L’absence d’une chaîne de télévision africaine à vocation internationale a un impact réel sur l’image de l’Afrique véhiculée dans le monde occidental. S’exprimant dans le cadre d’une rencontre au Cesti, le Pr. Frédéric Treffel a estimé que la mise sur pied d’une chaîne de télévision africaine à vocation internationale peut soigner l’image du continent en Europe voire aux Etats-Unis.
« Si on parle de l’Afrique en Europe, c’est en termes de misère, de pauvreté, de catastrophe, de violence, de corruption, de maladie, etc. », s’est indigné le Pr. Treffel des Universités, associé en Sciences politiques et de la communication à l’Université de Cergy-Pontoise, qui faisait, vendredi dernier, une communication au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) sur la « Nouvelle image de l’Afrique : diversité et mondialisation ».
Selon lui, cette image peu reluisante du continent africain à travers les médiats occidentaux relève d’une « volonté de nuire l’Afrique de la part de ces médiats ». Sa conviction est que cette volonté de véhiculer cette image négative de l’Afrique n’obéit à aucune logique. « C’est l’émotion qui prend le dessus sur la réalité. On ne s’intéresse plus au train qui arrive à l’heure », lance-t-il, dépité, par cette manière de faire des médiats européens et occidentaux de manière générale.
Pour le Pr. Treffel, cette situation est due à l’absence de « puissants relais de communication en Afrique » pour faire entendre le continent noir. « Il existe de multiples radios, télévisions et journaux, mais le monde africain ne connaît pas de grandes chaînes de communications à vocation internationale à l’image de Cnn (chaîne américaine), Al Jazira (chaîne arabe) et France 24 (chaîne française). A son avis, il est nécessaire que les pays africains se dotent d’une télévision à vocation internationale pour « être entendus positivement à l’extérieur du continent et promouvoir la culture africaine ». « Il y a un besoin d’Afrique en Europe », a-t-il soutenu avant d’indiquer que « l’unité est un facteur essentiel pour permettre à l’Afrique de se faire entendre et écouter à l’extérieur ». Néanmoins, a-t-il reconnu, « les choses sont en train d’évoluer ».
Parlant de la liberté de la presse et de la politique, le Pr. Treffel a souligné qu’il y a une évolution positive à ce niveau. « La liberté de la presse et celle politique ont progressé conjointement. Ils sont des facteurs positifs dans l’avancement de la démocratie et porteurs d’avenir », a ajouté le Pr. Treffel qui pense que la liberté de la presse « peut contribuer à faire évoluer la liberté politique ».
Souleymane Diam SY |