Une prestation musicale de haute facture a rythmé jeudi soir, au Théâtre national Daniel Sorano, le gala de la Francophonie, sous l’impulsion du collectif congolais Bisso na Bisso.
Malgré la demi-heure de retard accusée dans le démarrage de la soirée de gala de la Francophonie, les spectateurs venus en masse n’ont point boudé leur plaisir, jeudi soir, au Théâtre national Daniel Sorano. Et pour cause, l’affiche en valait bien la peine. Les rappeurs du collectif congolais Bisso na Bisso au grand complet (Passi, Calbo et Lino d’Arsenik, les 2 Bal’, M’Passi de Mel Groove, Ben-J des Neg’ Marrons et Mystik) ont gratifié l’assistance d’une belle prestation pour le compte de leur dixième anniversaire et la présentation de leur nouvel album « Africa United ». En ouverture, le groupe a fait appelle à la vieille marmite avec une reprise du classique « L’argent appelle l’argent » de Pamelo Mounka. Un tube qui navigue entre la rumba liftée et beats hip-hop.
Crescendo, on accélère la cadence dans un bel élan fusionnel avec la chanson « Tout le monde levez les mains ». Une mouvance entraînante sur des rythmiques ndombolo, coupé-décalé, avec des notes de hip-hop, le tout relevé par la voix mélodique de Tantine M’Passi de Mel Groove. En parfaite symbiose, l’assistance visiblement conquise par la prestation de haute facture du Bisso na Bisso, ne se retient plus malgré la solennité des lieux. Instinctivement, on balance les mains à gauche et à droite, accompagné de quelques pas de danse pour les plus inspirés. Cela « ambiance » fort dans la salle, avec un DJ Noise au firmament de son talent. Dans une cadence rap, enchaînement avec le titre « Endettés », faisant allusion au fardeau que constitue le poids de la dette pour les pays africains. Même si le sujet est grave, on se laisse emporter par des salves d’applaudissements. Et comme pour exprimer leur ouverture musicale, les pensionnaires de Bisso na Bisso explorent l’univers « zoukant » et entraînant des Antilles sous la férule de Ben-J au summum de son art. Cette volonté d’ouverture ne cache pas la nécessité pour les pays africains de s’unir. Ce qui donne le titre éponyme de l’album « Africa united ». « Même couleur, même pays, même continent », chante Passi.
A la suite de ces vibrations entraînantes, place à un tempo œcuménique avec le titre phare « Tata Nzambe » qui invite à raffermir la foi et à se départir des plaisirs charnels.
Après ce clin d’œil à la vieille marmite, petite incursion au nouvel album « Africa United » avec la chanson « Après la guerre » dans laquelle le chanteur sénégalais Ismaël Lô a posé sa voix. Ce dernier a d’ailleurs partagé la scène du Théâtre Sorano avec les membres du Bisso na bisso, une manière de partager l’éternelle souffrance et le chagrin qui suit la guerre. Réservant le meilleur pour la fin, le rappeur Passi a revisité quelques grands succès : « Reviens dans ma vie », « Face à la mer », « Laisse parler les gens ». Au terme d’un standing ovation tonitruant, le public a mis du temps pour quitter Sorano afin de conserver le goût de la soirée, comme après un bon repas.
El Madji Massiga FAYE |