D’importants jalons sont déjà posés pour répondre à la demande sociale. A preuve, le Programme national de développement local (Pndl) mis en œuvre pour intervenir à la base. Les différents efforts, fournis depuis 2000, montrent l’attention que le président de la République attache à la Décentralisation. Le gouvernement veut en faire un des axes essentiels du développement local, lequel passe par la lutte contre la pauvreté et une application de la Bonne gouvernance.
Outre une augmentation substantielle des moyens alloués aux collectivités locales, c’est vers une « révolution verte ou rurale » que le chef de l’Etat a convié les élus locaux lors d’un conseil présidentiel sur l’acquisition des semences et la condition des paysans, tenu au mois de mai 2009.
Aussi, le président Abdoulaye Wade a-t-il animé un cours magistral sur la « révolution verte ou rurale », pendant lequel l’on a reconnu que le gouvernement a mis beaucoup d’argent dans les dernières campagnes agricoles. Malheureusement, cette manne d’argent a été captée par des « non paysans ».
Et le chef de l’Etat de s’insurger contre cette façon. Aussi, a-t-il théorisé la « révolution verte ou rurale », qui s’entend par la création de nouvelles conditions, l’émergence d’une nouvelle mentalité. C’est dans ce cadre qu’il faut voir la Banque des agriculteurs du Sénégal (Bas) qui disposera d’un capital de 30 à 40 milliards de Fcfa.
Selon le président Abdoulaye Wade, la ‘’révolution verte ou rurale‘’ a pour ambition d’améliorer le niveau de vie des paysans sénégalais, avec la création d’une structure nationale devant gérer leurs préoccupations en amont comme en aval de la production ; leur participation à la fixation du prix de l’arachide...
Le chef de l’Etat a souligné l’éventualité de céder les parts de l’Etat à la Caisse nationale du crédit agricole du Sénégal (Cncas) aux agriculteurs. « Il y aura des gens qui vont essayer de torpiller le projet. Je vous demanderai d’aller dans la direction donnée, car c’est bien la bonne direction. Si cette révolution réussit, les paysans seront des actionnaires d’une banque », avait-il affirmé.
Abdoulaye Baldé à la tête de l’Ams
Huit mois après les dernières élections municipales, l’Association des maires du Sénégal (Ams) a tenu son Assemblée générale, en novembre dernier, à Dakar.
Abdoulaye Baldé, maire de Ziguinchor, par ailleurs, ministre d’Etat, ministre des Forces armées a été élu par consensus au poste de président.
La rencontre revêtait un cachet particulier avec le changement presque généralisé au sein des équipes municipales. Ces élections locales du 22 mars, avec l’opposition qui a remporté les grandes villes du Sénégal dont Dakar, est lue comme une confirmation de la maturité de notre démocratie et de l’esprit républicain de l’ensemble des acteurs politiques.
Aussi, faut-il se féliciter des différentes avancées notées, notamment le statut de l’élu local, l’augmentation substantielle des indemnités des maires, l’augmentation notable du fonds d’équipement des collectivités locales qui est passé de 3 milliards de Fcfa à 7 milliards de Fcfa, les investissements de l’Agence de développement municipal...
Les différents partenaires, dont le Programme national de développement local (Pndl), sont intervenus pour réitérer leur engagement à soutenir l’Ams.
Le combat du nouveau président de l’Ams et de ses collègues est de faire en sorte que le Sénégal s’adapte à un environnement en pleine mutation, en amenant l’Etat à accompagner le transfert de compétences par des ressources financières.
En effet, les collectivités locales manquent de moyens financiers pour s’acquitter convenablement de leur mission. Aussi, pense-t-on à une Décentralisation plus concrète qui pourrait permettre aux collectivités locales de mettre la main sur certains secteurs comme la pêche, l’agriculture, l’assainissement...
Cheikh Aliou AMATH |