaquelle des organisations comme le Synpics et l’Ondh ont pris fait et cause pour les journaux victimes de ces actes, alors que pour des agressions écrites autrement plus affligeantes, récemment dirigées contre le khalife général des Mourides et, avant lui, contre les khalifes généraux des Layènes et des Tidianes, contre d’honnêtes citoyens et contre lui-même, aucun rappel à l’ordre n’a été fait aux organes responsables de ces dérives.
Il s’agit là d’une complicité coupable que le ministre Farba Senghor a toujours dénoncée, qui ne peut qu’exacerber la violence et dont les conséquences sont incalculables.
Peut-on s’attendre à être en sécurité lorsque, dans un pays fortement religieux comme le Sénégal, des journalistes injurient et humilient quotidiennement et sans mesure les chefs religieux, les institutions de la République comme le chef de l’Etat, les autorités administratives et politiques ainsi que d’honnêtes citoyens qui n’ont aucun autre moyen de se défendre et de laver leur honneur ?
En vérité, il ne peut en être autrement quand on sait que ces errements sont imputables à des journalistes qui n’ont aucun encadrement, avec la disparition du Conseil pour le respect de l’éthique et de la déontologie (Cred) et la marginalisation du Synpics par le Comité pour la défense et la protection des journalistes (Cdpj).
La violence n’est l’apanage de personne, et quand on sème le vent, on doit s’attendre à récolter la tempête.
|