Les musiciens Ablaye Cissoko et Volker Goetze ont lancé vendredi dernier leur premier disque, « SIRA », très attendu. C’est un mélange de sonorités originales avec des influences jazz et une musique traditionnelle africaine.
« Sira », le disque en duo d’Ablaye Cissoko, de son vrai nom Kimitang Mohamadou Cissoko, et Volker Goetze, est l’aboutissement d’un dialogue qui s’est construit au fil des années et instruit au gré des écoutes mutuelles. Les deux artistes se laissent porter par le vent de l’inspiration et de l’improvisation, accouchant de sublimes mélodies où s’enchevêtrent le souffle délicat de l’un, trompettiste parlant la langue de Goethe, très attiré par les histoires qui éveillent nos sens, la voix envoûtante et le doigté sophistiqué de l’autre, descendant d’une famille de griots dont les origines remonteraient au XVIème siècle, qui joue de la kora et chante.
Les dix titres qui composent cet album, sonnent et raisonnent comme autant de créations originales qui ne rompent jamais tout à fait avec les racines mandingues. Le titre « SIRA », du nom de la fille cadette d’Ablaye Cissoko, la première chanson qui donne le diapason aux autres titres que sont Domain, Lountang, Gorgorlou, Faro, Badingwoo, Bouba, Bamaya, Sakhadougou, Manssani Cissé, met en exergue une vision du monde ouverte à l’autre, où les harmonies d’une trompette si loin des vaines fusions , se glissent avec précaution dans les rythmes élaborés à l’ombre des centenaires baobabs. La rencontre des deux artistes date de 2001, à Saint- Louis du Sénégal. Depuis, ils ont travaillé ensemble. Et cette complicité a fait naître cet album en duo, instruit au gré des écoutes mutuelles. Né en 1972, la musique fut le premier alphabet du jeune Volker Goetze, qui tâte du piano puis couche ses premières compositions à l’âge de treize ans. Il se consacrera ensuite à la trompette et au jazz. Influencé par le saxophoniste texan Ornette Coleman, mais aussi John Coltrane, Miles Davis, Wayne Shorter, Gil Evans, Billie Holiday, Don Cherry, le jeune trompettiste, qui nourrissait l’envie d’échanger de bons procédés, pour nourrir sa spiritualité, a pris de bonnes notes entre 1994 et 2002, auprès de Markus Stockhausen au Conservatoire de Cologne. Ses diplômes en poches, il va multiplier les sessions et séances avec de grands maîtres du jazz.
Ablaye Cissoko, de son vrai nom Kimitang Mohamadou Cissoko, est né à Kolda en 1970. Descendant d’une famille griotte, il a lui aussi été élevé aux douces mélodies. A l’âge de 8 ans, il attrape la kora, et au bout de quatre ans, il donne son premier récital. Plus tard, le jeune Kimitang s’inscrit au Conservatoire de Dakar. Il monte un groupe de 10 choristes avec ses frères et sœurs et met sur pied le groupe « Ninki-Nanka » à Saint-Louis, sa ville d’adoption.
Il participe à l’aventure « Africain Project » du saxophoniste Philippe Sélam et du guitariste Gille Renne, avant d’intégrer le groupe eurafricain dirigé par François Jeanneau. Une partie des bénéfices de ce disque sera reversée à TOSTAN, une ONG basée en Afrique de l’Ouest qui travaille sur la question des droits de l’Homme. Samba Oumar Fall
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