L’année 2009 a été particulièrement dure, à cause du ressac de la crise amorcée en 2007-2008. Pour autant, elle est annonciatrice d’un renouveau par au moins trois réalisations dont les effets ne se feront en fait sentir qu’en 2010. Ce sont la consolidation de la bonne gouvernance économique, le retour vers les traites arachidières d’antan et le sauvetage du pavillon national par la nouvelle Sénégal Airlines.
Finances : Une nouvelle ère de l’information économique
Au nombre des aspects non quantifiables directement, figurent des avancées significatives en matière de bonne gouvernance, amorcées depuis l’adoption du Code des marchés (Décret N° 2007 - 545 du 25 avril 2007).
Sérieusement malmené en 2008 avec les dérapages budgétaires, le nouveau dispositif a été consolidé en 2009, grâce au renforcement des rôles de la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) et de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) en aval, sous l’œil vigilant des partenaires techniques et financiers, surveillant l’Accord cadre d’appui budgétaire (Acab) et des conseils du FMI, à travers l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe). L’aspect le plus important et palpable est certainement le nouveau système d’information, un jalon vers l’Intranet gouvernemental en construction et dont les éléments annonciateurs sont les sites marchéspublics.sn et dpee.sn, à côté de celui de l’Agence nationale des statistiques et de la démographie (Ansd.sn), sur les traces du portail du ministère de l’Economie et des Finances (finances.gouv.sn). Dans l’optique de mise en place d’un Environnement des affaires de classe internationale (Eaci) qui puisse attirer les investissements nécessaires pour l’émergence économique, de même que la transparence et la rigueur dans la gestion des deniers publics sont les leviers que l’Apix a toujours voulu impulser d’abord.
2009 a réellement été l’année de la consolidation des réformes, notamment par la modernisation des outils de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) autorisant le Sénégal à réunir avec succès à Dakar, en novembre, le Gotha international du secteur des statistiques. Même si les outils pour une mise à jour plus rapprochée des données restent à affiner, ainsi que la finalisation de l’Intranet qui devra être exhaustif, du plus haut niveau au plus petit démembrement local.
Agriculture : La barre symbolique du million de tonnes d’arachide
Véritable retour vers la priorité des priorités pour un pays dont plus de 65 % de la population vit ou dépend de la production agricole, le lancement en 2008 de la Grande offensive pour l’agriculture, la nourriture et l’abondance (Goana), à deux mois de l’hivernage, avait fait grincer des dents. L’élan et la mobilisation sans précédent qui ont suivi dénotent la pertinence d’une option qui n’avait que trop tardé. La barre symbolique du million de tonnes a été franchie en 2009, concrétisant la volonté de promouvoir une filière porteuse depuis que l’épisode de l’aflatoxine a été dépassé. Cependant, le niveau d’écoulement limité à près de 300.000 tonnes, tous huiliers confondus, risque de freiner cet élan et d’hypothéquer la viabilité de la seule culture de rente parfaitement maîtrisée tant par les chercheurs (Isra, Cnra, Ita) que par les paysans eux-mêmes.
Sénégal Airlines : le pavillon national sauf
L’idée d’introduire des presses artisanales améliorées circule heureusement entre le ministère de l’Agriculture qui en est l’initiateur et l’entreprise Suneor qui devra acheter l’huile brute des producteurs pour la raffiner en vue de l’exporter. L’ex-Sonacos est ainsi en phase de mise en marché d’un produit labellisé pour remettre au goût de la clientèle de l’huile d’arachide, sa qualité diététique étant supérieure à toutes les huiles importées, en particulier l’huile de palme en provenance d’Asie qui a fini d’envahir le marché et les tables. En annonçant en octobre 2009 la création, sur les cendres d’Air Sénégal International (Asi), de la nouvelle compagnie Sénégal Airlines, le ministre des Infrastructures Karim Wade réussit deux paris. Premièrement, réunir le secteur privé national autour de l’idée de partenariat public-privé que toutes les autorités de l’alternance appellent chaque jour de leurs vœux. Les nationaux ont apporté 17 milliards de Fcfa représentant 64 % du capital. Parmi eux, Cheikh Amar, Président-directeur général de Tse, Ousmane Diop, directeur de Senbus, Serigne Mboup, patron de la Ccbm, Kader Mbacké, directeur général de Degote Group, sans oublier l’hôtelier Racine Sy, Baïdy Agne du Cnp et Layousse, auront cru au second défi que devait relever le projet : sauver le pavillon national « en berne » au bout des péripéties douloureuses de la faillite d’Asi. L’Etat a mis les 31 %, alors que 5 % reviennent au personnel. Mieux, en s’alliant au groupe de Dubaï, Emirates et en optant pour des Boeing, le Groupe air Sénégal (Gas) veut mettre de son côté tous les atouts qui n’avaient pu être réunis lors du mariage précédent avec la Royal Air Maroc.
|