La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) veut opérationnaliser sa Politique agricole commune et sortir son agriculture de son extraversion. Elle a bouclé à Dakar un atelier de validation de ses propositions en direction du Programme régional d’investissement agricole (Pria).
Jadis, nos pays cultivaient des produits destinés aux populations et industries métropolitaines. C’est la monoculture du coton au Mali, du Café et du Cacao en Côte d’Ivoire ou encore de l’arachide au Sénégal. Cette situation, selon Baba Dioum, Coordonnateur de la Conférence des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Cma/Aoc), a changé parce que les africains ont perdu d’importantes parts de marchés, du fait d’un manque de compétitivité, de l’arrivée des multinationales sur le marché, mais aussi de l’arrivée de certains pays asiatiques dans ces filières. D’où la chute des prix des produits d’exportation. D’après M. Dioum, « l’Asie qui nous fournissait le riz, l’Europe le blé et l’Amérique Latine le maïs se sont mises à cultiver d’autres denrées beaucoup plus lucratives pour la production de biocarburants, l’alimentation de leurs populations et de leur bétail ».« Au delà de l’immobilier et de l’or, on a spéculé sur les produits agricoles. D’où la flambée des prix des céréales. On s’est retrouvé dans une situation où chacun se demande comment je vais me nourrir, compte tenu de la facture alimentaire », souligne M. Dioum.
La Cma/Aoc veut alors ramener à l’économie agricole mondiale nos pays qui ont une consommation céréalière extravertie. Selon le coordonnateur de la Cma/Aoc, l’Afrique doit repenser la chaîne agricole, transformer le maximum de produits et tenir compte du goût des consommateurs pour avoir de la plus-value. Elle doit nourrir sa population par les produits céréaliers classiques comme le mil, le maïs, le sorgho ou encore les tubercules.
C’est pourquoi, soutient M. Dioum, la politique agricole commune de la Cedeao est fondée sur la sécurité alimentaire, la gestion durable des ressources naturelles que sont l’eau, la forêt et la terre, mais aussi le développement du marché régional qui favorise l’intégration. Selon lui, toutes les filières de céréales classiques n’auront de chance que si les produits circulent librement dans le marché sous-régional.
Aly DIOUF |