Ils ont été accompagnés par l’encadrement religieux jusqu’à Bir Ali, dans la banlieue de la ville du Prophète. C’est à partir de cet endroit que les pèlerins sont en état de sacralisation après avoir fait une prière de deux « raakas » dans la mosquée. Armés de mégaphones, cinq imams, sous la direction de Cherif Yakhya Aidara, donnent les instructions nécessaires aux pèlerins et récitent les versets repris en choeur par ces derniers. A Bir Ali, des dizaines de bus emmenant des pèlerins de toutes nationalités et venant de Médine transitent obligatoirement. Avec leur tenue blanche, la foule des pèlerins est impressionnante. Hier, plus de quarante missionnaires sont allés avec les pèlerins sénégalais à La Mecque.
Imams : Actuellement à Médine, les imams de l’encadrement religieux abattent beaucoup de travail. Sur pied des 5 h30 du matin, avec leurs inséparables mégaphones, ils accompagnent les pèlerins sénégalais qui désirent effectuer le circuit religieux communément appelés par nos compatriotes « koulou ziar », à savoir la visite du cimetière d’Okhud, de la mosquée appelée Masjid Qibla Taini et de la mosquée de Khouba. Dès leur retour, les imams enchaînent avec l’accompagnement des pèlerins qui quittent Médine pour La Mecque et qui doivent transiter par Bir Ali. Et c’est ainsi toute la journée et tous les jours.
Contrats de travail : Pour la communauté sénégalaise d’Arabie saoudite, le pèlerinage est un moment très attendu. En effet, c’est l’occasion pour beaucoup d’expatriés de trouver du travail auprès de la Mission sénégalaise. Certains sont pris comme des missionnaires d’autant plus qu’ils parlent arabe et aident ainsi à l’encadrement des pèlerins. D’autres sont employés comme des chauffeurs. Le parc automobile de la Mission d’encadrement est fort de 18 véhicules d’un certain âge qui ont besoin d’autant de chauffeurs. On y trouve des mini-bus, une ambulance, des 4x4... Selon un Sénégalais qui est né à Médine et qui officie comme chauffeur, les contrats avec la Mission commencent avec l’arrivée du premier vol des pèlerins et se terminent avec le dernier vol. Selon ce dernier, ce n’est pas tant l’argent qui motivent les Sénégalais d’Arabie saoudite à travailler au sein de la Mission, mais cela leur permet surtout de prendre un bain de « sénégalité », et c’est quelque chose d’inestimable, confie-t-il, le fait d’être au milieu de toute cette masse de compatriotes fraîchement débarqués du pays.
Dernier vol : Le dernier vol des pèlerins sénégalais est attendu à Médine le 18 novembre prochain. Pour l’heure, les vols se succèdent à un rythme régulier avec en moyenne 296 pèlerins par avion. Plus de 1500 pèlerins relevant de la Mission du pèlerinage sont déjà arrivés en Arabie saoudite. Sans compter ceux qui ont été transportés par les privés.
Quand l’eau est plus chère que l’essence : En Arabie saoudite, l’eau est plus chère que l’essence. Eh oui. Figurez-vous que pour un demi-litre d’eau minérale, on débourse 1 rial (150 FCfa) et pour la même somme on a 1,5 litre d’essence. Faire le plein coûte rarement plus de 5000 francs Cfa et, qui plus est, à chaque fois qu’on débourse autant d’argent, le pompiste vous fait un cadeau en vous offrant au choix un litre d’eau minérale ou un paquet de mouchoirs.
Rassemblées par notre envoyé spécial El Hadj Ibrahima MBODJ |