Avec quelques mois de retard, le Centre international de formation et de recherche en énergie solaire (Cifres) a célébré, samedi dernier, la Journée de la renaissance scientifique en Afrique, à travers une exposition et un panel organisés à la Bibliothèque universitaire de l’Ucad. L’occasion de mieux vulgariser les applications en matière d’énergies renouvelables.
Des panneaux d’exposition avec des croquis détaillés et des photos qui expliquent toutes les applications possibles en matière d’énergies renouvelables (solaire, éolien, thermique, hydroélectrique, etc.). Il y a également tout un arsenal d’équipements exposés devant la Bibliothèque universitaire (Bu) : des panneaux solaires, une parabole thermique, des cuiseurs solaires avec, sur l’un d’eux, une marmite pour cuire du « thiébou djeun » (riz au poisson) en plein air et, à travers la vitre d’un autre cuiseur, on aperçoit des gâteaux qui n’attendent que... les rayons solaires. Mais ce qui était le plus désiré ce samedi matin, c’était le soleil. Eh oui ! On ne pouvait pas mener les expériences avec toute cette panoplie d’équipement, sans les rayons.
En fait, le soleil a tardé à pointer ses rayons. Jusqu’à 10h, il n’était toujours pas visible. Une exposition sur le solaire sans le soleil aurait été vraiment insolite. Les organisateurs commencent à s’inquiéter. « On espère qu’il y aura du soleil pour qu’on puisse cuire quelque chose », estime Pape Alioune Ndiaye, professeur à l’Ecole supérieure polytechnique (Esp) de l’Ucad et responsable du Cifres. Heureusement qu’en Afrique, le soleil manque rarement au rendez-vous. Et l’expérimentation pouvait commencer. A travers cette exposition et un panel sur les énergies renouvelables, le Cifres, en collaboration avec African technology policy studies network (Atps), a célébré, à sa manière, la Journée de la renaissance scientifique en Afrique.
Cette Journée, célébrée normalement chaque 30 juin, a pour thème cette année : « Energies renouvelables en Afrique : état des lieux et perspectives ».
Sensibilisation
Cette manifestation, explique Pape Alioune Ndiaye, est avant tout dédiée à l’information et à la sensibilisation du public, particulièrement aux étudiants sur les solutions et applications existantes en matière d’énergies renouvelables. Il s’agit notamment : de l’éclairage photovoltaïque, des cuiseurs et fours solaires pour la cuisson d’aliments, des possibilités de production d’énergie éolienne, etc. Il regrette la faible utilisation de ces énergies malgré le potentiel dont dispose le Sénégal et les multiples expériences déjà menées dans ce domaine.
« Aujourd’hui, on aurait dû voir, partout, une utilisation massive de panneaux solaires et d’éoliennes. Mais le grand public semble être peu intéressé. C’est pourquoi, nous continuons à mener un travail d’information », indique le Pr Ndiaye. Et pourtant, au plan de la recherche, les acquis sont nombreux. « Il existe une maîtrise parfaite de la technologie au niveau local », dit M. Ndiaye.
« En dehors des panneaux, tous les équipements sont fabriqués ici. Cela, combiné à une volonté politique réelle, devrait permettre d’avancer très vite », poursuit-il.
Quant à Mansour Assani, conseiller technique du Programme sénégalo-allemand pour la promotion de l’électrification rurale et de l’approvisionnement durable en combustible domestique (Parecod), il est formel.
« Le Sénégal est l’un des rares pays africains où, depuis les années 1980, il y a une volonté politique très forte pour promouvoir les énergies renouvelables », souligne-t-il.
Le Parecod, partenaire technique du ministère de l’Energie, participe dans plusieurs programmes d’électrification rurale en ciblant en particulier de petits villages « laissés en rade dans les grands programmes ».
Ainsi, 73 villages ont ainsi pu être électrifiés dans les régions de Kaolack et Sédhiou et 150 autres sont ciblés dans le département de Foundiougne et à Sédhiou, dans la seconde phase qui a débuté en mai dernier, annonce M. Assani.
Seydou KA |