Le chef de l’Etat, considérant les dépenses sur les étudiants comme un investissement, le pays continue de faire des efforts en direction de ces derniers. D’après une étude du Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (Sgee) dirigé par Malick Ndiaye, l’Etat dépense 9,2 milliards par an pour les étudiants à l’étranger. Le taux de réussite, même s’il a connu une baisse, est aujourd’hui à 80 %.
Une étude réalisée sur trois mois effectuée par le Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (Sgee) à permis d’avoir une idée des effectifs et de l’évolution de nos compatriotes en quête de savoir dans les pays du monde. Le Sgee est doté d’un service informatique de pointe qui lui permet de suivre ces étudiants jusqu’en fin de cycle. L’étude concerne les étudiants bénéficiaires d’une bourse ou d’une aide de l’Etat ou de ses partenaires.
Montée des filles
En 2009, 69% de ces étudiants sont inscrits dans des universités, 20% dans de grandes écoles. Entre 2000 et 2009, 36.362 étudiants sénégalais ont été recensés dans près de 37 pays. Ils sont pris en charge par le Bureau de gestion basé à Paris dans l’enceinte du consulat général du Sénégal.
La population estudiantine est majoritairement masculine avec plus de 61%. Cependant, on note une nette progression. Aujourd’hui, elles représentent environ 40% de l’effectif global contre 20 % en 2000. Pour l’année 2008-2009, le nombre d’étudiants boursiers était de 56% tandis que 44% bénéficient d’une aide. Malick Ndiaye de suggérer l’augmentation des allocations compte tenu du renchérissement du coût de la vie. Le taux actuel est resté inchangé depuis 10 ans et varie selon que l’étudiant réside dans la capitale économique ou en province. En France, le montant total de la bourse pour un étudiant est de 373,50 € (environ 277.065 FCfa), comprenant une allocation 221,05 € (148.030 FCfa) plus une aide au logement de 152,45 € (138.345 FCfa). Pour la province, le montant total de la bourse est de 297,27 € (212.220 FCfa) dont une allocation de 221,05 € (148.030 FCfa) et une aide au logement de 76,22 € (64.780 FCfa). Quand à l’aide, son montant mensuel est de 198,00 € (129.690 FCfa).
La France, premier pays d’accueil
L’étude a permis, entre autre, de savoir que les filières scientifiques sont largement prisées par les Sénégalais. Des mathématiques à la physique en passant par la toxicologie, la biologie, les sciences naturelles, l’environnement, l’ingéniorat, la physique-chimie, etc. Les statistiques montrent aussi une forte évolution des domaines Informatique-communication et Administration. L’étude a, en outre, dévoilé que la France est le pays qui reçoit le plus d’étudiants sénégalais boursiers. Environ 9.000 bacheliers étudient dans l’Hexagone avec une légère augmentation chaque année. Le Maroc vient en deuxième position, suivi de l’Egypte, du Canada, de la Chine.
Malick Ndiaye a affirmé que plus de 94 % des étudiants sénégalais à l’étranger ont décroché leur diplôme entre 2000 et 2003. Cependant, le taux de réussite, même s’il reste satisfaisant, est actuellement en baisse et serait de 80%.
Le Sénégal, en allouant 40% de son budget à l’Education, fait désormais office de modèle pour beaucoup de pays africains. Il a ajouté que le sous-secteur de l’Enseignement supérieur représente, à lui seul, 28% du budget de l’Education.
Selon Malick Ndiaye, l’augmentation des allocations pourrait avoir un impact décisif sur le taux de réussite des étudiants. « Ils ne seront plus obligés de recourir aux petits boulots », dit-il. Aujourd’hui, le budget global des allocations pour les étudiants sénégalais à l’étranger s’élève à plus de 14 millions d’euros, soit 9,2 milliards de FCfa. Malick Ndiaye a écarté tout soupçon de double bourse pour tout attributaire. « Le Système informatique ne permet aucun double emploi, ni passage indu, sauf dérogation dûment motivée (...) ». Il a aussi précisé que chaque étudiant allocataire bénéficie d’ « un code unique correspondant au numéro d’identification nationale figurant sur le passeport et la carte d’identité nationale. Ce code permet aussi à chaque étudiant allocataire, où qu’il soit, d’accéder à son dossier via le site web du service de gestion (www.sgee.org) en s’identifiant également par sa date de naissance ».
Le site Internet du service de gestion est aussi le canal le plus utilisé par l’administration du Sgee pour communiquer avec les étudiants. La mise à jour est régulière et l’administration y communique notamment les dates de paiement des bourses et autres informations nécessaires pouvant intéresser les étudiants, les autorités administratives et universitaires, les médiats, etc. Malgré l’importance des effectifs, tous les étudiants boursiers ou allocataires d’une aide sont payés à temps par virement bancaire.
Correspondance de Ousmane Noël MBAYE |