Pour une première à Dakar, Victor Démé, chanteur mandingue originaire du Burkina Faso, a fait une forte impression. Tout au long de son concert de mardi dernier à l’Institut français, un public enthousiaste a dansé et applaudi au son de sa musique.
Durant plus de deux heures, le public de l’Institut français s’est délecté en découvrant le chanteur Victor Démé avec son ensemble instrumental à dominance africaine. Ici, la calebasse est bien valorisée, posée sur une table enveloppée du drapeau burkinabé. Il y avait aussi une kora, un tama (tambour d’aisselle) complétés par trois guitares. Simple dans sa mise, petit de taille, chapeau torpédo bien vissé sur la tête et de sa voix à la fois puissante et juvénile qui contraste avec son âge (plus de 45 ans), le Burkinabé a visité tout le répertoire de son premier et seul album. La particularité du chanteur c’est qu’il est devenu une révélation après bien des aventures durant une trentaine d’années dans les maquis et autres lieux de musique à Ouagadougou.
Son écriture musicale puise sa source sur un tempo folk mélangé à la tradition griotte, avec de petites incursions dans le salsa. Par moment, les envolées rythmiques prennent une ascendance plus apaisée lorsque Victor Démé chante la femme, cette sœur qui, à ses yeux, « se bat à chaque fois pour bien entretenir son foyer ». A travers sa musique, il incite les gens à ne pas perdre espoir car « la vie n’est que batailles ». Le public, au fur et mesure que la soirée se poursuit, ne se gêne pas pour esquisser des pas de danse au son d’un rythme qui devenait de plus en plus soutenu.
Ce concert est une série d’anecdotes, des rires, des dialogues incessants avec le public. Dans la pure tradition salsa, la révélation de la musique burkinabée a rappelé aux spectateurs les dangers qui guettent les enfants de la rue. « Nous sommes tous coupables car restant là à ne rien faire et à ne rien dire », a-t-il déclaré.
Le concert s’est achevé par une chanson très dansante, axée sur un hymne à l’union africaine et au dialogue pour une Afrique forte. La tournée de la star burkinabé se poursuit avec des concerts en Gambie et à l’Alliance franco-sénégalaise de Ziguinchor.
Amadou Maguette NDAW |