Le Festival international de la musique folk, parrainé par le ministre chef de Cabinet du président de la République, Pape Samba Mboup, a pris fin avec les prestations de grands artistes comme : Metzo Diatta, Jules Guèye, Omar Ndiaye Xosluman, les Frères Guissé, Omar Pène, Cheik Lô qui ont produit des sonorités qui apportent l’ataraxie.
La fête de la musique acoustique à Sorano « folkfi » avait démarré le vendredi 31 octobre. Délaissant le temps d’une soirée sa casquette de député, Ousmane Sow Huchard allias Soleyama a revêtu sa tenue de musicien. Sagement assis dans un fauteuil, vêtu d’une tunique traditionnelle, relevée par une coiffe, il égrène les notes de guitare. L’air est tantôt débonnaire, tantôt mélancolique, notamment dans le titre « Ne pleure pas Afrique ». Dans la même mouvance, suivront le chanteur-conteur français Ben Zimet, Mohamed Faye de Fatick. Après cette entrée en matière sur un tempo feutré, c’était autour de Yoro Ndiaye d’accélérer la cadence sur des rythmes plus soutenus. L’orchestration balance entre la guitare basse et la guitare acoustique qui s’échangent des amabilités, avec en arrière fond, des percussions et une batterie qui se tutoient allègrement au grand bonheur de l’assistance. Visiblement conquis et séduit par la tournure de l’événement, Pape Samba Mboup, parrain de ce festival, n’a pas manqué de saluer la pertinence d’une telle initiative culturelle. « Le concept (ndlr : Aux rythmes de l’autosuffisance alimentaire) est innovant et fécond et participe à la mobilisation de la conscience citoyenne », a-t-il magnifié.
Un avis partagé par le Secrétaire général du ministère de la Culture, Pape Massène Sène. « Nous devons prendre notre destin en main pour arriver à l’autosuffisance alimentaire », suggère celui-ci, qui, dans la foulée, a promis une pérennisation de ce festival de folk.
Après cet intermède officiel, retour à la musique. Et c’était autour de Baaba Maal de replonger l’assistance dans une belle ballade musicale, plutôt intimiste. Comme pour reprendre le flambeau, suivront Kéba Mané de la Gambie, Shula Ndiaye et Paco Diaz.
Pour conclure en toute beauté cette première soirée du folk festival, les mélomanes ont eu droit à la prestation magistrale du duo Pape et Cheikh avec des inspirations à la croisée entre le folk et le « mbalax ».
Synthèse de sonorités modernes et traditionnelles
Le Théâtre national Daniel Sorana était plein comme un œuf le samedi 1er novembre, 2e jour du festival international de la musique folk. C’est le groupe Joachim Davega du Cap-Vert qui émerveille d’entrée avec des chansons qui font échos à cette nostalgie profonde des îles. L’alliance des sons de castagnettes, des guitares et de la batterie forcent à suivre les rythmes qui transportent dans les profondeurs d’une musique des îles du Cap-Vert. L’auditoire suivra aussi par la force la jeune Fanta Cissokho, une héritière du prince de la kora Soundioulou Cissokho. La chanteuse en formation à l’école des Beaux-arts alterne une variété de chansons qui reçoit le soutien du public. Elle sort de belles notes de la kora en duo avec un autre koriste. L’assistance restera dans ce sillage avec l’interprétation par Metzo Diatta des tubes acoustiques dont la chanson fétiche « Jimbéring ». Le public entonne avec l’artiste, intensifiant ainsi l’ambiance qui règne dans la salle. Saintrick, un artiste du Congo-Brazzaville, tout comme la formation de Jules Guèye, ont arraché des applaudissements. Jules Guèye et un autre trompettiste avec entrain et maestria ont retenu le public par la communication harmonieuse qu’ils faisaient ressortir de leurs trompettes. Omar Ndiaye « Xosluman » enchante aussi l’audience avec ses belles sonorités folk. La chanson « Médina », une synthèse de belles sonorités modernes et traditionnelles, a soulevé la salle.
« C’est une belle réussite tant sur les arrangements que sur le contenu », laisse entendre un spectateur. L’artiste avant de se retirer a saisi l’occasion pour remercier les organisateurs de ce festival qui offre un espace populaire d’expression à un genre qui souffre de la tyrannie de la musique « mbalax ».
Les Frères Guissé comme à l’accoutumée ont ravivé la flamme et l’ambiance. Ils enchaînent trois chansons d’une grande portée esthétique et aux teneurs éducatives. Ils ont chanté la paix et dénoncé la violence. Leur frère à la batterie a ravit la vedette par sa dextérité.
Souleymane Faye entre en scène. Et la salle se déchaîne. L’artiste avec des variations dans la voix et les notes des instruments, a maintenu une ambiance électrique avec des chansons en anglais, en français et en ouolof et surtout dans un humour qu’il faisait ressort dans les transitions.
Omar Pène jouera sa partition avec l’interprétation des chansons « Woma-woma », ou « Soweto ». Cheikh Lô a clôturé le festival en beauté avec les titres « Mbed mi » et « Nélathiass Nélathiass ».
Les rideaux sont tombés sur le 1er Festival international de la musique folk que les organisateurs comptent inscrire dans la durée. « La présence massive du public nous réconforte dans notre élan de pérenniser ce festival », a dit son directeur, Alassane Cissé. Oumar Pène souhaite aussi que l’initiative soit pérennisée.
Idrissa SANE et Massiga FAYE |