Le Mouvement des importateurs et commerçants des denrées de première nécessité (Mic/Dpn) plaide pour l’organisation de la filière de la production locale et celle des importations du riz. Il faisait, hier, face à la presse.
« On est prêt à investir dans la filière du riz local, si toutefois les conditions sont mises en place », a fait remarquer, hier, le président du Mouvement des importateurs et commerçants des denrées de première nécessité (Mic/Dpn). Moustapha Fall abordait la problématique de l’approvisionnement en riz face à la presse.
Les conditions, selon le président du Mic/Dpn, c’est-à-dire surtout l’organisation de la filière. « Il faut créer une société ou un office qui va chapeauter les producteurs », a-t-il dit. Pour lui, cette structure devra être l’interlocuteur des producteurs auprès des banques, des importateurs et des autorités.
Elle doit s’occuper de la qualité du riz et de sa commercialisation. Déjà, le Mic/Dpn se dit prêt à acheter l’équipement pour décortiquer le paddy. Seulement, il faut une bonne politique agricole, c’est-à-dire en matière de subvention, d’organisation et de commercialisation. Comme cela se fait maintenant avec la production locale d’oignon, le Mic/Dpn propose que les importations de riz soient interdites, le temps d’écouler la production locale. Si ces conditions sont remplies, soutient M. Fall, le Mic/Dpn est prêt à demander même des terres pour se lancer dans la riziculture avec pour objectif de rendre le Sénégal autosuffisant en riz dans deux, voire trois ans, mais aussi d’en faire un pays exportateur. Dans cette même veine, il invite aussi les Sénégalais à consommer local. Moustapha Tall a également parlé des problèmes qui menacent les importations de riz au Sénégal. Si rien n’est fait, prévient-il, la filière risque de disparaître. « On ne sait pas qui fait quoi et comment », s’indigne-t-il, non sans plaider pour « l’adaptation de la libéralisation à nos réalités ». Parlant de « spéculation » et de « blanchiment d’argent », Moustapha Tall estime qu’il faut absolument « réguler » le secteur. De son point de vue, la multitude des importateurs fait parfois qu’ils vendent à perte, « pour pouvoir rembourser les prêts contractés auprès des banques ». Si la situation perdure, soutient-il, ils seront simplement contraints de fermer boutique.
Aly DIOUF |