Avec « Lafi » (terme moré qui signifie « tout va bien »), la chanteuse camerounaise Queen Etémé signe son grand retour dans les bacs, cinq ans après « Soki », son premier opus. Jeudi dernier, l’artiste a présenté son nouvel album à Dakar.
Gospel, afro, bikutsi, jazz, makossa, autant de sonorités qui rythment le deuxième album « Lafi » de la chanteuse camerounaise Queen Etémé. Une orientation musicale qui fleure bon la diversité. Cette artiste se singularise par une voix puissante, chaude et inspirée. Cette contre alto qui a établi ses quartiers à Cotonou, au Bénin, a longtemps évolué aux côtés de Manu Dibango et reste une reine de cœur. Elle met tout son talent au service d’un important travail social autour des enfants, notamment en Afrique. Elle explique que le titre « Lafi » est le symbole d’un état d’esprit. « Les artistes, qui sont un peu des leaders d’opinion, constituent un espoir. Je veux dire à tout le monde de croire en ses rêves », résume-t-elle. Et la locomotive de cet espoir est tirée de la chanson phare « Réveille-toi ».
Pourquoi a-t-elle attendu cinq ans avant de sortir une deuxième production ? La chanteuse explique : « Il m’a fallu tout ce temps pour me nourrir d’expériences et de rencontres. Il me fallait du temps pour synthétiser tout cela et digérer ce que j’ai accumulé comme émotion pour pouvoir le partager dans un nouvel opus ».
Parallèlement à cela, elle s’est adonnée à d’autres activités. « J’ai monté de nombreux master classe de chant (ateliers de formation) et je me suis beaucoup investie dans des causes qui me tiennent à cœur, comme l’autisme (son fils est autiste, ndlr), la drépanocytose ou les enfants malades », précise Queen Etémé.
Un élan de générosité qui déteint sur l’écriture musicale de l’album enregistré entre l’Europe et l’Afrique. « J’avais envie de rencontrer des gens. Je cherchais cette étincelle qui me nourrit et me grandit. En Afrique, les artistes jouent avec le cœur et toute l’énergie de leur musicalité. Et j’aime cette générosité artistique », explique-t-elle. Ces rencontres et ces découvertes l’ont amenée à travailler avec l’auteur compositeur camerounais Jaye, un jeune prodige de 21 ans. « En Afrique, j’ai appris à m’élever dans l’humilité par rapport à la musique et à la vie. Je me suis ouverte à d’autres styles, notamment avec ma rencontre avec Krotal (fleuron de la scène hip-hop camerounaise, ndlr) », dit-elle. Les deux artistes ont fait une chanson avec le baryton Jacques Greg Belobo. Une belle symphonie où se croisent et s’entrecroisent les univers hip-hop, lyrique et gospel.
El H. Massiga FAYE |