Les paysans de Taiba Niassène, dans le département de Nioro, ne seront plus assujettis à d’éventuels intermédiaires pour écouler avec pertes leurs productions d’arachide, l’important projet de mise en place d’unités de transformation d’arachide leur permettant de faire un travail d’usine à petite échelle, c’est-à-dire décortiquer et triturer.
Avec l’inauguration de l’unité de transformation d’arachide de Taiba Niassène, fruit de la coopération entre le Sénégal et la Suisse, c’est une véritable révolution qui vient de s’opérer au cœur du bassin arachidier, en proie depuis la mise en place du système carreau usine, à de véritables disfonctionnements en matière de commercialisation des arachides. En effet, les paysans qui éprouvaient de plus en plus de difficultés à écouler leurs productions pourraient trouver, à travers la mise en place d’une telle unité, une alternative à l’achat des graines ou au dictat des intermédiaires.
Le problème, selon les initiateurs de ce projet de transformation, est qu’à chaque campagne de commercialisation, hormis les difficultés d’écoulement de la production, le prix du kilogramme au producteur d’arachide est fixé par la Cnia, largement influencé par les huiliers, avec tout ce que cela comporte comme inadéquation, l’arachide valorisé pouvant coûter trois fois plus. Ainsi, afin d’apporter un appui à ses producteurs et productrices en rentabilisant leurs récoltes d’arachide, le Cadre de Concertation des Producteurs d’Arachide, en début 2008, a réalisé un important projet d’implantation d’unités de transformation d’arachide.
Fruit de la coopération entre le Sénégal et la Suisse dont l’appui a été déterminant, l’unité de transformation de Taiba Niassène est à la base de la création de 56 emplois dont 55 au profit des femmes affectées aux activités d’exploitation, pour une masse salariale de 17.640.000 francs. Aussi, contribue-t-elle à la réduction de la pauvreté, a souligné le président de Ccpa, Ibrahima Niasse, qui s’est félicité de l’appui de la Coopération suisse qui a permis de mettre en place cette unité dans les règles de l’art. Par ailleurs, M. Niasse, jetant un regard sur l’avenir, a invité les autres structures d’appui à s’investir dans le programme.
Prenant la parole, l’ambassadeur de Suisse à Dakar, Son Excellence Jean François Baroz, a souligné que cette entreprise, fruit de la coopération entre nos deux pays dans le domaine de la formation agricole, demeure un bel exemple de réussite.
Mamadou CISSE |