La discrimination, la stigmatisation sont des freins au suivi du traitement du Vih/Sida dans la région de Sédhiou. Les praticiens de la Santé affichent ainsi des inquiétudes sur la santé des perdus de vue.
Le suivi des Personnes vivant avec le Vih/Sida (PvVih) est une véritable équation pour les praticiens de la Santé dans la région de Sédhiou. Beaucoup de malades ne reviennent pas après leur première consultation.
« Nous avons eu 87 cas de femmes enceintes séropositives en 2009. Il y a moins d’une trentaine qui ont accouché dans les structures de Santé. Nous n’avons pas ce que nous cherchions c’est-à-dire la protection de l’enfant », révèle le Dr Khalidou Konté, directeur de la Région médicale de Sédhiou.
Les femmes dépistées ne se rendent pas dans les hôpitaux par peur de susciter des suspicions sur leur état sérologique. « Ces femmes sont dépistées en stratégies avancées, c’est-à-dire que les agents les trouvent dans leur village. On leur demande de venir accoucher à l’hôpital. Elles ne le font pas parce qu’elles ne partagent pas leur statut sérologique avec leur mari. C’est l’enfant qui perd parce qu’il sera infecté », explique le Dr Khalidou Konté.
Le non-suivi médical est aussi observé chez les hommes dans cette région. Ceux qui ont pris conscience de la nécessité de prendre les médicaments de façon régulière peuvent être comptés du bout des doigts.
« Nous avons de nombreux perdus de vue dans les départements de Sédhiou et de Goudomp. Si certains reviennent une fois, d’autres pas. Il y a un problème pour le partage du statut sérologique », ajoute le Dr Konté qui travaille dans cette région depuis plus de 9 ans.
Aujourd’hui, les responsables des programmes de lutte contre le Sida doivent élaborer des stratégies idoines pour convaincre les malades à se rendre dans les structures de Santé pour le suivi médical. Pour cela, il faut d’abord s’attaquer aux préjugés qui entourent cette affection. « Sur 400 personnes, nous avons 150 perdues de vue, malgré la mise en place d’une association de Personnes vivant avec le Vih/Sida », note le Dr Konté.
Idrissa SANE |