L’ancien ministre des Forces armées est mort hier à Dakar à la suite d’une maladie. Cheikh Hamidou Kane dit « Mathiara » fut un grand commis de l’Etat, en ayant occupé de hautes fonctions dans l’administration.
C’est dans la mi-journée que le décès de l’ancien ministre des Forces armées sous le président Abdou Diouf a été connu de la plupart de ses concitoyens. Il était incommodé depuis plusieurs mois. Originaire du Walo, plus précisément de Dagana, où il vit le jour le 18 décembre 1939. Il fit ses humanités dans le Matam où son père fut chef de Canton. Il maîtrisa le Coran et obtint l’entrée en 6è à l’âge de 13 ans. Puis intégra l’école William Ponty. Parmi ses condisciples, le Pr Moustapha Kassé de la Faseg. Ils formèrent un groupe cohérent. « Ils se voyaient au moins une fois tous les mois. C’est la preuve d’une constance de la fidélité et de l’amitié », témoigne son jeune frère joint au téléphone, Amadou Fadel Kane, professeur au département de Géographie de l’Ucad.
En 1958, lors d’une grève, il fut renvoyé de William Ponty parce que considéré comme meneur. Dès lors, il prépara seul le bac et réussit brillamment, puis fit son entrée à l’Université de Dakar où il rencontra Moustapha Niasse et y obtint la Licence, ensuite intégra l’Enam où il fut breveté. Commença alors une longue carrière dans la Fonction publique. Il fut tour à tour directeur-adjoint de la Dette et de l’Investissement, directeur du Contrôle économique, directeur du Commerce intérieur, directeur du Commerce extérieur, puis réintégra les Finances à son premier poste (directeur de la Dette).
Il fut ensuite directeur de la Compagnie d’assurance et de réassurance (devenue Axa). C’est à partir de cette société qu’il débuta sa carrière ministérielle. Il devint ministre délégué chargé de l’Intégration économique, ministre de l’Hydraulique, du Commerce et des Forces armées.
Homme politique, il se souciait du devenir de ses concitoyens. « Il a fait la politique pour aider ses concitoyens. Il était un homme extrêmement sincère, franc, courageux, loyal. Il n’a jamais trahi, malgré tous les coups bas. Il a affronté l’adversité avec courage », a indiqué son frère.
Le Pr Kane de souligner que le défunt fut un homme pieux. « Il était un « al mudo » ou talibé. Chaque semaine, il lisait le Coran. Durant le Ramadan, il lisait le Coran du 1er au 30 et c’est lui qui dirigeait toutes les prières à la maison », certifie son frère. Bonne plume, il écrivait lui-même tous ses discours.
Ancien du Parti socialiste, il intégra l’Alliance des forces du progrès de Moustapha Niasse dont il fut membre du Bureau politique. L’enterrement est prévu aujourd’hui à Yoff après la levée du corps à l’Hôpital Principal.
Le Groupe « le Soleil » présente à sa famille, ses parents et ses amis, ses sincères condoléances.
Daouda MANE |